Dissidence cubaine

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Un bateau de réfugiés cubains arrivé en Floride (exode de Mariel en 1980).

La dissidence cubaine est un mouvement politique à Cuba dont le but est de remplacer le régime castriste par une organisation politique plus démocratique. Selon Human Rights Watch, le gouvernement cubain réprime presque toutes les formes de dissentiment politique.

Mouvements de la dissidence[modifier | modifier le code]

Rébellion de l'Escambray[modifier | modifier le code]

La rébellion de l'Escambray a été une rébellion qui a duré six ans, entre 1959 et 1965, principalement dans les montagnes de l'Escambray à Cuba, mais aussi dans l'ensemble des provinces cubaines, par des groupe d'insurgés qui s'opposent au gouvernement cubain dirigé par Fidel Castro.

Les groupes d'insurgés rebelles était un mélange d'anciens soldats de Fulgencio Batista, d'agriculteurs locaux et d'anciens guérilleros alliés qui avaient combattu à côté de Castro contre Batista pendant la révolution cubaine, comme Eloy Gutiérrez Menoyo. Le résultat final a été l'élimination de tous les insurgés par les forces gouvernementales cubaines en 1965[1],[2].

Commission cubaine des droits de l’homme[modifier | modifier le code]

Elizardo Sánchez a fondé en 1987 la commission cubaine des droits de l’homme et la réconciliation nationale. L'objectif d'Elizardo Sánchez souhaitait engager un dialogue avec le régime cubain, plutôt que de faire appel à l'opinion internationale[3].

Mouvement chrétien de libération[modifier | modifier le code]

En 1988, un groupe de catholiques dirigé par Oswaldo Paya fonde le Mouvement chrétien de libération (Movimiento Cristiano de Liberación, MCL) Celui-ci développe un message démocrate-chrétien, en lien avec l'Eglise catholique cubaine.

En mars 2017, Eduardo Cardet, coordinateur national du Mouvement chrétien de libération, est condamné à trois ans de prison pour « agression » d'un représentant de l'État lors de son arrestation en novembre 2016. C'est à la suite de ses critiques dans des médias étrangers envers Fidel Castro, mort quelques jours plus tôt, qu'il a été arrêté[4].

Projet Varela[modifier | modifier le code]

Le projet Varela (Proyecto Varela en espagnol) est un projet initié à Cuba en 1998 par Oswaldo Payá Sardiñas du Mouvement de libération chrétienne (CLM) pour réclamer une réforme constitutionnelle garantissant une plus grande liberté. Le projet porte le nom de Félix Varela, un chef religieux cubain qui lutta au XIXe siècle pour l'indépendance de Cuba. À la suite de cette initiative, de nombreux opposants au régime ont été emprisonnés pendant le printemps noir en 2003.

Dames en blanc[modifier | modifier le code]

Les Dames en blanc (en espagnol : Damas de Blanco), créé en 2003, est un mouvement d'opposition à Cuba réunissant des épouses et membres des parents de dissidents emprisonnés par le gouvernement de Fidel Castro. Les femmes protestent contre ces emprisonnements en assistant à la messe chaque dimanche vêtues d'une robe blanche, puis en marchant en silence dans les rues habillées de blanc. La couleur blanche est choisie pour symboliser la paix. Le mouvement a reçu le Prix Sakharov remis par le Parlement européen en 2005.

Répression de la dissidence[modifier | modifier le code]

Les opposants au régime castriste ont longtemps été combattus par les autorités. Selon Fidel Castro, on ne pouvait être qu'« avec la révolution ou contre la révolution »[5].

Prisons[modifier | modifier le code]

La Villa Marista est une prison située à La Havane. Elle est notoire pour la détention de prisonniers politiques par l'agence de sécurité nationale cubaine.

Les Unités militaires d'aide à la production (UMAP) sont des camps de travail destinés dans les années 1960, à « rééduquer » les homosexuels, les individus asociaux et les opposants au régime. Ces camps, au nombre de 200, sont installés dans la province de Camagüey[6]. Dans une interview avec La Jornada en 2010, Fidel Castro a admis sa responsabilité dans les persécutions lors d'une question à propos des camps de l'UMAP : « Après mon arrivée au pouvoir, les représentants des minorités sexuelles étaient persécutés…Oui, il y a eu des moments de grande injustice, de grande injustice ! »[7],[8].

Printemps noir[modifier | modifier le code]

Le Printemps noir est une répression politique en 2003 par les autorités cubaines sur ses dissidents. Les 75 Cubains arrêtés sont essentiellement accusés d'être au service des États Unis et avoir reçu de l'argent de celui-ci. Après la mort du prisonnier Orlando Zapata en 2010, à la suite d’une grève de la faim de 85 jours, les négociations entre l'Église cubaine et le régime communiste conduisent à la libération des derniers membres du groupe des 75 en 2012.

Décès en prison des opposants[modifier | modifier le code]

Pedro Luis Boitel soutient l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, puis s'oppose au régime mis en place. Après avoir monté une cellule clandestine, Orlando Zapata est arrêté et condamné à dix-huit ans de prison. Il y est torturé et commence une grève de la faim jusqu’à sa mort le en février 2010 à l’âge de 42 ans[9].

Exécution des opposants[modifier | modifier le code]

Exilés cubain[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Exilé cubain, Exode de Mariel et Balsero.

Entre 1959 et 2015, le déficit migratoire cumulé dépasse le million, soit 12 % de la population moyenne durant cette période. Les quatre cinquièmes des Cubains se réfugient aux États-Unis[10]. L'exode le plus massif se passe en 1980, 125 000 Cubains peuvent quitter Cuba par le port de Mariel pour rejoindre la Floride. C'est lors de l'exode de Mariel que l'écrivain cubain Reinaldo Arenas peut quitter l'île, après des années de persécutions homophobes et politiques. À la suite de la manifestation du 5 août 1994 (Maleconazo) , une manifestations contre le régime castriste, Fidel Castro autorise de nouveau le départ des Cubains qui souhaitent fuir l'île.

Réactions à la mort de Fidel Castro[modifier | modifier le code]

Marta Beatriz Roque

Après avoir transmis la direction de Cuba à son frère Raúl Castro en 2006, Fidel Castro est mort le 26 novembre 2016. Les exilés cubains fêtent la mort de Fidel Castro. Par contre à La Havane les dissidents restent discret redoutant une répression accrue.

Berta Soler, de l'organisation des Dames en blanc indique : « nous ne nous réjouissons pas de la mort d'un homme, d'un être humain, ce dont nous nous réjouissons, c'est la mort des dictateurs ». De même pour Marta Beatriz Roque, arrêtée en 2003 lors du Printemps noir: « je ne me réjouis de la mort de personne, pas même de la mort du diable ». José Daniel Ferrer García, qui travailla sur le projet Varela et fut arrêté lui aussi en 2003, considère : « Nous allons rester tranquilles, bien qu'il soit le principal responsable de la misère et de l'absence de droits politiques »[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Bloch Alzarse » : les formes d’une pratique, depuis l’époque des palenques jusqu’à l’extinction des derniers groupes de guérilleros anticastristes.Nuevo Mundo, Mundos Nuevos, 25 avril 2008.
  2. Elizabeth Burgos Plantados jusqu’à la liberté : le corps comme territoire de résistance et d’affirmation de l’intégrité face au système carcéral à Cuba Nuevo Mundo, Mundos Nuevos, 19 mars 2005.
  3. Rigoulot 2007, p. 177
  4. AFP Cuba: un dissident condamné à trois ans de prison L'Express, 21 mars 2017
  5. Marie-Laure Geoffray (maître de conférences à l’Institut des hautes études d’Amérique latine) Existe-t-il une "nouvelle gauche" à Cuba? Science politique, Observatoire Politique de l'Amérique latine et des Caraïbes, Texte originellement paru en allemand dans le numéro d'août de la revue Analyse und Kritik
  6. Derrière le mea culpa de Fidel,l’action de Mariela Castro Tétu
  7. Lira Saade, Carmen. ""Soy el responsable de la persecución a homosexuales que hubo en Cuba: Fidel Castro"."La Jornada 31 08 2010, n. pag. Web.
  8. Quand Castro envoyait les homosexuels dans des camps Les Inrockuptibles, 2 septembre 2010
  9. Cuba : la mort d'Orlando Zapata, gréviste de la faim L'Obs, 24 février 2010
  10. Cuba : histoire d’un exode Population & Avenir : « À Cuba, le déficit migratoire cumulé s’établit, pour la période 1959 , Année de la prise du pouvoir par Fidel Castro.-2015, à plus d’un million, soit 12 % de la population moyenne durant cette période. En moins d’un demi-siècle, un Cubain sur huit choisit donc de quitter l’île et de tourner le dos à la Révolution castriste. Les quatre cinquièmes optent pour les États-Unis qui, dans les périodes où ce pays les accepte, accueillent ces immigrants comme des réfugiés, victimes de la dictature communiste. »
  11. À Cuba, la dissidence craint plus de répression après Fidel Castro La Presse, 27 novembre 2016

À voir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]