Diverticulite du sigmoïde

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Diverticulite du sigmoïde
Description de cette image, également commentée ci-après
Gros côlon (côlon sigmoïde) montrant de nombreux diverticules
Spécialité Gastro-entérologie et chirurgie générale et digestiveVoir et modifier les données sur Wikidata
Symptôme Douleur abdominale, fièvre, nausée, diarrhée, constipation et melænaVoir et modifier les données sur Wikidata
CISP-2 D92Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 K57
CIM-9 562
DiseasesDB 3876
MedlinePlus 000257
eMedicine 173388Voir et modifier les données sur Wikidata
eMedicine med/578 
MeSH D004238

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La diverticulite du sigmoïde ou sigmoïdite est une infection d'un ou de plusieurs diverticules du segment sigmoïde du côlon. Les diverticules sont de petites hernies de la muqueuse intestinale au travers de la paroi musculaire du côlon, le plus souvent localisés sur le sigmoïde, dans lesquelles la stagnation des matières fécales peut favoriser l'infection, selon un mécanisme analogue à celui de l'appendicite. Ces diverticules apparaissent avec l'âge et sont présents en plus ou moins grand nombre chez environ 40 % des personnes de plus de soixante ans.

On préfère le terme de diverticulite sigmoïdienne car une sigmoïdite peut être d'une autre cause (maladie de Crohn, infection).

Facteurs de risque[modifier | modifier le code]

Le surpoids[1] et le tabagisme (du moins chez la femme[2]) seraient des facteurs de risque de diverticulite. L'exercice physique serait, au contraire, protecteur[3].

La prise de certains médicaments favoriserait la survenue de complications : aspirine, anti-inflammatoire non stéroïdien[4]

Clinique[modifier | modifier le code]

Elle consiste en un état fébrile, accompagné de douleurs abdominales en fosse iliaque gauche (« pseudo appendicite gauche »). La température est modérée (38 °C) en cas de diverticulite "simple" ou plus élevée (supérieure à 39 °C) en cas de complication. Chez les patients asiatiques, la douleur se localise fréquemment en fosse iliaque droite (car atteinte du colon droit préférentielle). On retrouve parfois d'autres signes digestifs non spécifiques tels que des nausées et vomissement, un iléus réflexe ou des signes urinaires d'irritation (pollakiurie ou dysurie).

Complications[modifier | modifier le code]

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Une radiographie de l'abdomen sans préparation (ASP) et une échographie peuvent orienter le diagnostic, mais le meilleur examen est le scanner abdomino-pelvien, injecté avec opacification par voie basse[5]. Le scanner doit être réalisé en première intention[6], il retrouve classiquement : une diverticulose (présence de diverticules, un épaississement pariétal, une infiltration de la graisse péri-diverticulaire ainsi qu'un rehaussement de la paroi du diverticule lors de l'injection de produit de contraste.

Traitement[modifier | modifier le code]

La prise en charge de la diverticulite a fait l'objet de la publication de recommandations. Celles de l'« American gastroenterological association » date de 2015[7].

L'hospitalisation n'est plus obligatoire dans les formes simples.

Médical[modifier | modifier le code]

  • Régime sans résidu, bonne hydratation.
  • Antibiothérapie active sur les anaérobies et les entérobactéries, mais son efficacité reste discutée[8].
  • Antalgiques, antispasmodiques.

Dans les formes simples, l'amélioration des symptômes se fait en un à deux jours[6].

Chirurgical[modifier | modifier le code]

Le but est de prévenir les récidives.

Les indications sont, dès la première poussée, les diverticulites compliquées (sepsis, péritonite ou résistance au traitement médical[9]), en cas d'immunodépression ou de jeune âge. Sinon, la chirurgie est proposée à partir de la deuxième ou troisième récidive. Elle consiste en la réalisation par laparotomie ou cœlioscopie, d'une sigmoïdectomie emportant la charnière recto-sigmoïdienne suivie d'une anastomose colo-rectale. Un lavage de la cavité péritonéale par cœlioscopie est parfois fait mais avec des résultats discutés[6].

Dans des cas complexes, l'intervention peut aboutir à une colostomie (« anus artificiel »), pouvant être provisoire (avec rétablissement de la continuité au cours d'une deuxième intervention) ou définitive.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rosemar A, Angerås U, Rosengren A, « Body mass index and diverticular disease: a 28-year follow-up study in men » Dis Colon Rectum, 2008;51:450-455
  2. (en) Hjern F, Wolk A, Håkansson N, « Smoking and the risk of diverticular disease in women » Br J Surg, 2011;98:997-1002
  3. (en) Strate LL, Liu YL, Aldoori WH, Giovannucci EL, « Physical activity decreases diverticular complications » Am J Gastroenterol, 2009;104:1221-1230
  4. (en) Strate LL, Liu YL, Huang ES, Giovannucci EL, Chan AT, « Use of aspirin or nonsteroidal anti-inflammatory drugs increases risk for diverticulitis and diverticular bleeding » Gastroenterology, 2011;140:1427-1433
  5. Ambrosetti P, Jenny A, Becker C, Terrier TF, Morel P, Acute left colonic diverticulitis — compared performance of computed tomography and water-soluble contrast enema: prospective evaluation of 420 patients, Dis Colon Rectum, 2000;43:1363-1367
  6. a b et c Young-Fadok TM, Diverticulitis, N Eng J Med, 2018;379:1635-1642
  7. Stollman N, Smalley W, Hirano I, American Gastroenterological Association Institute guideline on the management of acute diverticulitis, Gastroenterology, 2015;149:1944-1949
  8. (en) de Korte N, Unlü C, Boermeester MA, Cuesta MA, Vrouenreats BC, Stockmann HB. « Use of antibiotics in uncomplicated diverticulitis » Br J Surg, 2011;98:761-767
  9. (en) Morris AM, Regenbogen SE, Hardiman KM, Hendren S, « Sigmoid diverticulitis, a systematic review » JAMA, 2014;311:287-297