Division de la Lune

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Mahomet (au visage caché) montrant la division de la Lune dans une aquarelle anonyme du XVIe siècle issue de Falnama (en), un livre de prophétie perse.

La division de la Lune (en arabe : انشقاق القمر) est un miracle dans la religion musulmane attribuée au prophète Mahomet. Il est dérivé des versets coraniques 54:1-2, et mentionné par les traditions musulmanes telles que l'Asbab al-nuzul (en) (contexte de la révélation). Certains commentateurs musulmans, en particulier de la période médiévale, interprètent l'événement comme une division physique littérale de la Lune par Mahomet, tandis que d'autres l'identifient comme un événement qui se produira au jour du jugement. D'autres considèrent que cela a été une simple illusion d'optique.

Les premières traditions soutenant une interprétation littérale sont transmises sur l'autorité des compagnons de Mahomet tels que Abdullah ibn Abbas, Anas ibn Malik, Abdullah ibn Masud et d'autres. Selon l'érudit Islamique britannico-indien Abdullah Yusuf Ali, la Lune se divisera de nouveau lorsque le jour du jugement approchera. Il précise que les versets peuvent aussi avoir une signification allégorique. Les versets coraniques 54:1-2 faisaient partie du débat entre les théologiens musulmans du Moyen Âge et les philosophes musulmans sur la question de l'inviolabilité des corps célestes.

Si aucune preuve scientifique actuelle n'indique que la Lune a été divisée en deux (ou plus) parties puis réassemblée à un moment donné, le récit a été utilisé par certains musulmans pour convaincre les autres de la prophétie de Mahomet. Il a également inspiré de nombreux poètes musulmans, en particulier en Inde.

Approche historique[modifier | modifier le code]

Ce verset a souvent été interprété comme la description d'un miracle de Mahomet ; il aurait fendu la lune en deux afin de prouver sa Prophétie. Or, cette interprétation ne repose que sur l'interprétation du verbe "fendre" qui signifie aussi « prendre au lacet ». Pour Hanne, ce verset signifiait originellement que la Lune était attrapée, comme "toute la création", en vue du Jugement dernier. Ce verset avait donc la fonction d’être un avertissement du jugement dernier, avant d'avoir été réinterprété en miracle[1].

Pour Hanne, "L’étude de la langue coranique et de sa logique propre a souligné combien le texte sacré avait parfois des sens différents de ceux retenus par l’exégèse des VIIIe – Xe siècles."[1]  

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hanne O. "Mahomet, une biographie à plusieurs lectures", Moyen-Orient, 2014, p. 86-91.