District de Bannu

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District de Bannu
La province Khyber Pakhtunkhwa (en vert), le district de Bannu en rouge
La province Khyber Pakhtunkhwa (en vert), le district de Bannu en rouge
Administration
Pays Drapeau du Pakistan Pakistan
Province Khyber Pakhtunkhwa
Chef-lieu Bannu
Démographie
Population 677 346 hab. (1998)
Densité 552 hab./km2
Langue(s) Pachto
Géographie
Superficie 122 700 ha = 1 227 km2

Le district de Bannu (en ourdou : ضلع بنوں ; en pachto : بنو) est une subdivision administrative de la province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan. Constitué autour de sa capitale Bannu, le district est entouré par le district de Karak à l'est, le district de Lakki Marwat au sud, et les régions tribales à l'ouest et au nord, qui comprennent les deux agences du Waziristan du Sud et du Waziristan du Nord.

Créé en 1861, le district de Bannu est peuplé par des Pachtounes. C'est une région montagneuse et rurale, peu développée et éloignée des grands centres économiques du Pakistan. Il est un fief politique du parti islamiste Jamiat Ulema-e-Islam (F) et de son chef Fazal-ur-Rehman. Le district a aussi été touché par les attentats et opérations militaires liés au conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan.

Histoire[modifier | modifier le code]

La région de Bannu a été sous la domination de diverses puissances au cours de l'histoire, notamment le Sultanat de Delhi puis l'Empire moghol, sous lequel la tribu pachtoune Durranis s'étend sur Bannu. Cette dernière a ensuite été prise par l'Empire sikh en 1818, puis en 1848, elle est conquise par le Raj britannique. À ce moment-là, l'actuel district est inclus au sein de celui de Dera Ismail Khan. Il devient un district séparé en 1861[1]. La ville de Bannu a été fondée en 1848 par Herbert Benjamin Edwardes et devient une place importante pour les Britanniques, qui y installent une base militaire et une prison.

Lors de l'indépendance vis-à-vis de l'Inde en 1947, la population majoritairement musulmane soutient la création du Pakistan. De nombreuses minorités hindoues et sikhes quittent alors la région pour rejoindre l'Inde, tandis que des migrants musulmans venus d'Inde s'y installent.

Géographie[modifier | modifier le code]

Site archéologique d'Akra, dans le district.

Le district de Bannu est traversé par les rivières Kurram et Gambila qui se rejoignent non loin, dans le district voisin de Lakki Marwat. Elles prennent leur source à l'ouest, en Afghanistan, et traversent le Waziristan avant de se jeter dans l'Indus. Ces cours d'eau forment ainsi une vallée dans Bannu, entourée des montagnes Sulaiman[2].

On trouve dans le district le site archéologique d'Akra[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 1998, la population du district a été évaluée à 677 346 personnes, dont 7 % d'urbains, contre 33 % au niveau national et 17 % au niveau provincial. Le taux d'alphabétisation était de 32 % environ, soit moins que la moyenne nationale de 44 % et la moyenne provinciale de 35 %. Il se situait à 51 % pour les hommes et 12 % pour les femmes, soit un différentiel de 39 points, bien supérieur aux 23 points pour l'ensemble du pays ainsi qu'à celui de la province de 32 points[4],[5].

La population du district est très majoritairement d'ethnie Pachtoune et la langue la plus parlée est le pachto, mais on trouve également des minorités parlant seraiki.

Administration[modifier | modifier le code]

La ville de Bannu en 2008.

Le district est divisé en deux tehsils, Bannu et Domel[6], ainsi que 36 Union Councils[7]. Seule une ville dépasse les 30 000 habitants d'après le recensement de 1998. Il s'agit de la capitale Bannu, qui regroupe à elle seule près de 7 % de la population totale du district et 99 % de la population urbaine, selon le recensement de 1998. Elle comptait 46 896 habitants d'après ce recensement, et 50 569 selon une projection de 2009.

Ville Population (est. 2009)[8]
Bannu 50 569

Économie et transports[modifier | modifier le code]

La population du district de Bannu est principalement rurale et pauvre. Elle vit ainsi principalement de l'agriculture. Peu d'industries sont présentes, alors que la zone est éloignée des centres économiques et des principaux axes de transports. Toutefois, une ligne ferroviaire dessert la ville de Bannu, la reliant à la ville voisin de Tank.

Conflit militaire[modifier | modifier le code]

À cause de sa proximité avec les régions tribales, et notamment le Waziristan, le district de Bannu est au centre du conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan. Les deux agences voisines du Waziristan du Sud et du Waziristan du Nord sont des fiefs pour les talibans afghans et des groupes djihadistes pakistanais, dont le plus important le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP). En juin 2009, le district de Bannu est touché par l'opération Rah-e-Nijat de l'armée pakistanaise qui se concentre dans le Waziristan du Sud[9]. Il est aussi particulièrement touché par de nombreux attentats à la bombe durant cette période. L'un des plus violents a eu lieu le 12 janvier 2011 quand une voiture piégée tue 17 personnes en visant un poste de police et est revendiqué par le TTP[10].

Politique[modifier | modifier le code]

Une rue de la ville de Bannu, le 20 janvier 2008. En plein contexte de campagne électorale, on aperçoit des drapeaux de la Jamiat Ulema-e-Islam (F) et des portraits de candidats.

Le district de Bannu correspond à la circonscription no 26 de l'Assemblée nationale et quatre circonscriptions à l'Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa.

Il est un fief important de la Jamiat Ulema-e-Islam (F), un parti islamiste (sur l'image à droite, on aperçoit d'ailleurs le drapeau noir et blanc du parti). Au cours des élections législatives de 2008, c'est le chef de ce parti, Fazal-ur-Rehman, qui a remporté le scrutin avec environ 56 % des voix face à cinq autres candidats et un taux de participation d'environ 43 %. Lors des élections législatives de 2013 et 2002, c'est un autre candidat du même parti qui a remporté le scrutin. Il faut toutefois noter qu'aucun grand parti n'avait présenté de candidat dans cette circonscription en 2002 et 2008, ni même le parti local séculier, le Parti national Awami[11].

Quant aux élections provinciales qui se déroulent en même temps, le siège représentant la ville de Bannu a été remporté par un candidat du même parti en 2002, 2008 et 2013. En 2008, le candidat du parti y remporte 62 % des voix et 54 % en 2013[12]. En 2002, deux grands partis, la Ligue musulmane du Pakistan (Q) et la Ligue musulmane du Pakistan (N) étaient arrivés second et troisième. En revanche, le Mouvement du Pakistan pour la Justice réussit à percer en 2013 en réunissant 44 % des voix[13]. Le Parti du peuple pakistanais ne s'y présente pour aucun des trois scrutins.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) History and Settlement of Bannu sur khyber.org
  2. (en) Bannu district sur uchicago.edu
  3. (en) Akra: The ancient capital of Bannu sur academia.edu
  4. (en) Bannu District at a glance sur pbs.gov.pk.
  5. (en) Demographic Indicators - 1998 Census sur pbs.gov.pk.
  6. (en) LIST OF DISTRICTS, TEHSILS/TALUKAS sur pbs.gov.pk
  7. (en) Pakistan: North West Frontier Province - District, Tehsil and Union Code Reference Map sur le site officiel du Bureau de la coordination des affaires humanitaires
  8. (en) Statistique sur les plus grandes villes du Pakistan, World Gazetteer. Consulté le 9 juin 2009
  9. Le Pakistan étend son offensive contre les taliban sur editoweb.eu, le 11 juin 2009
  10. (en) Pakistani bomber kills 17 in attack on police sur BBC, le 12 janvier 2011
  11. (en) NA-26 (Bannu) sur le site officiel de la Commission électorale du Pakistan
  12. (en) Constituency PF-70 Bannu-I sur le site officiel de la Commission électorale du Pakistan
  13. (en) Constituency PF-70 Bannu-I sur le site officiel de la Commission électorale du Pakistan

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]