Diversité dans le mouvement open source

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La diversité dans le mouvement open source représente l’hétérogénéité des profils des personnes qui font partie du mouvement open source. La faible diversité du mouvement est souvent citée comme un problème[1]. À certains égards, il reflète celui de la disparité de genre dans l’informatique, mais il reste plus accentué. Il en va de même pour la diversité ethnique du mouvement et, dans une moindre mesure, la diversité des personnes appartenant à une minorité sexuelle.

Le sujet a été et continue d'être l’objet de controverses importantes au sein du mouvement open source[2],[3], alors que différentes études montrent que les équipes diverses ont une meilleure productivité que les autres[4],[5],[6].

Obstacles à l'inclusion[modifier | modifier le code]

Une critique courante adressée à la communauté open source est que les critiques de code contribué aux projets ont tendance à devenir des attaques personnelles[7]. Dans l’enquête GitHub de 2017, 50 % des 5 500 répondants déclarent avoir été témoins d’interactions toxiques alors qu’ils travaillaient sur des projets open source, et 18 % d’entre eux déclarent avoir souffert d’une interaction négative[8]. Les réponses dédaigneuses, les conflits et les propos peu accueillants sont cités comme respectivement les 3e, 4e et 6e plus gros problèmes de l’open source[8]. Une autre étude réalisé sur GitHub cette même année a trouvé que, de manière générale, les contributions des femmes y sont mieux acceptées que celles des hommes lorsque le nom de la personne qui contribue n’indique aucun genre, mais qu’elles sont nettement plus refusées lorsqu’un prénom féminin est utilisé[5],[9],[10],[11].

Un sentiment souvent répété dans la communauté est que le conflit n’est pas répandu, mais rendu très visible en raison de la nature publique des forums et des listes de diffusion. Les statistiques rendent cependant cette idée discutable[12]. Certains membres de la communauté citent la toxicité de celle-ci comme la principale raison du problème de diversité en open source[13].

Diversités[modifier | modifier le code]

Diversité des genres[modifier | modifier le code]

Le déséquilibre des genres dans l’open source est plus élevé que celui qui existe à l’échelle de l’informatique[4],[14]. Il a été observé par un certain nombre d'enquêtes, qui constatent une proportion d’entre 1 et 10 % de femmes dans le mouvement :

  • Une enquête de 2002 auprès de 2 784 développeurs de logiciels open source a trouvé que 1,1 % d'entre eux étaient des femmes[15] ;
  • Une enquête de 2013 auprès de 2 183 contributeurs open source a trouvé que 81,4 % étaient des hommes et 10,4 % des femmes[16]. Cette enquête comprenait à la fois des contributeurs de logiciels et non-logiciels, et les femmes étaient beaucoup plus susceptibles d’être dans la seconde catégorie[17] ;
  • Une enquête de 2017 auprès de 5 500 contributeurs à des projets sur la plateforme GitHub révèle que 95 % des contributeurs sont des hommes et 3 % des femmes[18].

Women in Open Source Awards[modifier | modifier le code]

Limor Fried, lauréate du prix de la communauté en 2019.
Netha Hussain, lauréate du prix académique en 2020.

En 2015, l’entreprise Red Hat lance les Women in Open Source Awards (« prix des femmes dans l’open source »). Les gagnantes sont[19] :

Diversité culturelle[modifier | modifier le code]

Les personnes noires et latino-américaines sont sous-représentés[20]. Contrairement au biais de genre, le biais culturel (« race and ethnicity diversity » en anglais) ne fait l’objet que de peu de recherche[21].

Diversité des minorités sexuelles[modifier | modifier le code]

Les membres de minorités sexuelles représentent une part plus importantes des contributeurs dans l’open source que dans la population totale. L’enquête de GitHub en 2017 a révélé que 7 % des contributeurs étaient LGBT contre 4 % dans la population générale[8]. Une enquête menée en 2018 par Stack Overflow a révélé que 6,7 % des 100 000 répondants s’identifiaient comme LGBT+, et 0,9 % comme non-binaire ou transgenre[22].

Plusieurs organisations ont été créées dans le but de renforcer la visibilité des membres LGBT+ dans la communauté open source, telles que Trans * H4ck, Trans*Code[23] et Lesbians Who Tech[24].

Les membres LGBT+ notables de la communauté open-source incluent :

Diversités d’âge[modifier | modifier le code]

La population contributrice à l’open-source est majoritairement jeune[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Noisette, « Le logiciel libre manque de femmes, des femmes réagissent », sur ZDNet France, (consulté le 25 avril 2020).
  2. Ariane Beky, « Linux : pour Torvalds la diversité des contributeurs est un détail », sur Silicon, (consulté le 25 avril 2020).
  3. « RedHat recommande la « diversité » au conseil d'administration de la FSF pour la succession de Richard Stallman dans une lettre ouverte », sur Developpez.com (consulté le 25 avril 2020).
  4. a et b (en) Amiangshu Bosu et Kazi Zakia Sultana, « Diversity and Inclusion in Open Source Software (OSS) Projects: Where Do We Stand? », 2019 ACM/IEEE International Symposium on Empirical Software Engineering and Measurement (ESEM), IEEE,‎ , p. 1–11 (ISBN 978-1-7281-2968-6, DOI 10.1109/ESEM.2019.8870179, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020)
  5. a et b (en) Josh Terrell, Andrew Kofink, Justin Middleton et Clarissa Rainear, « Gender differences and bias in open source: pull request acceptance of women versus men », PeerJ Computer Science, vol. 3,‎ , e111 (ISSN 2376-5992, DOI 10.7717/peerj-cs.111, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020)
  6. (en) Bogdan Vasilescu, Daryl Posnett, Baishakhi Ray et Mark G.J. van den Brand, « Gender and Tenure Diversity in GitHub Teams », Proceedings of the 33rd Annual ACM Conference on Human Factors in Computing Systems - CHI '15, ACM Press,‎ , p. 3789–3798 (ISBN 978-1-4503-3145-6, DOI 10.1145/2702123.2702549, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020)
  7. (en) Dawn Nafus, « ‘Patches don’t have gender’: What is not open in open source software », New Media & Society, vol. 14, no 4,‎ , p. 669–683 (ISSN 1461-4448 et 1461-7315, DOI 10.1177/1461444811422887, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020)
  8. a b et c (en) « Open Source Survey », (consulté le 1er juillet 2019).
  9. Delphine Sabattier, « Dites-le aux filles: ça manque de femmes dans le numérique! », sur 01net.com, (consulté le 25 avril 2020).
  10. Julien Lausson, « Sexisme informatique : le code source écrit par les femmes est moins respecté », sur Numerama, (consulté le 25 avril 2020).
  11. « Dans l’open source, les femmes meilleures codeuses que les hommes », sur Makery, (consulté le 25 avril 2020).
  12. (en) Bruce Byfield, « Sexism: Open Source Software's Dirty Little Secret » (version du 6 octobre 2009 sur l'Internet Archive), .
  13. (en) « Acceptance, strife, and progress in the LGBTIQ+ and open source communities », sur www.codethink.co.uk (consulté le 1er juillet 2019).
  14. (en) Joseph Reagle, « “Free as in sexist?” Free culture and the gender gap », First Monday, vol. 18, no 1,‎ (DOI 10.5210/fm.v18i1.4291, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020)
  15. (en) « Free/Libre and Open Source Software: Survey and Study FLOSS » (version du 7 novembre 2018 sur l'Internet Archive), .
  16. (en) « FLOSS 2013: A Survey Dataset about Free Software Contributors: Challenges for Curating, Sharing, and Combining » [PDF], .
  17. (en) Gregorio Robles, Laura Arjona Reina, Jesús M. González-Barahona et Santiago Dueñas Domínguez, « Women in Free/Libre/Open Source Software: The Situation in the 2010s », dans IFIP Advances in Information and Communication Technology, Springer International Publishing, (ISBN 978-3-319-39224-0, lire en ligne), p. 163–173.
  18. (en) Finley Klint, « Diversity in Open Source Is Even Worse Than in Tech Overall », Wired, .
  19. (en) « Women in Open Source Awards » (consulté le 26 août 2019)
  20. (en) Gene Demby, « Why Isn't Open Source A Gateway For Coders Of Color? », sur npr.org.
  21. (en) Alberto I. Roca, « Announcing EquitableTech: Open Source Skills Training of Minority Students », 2018 Research on Equity and Sustained Participation in Engineering, Computing, and Technology (RESPECT), IEEE,‎ , p. 1–2 (ISBN 978-1-5386-1363-4, DOI 10.1109/RESPECT.2018.8491722, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020).
  22. (en) « Stack Overflow Developer Survey 2018 », (consulté le 1er juillet 2019).
  23. (en) « Trans*Code Home », sur www.trans.tech (consulté le 25 avril 2020)
  24. (en) « San Francisco 2020 Summit », sur lesbianswhotech.org (consulté le 25 avril 2020).
  25. (en) Coraline Ada Ehmke, « Talk: He Doesn't Work Here Anymore », sur Alterconf, (consulté le 9 juillet 2017).
  26. (en) Evelin Heidel, « Your presence as a political statement: the story of Coraline Ada », sur GenderIT, (consulté le 9 juillet 2017).
  27. (en) Jon Hall, « In Honor of Alan Turing: A message from the sponsor », Linux Magazine, .
  28. (en) Sage Sharp, « Binaries are for computers », (consulté le 18 novembre 2017).
  29. (en) Jennifer L. Davidson, Umme Ayda Mannan, Rithika Naik et Ishneet Dua, « Older Adults and Free/Open Source Software: A Diary Study of First-Time Contributors », Proceedings of The International Symposium on Open Collaboration - OpenSym '14, ACM Press,‎ , p. 1–10 (ISBN 978-1-4503-3016-9, DOI 10.1145/2641580.2641589, lire en ligne, consulté le 25 avril 2020)

Articles connexes[modifier | modifier le code]