District de Schwarzenburg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
District de Schwarzenburg dans le canton de Berne

Le district de Schwarzenburg était l’un des 26 districts du canton de Berne en Suisse.

Données géographiques[modifier | modifier le code]

La localité de Schwarzenburg, située dans la commune de Wahlern est le chef-lieu du district. Sa superficie est de 157 km² et compte quatre communes:

Le district de Scharzenburg est bordé à l'ouest par la rivière la Singine (ou, en allemand, la Sense) et à l'est par la Schwarzwasser, si bien que les documents les plus anciens appellent la région "Inter aquas" ("entre les eaux").

Schwarzenburg, qui a donné son nom au district, est le village le plus important, mais il ne put jamais prendre le pas sur Wahlern, plus ancienne et siège de la paroisse ; Schwarzenburg n'avait pas d'église et n'a toujours pas le statut de commune ; il reste rattaché administrativement à la commune de Wahlern, qui comporte en outre d'autres villages, dont celui appelé Wahlern qui a donné son nom à l'ensemble de la commune.

L'habitat est dispersé en hameaux et fermes isolées.

On note encore, sans recherche de l'exhaustivité, les villages de :

Langenwil : c'est le territoire le plus occidental de l'ancienne commune ; le dixième de Langenwil ("Langenwilzehnt") avait appartenu à une Comtesse de LONGUEVILLE, d'où le nom de Langenwil ; elle le vendit à l'homme le plus riche de Schwartzenburg, le gonfalonier Lienhardt SCHMIDT, mais celui-ci refusa d'acheter les Böeschenfelder ("champs escarpés"), un véritable marécage formé par une ancienne mare comblée de moraine et de dépôts d'alluvions ; la noble dame fit donc cadeau des Böeschenfelder aux bourgeois du village, d'où le proverbe : "Les nobles dames ne font don que des pommes pourries, les autres elles les vendent."

Wart : ce hameau se situe sur une ancienne route de Fribourg, et servait semble-t-il de poste d'observation, d'où son nom, construit sur le même radical que "gardien" ; il restait cependant possible d'accéder sans être vu au village à partir de la Singine (rivière) en prenant le Katzentyg, sentier du chat, difficilement praticable, agrippé sur des falaises au-dessus de la Singine, avec des marches taillées dans le rocher : les noms de Katzenstyg et Katzensteig sont fréquents sur les lignes douanières pour désigner les chemins de contrebandiers bien cachés.

Winterkraut : hameau historiquement anabaptiste à cheval sur Guggisberg et Wahlern

Données historiques[modifier | modifier le code]

Quelques dates[modifier | modifier le code]

1025 : Schwarzenbourg est cité pour la première fois sous le nom de Suirarcenburg.

Moyen Âge : le chateau de Grasburg monte fièrement la garde sur son promontoire dominant la Singine ; il est disputé et change de mains à de nombreuses reprises ; les chevaliers (Otto von GRASBURG en 1223, Kuno von GRASBURG en 1228) sont vassaux des Zähringer. Lorsque la branche des Zähringen s'éteint, la seigneurie de Grasbourg (l'actuel district de Schwarzenburg) passe aux Kiburg, puis aux Habsbourg. Un bailli impérial réside au château, d'où le pays est gouverné.

1310 : l'Empereur Henri VII du Saint-Empire donne en gage la seigneurie de Grasbourg au Comte Amédée V de Savoie.

1341 : destruction du village par les Bernois

1448 : destruction du village par les Fribourgeois

1423 : Amédée VIII de Savoie vend, à parts égales et droits égaux, la seigneurie de Grasbourg aux deux États de Berne et Fribourg ; c'est alors que commence pour la population la dure période du "double règne" qui dure jusqu'en 1798

1448 : Paix de Morat (Murten) ; il y est stipulé que Schwarzenburg devra se comporter de façon neutre entre Berne et Fribourg

1542 : abandon du château de Grasbourg ; transfert du pouvoir à Schwarzenburg

1573-1575 : construction du château du bailliage, le château de Schwarzenburg, à Schwarzenburg.

1650 environ : début des migrations connues d'anabaptistes suisses vers l'Alsace, que la guerre de Trente Ans a vidée d'une grande partie de sa population  ; le district de Schwarzenburg est particulièrement concerné

1653 : guerre des Paysans dans de canton de Berne, suivie d'une terrible répression

1670 et suivantes : la persécution des anabaptistes prend les dimensions d'une chasse à l'homme ; des "chasseurs d'anabaptistes" sévissent ; montée en puissance de l'émigration vers l'Alsace, puis vers les futurs États-Unis

Entre histoire et légende : le chateau noir[modifier | modifier le code]

La légende raconte que dans les temps anciens se trouvait ici un village florissant qui a été entièrement détruit pendant les guerres ; il n’en restait plus qu’un château fort, noirci par le feu, et c’est ainsi que l’on donna ce nom au nouveau village, construit à cet endroit.

Nombreux sont ceux qui ont cherché les vestiges de ce château légendaire, y compris des historiens notables, mais ils ne l’ont jamais trouvé. Ils ne pouvaient pas le trouver, pour la simple raison qu’il n’a jamais existé !

Le mot Schwarzenburg peut en effet avoir plusieurs sens : soit le château fort (Burg) noir (schwarz), étymologie sous-jacente à la légende ; soit aussi (étymologie plus probable) : le bourg (Burg) boisé (Schwarz).

En général, les légendes se basent sur un noyau dur historique, mais ici, il y en a même deux. Par deux fois, le village a été détruit : en 1341 par les Bernois, en 1448 par les Fribourgeois ; mais à cette époque le château était celui de Grasbourg et non celui de Schwarzenburg.

Le chateau-fort de Grasbourg[modifier | modifier le code]

Le Château de Grasburg: Sous le règne des Zähringer, l’ancien petit château féodal fut élevé au rang de place forte impériale et subit des aménagements. C’est de là que la Seigneurie de Grasburg - l’actuel district de Schwarzenburg - fut administrée et gouvernée. Un bailli impérial résida dans ce château jusqu'à la construction du château de Schwarzenburg.

Au bas du chemin creux raide qui part du château, - le Schlössli - on aperçoit les premiers restes des murs construits devant le premier pont-levis. Puis, on monte le sentier escarpé jusqu’à la place du château fort. Ce chemin se trouvait autrefois à l’intérieur de l’enceinte du château fort, mais l’ancien mur a disparu.

Là-haut sur la place du château fort se trouve un petit château antérieur, nommé das Englisberghaus, composé d’un beffroi et de la maison proprement dite. Les meurtrières et les fenêtres sont encore bien conservées et facilement accessibles. Vers l’arrière, se dresse l’autre château fort, plus grand, c’est das Wippingerhaus. L’espace entre ces deux châteaux forts n’était pas conçu pour les tournois, mais autrefois se trouvaient une écurie, une étable, un four à pain, un lavoir, trois granges, une petite chapelle, tous serrés les uns contre les autres, et à côté, un jardin aux herbes médicinales et culinaires. Devant le plus grand des deux châteaux, il y avait autrefois une douve avec un pont-levis construit sur des poteaux en bois. On aperçoit très nettement encore le pignon. C’était le palais - der Palas - derrière lequel se trouve la tour, assez peu accessible, avec la citerne et tout en haut, on distingue les marches qui menaient à la prison. Les gens appellent la pierre située au point culminant Köpfstuel, cependant on imagine difficilement que les exécutions aient pu y avoir lieu, le lieu du supplice étant la potence près du village.

Le château de Schwarzenburg[modifier | modifier le code]

En 1573, Berne et Fribourg achetèrent la résidence (Hushofstatt) et le verger (Boumgarten) à Gilg Spycher de Schwarzenburg dans le but d’édifier un château, et à partir de ce moment-là, les baillis venus de la ville résidèrent dans une vaste demeure de fonction dans le village ; alors, le vieux château de Grasbourg tomba en ruines. Tous les ans, les baillis devaient se rendre à Murten pour rendre leurs comptes à l’assemblée des députés de Berne et de Fribourg. Finalement, le « droit de maléfice » revint à la seule ville de Berne. De même la ville mit en place le greffier cantonal et institua les appels civils. Les hauts fonctionnaires portèrent les couleurs de Berne. La constitution helvétique de 1798 attribua à la seule ville de Berne l’annexion totale de la région de Schwarzenburg. Les actes de médiation et les décrets du congrès de Vienne confirment cette attribution. Désormais, Schwarzenburg formait un bailliage bernois, et depuis 1831, c’est un district.

Double appartenance et mauvaise gouvernance[modifier | modifier le code]

Les intérêts des ducs de Savoie se portèrent de plus en plus vers le sud si bien que pour eux, le château fort de Grasburg, solitaire, perdit de plus en plus d’importance. En 1423, le duc Amédée VIII vendit, en parts égales et en droits égaux, la seigneurie de Grasburg aux deux États de Berne et de Fribourg pour la somme de 6 000 thalers d’or français. C’est alors que commença pour la population de Schwarzenburg la dure période du double règne qui devra durer jusqu’en 1798. Cette période eut une influence extrêmement préjudiciable sur le développement de ce petit état isolé, et entraîna le petit pays de Schwarzenburg dans une immense pauvreté qui atteignit son paroxysme vers 1850. En 1803, le petit État de Schwarzenburg fut rattaché à Berne sur sa propre requête.

Ni Berne ni Fribourg n'étaient disposées à beaucoup investir dans le pays de Schwarzenbourg, mais chacune s'accrochait à ses prérogatives de peur qu'en les abandonnant l'autre partie ne sorte renforcée.

Haut lieu de l'anabaptisme[modifier | modifier le code]

Le petit peuple, dont la survie était déjà difficile dans ce pays inaccessible, ne pouvait que subir. S'ensuit une forte crise de citoyenneté le du succès de l'anabaptisme.

Le district de Schwarzenburg est un haut lieu de l'anabaptisme ; en 1735, les autorités du district affrètent un navire, l'Oliver (bélandre) à destination de la Pennsylvanie. Au moyen de diverses pressions et d'une publicité quelque peu mensongère, mais sans qu'on puisse pour autant parler de déportation au sens strict, elles convainquirent des anabaptistes de la région d'y prendre place.

Sources[modifier | modifier le code]

CD ROM : Paul Hostettler Taüferwanderung 1580-1750 ; 2002 ; en allemand ; sur l'émigration des anabaptistes-mennonites de Suisse vers l'Alsace et l'Amérique ; contient des relevés de registres paroissiaux des paroisses suisses de départ, ainsi que de nombreux éléments biographiques ; peut être consulté (référence : CD ROM no 8) au Cercle généalogique d'Alsace, 5 rue Fischart 67000 Strasbourg.

Article : Paul Hostettler ; The trail of anabaptist emigration from the alpine foothills of Bern ; translated by Ann C. SHERWIN ; Pennsylvania Mennonite Heritage january 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]