Dissidences

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Dissidences est un projet d’étude scientifique des mouvements révolutionnaires de gauche, qui s’incarne dans un collectif de chercheurs, un blogue, une revue numérique et une collection de volumes à la suite d'une revue autoproduite.

La revue papier a comme directeurs de collection l'historien Jean-Guillaume Lanuque et le sociologue Georges Ubbiali, et son comité scientifique comporte des intellectuels comme Michaël Löwy, Enzo Traverso, Robi Morder, Claude Pennetier, Michel Dreyfus ou Paul Alliès. Le contenu des articles n'engage cependant que leur auteur.

La revue Dissidences, publiée à L'Harmattan puis aux éditions du Bord de l'eau, a été créée en septembre 2000 à partir du Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaires, lancé en 1998.

Maturation (1997-1998)[modifier | modifier le code]

Dissidences démarre en juin 1997, avec un appel intitulé « Recherche et extrême gauche : un nouveau départ ? ». Ce texte, rédigé par Jean-Guillaume Lanuque, fini par rassembler une première équipe qui se chargea de rédiger une déclaration d’intentions afin d’expliciter le projet, d’une histoire scientifique des mouvements révolutionnaires de gauche. Le texte définitif fut approuvé en juin 1998.

La revue papier (1998-2004)[modifier | modifier le code]

Le premier numéro du Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaires (BLEMR) parut en décembre 1998 autour d’une équipe stabilisée (Jean-Pierre Bigaré, enseignant en philosophie travaillant sur « Socialisme ou Barbarie » ; Philippe Bourrinet, salarié par l'ONU, auteur de travaux de recherche sur la gauche communiste ; Charles Jacquier, docteur en histoire, dont la thèse portait sur Boris Souvarine ; J-G. Lanuque et trois autres étudiants et enseignants travaillant sur les trotskysmes). On y trouvait des notes de lecture, des articles de réflexion, des présentations de centres d'archives, de maisons d'éditions, des bibliographies thématiques puis chronologiques, une revue des livres et publications, ainsi qu’une liste de chercheurs travaillant sur le champ d’études.

À partir du numéro 5 d’avril 2000, la revue s'articule autour d'un dossier thématique. Le no 6 de septembre 2000 vit le terme de BLEMR devenir le sous titre de Dissidences, proposé par Stéphane Moulain. Parallèlement, grâce aux efforts de Sylvain Delouvée le site internet www.dissidences.net fut créé.

Entre histoire militante et histoire universitaire[modifier | modifier le code]

Tout au long de cette première période d’existence, l'équipe de rédaction connaît des changements, souvent liés aux débats sur la nature du projet, avec la difficulté de se positionner entre une histoire militante et une histoire strictement universitaire.

Certains quittent la revue à la suite de désaccords, Charles Jacquier après le n°6, en raison d’un fonctionnement collectif qui lui semblait déficient et de ce qu’il diagnostiquait comme une « universitarisation rampante de la revue » [1]; Philippe Bourrinet, en raison de ce qu'il jugeait être une prise de contrôle de la revue par des militants ou sympathisants de la LCR[2].

Le passage de l'autoproduction à l'édition professionnelle (2004-2015)[modifier | modifier le code]

Après un projet de partenariat avorté avec l'université de Dijon, les démarches auprès d'éditeurs entamées en 2004 devaient permettre de publier des volumes thématiques et non plus de simples bulletins autoproduits. Pour cela, une association fut également officiellement créée, les Amis de Dissidences.

Les Éditions L'Harmattan publièrent les deux premiers volumes (« Révolution, lutte armée et terrorisme », en février 2006, et « Daniel Guérin, révolutionnaire en mouvement(s) » en mars 2007[3]), avant que le projet ne migre chez les éditions du Bord de l’eau (Bordeaux) :

  • « Avant-gardes artistiques et politiques autour de la Première Guerre mondiale » en octobre 2007;
  • « Mai 68, monde de la culture et acteurs sociaux de la contestation » en avril 2008.
  • " Mai 68, aspects régionaux et internationaux" en octobre 2008.
  • " Trotskysmes en France" en avril 2009.
  • "La Belgique sauvage. L'extrême gauche en Belgique francophone depuis 1945" en octobre 2009.
  • "Prochinois et maoïsmes en France (et dans les espaces francophones)" en mai 2010.
  • "L'art comme résistance. Eveil politique et engagement des artistes dans les années 1930" en octobre 2010.
  • "Musiques et révolutions. XIXe, XXe et XXIe siècles" en novembre 2011.
  • "Pierre Broué, un historien engagé dans le siècle" en mai 2012.
  • "Les syndicalismes dans l'horizon révolutionnaire " en novembre 2012
  • "L'historiographie de la décennie 1970 en France. Inflexion, retournement, restauration politique ?" en novembre 2013.
  • Anarchismes, nouvelles approches, nouveaux débats, volume 14, janvier 2015, (ISBN 9782356873583), présentation en ligne.

Dissidences aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Des collaborateurs de Dissidences ont participé à l’écriture d’articles pour l'encyclopédie La France des années 1968 ou aux actes du colloque ""Extrême ?" Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle)".

Le site Dissidences.net mettait en ligne mensuellement des notes de lecture -dont une partie autour d’un thème-, une revue des revues bi-annuelle, des actualités et des articles inédits[4]. À la fin du premier semestre 2011, le choix a finalement été fait d'une revue numérique, hébergée sur http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences. Centrée sur l'histoire des mouvements révolutionnaires, sociaux et ouvriers, la revue numérique a vocation à publier chaque semestre des articles scientifiques, des notes de lectures et des comptes rendus sur ces questions. Sept numéros sont parus à ce jour. Par ailleurs, un blogue a été lancé sur hypothèses.org (http://dissidences.hypotheses.org/). Il est mis à jour à un rythme hebdomadaire, et propose principalement des notes de lecture et des billets en lien avec des parutions jugées particulièrement importantes.

Comité de rédaction[modifier | modifier le code]

  • Ludivine Bantigny, docteure en histoire, Université de Rouen
  • Yannick Beaulieu, docteur en histoire
  • Christian Beuvain, enseignant dans le secondaire, recherches sur l’histoire visuelle du mouvement ouvrier
  • Vincent Chambarlhac, maître de conférences en histoire, Université de Bourgogne
  • Fanny Gallot, doctorante en histoire
  • Franck Gaudichaud, docteur en science politique, maître de conférences en civilisation hispano-américaine à l’université Grenoble 3
  • Julien Hage, docteur en histoire
  • David Hamelin, doctorant en histoire (université de Poitiers)
  • Thierry Hohl, docteur en histoire
  • Jean-Guillaume Lanuque, enseignant dans le secondaire, coordinateur du corpus « extrême gauche (marxiste) » du dictionnaire Maitron
  • Morgan Poggioli, ingénieur d'études à l'Université de Bourgogne
  • Jean-Paul Salles, docteur en histoire
  • Florent Schoumacher, ancien professeur de philosophie,
  • Iveta Slavkova, docteure en histoire de l'art, chargée de cours à Paris I, Paris X et Sciences Po (Paris)
  • Frédéric Thomas, docteur en science politique
  • Georges Ubbiali, maître de conférences en sociologie à l’université de Bourgogne

Thèmes des dossiers parus dans les numéros de Dissidences-BLEMR[modifier | modifier le code]

  • Numéro 5, avril 2000 : Anarchisme
  • Numéro 6, septembre 2000 : Surréalisme
  • Numéro 7, décembre 2000 : Les trotskysmes américains
  • Numéro 8, mai 2001 : Mémoires de la Commune de Paris
  • Numéro 9, octobre 2001 : Anticolonialisme(s) révolutionnaire(s)
  • Numéro 10, février 2002 : Révolution sexuelle
  • Numéro 11, juin 2002 : Mémoires de la Révolution française
  • Numéro 12-13, octobre 2002 – janvier 2003 : Révolutionnaires en Seconde Guerre mondiale
  • Numéro 14-15, octobre 2003 – janvier 2004 : Autour du mouvement révolutionnaire chilien

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Biard, Bernard Gainot, Paul Pasteur, Pierre Serna (sdd), ""Extrême?" Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle)", Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012 : "Construction et déconstruction d'une catégorie : l'extrême gauche et ses avatars en France depuis 1989" (V. Chambarlhac, D. Hamelin, J.-G. Lanuque et G. Ubbiali pour la revue Dissidences, p. 67 à 77), "Nommer l'extrême gauche autour de 1937. Topique(s) de l'agrégation trotskiste" (V. Chambarlhac, p. 119 à 130), "Penser le pouvoir, prendre le pouvoir. Le centre et la marge dans la culture communiste révolutionnaire (1968-1981)" (L. Bantigny, p. 317 à 327), "L'extrême gauche italienne n'existe pas ! Mise en perspective historique d'une "aire" politique : la Nuova Sinistra (1960-1980)" (Y. Beaulieu, pp.341 à 359)
  • Antoine Artous, Didier Epsztajn, Patrick Silberstein (sdd), La France des années 1968. Une encyclopédie de la contestation, Paris, Syllepse, 2008 : articles « Anarchismes » (S. Moulain, pp.103 à 117), « Cedetim » (F. Gaudichaud, pp.158 à 161), « Chili » (F. Gaudichaud, pp.197 à 203), « Luttes ouvrières radicales » (G. Ubbiali, pp.481 à 495), « Parti socialiste (courants critiques) » (V. Chambarlhac, pp.572 à 579), « Révolution culturelle » (F. Gaudichaud, pp.711 à 716), « Théâtre » (O. Neveux, pp.767 à 774), « Trotskismes » (J-G. Lanuque et J-P. Salles, pp.783 à 794), « Violence révolutionnaire » (C. Beuvain, J-G. Lanuque et J-P. Salles, pp.818 à 829)
  • Thomas Bouchet, Matthew Legget, Jean Vigreux, Geneviève Verdo (sdd), L’insulte (en) politique. Europe et Amérique latine du XIXe siècle à nos jours, Dijon, EUD, 2005 : « Les trotskystes et les insultes. Esquisse de typologie et d’interprétation » (J-G. Lanuque, pp.169 à 176), « Des « potentats du dollar » aux « croisés de la peste ». Les Américains, figure du mal dans la presse communiste française des années cinquante » (C. Beuvain, p. 177 à 190)
  • Frédérick Genevée, Roger Martelli, Jean Vigreux, Serge Wolikow (sdd), Cédérom Le communisme en France. Une traversée du siècle, édition État de veille, 2001
  • Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981). Instrument du Grand Soir ou lieu d’apprentissage ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005
  • Frédéric Thomas, Rimbaud & Marx : une rencontre surréaliste, Paris, L’Harmattan, 2007
  • Stéphane Moulain (dir.), Révolution, lutte armée et terrorisme, L'Harmattan, , 208 p. (ISBN 2747597180, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sa lettre publiée dans le numéro 7 de Dissidences – BLEMR, décembre 2000, p.52.
  2. Voir sa lettre publiée dans le numéro 8 de Dissidences – BLEMR, mai 2001, p.46
  3. Actes (partiels) du colloque tenu en 2004 à l’université de Loughborough (Royaume-Uni) sous la direction de David Berry.
  4. Parmi les derniers, citons « Le spectre de Smolny ? Retour sur le 90e anniversaire d’octobre 1917 à travers textes et images animées » de Christian Beuvain et Jean-Guillaume Lanuque ([1]), « Eisenstein fait écran » de Vincent Chambarlhac ([2]), ou « Les guerres coloniales françaises au miroir communiste : quelques livres et deux ou trois choses que l’on sait d’elles » de Christian Beuvain ([3]).

Liens externes[modifier | modifier le code]