Discussion:Pierre-Joseph Proudhon

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Discussion[modifier le code]

Ceci n'est pas un article, c'est un panégyrique... Être francophone et par conséquent politiquement dévoyé n'est pas une excuse pour ne pas respecter le NPOV de la Wikipédie. Merci de prendre exemple sur l'article «Marx» (DomQ)

ne pas oublier par exemple l'antisémitisme haineux du gugusse, on en parle pas souvent!--Lisaël causer 8 septembre 2005 à 00:37 (CEST)

tous les socialistes du 19ème était antireligieux, comme marx, owen.. ce qui ne fait pas d'eux des antisémites mais des antireligieux. je savais qu'il avais écrit des textes misogynes mais d'ou tu sors ce texte. Des propos aussi immonde me paraît pas collé avec ses écrits et sa pensé ??


Non, là c'est plus que de l'"antireligion" (ce genre d'explication me donne envie de vomir) : "Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer... Par le fer ou par le feu, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse..."

j'ai enlevé l'expression "solution finale" car elle désigne comme l'indique l'article de wikipédia un évènement historique (planification et extermination des juifs par les nazis) qui a eu lieu presque 100 ans après les propos et particique à une confusion entre proudhon et les nazis.

-J'ai pas lu Proudhon, mais en tout cas, même les libertaires se revendiquant de son héritage reconnaissent ce problème dans l'oeuvre de Proudhon. Il a été très pote avec l'affreux Drumont, et son influence est visible quand le papa de l'antisemitisme envisage de déposseder tous les juifs de leurs biens pour les redistribuer aux prolétaires pour qu'ils s'autoorganisent.--Tud (d) 25 avril 2009 à 15:05 (CEST)

REPONSE Proudhon est mort en janvier 1865, Drumont est né en mai 1844. Son premier livre, Mon vieux Paris, paraît en 1878 ; sa France juive en 1889. Dans la correspondance de Proudhon éditée (une vingtaine de volumes) pas une seule lettre à Drumon. Sur « l'antisémitisme » de Proudhon, vous pouvez vous reporter à mon article (trop long) qui suit. Enfin, je ne saurais que trop vous conseiller de lire Proudhon. Même si vous êtes en complet désaccord avec sa proposition de fédéralisme autogestionnaire comme premier pas vers l'anarchie, je vous prédit un grand plaisir car, en dehors d'être un grand philosophe, Proudhon était un grand écrivain. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:24 (CET)

organisation de l'article.[modifier le code]

Il me semble que l'organisation de l'article en posant dans l'introduction les tares de proudhon est quelque peu déplacé. je remet cette partie là où elle devrait être, car ce n'est pas un théoricien de l'anti-sémitisme (d'ailleurs, on peut aussi y voir de l'antisionisme aussi dans ces propos, c-a-d le rejet du communautarisme juif, une position d'un chrétien, mais également le rejet du capitalisme défendu par des juifs, communauté qui était alors visible pour cela à cette époque de révolution industrielle, tout comme le protestantisme pouvait l'être par ailleurs ; c'est donc un mélange de tout ça), ces propos se trouvaient dans ces carnets persos (articles de 1848, jamais publiés de son vivant) et non dans ses écrits publics, et qui seront publiés plus tard qu'aprés sa mort (sans son consentement ?). Je modifie l'article en conséquence. <|-Libre-|> 17 octobre 2005 à 11:27 (CEST)

L'article est bon dans l'ensemble, mais qu'est-ce que c'est que cette scorie à la fin, soit disant intitulée "débat" ? C'est une anecdote sans mise en contexte, qui au pire devrait se trouver dans la biographie pour qu'un semblant d'intérêt encyclopédique puisse y être trouvé. --82.64.151.66 (d) 1 février 2008 à 23:42 (CET)
Fait Bombastus [Discuter] 2 février 2008 à 00:47 (CET)

Tout cela est juste est bon[modifier le code]

Le chapitre 2 est de la propagande indigne de Wiki, qui est une encyclopédie libre par un organe libertaire.

Jib.

Vie et Mort[modifier le code]

Il me semble qu'il y a une petite erreur dans les dates de vie et de mort de Proudhon. En effet nous avons : "né le 15 janvier 1809 à Besançon (1) dans le Doubs, mort à Paris (2) le 19 janvier 1865 à Passy" en introduction et "né à Besançon le 15 janvier 1809, mort à Passy le 16 janvier 1865" dans vie et oeuvre. Trois jours de différence, et une ville aussi. Il me semble que dans beaucoup d'ouvrage, et sur le site d'un de ces descendants (http://perso.wanadoo.fr/jean-pierre.proudhon/memoires/pierre-j1.htm) se soit la version de Paris qui est retenue...

REPONSE Passy a longtemps été une commune et n'a été rattaché administrativement à Paris qu'en 1860. Il est normal qu'en 1864, les habitants, comme Proudhon, écrivent encore « Passy » aux en-têtes de leurs lettres. Proudhon est mort le jeudi 19 janvier 1865 à deux heures du matin entouré de sa femme, sa belle-sœur et son ami Langlois. Pour la petite histoire, sa femme, croyante, lui avait demandé s'il désirait voir le curé de Passy. « C'est à toi seule que je demanderai l'absolution » lui répliqua-t-il. Les obsèques eurent lieu dès le lendemain, 20 janvier. Dehors, des ouvriers évalués à 5 ou 6 000 par la presse de l'époque (il n'y avait alors ni la télévision ni internet pour annoncer la nouvelle) attendaient dans la Grande rue de Passy, devenue rue de Passy. Un bruit de fanfare se fit entendre. C'était le 92e régiment d'Infanterie qui, colonel en tête, s'engageait dans la rue. La foule pense tout d'abord que la troupe est envoyée pour la disperser. Elle serre les rangs. Les soldats revenaient simplement de promenade. Silence ! Respect au mort ! crièrent des ouvriers. Le régiment s'arrêta. Charles Beslay (ou Langlois et Duchène) explique(nt) alors au colonel qui était celui qu'on enterrait. Battez aux champs ! lança une voix. Avant que le colonel ait le temps d'intervenir, les tambours obéirent. Le colonel ordonna à ses hommes de se remettre en marche et, passant devant le cercueil, salua de son épée (ou, le régiment passant devant la maison mortuaire présenta les armes). (Cf. Lefrançais Souvenirs d'un révolutionnaire et Haubtmann Proudhon - Les deux versions sont légèrement différentes. Lefrançais semble avoir été présent ; Haubtmann s'est longuement entretenu avec la petite-fille de Proudhon).

Comme l'écrit Haubtmann dans sa biographie : « Hommage imprévu de l'armée à quelqu'un qui ne l'aimait guère ».

En mourant, Proudhon, qui avait toujours été écrasé de dettes, laissait 22 500 francs de créances. On lança une souscription pour la famille qui rapporta 36 302 francs 85 centimes et plusieurs créanciers firent remise des sommes dues. Ajoutez à cela les droits que percevait Mme Proudhon sur la vente des livres et vous comprenez comment elle a pu assurer une vie décente à ses enfants. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:26 (CET)

Lien externe mort[modifier le code]

Bonjour,

Pendant plusieurs vérifications automatiques, et dans le cadre du projet correction des liens externes un lien était indisponible.

Merci de vérifier si il est bien indisponible et de le remplacer par une version archivée par Internet Archive si c'est le cas. Vous pouvez avoir plus d'informations sur la manière de faire ceci ici. Si le lien est disponible, merci de l'indiquer sur cette page, pour permettre l'amélioration du robot. Les erreurs rapportées sont :

Eskimbot 1 février 2006 à 00:02 (CET)

travaux[modifier le code]

Je suis en train de traduire l'article anglais qui va servir à refondre l'article. Pas de modification d'ampleur svp avant la mise en place :) Apollon 21 mai 2006 à 01:24 (CEST)

nouvelle version[modifier le code]

J'ai complètement bouleversé l'article en traduisant assez fidèlement l'anglais. Il y a des citations dont je n'ai pu trouver les originales, merci de compléter si vous avez les livres. J'ai mis le temps au présent. Merci de ne pas charcuter, je compte enrichir prochainement :) Apollon 26 mai 2006 à 17:52 (CEST)

J'ai hâte de compléter et j'ai de nombreuses infos mais je ne peux pas les insérer pour le moment. Apollon 1 juin 2006 à 00:31 (CEST)

La Langue est affreuses, les fautes de français légions et la concordance des temps catastrophique. La version anglaise d'un article n'est pas forcément la meilleure, surtout si elle est traduite mot à mot. Je viendrais filler un coup de main dés que j'en aurais le temps. A part ça, et sans vouloir enfler une polémique larvée : Proudhon était ouvertement antisémite (et contrairement à ce que j'ai lu ici tous ne l'étaient pas à son époque et l’on ne peu parler ici d’anti-sionisme sans se ridiculiser) et il était aussi profondément misogyne, allant même jusqu'à inclure ces penchants dans ses théories. Les preuves de ce que j'avance ici sont nombreuses dans son œuvre (pour ceux qui m'accuseraient de partialité) et je pense qu'il est essentiel que cela transparaisse dans l'article. Karl marx 4 juin 2006 à 03:16 (CEST)

as-tu vu la version avant traduction ? Sur la misogynie de Proudhon, on recherche des sources, c'est d'ailleurs indiqué dans le texte non visible au lecteur. Sur son antisémitisme, je ne pense pas qu'il y ait des patés à écrire dessus. Je complèterai le texte plus tard, j'ai beaucoup d'infos mais je ne les ai pas avec moi ici, à Jerusalem. Apollon 6 juin 2006 à 15:09 (CEST)

Proudhon (copie par Apollon d'une discussion ayant eu lieu sur la page de Stevo)[modifier le code]

Tes révocations m'ont un peu surpris, j'ai restauré les passages puis complété.

  • Pour la première: j'ai amendé un texte que j'avais moi-même écrit (j'ai également traduit ou écrit la quasi-totalité du texte, voici l'article avant que je le travaille [1]), j'avais commis une erreur la voici réparée, j'ai ajouté une deuxième citation afin d'établir son acceptation de la concurrence, j'ai corrigé "défend" en "accepte"; je ne sais pas si ce que j'ai écrit contredit un article tiers puisque le lien que tu as donné était rouge;
  • Pour la seconde: je ne vois pas ce que tu veux dire, mais l'absence de cette très fameuse parabole était une lacune de l'article et l'analyse que je pose, assez simple, n'est pas de moi mais tirée d'un manuel d'éco pol écrit par Bertrand Nézeys.

Si tu souhaites retrancher du texte, sois aimable de venir en discuter d'abord. Cordialement. Apollon 31 octobre 2006 à 01:58 (CET)

Désolé de ne pas avoir ouvert de discussion, j'ai été surpris que tu n'en ai pas ouvert étant donnée les profondes modification du sens du texte que tu fais donc je n'ai pris la peine de le faire moi même. Le fait que tu sois l'auteur du paragraphe (merci de l'avoir écris) ne veux pas dire que tu peux le modifier comme tu veux :)
  • Pour la première, la concurrence est contraire aux principes du mutualisme proudhonnien. Dans le mutualisme, comme tout est vendu à son cout réel (cf article sur le mutualisme (théorie économique)), donc 2 personnes vendant un même objet le vendent toutes les 2 au même prix (fixé par la société de bourse) donc il n'y a pas de concurrence :) C'est pour cela que j'ai retiré ce passage. Désolé pour le lien rouge, je me suis emmêlé dans les noms mais c'est maintenant corrigé, il y a une redirection :)
  • Pour la deuxième l'erreur est de moi, désolé. J'ai cherché la citation que tu donnais, mais ne la trouvant pas, j'ai essayé d'autres mot clé et suis tombé sur une autre. Je viens de réessayer et je l'ai trouvé. Je restitue ce paragraphe, et y apporte une chtite clarification parceque j'avais pas du tout compris ça.
Stevo 31 octobre 2006 à 23:10 (CET)
edit: je viens de trouver Système des contradictions économiques sur internet et le passage en question, page 260. Cette citation ne s'articule pas dans les théorie qu'il défend ou accepte, mais dans une analyse pragmatique de la société. En effet, 5 pages plus loin (p265), voici ce que l'on trouve: Donc la concurrence, analysée dans son principe, est une inspiration de la justice ; et cependant nous allons voir que la concurrence, dans ses résultats , est injuste. Voilà, je re-retire ton paragraphe si tu n'y vois pas d'objection.
Stevo 31 octobre 2006 à 23:39 (CET)
J'irai voir, attend un peu. Apollon 1 novembre 2006 à 01:11 (CET)
pas de problème ;) - Stevo 1 novembre 2006 à 14:51 (CET)
Proudhon clot le chapitre sur la concurrence (après avoir écrabouillé le socialisme de Louis Blanc) ainsi:
« Résumons : la concurrence, comme position ou phase économique, considérée dans son origine, est le résultat nécessaire de l' intervention des machines, de la constitution de l'atelier et de la théorie de réduction des frais généraux ; considérée dans sa signification propre et dans sa tendance, elle est le mode selon lequel se manifeste et s' exerce l' activité collective, l' expression de la spontanéité sociale, l' emblème de la démocratie et de l' égalité, l' instrument le plus énergique de la constitution de la valeur, le support de l' association. -comme essor des forces individuelles, elle est le gage de leur liberté, le premier moment de leur harmonie, la forme de la responsabilité qui les unit toutes et les rend solidaires.
« Mais la concurrence abandonnée à elle-même et privée de la direction d' un principe supérieur et efficace, n' est qu' un mouvement vague, une oscillation sans but de la puissance industrielle, éternellement ballottée entre ces deux extrêmes également funestes : d' un côté les corporations et le patronage, auxquels nous avons vu l' atelier donner naissance, d' autre part le monopole, dont il sera question au chapitre suivant.
« Le socialisme, en protestant avec raison contre cette concurrence anarchique, n' a rien proposé encore de satisfaisant pour sa réglementation ; et la preuve, c' est qu' on rencontre partout, dans les utopies qui ont vu le jour, la détermination ou socialisation de la valeur abandonnée à l' arbitraire, et toutes les réformes aboutir, tantôt à la corporation hiérarchique, tantôt au monopole de l' état, ou au despotisme de la communauté. »
Mon résumé c'est que Proudhon conçoit la concurrence très positivement à ceci près qu'elle a un défaut fatal qui est qu'elle mène au monopole. Es-tu d'accord avec cette lecture. Si oui je te propose une nouvelle rédaction. Apollon 1 novembre 2006 à 19:57 (CET)
D'accord pour dire qu'il conçoit positivement, mais c'est une notion de la concurrence vraiment très personnel. D'accord pour réécrire une paragraphe (même si je trouve que ce concept est anecdotique par rapport à tout ce que Proudhon à développé), je te propose déjà de déplacer cette discussion vers la page de discussion de proudhon pour pouvoir bosse. Stevo 3 novembre 2006 à 18:06 (CET)
Non je te fais une proposition bientôt. Apollon 3 novembre 2006 à 19:50 (CET)
Pourrais-tu établir ton point de vue sur une référence stp. Apollon 6 novembre 2006 à 20:32 (CET)
Le plus simple semble de réintégrer la concurrence dans les contradictions. Apollon 6 novembre 2006 à 20:41 (CET)
Es-ce que tu as lu la suite du texte après ce que tu cite? Quand il passe sur le monopole? En fait, toutes ces analyses de la concurrences ne servent qu'à introduire son analyse du monopole: Le monopole est l'opposé naturel de la concurrence(...)Car, puisque la concurrence est inhérente à la société comme le mouvement l'est aux êtres vivants, le monopole qui vient à sa suite, qui en est le but et la fin, et sans lequel la concurrence n'eût point été acceptée, le monopole est et demeurera légitime... Il défend une conception bizarre (proudhonienne?) du monopole comme un élément naturel... Je vais pas tout reprendre c'est assez facile à comprendre. En gros le monopole c'est normal, mais il lui manque quelque chose pour déterminer la valeur des choses, ce que fait la concurrence, mais elle mène inévitablement au monopole. Une justification parfaite à mon gout de son idée de Sociétés de bourse, censé déterminer la juste valeur des choses dans son système mutuel. Tiens du coup je vais pouvoir compléter l'article en question ^^ Stevo 6 novembre 2006 à 21:58 (CET)
Là où tu coupe le texte je lis « Le monopole est l' opposé naturel de la concurrence. Cette simple observation suffit, comme nous l' avons remarqué, pour faire tomber les utopies dont la pensée est d' abolir la concurrence, comme si elle avait pour contraire l' association et la fraternité. La concurrence est la force vitale qui anime l' être collectif : la détruire, si une pareille supposition pouvait se faire, ce serait tuer la société. » Apollon 6 novembre 2006 à 22:30 (CET)
Oui, c'est bien ce que je disais, il dit que la concurrence est nécessaire dans l'état actuel des choses pour déterminer la valeur des biens ^^ Stevo 7 novembre 2006 à 15:34 (CET)
Bravo pour cette synthèse de la discussion, c'est claire et bien écrit :) Stevo 9 décembre 2006 à 14:05 (CET)
Content que ça te plaise. Apollon 9 décembre 2006 à 16:52 (CET)

En êtes vous sur...[modifier le code]

J'ai vu le texte qui montre la citation de PJP ou il aurait dit des propos contre les juifs. Êtes vous sur qu'il était antisemite ? Qu'elle est la source du texte ? De quel site internet est-il tiré ?--82.120.198.154 4 mars 2007 à 15:36 (CET)

à propos de "qu'est ce que la propriété?"[modifier le code]

Il y a un gros problème, pourquoi traduire cet article anglais franchement libéral? Comment pouvez vous faire de Proudhon un apôtre repenti de la propriété individuelle contre l'état?

Il suffit de lire Théorie de la propriété qui se trouve sur internet (la conclusion suffit). Apollon 24 avril 2007 à 14:44 (CEST)
Je bosse sur d'autres articles mais je donne un tuyau pour qui aura le temps d'améliorer celui-ci : le vandalisme des articles français remplacés arbitrairement par une traduction de l'article anglais (souvent très POV ultra-libéral, je confirme) est souvent très discret : le traducteur s'arrange pour arriver à un nombre de signes presque équivalent, si bien que rien n'apparaît en rouge vif dans l'historique des modifications. Ici, Apollon nous a prévenus de son remplacement de l'article français par l'article anglais (on remarque les nombreux liens "Encyclopedia Britannica"), en 2006. Une fois la modification trouvée, cliquer sur "annuler" pour restaurer l'article français. Beau bazar en perspective, puisqu'il y a eu beaucoup d'améliorations depuis, mais ce serait un beau geste anarchiste que de repartir sur des bases francophones, plutôt que demander éternellement l'autorisation à Apollon de modifier sa traduction qui n'a d'autre légitimité que la langue anglaise. Aussi, quelqu'un pourrait tout "refonder" en remplaçant tout par une traduction du russe ou du brésilien, ça changerait un peu de l'Encyclopedia Brittanica... Arthur Dassault.--86.77.192.35 (discuter) 14 juillet 2014 à 21:23 (CEST)
Si des passages vous paraissent insatisfaisants, vous pouvez les modifier soit en excipant de leur caractère insuffisamment sourcé soit, de préférence, en ajoutant d'autres points de vue dès lors qu'ils sont sourcés. Apollon (discuter) 28 juillet 2014 à 22:11 (CEST)

Rien sur la misogynie de Proudhon ?[modifier le code]

Proudhon anarchiste, c'est bien. Proudhon anarchiste et misogyne, c'est mieux ! (enfin si l'on veut...)

CF. La Pornocratie ou les Femmes dans les Temps Modernes (dispo. sur Gallica)

-Déborah

Mais libre à toi ^^ cordialement, anthena 11 octobre 2007 à 02:19 (CEST)

La critique de la propriété[modifier le code]

Il me semble que l'auteur de ce paragraphe minimise voir expurge quelque peu la pensée de Proudhon. Dans Théorie de la propriété Proudhon voit la propriété comme un contrepoids à la puissance de l'état, une garantie pour les libertés individuelles (p137-138). Proudhon s'est toujours prononcé contre toute forme d'état ou de gouvernement. Sans état, nul besoin de propriété (Pour quoi faire?). La propriété reste le vol... (message non signé de Anthena)

Ce paragraphe, comme le reste de l'article, est essentiellement une traduction de ma part à partir du wiki anglais. Les informations sont croisées avec un cours que j'ai eu et les deux livres de Proudhon concernés.
Sur le fond il est vrai que le paragraphe se concentre sur la justification proudhonienne de la propriété comme contrepoids à la puissance de l'Etat mais on peut aussi y lire que Proudhon affirme que chacun dispose comme il l'entend du produit de son travail ce qui est une reconnaissance de la propriété privée. Apollon 11 octobre 2007 à 03:46 (CEST)
bonjour Apollon, justement je suis en désaccord sur ce point. Comme le relève Jean Maîtron, Proudhon est "contre la propriété (source de revenus sans travail) et pour la possession (droit des exploitants aux produits du sol qu'ils cultivent)". Cela ne justifie en rien la propriété privée. Si l'on prend exemple sur WP, cela signifie que le fruit de mon travail m'appartient ; en aucun cas cela ne fait de WP ma propriété. cordialement anthena 11 octobre 2007 à 04:47 (CEST)
En fait Proudhon affirme garder sa typologie possession/propriété mais dans Théorie de la propriété, il oppose surtout ce qu'il appelle propriété-liberté et propriété-vol, condamnant la seconde pour mieux justifier la première.
Je suis allé voir Théorie de la propriété, voici qqes extraits s'ils vous intéressent :
  • (cité des Contradictions économiques) Par essence et destination, la rente est donc un instrument de justice distributive, l'un des mille moyens que le génie économique met en oeuvre pour arriver à l'égalité. C'est un immense cadastre exécuté contradictoirement entre les propriétaires et les fermiers, sans collusion possible, dans un intérêt supérieur, et dont le résultat définitif doit être d'égaliser la possession de la terre entre les exploiteurs du sol et les industriels. La rente, en un mot, est cette loi agraire tant désirée, qui doit rendre tous les travailleurs, toits les hommes, possesseurs égaux de la terre et de ses fruits. Il ne fallait pas moins que cette magie de la propriété pour arracher au colon l'excédant du produit qu'il ne peut s'empêcher de regarder comme sien, et dont il se croit exclusivement l'auteur. La rente, ou pour mieux dire la propriété, a brisé l'égoïsme agricole et créé une solidarité que nulle puissance, nul partage de la terre n'aurait fait naître. Par la propriété, l'égalité entre tous les hommes devient définitivement possible ; la rente, opérant entre les individus comme la douane entre les nations, toutes les causes, tous les prétextes d'inégalité disparaissent, et la société n'attend plus que le levier qui doit donner l'impulsion à ce mouvement. Comment au propriétaire mythologique succédera le propriétaire authentique? Comment, en détruisant la propriété, les, hommes deviendront-ils tous propriétaires? Telle est désormais la question à résoudre, mais question insoluble, sans la rente.
« Car le génie social ne procède point à la façon, des idéologues et par des abstractions stériles... Il personnifie et réalise toujours ses idées; son système se développe en une suite d'incarnations et de faits, -q pour constituer la société, il s'adresse toujours à l'individu. Il fallait rattacher l'homme a la terre : le génie social institue la propriété. Il s'agissait ensuite d'exécuter le cadastre du globe : au lieu de publier à son de trompe une opération collective, il met aux prises les intérêts individuels, et de la guerre du colon et du rentier résulte pour la société le plus impartial arbitrage. A présent, l'effet moral de la propriété obtenu, reste à faire la distribution de la rente... »
  • C'est seulement en 1850, dans l'Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, que j'ai expliqué comment j'entendais la liquidation de la propriété foncière en tant que propriété-vol; car, le. lecteur doit l'avoir compris, je n'avais pas cessé un seul instant de la vouloir en tant que propriété-liberté. C'est, du reste, ce que j'ai rappelé en 1849 dans ce passage des Confessions d'un Révolutionnaire :
« Dans mes premiers mémoires, attaquant de front l'ordre établi, je disais, par exemple : La propriété, c'est le vol ! Il s'agissait de protester, de mettre pour ainsi dire en relief le néant de nos institutions. Je n'avais point alors a m'occuper d'autre chose. Aussi, dans le mémoire où je démontrais, par A plus B, cette étourdissante proposition, avais-je soin de protester contre toute conclusion communiste.
« Dans le Système des Contradictions économiques, après avoir rappelé et confirmé ma première définition, j'en ajoute une toute contraire, mais fondée sur des considérations d'un autre ordre, qui ne pouvaient ni détruire la première argumentation, ni être détruites par elle : La propriété, c'est la liberté!
La propriété, c'est le vol; la propriété, c'est la liberté : ces deux propositions sont également démontrées et subsistent l'une à côté de l'autre dans le Système des Contradictions... La propriété paraissait donc ici avec sa raison d'être et sa raison de non être. »
  • Le dernier chapitre du livre offre de très nombreux passages qui mériteraient d'être cités. Apollon 11 octobre 2007 à 06:55 (CEST)
Servir de contre-poids à la puissance publique, balancer l'État, par ce moyen assurer la liberté individuelle : telle sera donc, dans le système politique, la fonction, principale de la propriété .
Dans cet ouvrage Proudhon fustige la propriété féodale (celle des propriétaire) qu'il oppose à la propriété allodiale
Autrement il faudrait dire que tout fermier est, ipso facto, propriétaire, et que celui qui amodie sa terre s'en dessaisit.
Que le lecteur me permette ici de m'interrompre. Cette critique était-elle fondée, oui ou non? Ai-je sujet de la regretter et de m'en dédire ? Et la théorie de la propriété que je publie à cette heure serait-elle considérée par hasard comme une rétractation? ... On va voir qu'il n'en est rien.
Les conséquences immédiates de la propriété allodiale sont : 1º l'administration de la commune par les propriétaires, fermiers et ouvriers réunis en conseil ; partant l'indépendance communale et la disposition de ses propriétés ; 2º l'administration de la province par les provinciaux : d'où la décentralisation et le germe de la fédération. La fonction royale, définie par le système constitutionnel, est remplacée ici par des citoyens propriétaires, ayant tous l’œil ouvert sur les affaires publiques : point n'est besoin de médiation.
La propriété ne se mesure pas sur le mérite, puisqu'elle n'est ni salaire, ni récompense, ni décoration, ni titre honorifique ; elle ne se mesure pas sur la puissance de l'individu, puisque le travail, la production, le crédit, l'échange ne la requièrent point. Elle est un don gratuit, accordé à l'homme, en vue de le protéger contre les atteintes du pouvoir et les incursions de ses semblables. C'est la cuirasse de sa personnalité et de l'égalité, indépendamment des différences de talent, génie, force, industrie, etc.
Si jamais je me trouve propriétaire, je ferai en sorte que Dieu et les hommes, les pauvres surtout, me le pardonnent !...

Bref Proudhon ne fait pas l'apologie de la propriété privée. Au contraire il fustige les propriétaires auxquels il oppose une forme de fédéralisme, le mutuellisme. cordialement, anthena 11 octobre 2007 à 08:28 (CEST)
Nous ne parlons pas de la même chose : oui Proudhon ne fait pas l'apologie de la propriété, on peut même écrire qu'il n'aime pas du tout la propriété. Ce qu'il fait c'est la justifier et tenter d'en amoindrir les maux par le mutuellisme. La propriété s'inscrit dans son système des contradictions, qui sont nécessaires et éternelles : la liberté c'est le vol mais c'est aussi la liberté, la propriété constate les inégalités mais elle est l'objet même de la liberté, la propriété est absolue mais il faut bien qu'elle soit absolue pour nous protéger du pouvoir absolu de l'Etat. Tu écris que Proudhon étant anarchiste il souhaite l'abolition de l'Etat et donc in fine celle de la propriété, qui aurait perdu sa justification mais Proudhon n'est pas de ces architectes socialistes qui veulent mettre en place la société idéale par une révolution purificatrice, il méprise les communistes (il condamne vigoureusement la propriété collective) et gouvernementalistes et prône la réforme. Qu'il soit anarchiste ne signifie pas qu'il croit à la société anarchiste utopique ex nihilo, son système est réformiste et pas révolutionnaire comme le sont ceux des socialistes de son époque. Apollon 11 octobre 2007 à 17:07 (CEST) Ci-suit la justification de la propriété dans son système, avec correctifs :

Sous le régime communautaire et gouvernementaliste, il faut de la police et de l'autorité pour garantir le, faible des envahissements du fort; malheureusement la police et l'autorité, depuis qu'elles existent, n'ont jamais fonctionné qu'au profit du fort, dont elles ont grandi les moyens d'usurpation. La propriété, absolue, incoercible, se protège d'elle-même. C'est l'arme défensive du citoyen, son bouclier ; le travail est son épée.

Voilà pourquoi elle convient à tous : au pupille comme à l'adulte majeur, au nègre comme au blanc, au retardataire comme au précoce, à l'ignorant comme au savant, à l'artisan comme au fonctionnaire, à l'ouvrier comme à l'entrepreneur, au paysan comme au bourgeois et au noble. Voilà pourquoi l’Église la préfère au salaire; et, par la même raison, pourquoi la papauté requiert à son tour la souveraineté. Tous les évêques, au moyen âge, furent souverains; tous, jusqu'en l789, furent propriétaires; le pape seul est resté comme relique.

L'équilibre de la propriété requiert encore des garanties politiques et économiques. Propriété,-État, tels sont les deux pôles de la société. La théorie de la propriété est le pendant de la théorie de la justification, par les sacrements, de l'homme déchu.

Les garanties de la propriété contre elle-même sont :

1. Crédit mutuel et gratuit. 2. Impôt. 3. Entrepôts, docks, marchés. (Voir mon projet sur le Palais de l'Exposition universelle, p.249) 4. Assurance mutuelle et balance du commerce. 5. Instruction publique, universelle, égale. 6. Association industrielle et agricole. 7. Organisation des services publics : canaux, chemins de fer, routes, ports, postes, télégraphes, dessèchements, irrigations.


Les garanties de la propriété contre l'État sont:

1. Séparation et distribution des pouvoirs. 2. Égalité devant la loi. 3. Jury, juge du fait et juge du droit. 4. Liberté de la presse. 5. Contrôle public. 6. Organisation fédérale. 7. Organisation communale et provinciale. (fin Apollon 11 octobre 2007 à 17:07 (CEST))

mais si rassures toi, nous parlons bien de la même chose :) mon problème est surtout dans la version actuelle de l'article qui, à mon sens, n'est pas aussi claire & limpide que ce "débat" ;) Nous sommes d'accord, je crois, sur l'essentiel ; ce paragraphe mérite sans doute d'être plus accessible.
Pour le reste, libre à toi ^^ cordialement anthena 13 octobre 2007 à 03:33 (CEST)
Le paragraphe manque de rationalisation. Je l'ai traduit tel quel et donc on sent plusieurs plumes. Apollon 15 octobre 2007 à 03:01 (CEST)

A propos de la vie de Proudhon[modifier le code]

L'article ne dit pas le moindre mot sur les activités de Proudhon. Il n'a pas passé son temps à écrire des bouquins que je sache. En particulier, je crois savoir qu'il a joué un rôle durant la révolution de 1848 et après (il a été élu maire, ou député je ne sais plus).

L'article avait été vandalisé. C'est maintenant réparé. Apollon (d) 30 décembre 2007 à 18:36 (CET)

REPONSE RAPIDE

Enfant, Proudhon est bouvier.

De 1820 à 1827, il est externe gratuit au collège royal de Besançon. Il doit arrêter ses études, sans avoir passé son bac, pour aider sa famille. (Sur cette période, voir ci-après plus de détails dans le § Seul révolutionnaire du XIXe d'origine ouvrière ?)

De 1827 à 1838, il est ouvrier d'imprimerie. Compagnon-imprimeur il fait son tour de France (1836-1838).

De 1838 à 1841, il bénéficie d'une bourse d'études, la pension Suard, décernée par l'Académie de Besançon.

De 1842 à 1847, il commence à gagner un peu d'argent grâce à la vente de ses livres mais surtout il devient une sorte de conseil juridique pour d'anciens camarades de collège, les frères Gauthier, qui avaient fondé une entreprise de péniches à Lyon.

4 juin 1848, il est élu député de la Seine. Rappelons qu'en 1848 c'étaient les citoyens qui faisaient circuler des listes sur lesquelles ils inscrivaient les noms de ceux qu'ils verraient bien députés. Proudhon apprend que son nom circule à Besançon, Lyon et Paris, accepte de se présenter tout en se demandant si les citoyens avaient bien lu ses livres. Apprenant son élection, il note « Qu'est-ce que je vais devenir au milieu de tous ces crétins ? » Mais il prend ses fonctions très au sérieux. Nous sommes au lendemain de la Révolution. Dans ce contexte très particulier, il espère sincèrement faire accepter quelques réformes ; en particulier la création d'une banque d'Etat de crédit gratuit (la Banque d'échange) pour combattre la spéculation et la finance. Le projet sera à peine étudié par quelques saint-simoniens. Suite à cet échec, il créera la banque privée Banque du Peuple. Proudhon étant condamné à trois ans de prison, elle sera liquidée avant même ses premières opérations. L'indemnité parlementaire était de 25 francs par jour sur laquelle Proudhon consacrait de 8 à 10 francs pour subvenir aux besoins d’indigents (Lettre à Maurice 25 avril 1849). « Je suis tellement assailli d'aventuriers et d'indigents, que je fais plus de dettes que je ne reçois d'argent de la République » (Lettre à Gauthier, 7 août 1848). Il touchait également des droits d'auteur sur la vente de ses livres et, a priori, 5 francs par jour comme directeur de la publication de ses journaux, c'est-à-dire le salaire d'un ouvrier et non d'un patron de presse. (Cette dernière information est à vérifier. Je la tiens d'un article nécrologique paru dans le Figaro du 25 janvier 1865 [2]. Or celui-ci est constellé d’erreurs).

28 mars 1849, il est condamné à trois ans de prison pour des articles écrits contre Louis-Napoléon Bonaparte qui avait été élu président de la République. A partir de cette date, il vivra et fera vivre sa famille essentiellement par la vente de ses livres. De temps à autre, il servira de nègre ou fera encore quelques rapports juridiques pour les Gauthier. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:28 (CET)

Tiret ou pas tiret au prénom ?[modifier le code]

Le titre de l'article donne "Pierre Joseph", sans tiret, quand dans le contenu on retrouve parfois un tiret. Est-ce donc un prénom composé ou alors deux prénoms (ce qui me semble bizarre, puisque "Pierre Joseph Proudhon" constitue l'usage courant du nom) ? -- Muad (d) 12 janvier 2008 à 00:12 (CET)

REPONSE Il y a bien un tiret. Voir sa signature par exemple en 4e de couverture de l'édition de Philosophie de la misère Ed groupe Fresnes-Antony Fédération anarchiste 1983. [3] H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:29 (CET)

§ sur l'antisémitisme de Proudhon[modifier le code]

A noter que la plupart des penseurs socialistes du XIXe sont antisémites. Peut-être un article dédié serait-il plus pertinent qu'un paragraphe sur celui-ci. Apollon (d) 8 avril 2008 à 00:12 (CEST)

L'antisémitisme, comme la misogynie, de Proudhon doit être traité dans cet article et re-situé dans son contexte historique. Hannah Arendt aborde ce sujet (antisémitisme de gauche) dans les Les Origines du totalitarisme, Bernard Lazare également dans L'Antisémitisme son histoire et ses causes, un article de type Socialisme et antisémitisme peut sans problème être envisagé pour son intérêt encyclopédique. Les plus étonnant c'est que ce sujet ne soit pas traité dans les articles Antisémitisme et Antijudaisme. Pour le moment le passage n'est pas neutre et doit être développé. — Cordialement, Anthena[miaou?], Planète Terre, 8 avril 2008 à 00:58 (CEST)

En quoi la phrase introduisant actuellement la pensée de Proudhon est-elle non neutre ? Elle ne donne aucun point de vue quant à la suggestion d'éliminer les Juifs de France et serait plutôt en retrait par rapport à l'idée de Proudhon de les exterminer par l'eau, le fer ou le feu ? Quant au mot haine, il est employé par Proudhon lui-même ! Que dit Bernard Lazare ? Cordialement --Olevy (d) 9 avril 2008 à 21:03 (CEST)

Bonjour Olevy, en l'état (une unique citation + POV non sourcé (même fidèle à la citation)) ce paragraphe n'est pas neutre. Il doit être développé et situé sans son contexte historique. J'ai préférée user de cette méthode (nonneutre) pour montrer mon désaccord sur la neutralité de ce paragraphe plutôt que d'avoir recours au bandeau de non-neutralité, action lourde et quelque peu prématurée sur un désaccord minime. Bernard Lazare classe Proudhon, Fourier et Marx dans l'antisémitisme économique [4], thème développé plus tard par Hannah Arendt dans son chapitre sur l'antisémitisme de gauche. Albert Herszkowicz, parle lui d'un antisémitisme à prétention sociale [5]. Bref, je cherche actuellement le matériel bibliographique pour développer ce paragraphe, ton aide est la bienvenue ^^ — Cordialement, Anthena[miaou?], Planète Terre, 10 avril 2008 à 02:58 (CEST)
Oui il faut des sources secondaires pour établir l'antisémitisme de Proudhon puisque même si la citation est claire, on ne la trouve que dans ses carnets, et on ne peut démontrer qu'elle illustre bien à elle seule la pensée de Proudhon. Apollon (d) 10 avril 2008 à 15:57 (CEST)
En même temps, je m'interroge sur l'utilité de cette citation. Pourquoi balancer une citation antisémite sur WP ? Cela ne revient-il pas à diffuser l'antisémitisme ? Le sujet à suffisamment été abordé pour pouvoir le traiter sans avoir recours à ce genre de citation sur WP. Par exemple l'article sur Édouard Drumont s'en passe. Bref, je suis pour traiter l'antisémitisme de Proudhon autrement, sans le citer. — Cordialement, Anthena[miaou?], Planète Terre, 25 avril 2008 à 13:16 (CEST)
Je ne pense pas qu'elle diffuse l'antisémitisme, en revanche elle permet assurément d'établir l'antisémitisme de Proudhon. Si tu trouves un bon auteur qui expose correctement l'antisémitisme de Proudhon, on peut le substituer à la citation même si je trouve ça un peu dommage. Apollon (d) 25 avril 2008 à 13:50 (CEST)
Je trouve surtout que la faiblesse ce cette citation que j'ai moi-même mise dans l'article vient de ce qu'elle est extraite des Carnets non destinés, je crois, à la publication. Une citation même moins outrancière mais venant de l'oeuvre publiée par Proudhon serait plus appropriée. --Olevy (d) 25 avril 2008 à 15:16 (CEST)

l'antisémitisme était généralisé à l'époque !!! il faudrait alors introduire un paragraphe "machin-truc et l'antisémitisme" dans la quasi totalité des articles concernant les auteurs de l'époque... nombre de penseurs anarchistes ont fait amende honorable suite à l'affaire Dreyfus... Proudhon est mort bien avant ! par ailleurs, TOUTE les religions sont rejetées, TOUT les communautarismes sont rejetés, le judaïsme est rejeté en tant que tel...

je propose de rajouter ceci :

"Cette notion est un anachronisme qui consiste à prêter à nos ancêtres des positions qu’ils n’avaient pas, à savoir l’extermination des Juifs, comme si la Shoah avait une valeur rétrospective. Proudhon détestait la religion juive, où le Dieu est vengeur et autoritaire. Il n’aimait pas du tout la culture juive, laquelle permet de traiter l’étranger, le « goy », de façon différente du traitement des membres de la communauté. "

source :

http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/pages/Droit_de_reponse_a_lEst_Republicain-773992.html

(meursault)

Rationalisation a posteriori. Non, l'antisémitisme n'était pas si général que cela. Apollon (d) 16 janvier 2009 à 12:22 (CET)

bien que dire que l'antisémitisme n'était pas quasi général à l'époque relève du déni de réalité, ton argument vise à coté du paragraphe que je comptais rajouter, puisqu'il n'y était pas question de l'ambiance antisémite de l'époque... le paragraphe tel qu'il est en ce moment dans l'article pousse, quant à lui, à un jugement a posteriori... ce qui est plus grave et ne rend pas justice à la pensée de proudhon

(meursault)

par ailleurs, prenant exemple de l'article sur jean jaures, soit la citation doit être retirée, soit contextualisée

Je retire le paragraphe, une section c'était trop et je ne vois pas où le remettre. De toute façon les socialistes du XIXe siècle sont en bonne partie antisémites, mieux vaudrait l'indiquer qqe part de façon générale plutôt que de l'indiquer sur chaque biographie une par une. Apollon (d) 20 janvier 2009 à 16:06 (CET)

il n'y avait pas que les socialistes, c'était vraiment un sentiment général depuis le 14è siècle et l'anti-judaïsme chrétien

(meursault)

On ne trouve pas d'antisémitisme ou du moins beaucoup moins chez les auteurs du XIXe d'autres courants politiques. Apollon (d) 27 janvier 2009 à 19:27 (CET)

Bandeau article incomplet[modifier le code]

Pourquoi est-il là déjà ? Qui l'a placé et pourquoi ? Si personne ne vient le justifier d'ici un mois, toute personne pourra le supprimer. Cordialement. Apollon (d) 11 juillet 2008 à 17:15 (CEST)

j'ai placée ce bandeau et il est justifié : 1. la propriété c'est le vol est une phrase de Brissot suivant en cela de nombreux philosophe de l'antiquité ; 2. Le paragraphe sur l'antisémitisme de Proudhon est incomplet (il fait suite à un coup tordu de Marx, son passage dans les Carnets est inexcusable, mais les carnets n'étaient pas destiné à être publié et personnellement, je ne connais aucun autre écrit antisémite de cet auteur et pourtant j'ai cherchée (ceci étant dit je n'ai pas lu tout Proudhon, bref de nombreux éléments son à compléter (sur sa biographie). Bref le bandeau est justifié et perso, je pense encore que le passage sur la propriété versus la possession mérite d'être simplifié : proudhon traite de voleur les propriétaires qui vivent en louant leur biens sans rien faire de productif ; rien de plus (ce qui n'a d'ailleurs pas grand chose de révolutionnaire, de nombreux auteurs avant lui ont plaidés cette même cause)... Bref l'article est incomplet :) Et s'il est vrai que Proudhon à eut une réelle influence sur le libéralisme, n'oublie pas que son principal détracteur fut Frédéric Bastiat :) Bref si Proudhon ne c'est jamais déclaré socialiste, il ne c'est jamais non plus déclaré libéral et ses conseils aux ouvriers suffisent à l'éloigner à jamais du libéralisme ^^ — Cordialement, Anthena 少女革命[miaou?]★Ⓐ♀, Planète Terre, 28 septembre 2008 à 00:43 (CEST)
Il faudrait aussi compléter l'état de ses idées après l'exil. J'ai lu quelque part qu'il était devenu ultramontain. Apollon (d) 10 octobre 2008 à 16:16 (CEST)

Eh bien, moi je me propose de le rafraichir, de le compléter, car il manque beaucoup d'éléments sur sa pensée économique, qui ici est trop résumée, et se contente de parler d'économie libertaire, c'est bien mais pas suffisant.

Découpage de la section Proudhon et la science économique[modifier le code]

La section Pierre-Joseph Proudhon#Proudhon et la science économique me semble trop longue.

Que penseriez-vous de la découper en ce qui suit ?

  1. Contradictions internes de l'économie
  2. Critique du capitalisme et du socialisme
  3. Socialisme scientifique
    1. Structuration de l'activité économique
    2. Structuration du corps politique

TiTiZ94 (d) 18 septembre 2009 à 13:21 (CEST)

Toujours pas de mention du sexisme de Proudhon ?[modifier le code]

Bonjour,

Malgré le fait que ce sujet ait été évoqué depuis plusieurs années ici, il n'y a toujours pas de mention dans l'article du sexisme de Proudhon : ici un exemple. Pourquoi ?

Bonne journée.--212.198.158.241 (d) 5 septembre 2012 à 09:48 (CEST)

Censure[modifier le code]

La suppression le 20/09/2009 du paragraphe Proudhon et l'antisémitisme est un acte de censure manifeste inacceptable et intolérable. D'autant que le motif est des plus dérisoires... Lu et approuvé Littlejazzman (d) 21 décembre 2012 à 01:04 (CET)

la suppression le 22/12/2015 d'une protestation contre l'intoxe à laquelle se livre sur ce site le fan-club de Proudhon (là, où il était question des femmes) donne une idée, de ce qui tient lieu d'idéologie et de "déontologie"-maison... 194.214.199.130 (discuter) 22 décembre 2015 à 12:37 (CET)

la protestation, réaffichée ce jour, a de nouveau été supprimée par un certain "Noelbabar" ; et avec pour plaisant motif : formulation non encyclopédique. Chacun, suivant ses convictions, appréciera si les fraudes signalées, elles, étaient... encyclopédiques. Quoiqu'il en soit c'est de toutes les poitrines que peut maintenant s'élever le cri : merci, Noelbabar ! L'intéressé en effet est connu pour être le pion avancé sur fr.wikipedia.org du milieu anarco-franc-mac : dont on a donc bien l'aveu que c'est lui, qui est derrière ces fraudes... 194.214.199.130 (discuter) 22 décembre 2015 à 15:07 (CET)

Bio ?[modifier le code]

Je trouve que les éléments purement biographiques sont bien pauvres. On nous montre (deux fois ) Proudhon et ses enfants. Qui sont ils ? D'où sortent-ils ? Ils ont probablement une mère... Et la santé, ça va, la santé ? Au fait, il est mort plutôt jeune. De quoi ? Bref, on ne sait presque rien, ici, de l'homme.--Jebulon (d) 1 avril 2013 à 23:15 (CEST)

REPONSE Proudhon, alors emprisonné pour ses articles contre L.-N. Bonaparte, s'est marié le 31 décembre 1848 avec Euphrasie Piegard, passementière. Contrairement à ce qui a été écrit 1/ Le mariage fut purement civil au grand dam de sa femme qui était croyante et de son beau-père royaliste. 2/ Proudhon a bénéficié d'un droit de sortie. Ils ne se sont pas mariés dans la prison mais à la mairie du Ve arrondissement. Courbet a réalisé (au moins) un tableau de Mme Proudhon. Sur l'esquisse qui allait devenir le célèbre tableau de Proudhon et ses enfants, Courbet avait initialement dessiné Mme Proudhon sur la droite. Mais cela déséquilibrait l’œuvre.

Catherine Proudhon est née le 18 octobre 1850 / Marcelle le 23 janvier 1852, elle mourra du choléra en 1854 / Stéphanie le 14 septembre 1853 / Charlotte le 22 mai 1856, elle mourra, à sa dentition, en décembre.

Proudhon a été très affecté physiquement par son séjour en prison (5 juin 1849 - 4 juin 1852). Mais c'est surtout après l'épidémie de choléra de 1854 qu'il s'affaiblira très rapidement. Sa fille en est morte. Lui-même avait été tellement atteint qu'on ne lui a annoncé le décès qu'une semaine après. Très régulièrement, il passera alors des jours entiers à ne pas pouvoir travailler. Il a dicté les dernières pages de La capacité politique des classes ouvrières à sa fille Catherine, n'ayant plus la force de tenir la plume. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:30 (CET)

Sur l' antisémitisme de Proudhon et quelques observations des proudhoniens d'aujourd' hui[modifier le code]

On nous apprend que Proudhon détestait la religion juive ou on trouve un Dieu vengeur et autoritaire . La connaissait il en dehors des passages de l' Ancien Testaments les plus archaïques , plus anciens que Rome ?
Il n'aimait pas non plus la civilisation juive , ou le non juif est appelé goy ce qui permet de le traiter différemment etc .... Que savait il de la civilisation juive ? que savait il des juifs de son temps ? de leurs métiers , des langues qu'il parlait , de leurs opinions , croyances , de leur cuisine , de leurs chansons ? Savait il que goy signifie " peuple " et que ce n' est pas une injure ? ou le non juif subit il un traitement différent du juif , que ce soit par le vêtement , le logement , la fiscalité ou autre chose ?
Proudhon avait il lu autre chose que la Bible ? parlait il le yidisch ? connaissait il la musique klezmer ? avait il mangé une fois dans sa vie du gifilte fisch ? connaissait il l' existence des ouvriers , artisans et paysans juifs ? Avait il entendu parler de la Haskalah , du Hassidisme , ou de n' importe quoi ? enfin , est ce qu'il savait , tout simplement , de quoi , ou qui , il parlait ? 
La vérité est qu' il ne savait rien , qu'il était ignare au point de ne pas avoir conscience de son ignorance , mais qu'il savait beaucoup de choses qui n' étaient pas vraies . Ce qui est le cas habituel des antisémites . Et ce qui peut être est assez fréquent chez beaucoup de gens , encore de nos jours .

Schlemihl

REPONSE Proudhon parlait couramment le français et le latin, se débrouillait assez bien en grec, en hébreu, un peu moins en sanscrit. Il avait fait des comparaisons sur les étymologies des mots allemands, chinois, etc. Ses études étaient-elles de qualité ? Je ne suis pas philologue et m'abstiendrai de répondre.

Proudhon détestait la religion juive comme toutes les religions. Son antithéisme pourrait être résumé : L'homme doit nier Dieu, qu'il existe ou pas. Sans doute Proudhon connaissait-il la culture juive essentiellement d'après la Bible qu'il possédait quasiment par cœur en français et en latin, et qu'il avait comparée aux versions grecques et hébraïques. Cela dit, il pouvait toujours se référer à ses grands amis BERGMANN (1812-1887), philologue, professeur de littérature étrangère à l'université de Strasbourg, révoqué sous le second Empire et ACKERMANN (1812-1846) linguiste.

A-t-il mangé du gifilte fisch ? Je n'en sais rien. Jusqu'à l'arrivée de Mme Proudhon, on sait qu'il dévorait beaucoup de choux et de pommes de terres.

Votre virulence semble indiquer que, vous, vous connaissez bien les mœurs et l'histoire juives telles qu'elles sont enseignées dans les textes religieux. Pourquoi n'écririez-vous pas un article pour critiquer les connaissances de Proudhon que vous estimez « nulles » ? Je me permets de vous conseiller de vous reporter aux deux éditions de la Célébration du Dimanche : 1839 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86265510/f9.image et 1850 https://books.google.fr/books?id=1MIMAAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:30 (CET)

Seul révolutionnaire du XIXe d'origine ouvrière?[modifier le code]

Le premier paragraphe d'introduction dit: "il est le seul théoricien révolutionnaire du XIXe siècle d'origine ouvrière", citant comme source un texte d'André Larané. Pourtant, Pierre Leroux est né de parents tenanciers d'un débit de boisson, a abandonné ses études (qu'il menait comme boursier) pour aider sa famille, sa mère étant devenue veuve. Il a ensuite été maçon avant de devenir typographe (comme Proudhon). À moins de ne pas considérer Leroux comme révolutionnaire, force est d'admettre que cette information est erronée...

(cf. ci-dessus) une erreur ne fait qu'ici en recouvrir une autre : Proudhon n'était... pas, un révolutionnaire. C'est lui qui en son temps fit le plus pour la propagation des idées révolutionnaires avec Qu'est-ce-que la propriété (1840) mais toute son oeuvre ultérieure en est une laborieuse déconstruction et une tentative de... démocratiser la propriété, avec son "mutuellisme". Telle est d'ailleurs la raison pour laquelle c'est parfois du côté de la deuxième gauche, que se trouvent les proudhoniens les plus bornés. 194.199.4.201 (discuter) 26 décembre 2015 à 13:30 (CET)

RÉPONSE Il est exact que Leroux est d'origine modeste et que, comme Proudhon, il a été obligé d'abandonner ses études pour aider sa famille. Cependant, Leroux est tout de même issu de la classe moyenne (le bas de la classe moyenne). Il a eu un parcours scolaire à peu près normal, ce qui n'est pas le cas de Proudhon. Les parents de Proudhon, comme beaucoup de pauvres, n'avaient pas les moyens d'envoyer leurs enfants à l'école. « Jusqu'à douze ans, ma vie s'est passée presque toute aux champs [...] J'ai été cinq ans bouvier. » (De la Justice... Et. V, Ch. IV, §. XXXIV). Il fréquente toutefois, mais très irrégulièrement, l'école enfantine puis l'école primaire qui pratiquait le système de l'enseignement mutuel. « 1820. Entré au collège de Besançon, après Pâques, en huitième, par les soins d'un ami de mon père, et sur la présentation du curé Sirebon. » (Mémoires de ma vie). Son père souhaitait qu'il apprenne au plus vite une « profession mécanique » pour qu'il entre un peu d'argent dans la famille (Lettre de candidature à la pension Suard). Probablement la mère de Proudhon a-t-elle été obligée de s'opposer à son père pour qu'il finisse par accepter la proposition de « M. Renaud, l'ancien maître de la brasserie », le fameux ami. (Sainte-Beuve, Proudhon, p. 13)

Proudhon entre donc à 12 ans, comme « externe gratuit », en huitième (CM1) et non, comme l'écrit Sainte-Beuve et à sa suite d'autres biographes, en sixième. Sans doute ne maitrisait-il ni la lecture ni l'écriture et serait-il demeuré quasi illettré sans l'intervention de « l'ami de la famille », le « curé Sirebon », et, surtout, sa mère à laquelle il vouera une véritable dévotion jusqu'à ses derniers jours. A-t-il rattrapé son retard, en sautant la quatrième ? Droz, qui écrit avoir vérifié sur les registres du collège royal de Besançon, dans son Proudhon, note qu'il reçut le prix d'excellence en 7e, 6e, 5e, 3e et 2e. Mais, Proudhon, dans sa lettre de candidature à la pension Suard, écrit qu'il reçut la Démonstration de l'existence de Dieu de Fénelon comme prix « à la fin de sa quatrième ». Quoiqu'il en soit, en 1827 (à 18 ans), arrivé en « classe de rhétorique » (2e, 1re ?) il est obligé d'abandonner ses études sans avoir passé son bac car sa famille vient de perdre un procès. Il devient alors ouvrier d'imprimerie. Il passera son bac en mai 1838 (à 29 ans) car c'était une condition sine qua non pour obtenir une bourse d'étude (la pension Suard) décernée par l'Académie de Besançon.

Enfin, et contrairement à Leroux, sa famille n'a pas les moyens d'acheter les fournitures scolaires : « Je manquais habituellement des livres les plus nécessaires ; je fis toutes mes études de latinité sans un dictionnaire ; après avoir traduit en latin tout ce que me fournissait ma mémoire, je laissais en blanc les mots qui m'étaient inconnus et, à la porte du collège, je remplissais les places vides. J'ai subi cent punitions pour avoir oublié mes livres : c'était que je n'en avais point. » (Lettre de candidature à la pension Suard) « Je rougissais de ma pauvreté comme d'une punition. Je sentais confusément la vérité du mot de la vieille femme, que pauvreté n'est pas vice, mais pis, qu'elle nous rabaisse, nous avilit, et petit à petit nous rend digne d'elle. Ne pouvant vivre avec la honte, l'indignation succéda. » (De la Justice... Et. III, Ch. V, §. XXI).

Quant à l'idée que Proudhon n'était pas un révolutionnaire, ce que vous avez tout-à-fait le droit de penser, je vous ferai remarquer que ce n'est pas l'opinion de l'époque, en particulier celle des gens de droite, comme Thiers qui va organiser la cabale contre Proudhon à l'Assemblée. Aucun socialiste n'a été autant attaqué et caricaturé que Proudhon. Une comédie musicale avec 30 comédiens, 7 décors et orchestre (La propriété c'est le vol de Clairville) a même été montée contre lui. L'argument en était que Proudhon était le serpent de la Création revenu en 1848 pour anéantir la société. Proudhon, alors député, refusera de la faire interdire, ce que lui conseillait le président de la Chambre. (Cf, in Proudhon, les années politiques, éd. TOPS : Darimon A travers une révolution, quelques caricatures, le texte de La propriété c'est le vol, les discours de Thiers et de Proudhon à l'Assemblée).

Bien sur, si vous sous-entendez par là que Proudhon était hostile à toutes les formes de dictature, y compris celles de type communiste étatiste comme nous pourrons en connaître au XXe siècle (le triumvirat Lénine-Trotsky-Staline ; Mao ; les Khmers rouges...), alors vous avez tout-à-fait raison. H. Trinquier

BRISSOT et PROUDHON[modifier le code]

Un peu plus haut, nous lisons que Proudhon aurait emprunté sa formule La propriété c’est le vol ! à Brissot. Cette rumeur vient d’un ouvrage anti-socialiste d’Alfred Sudre publié en 1848, peu après les journées de juin : Histoire du communisme ou réfutation des utopies socialistes. Il s’agit d’un pamphlet qui va connaître un très grand succès. En juillet 1849, il recevra le prix Montyon de l’Académie française, décerné chaque année « pour l’ouvrage le plus utile aux mœurs ». Sudre s’y attaque à tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin au socialisme, depuis Lacédémone, Lycurgue et Platon, jusqu’à Proudhon. Sudre ne parle bien évidemment pas de Marx qui, en 1848, était un parfait inconnu. Cette rumeur sera régulièrement reprise, par Marie Flavigny, comtesse d'Agoult sous le pseudonyme de Daniel Stern (Histoire de la Révolution de 1848), Granier de Cassagnac (Histoire de la chute de Louis-Philippe), Flaubert dans des notes de lecture, Marx dans sa lettre au Social-Democrat du 24 janvier 1865, cinq jours après la mort de Proudhon, etc., etc. Dans le De la Justice... (Etude III, les Biens § XXXIV) Proudhon affirme qu'elle a été également reprise par Louis Blanc dans son Histoire de la Révolution. Personnellement, je ne l'y ait pas remarquée... Mais c'est un très gros livre. Cela a pu m'échapper. Aujourd’hui encore vous la retrouvez dans l’Encyclopédie Universalis, le Larousse ou, et cela est plus affligent, sur le Maitron en ligne. Recopions tout d’abord ce qu’écrit Sudre :

« Hélas ! non, M. Proudhon, cette définition de la propriété n’est pas même à vous. Soixante ans avant vous, Brissot avait dit : LA PROPRIÉTÉ EXCLUSIVE EST UN VOL DANS LA NATURE ; à quoi il ajoutait, par forme de complément, le propriétaire est un voleur. Ces belles maximes sont développées dans les Recherches philosophiques sur le droit de propriété et le vol.» (SUDRE, Histoire du communisme, Ed. Lecou, 1848, p. 406, disponible sur Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5003x/f411.image). En fait, Brissot écrit p. 293 : « La propriété exclusive est un délit véritable dans la nature. » et à aucun moment il n'ajoute que « le propriétaire est un voleur. »

Le texte que Sudre prend comme référence a paru en 1782 dans le tome VI de la Bibliothèque philosophique du législateur, Berlin, pp. 261 à 339 (disponible sur Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72828g/f263.image). C'est une réédition augmentée des Recherches philosophiques sur le droit de propriété considéré dans la nature, pour servir de premier chapitre à la Théorie des lois de M. Linguet (1780). Voir ce qu'écrit Sudre sur Brissot dans son livre, pp. 265 et suiv.

Voici un extrait du texte de Brissot donné par Sudre :

« La société a été partagée en deux classes : la première, de citoyens propriétaires, vivant dans l’inaction ; la seconde plus nombreuse, composée du peuple, à qui l’on a vendu chèrement le droit d’exister, qu’on a avili, qu’on a condamné à un travail perpétuel. Pour affermir ce droit nouveau de propriété, l’on a prononcé les peines les plus cruelles contre ceux qui le troubleraient, qui lui porteraient atteinte. L’atteinte portée à ce droit s’est appelée vol ; et, lecteurs ! jugez comme nous sommes loin de la nature. Le voleur dans l’état de nature est le riche, est celui qui a du superflu ; dans la société, le voleur est celui qui dérobe à ce riche. Quel bouleversement d’idées ! Non pas que je prétende conclure de là qu’il faille autoriser le vol, et ne pas respecter les lois sur la propriété civile. Ces lois sont établies, ces propriétés circulent sous leurs auspices. Si le propriétaire n’était pas certain de retirer ses avances, si le cultivateur n’était pas sûr de recueillir, toutes les terres resteraient en friche : et que de maux résulteraient de là ! Sans doute, il faut que celui qui a travaillé jouisse du fruit de son travail. Sans cette faveur attachée à la culture, point de denrées, point de richesses, point de commerce. Défendons, protégeons donc la propriété civile ; mais ne disons pas qu’elle ait son fondement dans le droit naturel. Mais sous le faux prétexte que c’est un droit sacré, n’outrageons pas la nature, en martyrisant ceux qui violent ce droit de propriété ; en un mot, ne punissons pas si cruellement les voleurs. » (Ed. 1782, pp. 332-333).

En fait, Brissot affirme que dans la nature le droit de propriété est « circonscrit dans des bornes très étroites. » Il n’y a donc que « peu ou point de vols. » (Théories du droit criminel, ed. Pidou, 1781, t. II, pp. 57 et suiv. disponible sur Gallica) Le fait qu’un animal conserverait du superflu et mettrait par là la vie des autres en danger serait même un « crime ». En revanche, dans la nature, l’assassinat et même le cannibalisme sont de règle pour la survie. La propriété est un droit de société, ce qui implique que « le vol est un crime de société » (Théories, T. II, pp 57 et suiv.) C’est même l’un des trois droits fondamentaux : « 1. Honneur ; 2. Propriété ; 3. Sûreté » (Théories, T. I, pp 102 et suiv.) « On a étendu ce droit terrible au-delà de ses limites. » « La société a été partagée en deux classes » les propriétaires et le peuple. (Théories, T. II, pp 57 et suiv.) Néanmoins, « l’infortuné que le hasard fait naître sans propriété (…) pourra par son travail corriger l’injustice du sort. » (Théories, T. I, p 44) Il faut une meilleure répartition des richesses. « La misère conduit au vol, le vol à l’assassinat : extirpez la misère, et plus de délits particuliers. » (Théories, T. II, pp 268 et suiv.) « Si malgré les précautions prises par les gouvernements pour extirper la mendicité, la cause ordinaire des vols, si dis-je il s’en commet encore, il faudra infliger au voleur une peine utile à l’État », soit « le condamner à restitution » s’il est propriétaire (une amende) soit « condamner le voleur pour un temps à la servitude » (travaux d’intérêt général). (Théories, T. II, pp 59 et suiv.) Enfin, Brissot se prononce contre la prison et la peine de mort en ce qui concerne le vol. On voit que, non seulement la formule lapidaire de Proudhon n’a pas été écrite par Brissot mais que les idées défendues sont de natures très différentes.

N. B. Lorsque j'ai rédigé cet article, les volumes de la Bibliothèque du législateur n'étaient disponible ni sur Gallica ni sur Google books (tout au moins ne les avais-je pas trouvés). Je m'étais donc plutôt référé aux Théories (qui étaient alors numérisées) afin que les wikipédistes puissent vérifier. Je rajoute le lien. Vous constaterez que lorsque Brissot emploie le mot « vol », c'est toujours pour désigner une atteinte à la propriété. H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:08 (CET)


JEANNE DEROIN ET PROUDHON : a/ Jeanne Deroin dans les Carnets de Proudhon ; b/ Les femmes dans les articles de journaux écrits par Proudhon ; c/ Article du Peuple du 12/04/49 en intégralité[modifier le code]

                                                    * A *
                                JEANNE DEROIN DANS LES CARNETS DE PROUDHON                                                        Le message qui précède, non signé, a été déposé par l'IP 82.67.178.182 (discuter), le 28 août 2017 à 10:35 (CEST).

23 DÉCEMBRE 2017. J'ai sous les yeux Le Peuple du 12 avril 1849. Je vais essayer de trouver un site sur lequel je pourrai publier la photographie des 4 pages. Je mettrai alors le lien. La première page est presque toute consacrée à l'article de Proudhon daté du 11 avril Aux souscripteurs et adhérents à la Banque du Peuple reproduit dans les Mélanges. L'article cité (sur Jeanne Deroin) dans la page principale de Wikipédia se trouve en page 2 au milieu de toute une série de textes traitant de l'actualité. ILS NE SONT PAS SIGNES. ON NE PEUT DONC PAS PROUVER QUE PROUDHON NE L'A PAS ÉCRIT. MAIS ON NE PEUT PAS NON PLUS LE LUI ATTRIBUER. Je conserve ci-après les arguments que j'avais précédemment publiés et qui m'avaient fortement fait penser qu'il n'en était pas l'auteur. J'en ajoute un. A cette date, Proudhon est activement recherché par la police. Il se cache sous le nom de Leloir afin de procéder à la liquidation de la Banque du Peuple et vérifier que tous les souscripteurs soient remboursés. Il n'est certainement pas allé ces jours-là aux bureaux du Peuple qui étaient forcément surveillés par la police et a donc probablement découvert cet article en lisant le journal une fois publié.

TEXTE QUE J'AVAIS ÉCRIT FIN 2016. En ce qui concerne le paragraphe Jeanne Deroin, il faudrait vérifier à partir du numéro du Peuple cité. IL SERAIT SOUHAITABLE QUE L'AUTEUR DE L'ARTICLE PRÉCISE SI IL A VÉRIFIÉ ET SI OUI OU. Cette indication serait d'autant plus utile que, POUR SEULE RÉFÉRENCE, l'auteur donne l'article du Maitron en ligne. Or, 1/ J'ai relevé dans ce dernier un certain nombre d'âneries que j'ai signalées il y a plus d'un an... Rien n'a été changé. 2/ A lire les deux passages sur Jeanne Deroin, on est en droit de se demander si l'auteur n'est pas le même. Ce serait une pratique assez étonnante que de voir un historien se prendre lui-même comme référence. Personnellement je ne possède pas ce numéro du Peuple et ne l'ai pas trouvé sur internet. 1/ Le style étonne mais, bon, le style de la Pornocratie aussi. 2/ Le contenu de la « citation » exprime mal la pensée de Proudhon. S'il estime que ce n'est pas le rôle des femmes que de faire de la politique, il n'a jamais nié que certaines pouvaient en faire. Il s'en sert même pour "démontrer" qu'elles ont toujours été plus réactionnaires que les hommes. Il parle des femmes globalement, pas individuellement, comme on peut parler du prolétariat et de la bourgeoisie. 3/ Cet article n'est pas reproduit dans les Mélanges (intégralité des articles de Proudhon réédités en 3 tomes en 1870). 4/ Si cette candidature avait choqué Proudhon, on en trouverait trace dans ses Carnets où il notait au fur et à mesure tout ce qui lui passait par la tête. Ce n'est pas le cas. 5/ Dans A travers une révolution, Darimon critique l'édition des Mélanges et signale des textes non signés mais écrits par Proudhon non reproduits (éd. TOPS, 2015, Proudhon, les années politiques, p. 223). Mais pas celui-là. CELA ÉTANT DIT, JE DIS BIEN QU'IL FAUT VÉRIFIER, NON PAS QUE L'AUTEUR SE TROMPE, ENCORE MOINS QU'IL EST DE MAUVAISE FOI. (Voir à partir de maintenant les 10 lignes que j'ajoute en introduction).

J'ai cherché Jeanne Deroin dans les Carnets de Proudhon. Dans le septième, page 54, 29 octobre 1848, Proudhon note :

« Peuple N° 3 - 1. La Présidence (article de Proudhon reproduit, mais censuré d'une centaine de lignes, dans les Mélanges) - 2. Lettres au Moniteur sur Pyat et Con (Dans les Mélanges reproduction d'une lettre au Moniteur mais sur le vote de la Constitution et non pas sur Pyat) - 3. Lettre au Comité central (non reproduite dans les Mélanges). - 4. Lettre à Jne Deroin (non reproduite dans les Mélanges) ; - Item à un citoyen sur le socialisme (non reproduite dans les Mélanges)... »

J'ai sous les yeux ce numéro. On y trouve entre autre La Présidence et Revue parlementaire de la semaine, article non signé au sein duquel est reproduite la lettre de Proudhon au Moniteur qui motive son vote contre la Constitution... Mais sur Jeanne Deroin : Rien ; ni de Proudhon, ni d'un autre rédacteur.

PROBLÈME DE DATES : Sur Wikipédia, L'auteur parle du Peuple du 12 avril 1849 mais précise qu'il y aurait eu plusieurs articles (aucun reproduit dans les Mélanges, et, à cette date, n'est réédité qu'un article sur la liquidation de la Banque du Peuple). Le Peuple N° 3, alors hebdomadaire, auquel se réfère la note de Proudhon a paru entre le 1er et le 8 novembre 1848. Les trois premiers numéros ne sont pas datés. Mais Darimon, le bras droit de Proudhon, précise que le N° 2 est du 1er et le numéro 4 est daté : « 8-15 novembre ». De toutes façons, tout cela ne peut concerner les élections de 1849.

Dans les Carnets on trouve Jeanne Deroin citée encore à deux reprises, et puis c'est tout : Carnet VIII p. 288 du 20 décembre 1850 : « [...] Aux premiers jours de la chrétienté [...] l’Église était un ramassis de sectes [...] Il y avait là [...] des femmes prophétesses et diaconesses, comme Jeanne Deroin, Pauline Roland [...] » Carnet VIII p. 343 du 21 février 1851 : « Le Vote universel accueille les élucubrations de Jeanne Deroin sur le crédit gratuit. Cette dame expose cela assez bien. Quant à l'auteur de l'idée, il n'en est plus question. - Qu'importe ? C'est l'aveu de l'impuissance communiste. »

P. Haubtmann, dans sa biographie, signale qu'à la Bibliothèque nationale (mss. 1307, fol. 155) on trouve une lettre de Proudhon à J. Deroin en date du 4 août 1847. J'ai cherché Jeanne Deroin dans la Correspondance éditée de Proudhon et ne l'y ai pas trouvée citée. J'ai relu les lettres publiées de mars-avril 1849. Proudhon parle des élections, mais à aucun moment il ne fait allusion à la candidature d'une femme. Il est vrai que peu de lettres de Proudhon nous sont parvenues (une vingtaine de volumes, sans doute à peine le dixième de ce qu'il a pu écrire).

J'ai relu les Carnets d'avril 1849 (Carnet VII, pp. 111 et suiv.). Proudhon est alors surtout préoccupé par le procès du 28 mars qui l'a condamné à trois ans de prison et 3.000 francs d'amende suite à ses articles contre Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République. Le 30 mars, il part pour Liège sous le nom de Dupuis, juge de paix, puis sous celui de Leloir. Il est de retour à Paris le 8 avril, toujours sous le pseudonyme de Leloir, pour procéder à la liquidation de la Banque du Peuple. Sur les élections, il note, le 18 mai (Carnet VII, p.121) : « Élections de la Seine. Sur 28 candidats, 9 (12 d'après le National) appartiennent au parti socialiste. J'ai obtenu 100.297 voix, – 23.000 de plus qu'il y a un an. [...] La moyenne des voix obtenues est de 102.000 pour les candidats socialistes. La moyenne des voix obtenues pour les réacteurs est de 106.000 nombre rond. [...] Cela ressemble à une défaite. » Enfin, il parle de son arrestation « Mardi 5 juin à 7 h 1/2 soir » (Carnet VII, p. 122, 18 mai 1849). A aucun moment il n'est fait allusion à la candidature d'une femme. — Le message qui précède, non signé, a été déposé par l'IP 82.67.178.182 (discuter), le 6 septembre 2017 à 12:12 (CEST).

N. B. Les numéros de pages des Carnets que je donne en référence correspondent à ceux des carnets manuscrits non à ceux des éditions.

IMPORTANT : N'oublions jamais que Proudhon, rédacteur en chef, 1/ refusait de lire les articles de ses collaborateurs avant parution 2/ accueillait volontiers des rédacteurs avec lesquels il était en désaccord, voire qu'il détestait cordialement, comme Pauline Roland, par exemple (Cf. Darimon, A travers une Révolution, éd. TOPS, pp. 81 et 221). L'article cité serait-il d'un autre journaliste ?

                                                    * B *
                              LES FEMMES DANS LES ARTICLES DE JOURNAUX ÉCRITS PAR PROUDHON

Trois volumes des Œuvres complètes de Proudhon, publiés chez Lacroix en 1868, 1869 et 1870, sont intitulés Mélanges (tomes XVII à XIX, disp. sur Gallica). Ils regroupent tous les articles de Proudhon parus dans les journaux qu’il dirigeait entre 1848 et 1850. Sur la couverture est noté 1848-1852. Mais Proudhon n'a plus eu de journal à sa disposition dès octobre 1850. J’ai déjà précisé que cette édition était critiquable. Nous attendons depuis des années que les Presses du réel se décident à imprimer la version vérifiée, revue et corrigée par Edward Castleton. MAIS DANS LA TABLE DES MATIÈRES DISPONIBLE [6], AU 12 AVRIL 1849, IL N'EST FAIT MENTION QUE DE L'ARTICLE CONCERNANT LA BANQUE DU PEUPLE DÉJÀ PUBLIÉ DANS LES MÉLANGES.

Cela étant dit, 1/ On peut comprendre qu’à cette époque (nous sommes sous l’Empire), les éditeurs aient pu hésiter à rééditer certains passages consacrés à Louis-Napoléon Bonaparte. On ne voit pas ce qui leur aurait fait craindre quoi que ce soit pour des textes concernant Jeanne Deroin et les élections de 1849. 2/ On ne peut guère penser que Lacroix ait censuré ces articles parce qu'il les aurait trouvés misogynes. C'est lui qui va, pour la première fois, éditer les feuillets manuscrits que nous connaissons sous le titre de La Pornocratie. 3/ L’auteur de l’article principal affirme que Proudhon aurait écrit plusieurs articles sur Jeanne Deroin sans en citer le nom (étonnant de la part de Proudhon, qui est un polémiste né). 4/ On remarque que, dans la « citation », Proudhon aurait, en quelques lignes, employé à trois reprises le mot « femme » (Proudhon, écrivain classique, évite généralement les répétitions).

Que les éditeurs des Mélanges aient oublié un article : Peut-être ? Mais, puisque Proudhon aurait « dénoncé cette candidature féminine à plusieurs reprises » ; qu’il aurait « menacé » Jeanne Deroin parce que sa « prétention » aurait mis en péril « l’avenir du socialisme »… on doit bien trouver quelque chose que l’on pourrait rapprocher, de près ou de loin, à cet événement en cherchant le mot « femme » dans ces trois tomes. J’ai donc effectué cette recherche. Rien. Je vous la livre. Au moins cela donnera-t-il une idée à ceux qui n’ont jamais ouvert un livre de Proudhon de son style en tant que journaliste, et vous comprendrez que celui de la « citation » étonne les autres. j'invite les wikipédistes à vérifier et à compléter, d'autant que j'ai ici utilisé le procédé peu fiable de recherche de mots proposés par Gallica.

N. B. Les numéros des pages correspondent à celles dans lesquelles le mot femme est employé.


Mélanges, Tome 1, p. 5

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 20. - 20 avril)

LA SITUATION

Ce que nous avions prévu, ce que nous avions prédit arrive. La révolution tourne à la démocratie bourgeoise et doctrinaire. […] La conduite qu’avait à tenir le gouvernement provisoire était pourtant bien simple et toute trouvée. Poser résolument, énergiquement, le problème du prolétariat ; occuper et nourrir les ouvriers ; ramener la classe bourgeoise ; puis, en attendant l’assemblée nationale, faire du statu quo républicain. […]

Quand le gouvernement provisoire s’est mis à écrire ces circulaires dictatoriales, qui, en 1848, ne pouvaient guère intimider que des vieilles femmes ; quand, ne pouvant disposer d’un écu ni d’un homme que sous le bon plaisir des départements, il a parlé d’autorité aux départements ; quand, au milieu d’une France républicaine d’esprit et de cœur — mais en défiance de la République — il a inventé la réaction, la contre-révolution, comme il inventera bientôt la coalition ; dans toutes ces circonstances, le gouvernement provisoire a agi comme un somnambule. Il nous a donné le spectacle, unique dans l’histoire, d’hommes d’État jouant avec un sérieux ridicule une vieille tragédie

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Mélanges, Tome 1, p. 18

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 28. - 29 avril)

LA RÉACTION

Quand les ouvriers démoralisés par la politique des clubs et par le chômage des ateliers nationaux, se feront soldats pour vivre ;

Quand un million de prolétaires sera croisé contre la propriété ;

Quand l’État requerra l’argenterie et les bijoux des citoyens pour les envoyer à la Monnaie ;

Quand les perquisitions domiciliaires seront l’unique mode de recouvrement des contributions ; […]

Quand les ouvrières, domptées par la faim, se seront toutes livrées ;

Quand la prostitution, le chagrin, la misère, les auront rendues furieuses ;

Quand des troupeaux de femmes, suivant les colonnes des gardes nationaux mobiles, célèbreront les fêtes de la République par d’horribles bacchanales ;

Quand la première gerbe aura été pillée, la première maison forcée, la première église profanée, la première torche allumée, la première femme violée ;

Quand le premier sang aura été répandu ; quand la première tête sera tombée ;

Quand l’abomination de la désolation sera par toute la France ;

Oh ! alors vous saurez ce que c’est une révolution provoquée par des avocats, accomplie par des artistes, conduite par des romanciers et des poètes […]

Réveillez-vous de votre sommeil, Montagnards, Girondins, Feuillants, Cordeliers, Muscadins, Jansénistes et Babouvistes ! Vous n’êtes pas à six semaines des événements que je vous annonce. Criez : Vive la République ! A bas les masques ! — Puis tournez-vous et marchez !

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Mélanges, Tome 1, p. 21

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 29. - 30 avril)

MYSTIFICATION DU SUFFRAGE UNIVERSEL

N.B. Je reproduis un extrait assez long de ce texte car je m'en sers de référence pour le paragraphe consacré aux journées de juin dans l'article principal.

[...] Le suffrage universel [...] est une sorte de théorie atomistique par laquelle le législateur, incapable de faire parler le peuple dans l'unité de son essence, invite les citoyens à exprimer leur opinion par tête, viritim, absolument comme le philosophe épicurien explique la pensée, la volonté, l'intelligence, par des combinaisons d’atomes. Comme si de l'addition d'une quantité quelconque de suffrages pouvait jamais sortir l'idée générale, l'idée du peuple !...

Le moyen le plus sur de faire mentir le peuple est d'établir le suffrage universel. [...]

La négation du communisme, telle est la vraie signification des élections de 1848. Nous ne voulons point de la communauté du travail, ni de la communauté des femmes, ni de la communauté des enfants ! Les 260,000 voix données à M. de Lamartine ne veulent pas dire autre chose. Est-ce une adhésion aux théories de l’illustre poète ou une épigramme ?

Vienne donc la nouvelle Assemblée nationale, avec son mandat équivoque. Nous saurons, pour notre part, ramener les citoyens représentants à la question.

La France, leur dirons-nous, ne veut pas de la communauté ? Qui en doute ? Nous n’en voulons pas plus que vous.

Mais, est-ce que cela touche en rien la question sociale ?

Est-ce qu’il suffit de protester contre la communauté pour éteindre la misère ?

Est-ce que le privilège de propriété est aboli ?

Est-ce que les bourgeois sont devenus travailleurs ?

Est-ce que les travailleurs sont devenus bourgeois ?

Est-ce que nous en avons moins une dette publique de six milliards, un budget de deux milliards — car il sera de deux milliards, — plus douze milliards de créances hypothécaires ?

Est-ce que la crise est à sa fin ?

Est-ce que la circulation est rétablie ?

Est-ce que, par l’organisation du travail, le pain est assuré au-dedans et au dehors ?

Est-ce que nous sommes libres ?

Est-ce que nous sommes égaux ?

Est-ce que nous sommes frères ?

Bonnes gens, qui avez peur qu’on vous démarie, regardez-y à deux fois avant de vous conjouir dans votre commune insignifiance. Si vous vous imaginez n’être venus que pour appuyer une négation, vous n’avez pas compris votre mandat. Nous n’avons que faire de vos lumières. Allez-vous-en !

                                                      -----------

Mélanges, Tome 1, pp. 41 et 42

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 57. - 28 mai.)

CE QUE LA RÉVOLUTION DOIT A LA LITTÉRATURE

Voilà un siècle et demi que la littérature oscille du genre descriptif au genre passionnel, s’enfonçant toujours plus dans le bavardage. Elle n’ose devenir logicienne et savante : elle serait quelque chose, elle ne serait plus. Aussi voyons-nous que les femmes excellent en littérature, à mesure qu’elle perd en réalité et en profondeur. Pour prolonger sa misérable existence, cette littérature efféminée appelle à son aide le paradoxe et le scandale ; elle se roule dans l’horrible, l’impur et le faux […]

Je prends pour exemple la révolution de février.

Est-ce la littérature qui a préparé cette révolution ?

Est-ce la littérature qui en exprimera le but, les tendances, la loi ?

Est-ce la littérature qui viendra la justifier, qui la vengera de ses ennemis ?

Quand est-ce que M. Victor Hugo a pris la défense des droits du travail ?

Quand est-ce que M. Alexandre Dumas s’est fait connaître par ses idées, par ses mœurs républicaines ?

Qu’ont-ils fait l’un et l’autre pour la révolution, sinon de calomnier les révolutionnaires ? — Et qu’est-ce qu’ils nous veulent aujourd’hui, ces aligneurs de rimes, ces enfileurs de dialogues ?

La science sociale a été, depuis vingt ans, étudiée par d’autres qu’eux ;

La révolution a été faite malgré eux ;

Le droit du travail est revendiqué en ce moment contre eux ;

La famille n’a pas encore lavé les impuretés dont ils l’ont couverte.

Et ils viennent nous parler de patrie, de famille, de travail, de propriété !... […]

Qui est-ce qui depuis trente ans, nous a versé à pleins-bords le relâchement des mœurs, le mépris du travail, le dégoût du devoir, l’outrage à la famille, si ce n’est la gent littéraire ? Qui a puisé avec le plus d’impudeur à la caisse des fonds secrets ? Qui a le plus séduit des femmes, amolli la jeunesse, excité la nation à toutes les sortes de débauches ? Qui a donné le spectacle des apostasies les plus éhontées ? Qui a délaissé le plus lâchement les princes, après en avoir mendié les faveurs ? Qui se rallie avec le plus d’empressement, aujourd’hui à la contre-révolution ? Des littérateurs, toujours des littérateurs !

Ils passent comme des filles perdues, de la légitimité à l’usurpation, de la monarchie à la république, de la politique au socialisme, de l’athéisme à la religion. Tout leur va, pourvu qu’ils en retirent de la vogue et de l’argent. Quelle soif de distinction ! quelle fureur de jouir ! Nommez-les, Parisiens, nommez-les vos représentants. Flagorneurs du peuple, flagorneurs de la bourgeoisie, flagorneurs des rois, flatteurs de tous les pouvoirs, toujours prêts à saluer l’amphitryon où l’on dine, ce qu’ils vous demandent, au nom de la patrie, du travail, de la famille, de la propriété, c’est de l’or, du luxe, des voluptés, des honneurs et des femmes.

                                                      -----------

Mélanges, Tome 1, p. 44

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 60. - 31 mai.)

PROGRAMME RÉVOLUTIONNAIRE

Aux électeurs de la Seine

N. B. Proudhon recopie ici un extrait du Système des contradictions économique ou Philosophie de la misère (Ed. Fédération anarchiste Tome II, pp. 248 et 249). Deux mots ont été changés par rapport au texte original : Ligne 5 « l'inanité du ménage » a été remplacé par « la pauvreté du ménage » ; ligne 13 « à la consommation et à l'épargne » a été remplacé par « à la consommation et à l'économie ».

« C’est surtout dans la famille que se découvre le sens profond de la propriété. La famille et la propriété marchent de front, appuyées l’une sur l’autre, n’ayant l’une et l’autre de signification et de valeur que par le rapport qui les unit.

Avec la propriété, commence le rôle de la femme. Le ménage, cette chose tout idéale et que l’on s’efforce en vain de rendre ridicule, le ménage est le royaume de la femme, le monument de la famille. Ôtez le ménage, ôtez cette pierre du foyer, centre d’attraction des époux, il reste des couples, il n’y a plus de familles. Voyez, dans les grandes villes, les classes ouvrières tomber peu à peu, par l’instabilité du domicile, par la pauvreté du ménage et le manque de propriété, dans le concubinage et la crapule ! Des êtres qui ne possèdent rien, qui ne tiennent à rien et vivent au jour le jour, ne se pouvant rien garantir, n’ont que faire de s’épouser encore : mieux vaut ne pas s’engager que de s’engager sur le néant. La classe ouvrière est donc vouée à l’infamie : c’est ce qu’exprimait au moyen âge le droit du seigneur, et chez les romains l’interdiction du mariage aux prolétaires.

Or, qu’est-ce que le ménage par rapport à la société ambiante, sinon tout à la fois le rudiment et la forteresse de la propriété ? Le ménage est la première chose que rêve la jeune fille : ceux qui parlent tant d’attraction et qui veulent abolir le ménage, devraient bien expliquer cette dépravation de l’instinct du sexe. Pour moi, plus j’y pense, et moins je puis me rendre compte, hors de la famille et du ménage, de la destinée de la femme. Courtisane ou ménagère (ménagère, dis-je, et non pas servante), je n’y vois pas de milieu : qu’a donc cette alternative de si humiliant ? En quoi le rôle de la femme, chargée de la conduite du ménage, de tout ce qui se rapporte à la consommation et à l’économie, est-il inférieur à celui de l’homme, dont la fonction propre est le commandement de l’atelier, c’est-à-dire le gouvernement de la production et de l’échange ? » (Système des Contradictions économiques, Tome II, chap. X)

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Mélanges, Tome 1, p. 79

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 66. - 6 juin)

ADHÉSION A LA BANQUE D’ÉCHANGE

Le crédit est mort, bien mort, et, nous ne déguisons pas nos espérances, le crédit, dans les conditions de l’ancien régime, ne se relèvera plus. Il faut une institution nouvelle.

Or, la Banque d’Échange, nous l’avons démontré et nous le démontrerons de plus en plus chaque jour, c’est l’abolition de tous les péages qui affectent la circulation des produits, sous les noms divers d’intérêts, de rentes, de loyers, de fermages, dividendes, bénéfices, etc. Quand donc cette idée sera devenue populaire, quand elle aura saisi les imaginations, quand elle enflammera les consciences, quand les enfants et les vieilles femmes répéteront de tous côtés : « Il ne tient qu’au gouvernement d’augmenter la production nationale de 10 milliards par an, et le revenu de chaque père de famille de mille francs, et le gouvernement ne le veut pas !... » Quand on se dira que l’intérêt de l’escompte est injuste, mais que le gouvernement ne veut pas nous en délivrer, parce que ce serait abolir du même coup tous les droits du privilège, alors il suffit d’un mot, d’une étincelle pour faire courir par les villes et les campagnes cette parole de dissolution : On ne paye plus.

On ne paye plus de fermage, et le paysan trouvera cela juste.

On ne paye plus de loyers, et les locataires diront, comme le paysan : C’est juste.

On ne paye plus d’intérêt, et les débiteurs répéteront à leur tour : C’est juste.

On ne paye plus de dividendes, et les directeurs de Compagnie conviendront que c’est juste.

On n’acquitte plus de droits, on ne paye plus d’impôts, et le percepteur reconnaîtra lui-même que c’est encore juste.

On n’obéit plus à la Justice, parce que, dira-t-on, la justice n’est pas juste.

On se moque des huissiers et des gendarmes, parce qu’ils ne représentent pas la justice, mais le privilège.

On ne fait plus le service militaire, parce que l’ordre est du désordre.

Quand, disons-nous, le peuple, se levant de sa léthargie, secouera ces millions d’insectes qui le dévorent, et que la débâcle capitaliste aura commencé, alors, hommes du pouvoir, vous reconnaîtrez, mais un peu tard, la nécessité d’organiser l’échange.

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Mélanges, Tome 1, p. 93

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 96. - 8 juillet.)

N. B. C’est-à-dire peu après les journées de juin.

LE 15 JUILLET

Le terme ! Voici le terme ! Comment allons-nous payer le terme ?... […]

Plus d’ouvrage, plus d’argent, plus de ressources ! Le terme est échu ; les tailles sont pleines ; les couverts d’argent, les bijoux des femmes, la montre du mari, le plus beau linge, tout est au Mont-de-Piété ! Comment pourrions-nous encore payer le terme ? Comment ferons-nous pour vivre ?...

Que les auteurs des ordres impitoyables ; que les grands politiques qui ont repris la tradition exécrée de Saint-Merri et de Transnonain ; que ceux qui ont dit qu’il valait mieux pour la dignité de l’Assemblée nationale, au lieu d’une conciliation pacifique, le massacre de dix mille citoyens ; que ces républicains honnêtes, comme ils se nomment, qui sont venus à la République en parjures, qui la servent en parjures, qui en sortiront en parjures ; que ceux-là répondent aujourd’hui à la plainte de la bourgeoisie désespérée, s’il peuvent !

Allez donc, maintenant, gardes nationaux égarés, allez demander à vos prétendus conservateurs du travail, du crédit, du pain ! Ce qu’ils ont à vous offrir, pour vous, pour vos femmes et vos enfants, c’est du sang et des cadavres !...

Et que leur importe ? Ne seront-ils pas ministres dans quinze jours ?...

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Mélanges, Tome 1, p. 106

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 98 - 11 août)

N. B. journal mal numéroté

LES MALTHUSIENS

Chez nous où la foi à la Providence est restée vive, malgré l’indifférence du siècle, le peuple dit, par manière de proverbe, et c’est en cela que nous nous distinguons de l’Anglais : Il faut que tout le monde vive ! — Et notre peuple, en disant cela, croit être aussi bon chrétien, aussi conservateur des bonnes mœurs et de la famille, que feu Malthus.

Or, ce que le peuple dit en France, les économistes le nient, les gens de lois et les gens de lettres le nient ; l’Eglise qui se prétend chrétienne, et de plus gallicane, le nie ; la presse le nie, la haute bourgeoisie le nie, le gouvernement, qui s’efforce de la représenter, le nie.

La presse, le gouvernement, l’Église, la littérature, les économistes, la grande propriété, tout, en France, s’est fait anglais, tout est malthusien. C’est au nom de Dieu et de sa sainte providence, au nom de la morale, au nom des intérêts sacrés de la famille, qu’on soutient qu’il n’y a point de place, dans le pays, pour tous les enfants du pays, et qu’on insinue à nos femme d’être moins fécondes. En France, malgré le vœu du peuple, malgré la croyance nationale, le boire et le manger sont réputés privilèges, le travail privilège, la famille privilège, la patrie privilège.

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Mélanges, Tome 1, pp. 118 et 119

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 101. - 14 août)

LA CALOMNIE

Ah ! républicains du National, nous ne pensions pas être prophète, lorsque, déplorant votre aveuglement fatal, et prévoyant dès lors le désespoir d’une multitude égarée, nous écrivions, en 1839 :

« L’opulence et la misère, compagnes inséparables, croîtront dans une progressions sans fin ; le capital envahira tout ; le paysan ruiné vendra son héritage… La misère et l’abrutissement des prolétaires seront au comble : on ne les empêchera pas de s’instruire ; mais ils ne pourront vivre sans travailler, et quand ils ne travailleront pas, ils ne mangeront rien… Le mérite des femmes ne sera plus que le tarif de la beauté ; leur droit le plus sacré, de se livrer au plus offrant. Les riches les possèderont toutes, parce qu’eux seuls pourront les payer : les pauvres auront pour épouses les êtres disgraciés et les rebuts de la luxure…

« Cependant, il se rencontrera des âmes fières, des hommes qui refuseront de découvrir leurs fronts devant le veau d’or : ceux-là voudront entrer en compte avec les favoris de la fortune. – Comment êtes-vous si riches, et sommes-nous si pauvres ? […] Ah ! vous invoquez la possession, la transmission, la prescription ! Eh bien ! nous appelons la force. Propriétaires, défendez-vous !

« Et il y aura des combats et des massacres, et quand force sera demeurée à la loi, quand les révoltés seront détruits, on écrira sur leurs tombes : ASSASSINS, tandis que leurs victimes seront glorifiées MARTYRS ! (De la célébration du dimanche).

Et dans cet Avertissement aux propriétaires que vous osez citer, ne disions-nous pas, en 1842, aux prolétaires déjà irrités :

« Maintenant que le système de monarchie représentative tire à a fin, c’est le tour d’une démocratie bourgeoise, incohérente, querelleuse, babillarde… […] Marchez, en chantant, à la conquête du nouveau monde, race prédestinée ! Travaillez, instruisez-vous les uns les autres, braves ouvriers ! Votre refrain est plus beau que celui de Rouget de l’Isle ! »

Hélas ! nous ne pouvons plus aujourd’hui dire aux travailleurs : Marchez en chantant à la conquête du nouveau monde, race prédestinée ! Plus de travail, plus de chansons !

Nous leur dirons plutôt :

« Allez en deuil, le crêpe au bras, le drapeau noir flottant, les femmes en pleurs, les enfants répétant en chœur la romance de la misère : Cinq sous ! allez au National, race désespérée ! allez lui demander ce qu’il a fait de la République.

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Mélanges, Tome 1, p. 122

LE REPRÉSENTANT DU PEUPLE. 1848. (N° 103. - 16 août)

On demandait au National quel était son système de politique et de régénération sociale ? Et nous répondions, en 1842, que le National « pensant avec Hobbes, que la guerre est l’état naturel du genre humain, n’avait pas d’autre système que le sabre, d’autre gouvernement que les conseils de guerre. Rien de plus simple, disions-nous. Tous les ouvrier, agriculteurs, commissionnaires, instituteurs, etc. forment soit des armes spéciales, soit des compagnies hors-rang. Les travaux répugnants et pénibles sont exécutés par des pionniers, qu’on multiplie à volonté en renforçant la discipline. Les filles et femmes sont enrégimentées comme vivandières. Chaque matin un ordre du jour assigne les droits et devoirs de l’homme et du citoyen ; la discipline militaire est la règle morale, et un code pénal énergique, avec une procédure expéditive, couronne l’œuvre !... »

En écrivant cela, nous prophétisions, quoi ? grand Dieu ! ces ateliers nationaux, à la suite desquels sont arrivés les commissions militaires. Or, les ateliers nationaux ne sont pas, cela est aujourd’hui démontré, le fait de Louis Blanc ; l’idée des ateliers nationaux n’est pas sortie du Luxembourg. Louis Blanc, les délégués, les ouvriers en masse, n’ont cessé de protester contre ces prétendus ateliers, organisés sous le ministère et avec la permission de M. Marie, alors ministre des travaux publics. — Qui donc a inventé les ateliers nationaux puisque ce n’est pas Louis Blanc ? qui ? ceux-là apparemment qui, plus tard, ont créé les commissions militaires. Le National voudrait-il nous éclairer sur ce fait ?...

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Mélanges, Tome 1, p. 137

LE PEUPLE. 1848. (N° spécimen. - 2 septembre.)

MANIFESTE DU PEUPLE

Vous, dont l’ambition est de gagner de quoi nourrir une femme et la rendre heureuse, voulez-vous savoir quels sont les ennemis de la famille ! Portez le flambeau chez votre voisin le capitaliste, le rentier, l’homme de bourse, le gros salarié, le parasite, l’intrigant, l’oisif ; pénétrez dans sa vie intime ; interrogez sa femme, sa bonne, son petit garçon, et vous saurez quel est celui qui, par son égoïsme avare, par ses amours désordonnés, corrompt les mœurs publiques et dissout la famille. C’est la misère qui fait l’ouvrier libertin et fornicateur ; chez lui, il y a horreur naturelle du vice et entraînement à la vertu. C’est le luxe qui rend le riche incestueux et adultère : la satiété et la paresse sont en lui des agents indomptables de désordre.

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Mélanges, Tome 1, p. 163

LE PEUPLE. 1848. (N° 3. – Sans date. 6 ou 7 novembre 1848).

N. B. L’élection du premier président de la République est prévue pour décembre

LA PRÉSIDENCE

I Que la présidence c’est la monarchie

[…] Votre président sera roi, vous dis-je, ou ne sera rien du tout. […]

Le peuple s’inquiète peu, croyez-moi, de la distinction du législatif et de l’exécutif. L’exécutif, pour lui, c’est tout. Autre sans doute sera le notaire, autre le fiancé. Pourvu que le président fasse vite et bien, il aura, au jugement du peuple assez d’esprit. Sa virilité fera son mérite, et habet mea mentula mentem ! Votre législatif, c’est un eunuque, quelque chose au-dessous de rien !

Eh ! dites-moi : Jamais despote manqua-t-il de législations, de constitutions et de traditions pour contenir sa fougue et modérer sa jeunesse ? Cela pourtant ne fit jamais le moindre tort au despotisme. […]

La Charte de 1814 et celle de 1830 ne furent-elles pas tour à tour le préliminaire obligé des deux dernières dynasties ? N’avait-on pas eu soin de stipuler que le roi ne pourrait rien faire qui ne fût prévu dans le contrat ? Mais il était dit aussi que le chef de l’État exercerait le droit conjugal ; et que reste-t-il au père de la fille, quand le mari et la femme couchent ensemble ?... […]

Votre président sera tout-puissant, cela suffit.

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Mélanges, Tome 1, p. 198

LE PEUPLE. 1848. (N° 5. – 15-21 novembre 1848.)

ARGUMENT A LA MONTAGNE

Un ouvrier qui gagne 19fr. 25 cent. par semaine, pour vivre, lui, sa femme et deux enfants, ne profite en réalité que de 8 fr. 12 cent. : le surplus, soit 11 fr. 13 cent. étant remboursé par lui au maitre de la maison, au boulanger, au boucher, au marchand de vin, au percepteur, etc., etc., pour la rétribution du capital.

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Mélanges, Tome 1, p. 275

LE PEUPLE. 1849. (N° 86. – 12 février.)

POUR EN FINIR AVEC M. CONSIDERANT

Après la Révolution de Juillet, quand il semblait que la philosophie du Constitutionnel allait effacer pour jamais ce qui restait en France de catholicisme, M. Considerant, dans un discours à l’Hôtel-de-Ville, parlant au nom de sa secte, osa s’écrier : Nous ne sommes pas chrétiens. Le mot fur recueilli : c’était une flatterie au libertinage du moment.

Depuis, le vent a soufflé aux idées religieuses ; on s’est aperçu que le préjugé chrétien résistait à l’inoculation du dogme fouriériste, que la morale de l’Évangile faisait reculer celle du phalanstère. Dès lors, on s’est appliqué à dissimuler les données antichrétiennes du monde harmonien : on a fait avec le ciel des accommodements ; on s’est mis à prouver que Fourier était le continuateur de Jésus-Christ. Flatterie au clergé et aux jésuites.

Cette tactique n’a jamais variée : elle constitue tout le système.

Les vues de Fourier sur le rapport des sexes sont diamétralement opposées au mariage et à la famille. Après avoir sollicité la fibre épicurienne du pays, on a senti que la conscience publique répugnait à cette turpitude des amours libres, et pendant que l’on continue d’initier les fidèles aux Amours des saints (Titre d’un manuscrit de Fourier) on proteste devant les profanes du respect le plus profond pour la famille et le mariage. On accuse même, au besoin, le socialisme violent de vouloir la communauté des biens, pour arriver plus vite à la communauté des femmes. Ainsi le veut l’intérêt de l’ordre : périsse le socialisme plutôt que le fouriérisme ! Ainsi le prescrit la tactique de M. Considérant.

La Démocratie pacifique est fondée. Pourquoi ce nom donné à une feuille phalanstérienne ? Afin, dit naïvement M. Considerant dans son prospectus, d’absorber, d’annihiler le parti républicain, la démocratie révolutionnaire, que le grand-prêtre de la secte regardait alors comme le plus grand obstacle à l’avènement du fouriérisme. A présent, M. Considerant est républicain, démocrate, voire même révolutionnaire ; il le dit du moins. Mais prenez-y garde, il en est de son républicanisme comme de son socialisme : il ne tiendra pas au premier tour de roue de la fortune.

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Mélanges, Tome 2, p. 45

LE PEUPLE. 1849. (N° 93. - 19 février.)

DÉMONSTRATION DU SOCIALISME, THÉORIQUE ET PRATIQUE OU RÉVOLUTION PAR LE CRÉDIT

Pour servir d’instruction aux souscripteurs et actionnaires de la Banque du Peuple, Par P.-J. PROUDHON, représentant de la Seine.

[… ] En fondant la Banque du Peuple, j’ai voulu démontrer par le fait la théorie du crédit mutuel. J’ai pensé que des opérations pratiques, journalières, accomplies individuellement et collectivement par un grand nombre de citoyens, et par cela même à la portée de toutes les intelligences, seraient, même pour nos plus forts logiciens, un argument plus démonstratif, plus décisif que la plus lumineuse des théories, assistée de la dialectique la plus exacte et de la plus entraînante éloquence. Qui répond appond, disent, dans mon pays, les bonnes femmes. Cela signifie qu’à des discours on trouve toujours moyen de répondre par des discours, et qu’à battre la controverse comme à faire des livres, il n’est point de fin. Jusqu’à ce que je puisse fournir cette preuve de fait, si recherchée des critiques, de la vérité et de la légitimité de la Révolution de Février, j’ai renoncé à toute polémique dans la presse, à toute initiative dans l’Assemblée nationale. Peut-être un jour, l’évidence pratique donnant plus d’autorité à mes paroles, un plus noble rôle me sera-t-il permis ?

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Mélanges, Tome 2, p. 132

LE PEUPLE. 1849. (N° 153. — 21 avril.)

LA RÉPUBLIQUE ET LA COALITION

(DEUXIÈME ARTICLE.)

Là, après avoir épuré dans son personnel le gouvernement provisoire et l’avoir transformé à leur guise, ils [les réacteurs (la réaction)] commencèrent à le déconsidérer dans ses décrets, puis on attaqua sur toute la ligne le socialisme, qui devint bientôt l’épouvantail de la nation. Le socialisme ! c’était la ruine de la religion, la communauté des biens et des femmes, la barbarie ! La majorité du pays n’en est pas encore revenue.

Le socialisme, avons-nous dit, est le terme final, l’expression complète de la République. En attaquant le socialisme, la coalition prenait la République par derrière ; elle en diminuait déjà la formule, elle en restreignait la portée. Or, tout principe qui se laisse mutiler doit périr, et j’ose dire que ce serait déjà fait de la République, si le socialisme, qui seul de nos jours pouvait lui donner une signification, ne l’avait entourée comme d’un rempart de sa propagande et de son énergie.

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Mélanges, Tome 2, p. 179

LE PEUPLE. 1849. (N° 176. — 14 mai.)

LE SOCIALISME JUGÉ PAR M. PROUDHON

Au Rédacteur du Journal des Débats.


Le jour où, pour soutenir vos privilèges, vous avez voulu mettre le socialisme hors la société, l’accusant de vouloir la communauté des biens, la communauté des femmes, la communauté des enfants, la confusion, le chaos, le crime, tout ce que l’imagination peut concevoir de plus monstrueux et de plus effroyable, ce jour-là le socialisme vous a répondu d’un geste intrépide et d’une foi fatidique : Et moi, plus puissant que vous, inaccessible à vos calomnies, je prononce votre dissolution.

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Mélanges, Tome 3, p. 11

LA VOIX DU PEUPLE 1849 (N° 64. - 3 décembre.)

'RÉSISTANCE A LA RÉVOLUTION

LOUIS BLANC ET PIERRE LEROUX'

Qu’est-ce que l’État ? Il faut une réponse à cette question : l’énumération qu’a faite, après Aristote, des différentes espèces d’États le citoyen Louis Blanc, ne nous a rien appris. Quant à Pierre Leroux, ce n’est pas la peine de l’interroger : il nous dirait que la question est indiscrète, que l’État a toujours existé, qu’il existera toujours : c’est la raison suprême des conservateurs et des bonnes femmes.

L’État est la constitution EXTÉRIEURE de la puissance sociale.

Par cette constitution extérieure de sa puissance et souveraineté, le peuple ne se gouverne pas lui-même : c’est, tantôt un individu, tantôt plusieurs, qui, à titre électif ou héréditaire, sont chargés de le gouverner, de gérer ses affaires, de traiter et compromettre en son nom, en un mot de faire tous actes de père de famille, tuteur, gérant ou mandataire, nanti de procuration générale, absolue et irrévocable.

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Mélanges, Tome 3, p. 44

LA VOIX DU PEUPLE 1849 (N° 87. - 26-27 décembre.)

L’État, dit Louis Blanc, a été jusqu’ici le maître et le tyran des citoyens ; désormais il doit être leur serviteur. Le rapport est changé: là est toute la révolution. — Comme si, à toutes les époques, les apologistes de la monarchie n’avaient pas prétendu, eux aussi, que la royauté était la servante du peuple ; que les rois étaient faits pour les peuples, non les peuples pour les rois, et autres paraboles dont l’expérience du peuple a fait justice. On sait aujourd’hui ce que vaut cette servitude de l’État, cette dévotion du gouvernement à la liberté. Bonaparte, compatriote de Louis Blanc, ne se disait-il pas le serviteur de la Révolution ? Quels services il lui a rendus !...

Ainsi, l’État serviteur, voilà la réponse de Louis Blanc à ma première interpellation. Quant à la question de savoir comment l’État peut devenir réellement et effectivement serviteur ; comment, étant serviteur, il peut encore être l’État, Louis Blanc ne s’en explique pas : il garde un silence prudent. Il se contente de protester que, si, lui, le premier ouvrier de la République, il redevient jamais homme d’État et ministre du progrès, il sera le très-humble serviteur du peuple; qu’il gouvernera avec le peuple : ce qui ne l’empêchera pas, à l’occasion, de résister aux fantaisies et aux entraînements du peuple !... […]

Certes, nous avons eu bien des mystifications après février ; mais, il faut l’avouer, je ne me serais jamais attendu à celle-là. Quoi ! c’est pour accoucher de l’État-serviteur que la Révolution, cette femme de l’Apocalypse, revêtue du soleil comme d’un manteau et que les étoiles couronnent, est en travail depuis quarante siècles ! C’est pour l’État-serviteur que le Christianisme a opéré la fusion des cultes et fondé la centralisation du genre humain ! pour l’État serviteur que nous avons donné l’assaut à la royauté, au 10 août, au 29 juillet, au 24 février ! pour l’État-serviteur, et le ministère du progrès sans doute, que le prolétariat a souffert mort et passion en juin 48, et que la jeune Montagne a protesté, en juin 49 !

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Mélanges, Tome 3, p. 72

LA VOIX DU PEUPLE 1850 (N° 100 - 9 janvier.)

Laissant de côté la partie économique de ce projet, sur laquelle nous aurons plus tard occasion de revenir, et ne nous occupant que de la question d’État, telle qu’elle ressort de articles 3, 4, 12 et 13, nous ferons remarquer que la Banque nationale, une fois établie sur le principe du crédit gratuit et du suffrage universel, reste indépendante de l’Etat ; le gouvernement n’a point à s’en mêler. Le pouvoir exécutif, non plus que le législatif ou le judiciaire, n’a le droit de s’enquérir de ses opérations. Ce sont toutes les chambres de commerce, élues par tous les commerçants, formant, comme nous le verrons plus tard, la totalité ou la presque totalité des citoyens, qui sont à la fois législatrices, initiatrices et juges de la Banque nationale. Placée sous la main du peuple, elle fonctionne dans l’intérêt de tous, sans privilège et sans envie, affranchie de la haine du travailleur comme de la crainte de l’autorité; expression vivante de la foi publique, inébranlable sur sa base éternelle. Toucher à cette Banque, ce serait toucher à la société ; il n’y a pas un citoyen qui ne la défende comme son propre patrimoine. Lui imposer des lois, c’est attenter à la liberté publique. Elle ne reçoit la loi que du peuple, elle ne doit servir que le peuple. Elle est le boulevard de la sécurité générale, le temple de la solidarité et de la fraternité; il n’y a pas un travailleur qui ne voie en elle la garantie de son existence, de l’existence de sa femme et de ses enfants. Pourquoi l’État interviendrait-il dans son administration, dans son règlement, dans ses opérations ? Pourquoi cet intermédiaire politique, cet agent fiscal entre la Banque nationale, organe de circulation du peuple, et le peuple ? La République a-t-elle besoin de gouverneur à 50,000 francs de traitement ; de régents, à 20,000 ; de directeurs, à 10,000 francs ?

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Mélanges, Tome 3, p. 109

LA VOIX DU PEUPLE 1850 (N° 174. - 25 mars).

PHILOSOPHIE DU 10 MARS

AUX RÉDACTEURS DE la Voix du Peuple.

Le 6 février dernier, au soir, je fus prévenu officiellement par M. le directeur de la prison de Sainte-Pélagie, que, par décision supérieure, j’étais consigné dans ma chambre, et que, jusqu’à nouvel ordre, toute communication avec le dedans et le dehors, même avec ma femme, m’était interdite. Un gardien fut établi à ma porte ; un autre vis-à-vis de ma fenêtre, dans la rue. J’étais puni pour une méchante plaisanterie insérée dans la Voix du Peuple, à propos de projets de coups d’État, qui, autant que j’en puis maintenant juger, étaient sans fondement.

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Mélanges, Tome 3, p. 215

LA VOIX DU PEUPLE (3 décembre 1849)

INTÉRÊT ET PRINCIPAL, Réponse à Frédéric Bastiat

La monarchie absolue a été légitime dans un temps : ce fut une des conditions du développement politique. Elle a cessé d’être légitime à une autre époque, parce qu’elle était devenue un obstacle au progrès. — Il en a été de même de la monarchie constitutionnelle : c’était, en 89 et jusqu’en 1830, la seule forme politique qui convînt à notre pays; ce serait aujourd’hui une cause de perturbation et de décadence.

La polygamie a été légitime à une époque : c’était le premier pas fait hors de la promiscuité communautaire. Elle est condamnée de nos jours comme contraire à la dignité de la femme: nous la punissons des galères.

Le combat judiciaire, l’épreuve de l’eau bouillante, la torture elle-même, lisez M. Rossi, eurent également leur légitimité. C’était la première forme donnée à la justice. Nous y répugnons maintenant, et tout magistrat qui y aurait recours, se rendrait coupable d’un attentat. […]

Je vous répète donc, et, en conscience, je crois parler clair : Oui, le prêt à intérêt a été, dans un temps, légitime, lorsque toute centralisation démocratique du crédit et de la circulation était impossible : il ne l’est plus, maintenant que cette centralisation est devenue une nécessité de l’époque, partant un devoir de la société, un droit du citoyen. C’est pour cela que je m’élève contre l’usure ; je dis que la société me doit le crédit et l’escompte sans intérêt : l’intérêt, je l’appelle VOL.

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Mélanges, Tome 3, pp. 243 et 244

LA VOIX DU PEUPLE (17 décembre 1849)

INTÉRÊT ET PRINCIPAL, Réponse à Frédéric Bastiat

Un missionnaire anglais, allant à la conversion des infidèles, a fait naufrage en route, et aborde en canot, avec sa femme et quatre enfants, à l’île de… — Robinson, propriétaire de cette île par droit de première occupation, par droit de conquête, par droit de travail, ajustant le naufragé avec son fusil, lui défend de porter atteinte à sa propriété. Mais comme Robinson est humain, qu’il a l’âme chrétienne, il veut bien indiquer à cette famille infortunée un rocher voisin, isolé au milieu des eaux, où elle pourra se sécher et se reposer, sans crainte de l’Océan.

Le rocher ne produisant rien, le naufragé prie Robinson de lui prêter sa bêche et un petit sac de semences.

J’y consens, dit Robinson ; mais à une condition : c’est que tu me rendras 99 boisseaux de blé sur 100 que tu récolteras.

LE NAUFRAGÉ. C’est une avanie ! Je vous rendrai ce que vous m’aurez prêté, et à charge de revanche.

ROBINSON. As-tu trouvé un grain de blé sur ton rocher !

LE NAUFRAGÉ. Non.

ROBINSON. Est-ce que je te rends service en te donnant les moyens de cultiver ton île, et de vivre en travaillant ?

LE NAUFRAGÉ. Oui.

ROBINSON. Tout service mérite-t-il rémunération ?

LE NAUFRAGÉ. Oui.

ROBINSON. Eh bien ! la rémunération que je demande, c’est 99 pour 100. Voilà mon prix.

LE NAUFRAGÉ. Transigeons : je rendrai le sac de blé et la bêche, avec 5 pour 100 d’intérêt. C’est le taux légal.

ROBINSON. Oui, taux légal, lorsqu’il y a concurrence, et que la marchandise abonde : comme le prix légal du pain est de 30 centimes le kilogramme quand il n’y a pas disette.

LE NAUFRAGÉ. 99 pour 100 de ma récolte ! mais c’est un vol, un brigandage !

ROBINSON. Est-ce que je te fais violence ? est-ce que je t’oblige à prendre ma bêche et mon blé ? Ne sommes-nous pas libres l’un et l’autre ?

LE NAUFRAGÉ. Il le faut : je périrai à la tâche ; mais ma femme, mes enfants ! Je consens à tout ; je signe. Prêtez-moi, par-dessus le marché, votre scie et votre hache, pour que je me fasse une cabane.

ROBINSON. Oui-dà ! J’ai besoin de ma hache et de ma scie. Il m’en a coûté huit jours de peine pour les fabriquer. Je te les prêterai cependant, mais à la condition que tu me donneras 99 planches sur 100 que tu fabriqueras.

LE NAUFRAGÉ. Eh parbleu ! je vous rendrai votre hache et votre scie, et vous ferai cadeau de 5 de mes planches, en reconnaissance de votre peine.

ROBINSON, Alors, je garde ma scie et ma hache. Je ne t’oblige point. Je suis libre.

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Mélanges, Tome 3, p. 271

LA VOIX DU PEUPLE (31 décembre 1849)

INTÉRÊT ET PRINCIPAL, Réponse à Frédéric Bastiat


Va donc, Capital ; va, continue d’exploiter ce misérable peuple ! Consume cette bourgeoisie hébétée, pressure l’ouvrier, rançonne le paysan, dévore l’enfance, prostitue la femme, et garde tes faveurs pour le lâche qui dénonce, pour le juge qui condamne, pour le soldat qui fusille, pour l’esclave qui applaudit. La morale des marchands de cochons est devenue celle les honnêtes gens. Malédiction sur mes contemporains !

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Mélanges, Tome 3, p. 306

LA VOIX DU PEUPLE (20 janvier 1850)

INTÉRÊT ET PRINCIPAL, Réponse à Frédéric Bastiat

Que chacun, au lieu de crier à la spoliation contre le Socialisme, fasse donc son propre compte ; que chacun dresse l’inventaire de sa fortune et de son industrie, de ce qu’il gagne comme capitaliste-propriétaire, et de ce qu’il peut obtenir comme travailleur : et, je me trompe fort, ou sur les 10 millions de citoyens inscrits sur les listes électorales, il ne s’en trouvera pas 200,000, 1 sur 50, qui aient intérêt à conserver le régime usuraire, et à repousser le crédit gratuit. Quiconque, encore une fois, gagne plus par son travail, par son talent, par son industrie, par sa science, que par son capital, est directement et surabondamment intéressé à l’abolition la plus immédiate et la plus complète de l’usure ; celui-là, dis-je, qu’il le sache ou qu’il l’ignore, est, au premier chef, partisan de la République démocratique et sociale ; il est, dans l’acception la plus large, la plus conservatrice, RÉVOLUTIONNAIRE. Quoi donc ? Serait-il vrai, parce qu’ainsi l’a dit Malthus et qu’ainsi le veut, à sa suite, une poignée de pédants, que 10 millions de travailleurs, avec leurs enfants et leurs femmes, doivent servir éternellement de pâture à 200,000 parasites, et que c’est afin de protéger cette exploitation de l’homme par l’homme que l’État existe, qu’il dispose d’une force armée de 500,000 soldats, d’un million de fonctionnaires, et que nous lui payons deux milliards d’impôts !

                                                 * C *
                        ARTICLE DU PEUPLE DANS SON INTÉGRALITÉ  (§ ajouté en décembre 2017).

Voici le texte intégral, non signé, de l’article du Peuple N° 144 du 12 avril 1849 cité dans l’article principal de Wikipédia. Ceux qui ont lu Proudhon remarqueront :

1/ Que le style est bien poussif. On imagine mal un article de Proudhon commençant par une phrase aussi faible que « Un fait très grave [...] s’est passé à un récent banquet socialiste. » C'est d'ailleurs cet extrait reproduit dans l'article principal qui m'a mis la puce à l'oreille. Si l'auteur avait lu une fois dans sa vie un livre ou simplement un article de Proudhon, il se serait immédiatement posé la question.

2/ Que les paragraphes 5 et 6 (à partir de « L’homme, à mesure que sa raison se développe ») se rapprochent de ce que Proudhon écrira sur les femmes dix ans plus tard dans le De la Justice... ; mais qu’en revanche il n’aurait probablement pas noté que « l’homme […] voit bien dans la femme son égale ». C'est pourquoi je me demande si l'auteur ne serait pas un ami de Proudhon (Darimon ?, Duchesnes ?) avec lequel il aurait eût des discussions d'ordre privé. Je vais compulser ma collection de journaux et essayer de comparer le style de cet article avec ceux qu'ils ont signés.

3/ Que la fin du paragraphe 7 (sur l’amour) serait assez étonnante sous la plume de Proudhon.

4/ Enfin, il est probable que Proudhon n'aurait pas évoqué le sujet de la même façon. Je le verrais plutôt développer que Jeanne Deroin ne propose ni idée générale, ni projet, ni réformes ; que la seule justification à sa candidature est d'être une femme et qu'elle n'a donc aucun intérêt. Ensuite seulement, il aurait peut-être abordé cette idée (que j'estime incompatible avec un projet de société fondé sur la notion de liberté) que ce n'est pas le rôle de la femme que de faire de la politique. C'est loin d'être certain. En 1849, la question des femmes n'est vraiment pas un sujet qui le tourmente. (Voir, plus bas, dans mon article sur La Pornocratie comment cela viendra).

N.B. Je mets entre guillemets et en italiques la citation de la circulaire affichée sur les murs de Paris. Dans le Peuple, elle était composée dans un corps plus petit.

Vous avez conscience que vous faites une interprétation personnelle ? Qu'elle soit juste une fausse, ce n'est pas la question, il faut se reposer sur des sources secondaires (auteurs qui ont publié sur Proudhon) et se servir de leur analyses, plutôt que d'aller supposer soi-même à partir des sources primaires. Cordialement, Celette (discuter) 25 décembre 2017 à 02:31 (CET)

Sans titre — Le message qui précède, non signé, a été déposé par l'IP 82.67.178.182 (discuter), le 24 décembre 2017 à 12:59 (CET).

Un fait très grave, et sur lequel il nous est impossible de garder le silence s’est passé à un récent banquet socialiste. Une femme a sérieusement posé sa candidature à l’Assemblée nationale.

Voici en quels termes est conçue une circulaire dont elle a donné lecture, et qui est encore, à l’heure qu’il est, affichée sur tous les murs de Paris :

« Citoyens, je viens me présenter à vos suffrages par dévoûment [sic] pour la consécration d’un grand principe : l’égalité civile et politique des deux sexes.

C’est au nom de la justice que je viens faire appel au peuple souverain contre la négation de principes qui sont la base de notre avenir social.

Si, usant de votre droit, vous appelez la femme à prendre part aux travaux de l’Assemblée législative, vous consacrerez dans toute leur intégrité nos dogmes républicains : Liberté, égalité, fraternité, pour toutes comme pour tous. Une Assemblée législative entièrement composée d’hommes est aussi incompétente pour faire les lois qui régissent notre société, composée d’hommes et de femmes, que le serait une assemblée composée de privilégiés, pour discuter les intérêts des travailleurs, ou une Assemblée de capitalistes pour soutenir l’honneur du pays. »

Nous ne pouvons laisser passer, sans protester énergiquement, au nom de la morale publique et de la justice elle-même de semblables prétentions et de pareils principes. Il importe que le Socialisme n’en accepte pas la solidarité.

L’égalité politique des deux sexes, c’est-à-dire l’assimilation de la femme à l’homme dans les fonctions publiques, est un de ces sophismes que repoussent non point seulement la logique, mais encore la conscience humaine et la nature des choses.

L’homme , à mesure que sa raison se développe, voit bien dans la femme son égale, jamais il ne verra sa semblable. Il y a dans la femme une essence qualitative, qu’on nous permette ces termes philosophiques, qui creuse entre elle et l’homme un abîme infranchissable et qui lui assigne une destinée et des fonctions toutes différentes dans la vie sociale. A proprement parler, la femme n’est pas associée à l’homme, elle lui est unie ; il y a entre eux non point relations de droit, mais rapports d’amour et de sympathie. Ils forment à eux deux une seule et même personnalité humaine, qui a son expression dans la famille. La famille est la seule personnalité que le droit politique reconnaisse.

La destinée de la femme est marquée par son caractère même : la femme représente le côté sympathique et sentimental de l’humanité ; sa destinée, c’est le sentiment sous toutes les formes. Et comme le sentiment est quelque chose d’intime et de caché, il s’ensuit que sa vie est essentiellement la vie privée et domestique. Le ménage et la famille, voilà le sanctuaire de la femme. Sa fonction est d’embellir par son art, comme elle le fait par sa beauté, la demeure de son époux et de ses enfans [sic]. Hors de cette fonction, qui n’a rien de dégradant, ce nous semble, nous ne comprenons pour la femme ni moralité, ni droit.

Qu’est-ce donc que la liberté pour la femme ? C’est l’ensemble des conditions qui lui sont nécessaires pour remplir sa destinée de femme ; c’est, comme nous l’avons dit déjà dans une autre circonstance, le droit au ménage : le droit au ménage, c’est-à-dire, le droit de développer dans le milieu qui lui convient la nature sympathique qui lui est échue en partage. Par exemple, la femme forcée d’épouser un homme qu’elle n’aime pas, à nos yeux, n’est pas libre ; la première condition de l’union matrimoniale, la base du ménage, étant l’amour, et l’amour étant une forme essentielle de la liberté. La femme qui, aimant son époux et ses enfans [sic], est forcée par la misère à se livrer à un travail qui n’est jas de son sexe, n’est pas libre ; la seconde condition de l’union matrimoniale étant la vie domestique, et la vie de l’atelier étant une forme essentielle de la vie publique.

Voilà, sur ce sujet important, notre pensée tout entière. Certaines dames, plus avancées que nous, trouveront peut-être notre doctrine peu galante. Mais qu’y faire ! La galanterie est peu de chose à nos yeux ; la vérité et la raison sont tout.


H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:21 (CET)

PROUDHON ANTIRELIGIEUX ?[modifier le code]

Selon le théologien catholique Henri de Lubac, Proudhon n'était pas antireligieux, mais plutôt anticlérical, car il n'appréciait pas les comprissions de l'Église de son temps avec le pouvoir (Proudhon et le christianisme). Henri de Lubac reconnaît que Proudhon était très attaché à la justice sociale.Pautard (discuter) 31 décembre 2016 à 15:25 (CET)

RÉPONSE : Bien sur, Proudhon attaque régulièrement les liens entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Mais, plus même que la religion, Proudhon déteste la croyance, quelle qu'elle soit : « Parce que nous sommes à la tête d'un mouvement, ne nous faisons pas les chefs d'une nouvelle intolérance, ne nous posons pas en apôtres d'une nouvelle religion ; cette religion fût-elle la religion de la logique, la religion de la raison. Accueillons, encourageons toutes les protestations, flétrissons toutes les exclusions, tous les mysticismes ; ne regardons jamais une question comme épuisée [...] » (Lettre à Marx 17 mai 1846). Il n'aime pas être traité d'athée parce qu'il considère l'athéisme comme une religion. Je crois que Dieu existe ; je crois que Dieu n'existe pas. Cela dit, bien des pages du De la Justice dans la Révolution et dans l’Église (1858) ne laissent aucun doute. Il ne croit pas en la création du monde par Dieu, encore moins en une vie après la mort ou au créationnisme. Il renie même ce qu'il avait laissé entendre accepter dans ses tous premiers écrits de philologie, entre 1837 et 1839 (il fondait ses études sur la base d'une langue primaire), à savoir l'existence d'un couple unique à l'origine de l'humanité.

Mais sa démarche sera, dès les Contradictions économiques ou Philosophie de la misère (1846) la suivante : Eh bien soit. Imaginons que Dieu existe ; affirmons même son existence. Eh bien, son existence est incompatible avec l’existence de l’humanité. Par conséquent, qu’il existe ou n’existe pas un vieux barbu assis sur son nuage (peu importe le nom qu'on lui donne), l’être humain doit nier son existence et être athée, ce non pas malgré l’hypothèse de l’existence de Dieu mais à cause même de cette hypothèse.

Un des (nombreux) arguments qui revient régulièrement sous la plume de Proudhon est que l’humanité est par nature pluraliste et évolutive. Ce qui est vrai aujourd’hui ne l’était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Ce qui est vrai en occident ne l’est pas forcément en Asie, etc. Toute religion sans exception, car c’est dans la nature même de la religion, crée des lois éternelles et universelles. Toute religion est par nature en contradiction avec l'existence de l’humanité. C'est pourquoi il se qualifie d'antithéiste. Il me semble MAIS C'EST A VÉRIFIER qu'il est le premier à forger ce terme dans Idée générale de la Révolution :

« Le premier devoir de l’homme intelligent et libre est de chasser incessamment l’idée de Dieu de son esprit et de sa conscience. » (Contr. écon.)

« C’est d’après cette conception de l’objet divin que j’ai été amené tour à tour à nier Dieu et à protester contre l’accusation d’athéisme... J’ai appelé cette manière de résoudre le problème théologique Antithéisme pour exprimer tout à la fois, d'un côté, l'opposition entre le Dieu (fixe) de la conception métaphysique et le Dieu (progressif) de l'évolution historique ; de l'autre, la perfectibilité indéfinie de l'humanité, perfectibilité en vertu de laquelle l'homme se sanctifie de plus en plus et s'éclaire, mais sans pouvoir arriver jamais ni à la sainteté absolue ni à la science parfaite. En deux mots, je repousse le Dieu absolu des prêtres et la déité toujours incomplète de l’homme, bien que je reconnaisse la réalité de celle-ci : je n’adore rien, pas même ce que je crois, voilà mon antithéisme. » (Lettre à M. Robin, du 12 octobre 1851). La dernière phrase est clairement dirigée contre Feuerbach. Proudhon accepte l’idée que l’humanité, en se perfectionnant, devient progressivement Dieu, mais il nie qu’elle puisse jamais être Dieu, et ne veut pas qu’on l’adore.

L'intégralité de l’œuvre de Proudhon et ses traductions (opera omnia quocumque idiomate exarata) ont été mises à l'Index (liste de livres interdits aux catholiques) par le Vatican le 22 janvier 1852, avant même la publication du De la Justice... Cette décision est assez rare. Aucune œuvre de Marx, par exemple, n'a été interdite, y compris à la toute fin du XIXe siècle, lorsqu'il commence à être connu. La plupart du temps, l’Église établissait une liste de titres parus (ce qui n'est pas la même chose que d'interdire tous les livres publiés et à venir d'un auteur). Il me semble d'ailleurs (A VÉRIFIER) que c'était la première fois qu'un tel arrêt était pris. Ce n'est pas parce que Proudhon dénonce les connivences entre clergé et pouvoir politique - la critique est courante - mais bien parce qu'il s'attaque aux fondamentaux de la religion.


H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 1 janvier 2017 à 09:07 (CET)

Merci pour cet éclairage très intéressant. Cela confirme que la pensée de Proudhon est complexe. Je n'ai pas encore lu Proudhon et le christianisme du cardinal de Lubac. Ce que j'ai glané sur la Toile pour l'instant semble indiquer que Proudhon avait une conception immanente de la justice sociale, mais que cela excluait la conception transcendante de la charité.Pautard (discuter) 4 janvier 2017 à 17:20 (CET)

RÉPONSE Oui, la pensée de Proudhon est toujours complexe (même sur la question des femmes !). Cela tient, entre autre, à sa dialectique qui s'efforce d'éviter les synthèses au profit d'une balance des antinomies. Logiquement, d'ailleurs, cela conduira Proudhon à proposer une organisation fédéraliste, donc pluraliste, (et non pas jacobine) de la société. La plupart des auteurs qui ont été amenés à rédiger des introductions aux différentes éditions de ses œuvres précisent qu'un livre de Proudhon est irrésumable. C'est pourquoi la grande majorité des miennes (pour l'édition TOPS) se contentent de rappeler le contexte historique dans lequel le livre a été écrit. Tenter de résumer sa pensée est toujours le trahir. C'EST ÉGALEMENT VRAI POUR CE QUE J’ÉCRIS. Sur la transcendance et l'immanence, je vous conseille de lire le De la Justice..., en particulier le chapitre IV (Réalisme de la Justice ; La transcendance et l'immanence) de la première Étude (Position du problème de la Justice) ; le chapitre VI (Age nouveau : la Révolution. Immanence et réalité de la Justice) de la deuxième Étude (Les personnes) et la note M (Immanence de la Justice) dans l'édition de 1860 de cette même deuxième Étude. Cela étant dit, quasiment tout le livre tourne autour de cette question. H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 5 janvier 2017 à 09:32 (CET)