Divagations du fleuve Jaune

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Carte des principales divagations du fleuve Jaune (en rouge), de son cours actuel (en bleu clair), du Grand Canal (en bleu foncé) et des tracés des littoraux à différentes époques (en gris).

Les divagations du fleuve Jaune désignent les changements de lit du fleuve Jaune dans son cours inférieur depuis l'établissement de la civilisation chinoise il y a plusieurs millénaires. Ces modifications du tracé du fleuve proviennent de la topographie régionale, de la forte charge sédimentaire de ses eaux charriant de grandes quantités de limon et de l'édification de levées, que ce soit de manière naturelle ou anthropique. La particularité de ces divagations dans le cas de ce fleuve tient au fait que celles-ci peuvent déplacer son embouchure de plusieurs centaines de kilomètres le long du littoral au point de la faire passer de part et d'autre de la péninsule du Shandong suivant les époques.

Causes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les débuts de la civilisation chinoise au XXIIIe siècle av. J.-C., le fleuve Jaune suit son cours le plus septentrional répertorié, obliquant vers le nord-nord-est en amont de la ville de Zhengzhou en longeant le rebord oriental des monts Taihang et se jetant dans la baie de Bohai dont le trait de côte se trouve alors dans l'actuelle grande plaine de Chine du Nord[1],[2]. Au fil du temps, le fleuve adopte des lits de plus en plus méridionaux en se rapprochant de la péninsule du Shandong et en continuant de se déverser dans le golfe de Bohai dont le littoral se déplace vers l'est au fur et à mesure de son comblement par les alluvions[1],[2]. Ainsi, au début du Ve siècle av. J.-C., l'embouchure du fleuve Jaune se situe dans les environs de la ville de Cangzhou[1],[2]. Six cent ans plus tard, aux alentours de 11 ou 15 apr. J.-C., son cours change une nouvelle fois en se déplaçant un peu plus au sud puis de nouveau en 893[1],[2]. En 1048, un tout nouveau lit est emprunté depuis Zhengzhou, le fleuve Jaune se dirigeant vers le nord-est en suivant un tracé proche du cours actuel et se jetant dans la baie de Laizhou[1],[2].

En 1289, le fleuve Jaune change complètement et pour la première fois le tracé de son cours inférieur[1],[2]. Juste en aval de la ville de Kaifeng, il se dirige non plus vers le nord-est mais vers le sud-est et se jette alors dans le fleuve Bleu au niveau de la ville de Zhenjiang après avoir transité par les lacs Hongze et Gaoyou[1],[2]. Ce nouveau cours est abandonné en 1324 pour un tracé plus septentrional mais passant toujours au sud de la péninsule du Shandong puisque le fleuve Jaune se jette directement dans la mer de Chine orientale[1],[2]. Ce tracé perdure pendant plus de 500 ans et les vestiges de son lit sont toujours visibles sur l'intégralité de son parcours en aval de Lankao[1],[2].

Vers 1853-1855, un nouveau changement de parcours à la faveur d'une gigantesque crue et du manque d'entretien des levées refait passer le fleuve Jaune de l'autre côté de la péninsule du Shandong en adoptant le tracé actuel[1],[2],[3]. En 1938, le fleuve Jaune se jette à nouveau dans le fleuve Bleu mais en adoptant un tracé plus à l'ouest et plus en amont que celui de 1289[1],[2]. Enfin, des travaux ramènent définitivement le fleuve Jaune dans son lit actuel en 1947 ; les divagations du fleuve sont alors cantonnées à son delta[1],[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Yellow River Map », China Connection Tour (consulté le 30 septembre 2015)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Did humans cause the great flooding of China's Yellow River? 3,000-year-old levees accidentally led to millions of deaths », Daily Mail (consulté le 30 septembre 2015)
  3. « 1855 : Quand un fleuve se détourne de son cours », Météo France (consulté le 30 septembre 2015)

Article connexe[modifier | modifier le code]