Discussion:Pierre-Joseph Proudhon

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Discussion[modifier le code]

Ceci n'est pas un article, c'est un panégyrique... Être francophone et par conséquent politiquement dévoyé n'est pas une excuse pour ne pas respecter le NPOV de la Wikipédie. Merci de prendre exemple sur l'article «Marx» (DomQ)

ne pas oublier par exemple l'antisémitisme haineux du gugusse, on en parle pas souvent!--Lisaël causer 8 septembre 2005 à 00:37 (CEST)

tous les socialistes du 19ème était antireligieux, comme marx, owen.. ce qui ne fait pas d'eux des antisémites mais des antireligieux. je savais qu'il avais écrit des textes misogynes mais d'ou tu sors ce texte. Des propos aussi immonde me paraît pas collé avec ses écrits et sa pensé ??


Non, là c'est plus que de l'"antireligion" (ce genre d'explication me donne envie de vomir) : "Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer... Par le fer ou par le feu, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse..."

j'ai enlevé l'expression "solution finale" car elle désigne comme l'indique l'article de wikipédia un évènement historique (planification et extermination des juifs par les nazis) qui a eu lieu presque 100 ans après les propos et particique à une confusion entre proudhon et les nazis.

-J'ai pas lu Proudhon, mais en tout cas, même les libertaires se revendiquant de son héritage reconnaissent ce problème dans l'oeuvre de Proudhon. Il a été très pote avec l'affreux Drumont, et son influence est visible quand le papa de l'antisemitisme envisage de déposseder tous les juifs de leurs biens pour les redistribuer aux prolétaires pour qu'ils s'autoorganisent.--Tud (d) 25 avril 2009 à 15:05 (CEST)

REPONSE Proudhon est mort en janvier 1865, Drumont est né en mai 1844. Son premier livre, Mon vieux Paris, paraît en 1878 ; sa France juive en 1889. Dans la correspondance de Proudhon éditée (une vingtaine de volumes) pas une seule lettre à Drumon. Sur « l'antisémitisme » de Proudhon, vous pouvez vous reporter à mon article (trop long) qui suit. Enfin, je ne saurais que trop vous conseiller de lire Proudhon. Même si vous êtes en complet désaccord avec sa proposition de fédéralisme autogestionnaire comme premier pas vers l'anarchie, je vous prédit un grand plaisir car, en dehors d'être un grand philosophe, Proudhon était un grand écrivain. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:24 (CET)

organisation de l'article.[modifier le code]

Il me semble que l'organisation de l'article en posant dans l'introduction les tares de proudhon est quelque peu déplacé. je remet cette partie là où elle devrait être, car ce n'est pas un théoricien de l'anti-sémitisme (d'ailleurs, on peut aussi y voir de l'antisionisme aussi dans ces propos, c-a-d le rejet du communautarisme juif, une position d'un chrétien, mais également le rejet du capitalisme défendu par des juifs, communauté qui était alors visible pour cela à cette époque de révolution industrielle, tout comme le protestantisme pouvait l'être par ailleurs ; c'est donc un mélange de tout ça), ces propos se trouvaient dans ces carnets persos (articles de 1848, jamais publiés de son vivant) et non dans ses écrits publics, et qui seront publiés plus tard qu'aprés sa mort (sans son consentement ?). Je modifie l'article en conséquence. <|-Libre-|> 17 octobre 2005 à 11:27 (CEST)

L'article est bon dans l'ensemble, mais qu'est-ce que c'est que cette scorie à la fin, soit disant intitulée "débat" ? C'est une anecdote sans mise en contexte, qui au pire devrait se trouver dans la biographie pour qu'un semblant d'intérêt encyclopédique puisse y être trouvé. --82.64.151.66 (d) 1 février 2008 à 23:42 (CET)
Fait Bombastus [Discuter] 2 février 2008 à 00:47 (CET)

Tout cela est juste est bon[modifier le code]

Le chapitre 2 est de la propagande indigne de Wiki, qui est une encyclopédie libre par un organe libertaire.

Jib.

Vie et Mort[modifier le code]

Il me semble qu'il y a une petite erreur dans les dates de vie et de mort de Proudhon. En effet nous avons : "né le 15 janvier 1809 à Besançon (1) dans le Doubs, mort à Paris (2) le 19 janvier 1865 à Passy" en introduction et "né à Besançon le 15 janvier 1809, mort à Passy le 16 janvier 1865" dans vie et oeuvre. Trois jours de différence, et une ville aussi. Il me semble que dans beaucoup d'ouvrage, et sur le site d'un de ces descendants (http://perso.wanadoo.fr/jean-pierre.proudhon/memoires/pierre-j1.htm) se soit la version de Paris qui est retenue...

REPONSE Passy a longtemps été une commune et n'a été rattaché administrativement à Paris qu'en 1860. Il est normal qu'en 1864, les habitants, comme Proudhon, écrivent encore « Passy » aux en-têtes de leurs lettres. Proudhon est mort le jeudi 19 janvier 1865 à deux heures du matin entouré de sa femme, sa belle-sœur et son ami Langlois. Pour la petite histoire, sa femme, croyante, lui avait demandé s'il désirait voir le curé de Passy. « C'est à toi seule que je demanderai l'absolution » lui répliqua-t-il. Les obsèques eurent lieu dès le lendemain, 20 janvier. Dehors, des ouvriers évalués à 5 ou 6 000 par la presse de l'époque attendaient dans la Grande rue de Passy (il n'y avait alors ni la télévision ni internet pour annoncer la nouvelle). Un bruit de fanfare se fit entendre. C'était le 92e régiment d'Infanterie qui, colonel en tête, s'engageait dans la rue. La foule pense tout d'abord que la troupe est envoyée pour la disperser. Elle serre les rangs. Les soldats revenaient simplement de promenade. Silence ! Respect au mort ! crièrent des ouvriers. Le régiment s'arrêta. Charles Beslay (ou Langlois et Duchène) explique(nt) alors au colonel qui était celui qu'on enterrait. Battez aux champs ! lança une voix. Avant que le colonel ait le temps d'intervenir, les tambours obéirent. Le colonel ordonna à ses hommes de se remettre en marche et, passant devant le cercueil, salua de son épée (ou, le régiment passant devant la maison mortuaire présenta les armes). (Cf. Lefrançais Souvenirs d'un révolutionnaire et Haubtmann Proudhon - Les deux versions sont légèrement différentes. Lefrançais semble avoir été présent ; Haubtmann a longuement parlé avec la petite-fille de Proudhon)

Comme l'écrit Haubtmann dans sa biographie : « Hommage imprévu de l'armée à quelqu'un qui ne l'aimait guère ».

En mourant, Proudhon, qui avait toujours été écrasé de dettes, laissait 22 500 francs de créances. On lança une souscription pour la famille qui rapporta 36 302 francs 85 centimes et plusieurs créanciers firent remise des sommes dues. Ajoutez à cela les droits que percevait Mme Proudhon sur la vente des livres et vous comprenez comment elle a pu assurer une vie décente à ses enfants. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:26 (CET)

Lien externe mort[modifier le code]

Bonjour,

Pendant plusieurs vérifications automatiques, et dans le cadre du projet correction des liens externes un lien était indisponible.

Merci de vérifier si il est bien indisponible et de le remplacer par une version archivée par Internet Archive si c'est le cas. Vous pouvez avoir plus d'informations sur la manière de faire ceci ici. Si le lien est disponible, merci de l'indiquer sur cette page, pour permettre l'amélioration du robot. Les erreurs rapportées sont :

Eskimbot 1 février 2006 à 00:02 (CET)

travaux[modifier le code]

Je suis en train de traduire l'article anglais qui va servir à refondre l'article. Pas de modification d'ampleur svp avant la mise en place :) Apollon 21 mai 2006 à 01:24 (CEST)

nouvelle version[modifier le code]

J'ai complètement bouleversé l'article en traduisant assez fidèlement l'anglais. Il y a des citations dont je n'ai pu trouver les originales, merci de compléter si vous avez les livres. J'ai mis le temps au présent. Merci de ne pas charcuter, je compte enrichir prochainement :) Apollon 26 mai 2006 à 17:52 (CEST)

J'ai hâte de compléter et j'ai de nombreuses infos mais je ne peux pas les insérer pour le moment. Apollon 1 juin 2006 à 00:31 (CEST)

La Langue est affreuses, les fautes de français légions et la concordance des temps catastrophique. La version anglaise d'un article n'est pas forcément la meilleure, surtout si elle est traduite mot à mot. Je viendrais filler un coup de main dés que j'en aurais le temps. A part ça, et sans vouloir enfler une polémique larvée : Proudhon était ouvertement antisémite (et contrairement à ce que j'ai lu ici tous ne l'étaient pas à son époque et l’on ne peu parler ici d’anti-sionisme sans se ridiculiser) et il était aussi profondément misogyne, allant même jusqu'à inclure ces penchants dans ses théories. Les preuves de ce que j'avance ici sont nombreuses dans son œuvre (pour ceux qui m'accuseraient de partialité) et je pense qu'il est essentiel que cela transparaisse dans l'article. Karl marx 4 juin 2006 à 03:16 (CEST)

as-tu vu la version avant traduction ? Sur la misogynie de Proudhon, on recherche des sources, c'est d'ailleurs indiqué dans le texte non visible au lecteur. Sur son antisémitisme, je ne pense pas qu'il y ait des patés à écrire dessus. Je complèterai le texte plus tard, j'ai beaucoup d'infos mais je ne les ai pas avec moi ici, à Jerusalem. Apollon 6 juin 2006 à 15:09 (CEST)

Proudhon (copie par Apollon d'une discussion ayant eu lieu sur la page de Stevo)[modifier le code]

Tes révocations m'ont un peu surpris, j'ai restauré les passages puis complété.

  • Pour la première: j'ai amendé un texte que j'avais moi-même écrit (j'ai également traduit ou écrit la quasi-totalité du texte, voici l'article avant que je le travaille [1]), j'avais commis une erreur la voici réparée, j'ai ajouté une deuxième citation afin d'établir son acceptation de la concurrence, j'ai corrigé "défend" en "accepte"; je ne sais pas si ce que j'ai écrit contredit un article tiers puisque le lien que tu as donné était rouge;
  • Pour la seconde: je ne vois pas ce que tu veux dire, mais l'absence de cette très fameuse parabole était une lacune de l'article et l'analyse que je pose, assez simple, n'est pas de moi mais tirée d'un manuel d'éco pol écrit par Bertrand Nézeys.

Si tu souhaites retrancher du texte, sois aimable de venir en discuter d'abord. Cordialement. Apollon 31 octobre 2006 à 01:58 (CET)

Désolé de ne pas avoir ouvert de discussion, j'ai été surpris que tu n'en ai pas ouvert étant donnée les profondes modification du sens du texte que tu fais donc je n'ai pris la peine de le faire moi même. Le fait que tu sois l'auteur du paragraphe (merci de l'avoir écris) ne veux pas dire que tu peux le modifier comme tu veux :)
  • Pour la première, la concurrence est contraire aux principes du mutualisme proudhonnien. Dans le mutualisme, comme tout est vendu à son cout réel (cf article sur le mutualisme (théorie économique)), donc 2 personnes vendant un même objet le vendent toutes les 2 au même prix (fixé par la société de bourse) donc il n'y a pas de concurrence :) C'est pour cela que j'ai retiré ce passage. Désolé pour le lien rouge, je me suis emmêlé dans les noms mais c'est maintenant corrigé, il y a une redirection :)
  • Pour la deuxième l'erreur est de moi, désolé. J'ai cherché la citation que tu donnais, mais ne la trouvant pas, j'ai essayé d'autres mot clé et suis tombé sur une autre. Je viens de réessayer et je l'ai trouvé. Je restitue ce paragraphe, et y apporte une chtite clarification parceque j'avais pas du tout compris ça.
Stevo 31 octobre 2006 à 23:10 (CET)
edit: je viens de trouver Système des contradictions économiques sur internet et le passage en question, page 260. Cette citation ne s'articule pas dans les théorie qu'il défend ou accepte, mais dans une analyse pragmatique de la société. En effet, 5 pages plus loin (p265), voici ce que l'on trouve: Donc la concurrence, analysée dans son principe, est une inspiration de la justice ; et cependant nous allons voir que la concurrence, dans ses résultats , est injuste. Voilà, je re-retire ton paragraphe si tu n'y vois pas d'objection.
Stevo 31 octobre 2006 à 23:39 (CET)
J'irai voir, attend un peu. Apollon 1 novembre 2006 à 01:11 (CET)
pas de problème ;) - Stevo 1 novembre 2006 à 14:51 (CET)
Proudhon clot le chapitre sur la concurrence (après avoir écrabouillé le socialisme de Louis Blanc) ainsi:
« Résumons : la concurrence, comme position ou phase économique, considérée dans son origine, est le résultat nécessaire de l' intervention des machines, de la constitution de l'atelier et de la théorie de réduction des frais généraux ; considérée dans sa signification propre et dans sa tendance, elle est le mode selon lequel se manifeste et s' exerce l' activité collective, l' expression de la spontanéité sociale, l' emblème de la démocratie et de l' égalité, l' instrument le plus énergique de la constitution de la valeur, le support de l' association. -comme essor des forces individuelles, elle est le gage de leur liberté, le premier moment de leur harmonie, la forme de la responsabilité qui les unit toutes et les rend solidaires.
« Mais la concurrence abandonnée à elle-même et privée de la direction d' un principe supérieur et efficace, n' est qu' un mouvement vague, une oscillation sans but de la puissance industrielle, éternellement ballottée entre ces deux extrêmes également funestes : d' un côté les corporations et le patronage, auxquels nous avons vu l' atelier donner naissance, d' autre part le monopole, dont il sera question au chapitre suivant.
« Le socialisme, en protestant avec raison contre cette concurrence anarchique, n' a rien proposé encore de satisfaisant pour sa réglementation ; et la preuve, c' est qu' on rencontre partout, dans les utopies qui ont vu le jour, la détermination ou socialisation de la valeur abandonnée à l' arbitraire, et toutes les réformes aboutir, tantôt à la corporation hiérarchique, tantôt au monopole de l' état, ou au despotisme de la communauté. »
Mon résumé c'est que Proudhon conçoit la concurrence très positivement à ceci près qu'elle a un défaut fatal qui est qu'elle mène au monopole. Es-tu d'accord avec cette lecture. Si oui je te propose une nouvelle rédaction. Apollon 1 novembre 2006 à 19:57 (CET)
D'accord pour dire qu'il conçoit positivement, mais c'est une notion de la concurrence vraiment très personnel. D'accord pour réécrire une paragraphe (même si je trouve que ce concept est anecdotique par rapport à tout ce que Proudhon à développé), je te propose déjà de déplacer cette discussion vers la page de discussion de proudhon pour pouvoir bosse. Stevo 3 novembre 2006 à 18:06 (CET)
Non je te fais une proposition bientôt. Apollon 3 novembre 2006 à 19:50 (CET)
Pourrais-tu établir ton point de vue sur une référence stp. Apollon 6 novembre 2006 à 20:32 (CET)
Le plus simple semble de réintégrer la concurrence dans les contradictions. Apollon 6 novembre 2006 à 20:41 (CET)
Es-ce que tu as lu la suite du texte après ce que tu cite? Quand il passe sur le monopole? En fait, toutes ces analyses de la concurrences ne servent qu'à introduire son analyse du monopole: Le monopole est l'opposé naturel de la concurrence(...)Car, puisque la concurrence est inhérente à la société comme le mouvement l'est aux êtres vivants, le monopole qui vient à sa suite, qui en est le but et la fin, et sans lequel la concurrence n'eût point été acceptée, le monopole est et demeurera légitime... Il défend une conception bizarre (proudhonienne?) du monopole comme un élément naturel... Je vais pas tout reprendre c'est assez facile à comprendre. En gros le monopole c'est normal, mais il lui manque quelque chose pour déterminer la valeur des choses, ce que fait la concurrence, mais elle mène inévitablement au monopole. Une justification parfaite à mon gout de son idée de Sociétés de bourse, censé déterminer la juste valeur des choses dans son système mutuel. Tiens du coup je vais pouvoir compléter l'article en question ^^ Stevo 6 novembre 2006 à 21:58 (CET)
Là où tu coupe le texte je lis « Le monopole est l' opposé naturel de la concurrence. Cette simple observation suffit, comme nous l' avons remarqué, pour faire tomber les utopies dont la pensée est d' abolir la concurrence, comme si elle avait pour contraire l' association et la fraternité. La concurrence est la force vitale qui anime l' être collectif : la détruire, si une pareille supposition pouvait se faire, ce serait tuer la société. » Apollon 6 novembre 2006 à 22:30 (CET)
Oui, c'est bien ce que je disais, il dit que la concurrence est nécessaire dans l'état actuel des choses pour déterminer la valeur des biens ^^ Stevo 7 novembre 2006 à 15:34 (CET)
Bravo pour cette synthèse de la discussion, c'est claire et bien écrit :) Stevo 9 décembre 2006 à 14:05 (CET)
Content que ça te plaise. Apollon 9 décembre 2006 à 16:52 (CET)

En êtes vous sur...[modifier le code]

J'ai vu le texte qui montre la citation de PJP ou il aurait dit des propos contre les juifs. Êtes vous sur qu'il était antisemite ? Qu'elle est la source du texte ? De quel site internet est-il tiré ?--82.120.198.154 4 mars 2007 à 15:36 (CET)

à propos de "qu'est ce que la propriété?"[modifier le code]

Il y a un gros problème, pourquoi traduire cet article anglais franchement libéral? Comment pouvez vous faire de Proudhon un apôtre repenti de la propriété individuelle contre l'état?

Il suffit de lire Théorie de la propriété qui se trouve sur internet (la conclusion suffit). Apollon 24 avril 2007 à 14:44 (CEST)
Je bosse sur d'autres articles mais je donne un tuyau pour qui aura le temps d'améliorer celui-ci : le vandalisme des articles français remplacés arbitrairement par une traduction de l'article anglais (souvent très POV ultra-libéral, je confirme) est souvent très discret : le traducteur s'arrange pour arriver à un nombre de signes presque équivalent, si bien que rien n'apparaît en rouge vif dans l'historique des modifications. Ici, Apollon nous a prévenus de son remplacement de l'article français par l'article anglais (on remarque les nombreux liens "Encyclopedia Britannica"), en 2006. Une fois la modification trouvée, cliquer sur "annuler" pour restaurer l'article français. Beau bazar en perspective, puisqu'il y a eu beaucoup d'améliorations depuis, mais ce serait un beau geste anarchiste que de repartir sur des bases francophones, plutôt que demander éternellement l'autorisation à Apollon de modifier sa traduction qui n'a d'autre légitimité que la langue anglaise. Aussi, quelqu'un pourrait tout "refonder" en remplaçant tout par une traduction du russe ou du brésilien, ça changerait un peu de l'Encyclopedia Brittanica... Arthur Dassault.--86.77.192.35 (discuter) 14 juillet 2014 à 21:23 (CEST)
Si des passages vous paraissent insatisfaisants, vous pouvez les modifier soit en excipant de leur caractère insuffisamment sourcé soit, de préférence, en ajoutant d'autres points de vue dès lors qu'ils sont sourcés. Apollon (discuter) 28 juillet 2014 à 22:11 (CEST)

Rien sur la misogynie de Proudhon ?[modifier le code]

Proudhon anarchiste, c'est bien. Proudhon anarchiste et misogyne, c'est mieux ! (enfin si l'on veut...)

CF. La Pornocratie ou les Femmes dans les Temps Modernes (dispo. sur Gallica)

-Déborah

Mais libre à toi ^^ cordialement, anthena 11 octobre 2007 à 02:19 (CEST)

La critique de la propriété[modifier le code]

Il me semble que l'auteur de ce paragraphe minimise voir expurge quelque peu la pensée de Proudhon. Dans Théorie de la propriété Proudhon voit la propriété comme un contrepoids à la puissance de l'état, une garantie pour les libertés individuelles (p137-138). Proudhon s'est toujours prononcé contre toute forme d'état ou de gouvernement. Sans état, nul besoin de propriété (Pour quoi faire?). La propriété reste le vol... (message non signé de Anthena)

Ce paragraphe, comme le reste de l'article, est essentiellement une traduction de ma part à partir du wiki anglais. Les informations sont croisées avec un cours que j'ai eu et les deux livres de Proudhon concernés.
Sur le fond il est vrai que le paragraphe se concentre sur la justification proudhonienne de la propriété comme contrepoids à la puissance de l'Etat mais on peut aussi y lire que Proudhon affirme que chacun dispose comme il l'entend du produit de son travail ce qui est une reconnaissance de la propriété privée. Apollon 11 octobre 2007 à 03:46 (CEST)
bonjour Apollon, justement je suis en désaccord sur ce point. Comme le relève Jean Maîtron, Proudhon est "contre la propriété (source de revenus sans travail) et pour la possession (droit des exploitants aux produits du sol qu'ils cultivent)". Cela ne justifie en rien la propriété privée. Si l'on prend exemple sur WP, cela signifie que le fruit de mon travail m'appartient ; en aucun cas cela ne fait de WP ma propriété. cordialement anthena 11 octobre 2007 à 04:47 (CEST)
En fait Proudhon affirme garder sa typologie possession/propriété mais dans Théorie de la propriété, il oppose surtout ce qu'il appelle propriété-liberté et propriété-vol, condamnant la seconde pour mieux justifier la première.
Je suis allé voir Théorie de la propriété, voici qqes extraits s'ils vous intéressent :
  • (cité des Contradictions économiques) Par essence et destination, la rente est donc un instrument de justice distributive, l'un des mille moyens que le génie économique met en oeuvre pour arriver à l'égalité. C'est un immense cadastre exécuté contradictoirement entre les propriétaires et les fermiers, sans collusion possible, dans un intérêt supérieur, et dont le résultat définitif doit être d'égaliser la possession de la terre entre les exploiteurs du sol et les industriels. La rente, en un mot, est cette loi agraire tant désirée, qui doit rendre tous les travailleurs, toits les hommes, possesseurs égaux de la terre et de ses fruits. Il ne fallait pas moins que cette magie de la propriété pour arracher au colon l'excédant du produit qu'il ne peut s'empêcher de regarder comme sien, et dont il se croit exclusivement l'auteur. La rente, ou pour mieux dire la propriété, a brisé l'égoïsme agricole et créé une solidarité que nulle puissance, nul partage de la terre n'aurait fait naître. Par la propriété, l'égalité entre tous les hommes devient définitivement possible ; la rente, opérant entre les individus comme la douane entre les nations, toutes les causes, tous les prétextes d'inégalité disparaissent, et la société n'attend plus que le levier qui doit donner l'impulsion à ce mouvement. Comment au propriétaire mythologique succédera le propriétaire authentique? Comment, en détruisant la propriété, les, hommes deviendront-ils tous propriétaires? Telle est désormais la question à résoudre, mais question insoluble, sans la rente.
« Car le génie social ne procède point à la façon, des idéologues et par des abstractions stériles... Il personnifie et réalise toujours ses idées; son système se développe en une suite d'incarnations et de faits, -q pour constituer la société, il s'adresse toujours à l'individu. Il fallait rattacher l'homme a la terre : le génie social institue la propriété. Il s'agissait ensuite d'exécuter le cadastre du globe : au lieu de publier à son de trompe une opération collective, il met aux prises les intérêts individuels, et de la guerre du colon et du rentier résulte pour la société le plus impartial arbitrage. A présent, l'effet moral de la propriété obtenu, reste à faire la distribution de la rente... »
  • C'est seulement en 1850, dans l'Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, que j'ai expliqué comment j'entendais la liquidation de la propriété foncière en tant que propriété-vol; car, le. lecteur doit l'avoir compris, je n'avais pas cessé un seul instant de la vouloir en tant que propriété-liberté. C'est, du reste, ce que j'ai rappelé en 1849 dans ce passage des Confessions d'un Révolutionnaire :
« Dans mes premiers mémoires, attaquant de front l'ordre établi, je disais, par exemple : La propriété, c'est le vol ! Il s'agissait de protester, de mettre pour ainsi dire en relief le néant de nos institutions. Je n'avais point alors a m'occuper d'autre chose. Aussi, dans le mémoire où je démontrais, par A plus B, cette étourdissante proposition, avais-je soin de protester contre toute conclusion communiste.
« Dans le Système des Contradictions économiques, après avoir rappelé et confirmé ma première définition, j'en ajoute une toute contraire, mais fondée sur des considérations d'un autre ordre, qui ne pouvaient ni détruire la première argumentation, ni être détruites par elle : La propriété, c'est la liberté!
La propriété, c'est le vol; la propriété, c'est la liberté : ces deux propositions sont également démontrées et subsistent l'une à côté de l'autre dans le Système des Contradictions... La propriété paraissait donc ici avec sa raison d'être et sa raison de non être. »
  • Le dernier chapitre du livre offre de très nombreux passages qui mériteraient d'être cités. Apollon 11 octobre 2007 à 06:55 (CEST)
Servir de contre-poids à la puissance publique, balancer l'État, par ce moyen assurer la liberté individuelle : telle sera donc, dans le système politique, la fonction, principale de la propriété .
Dans cet ouvrage Proudhon fustige la propriété féodale (celle des propriétaire) qu'il oppose à la propriété allodiale
Autrement il faudrait dire que tout fermier est, ipso facto, propriétaire, et que celui qui amodie sa terre s'en dessaisit.
Que le lecteur me permette ici de m'interrompre. Cette critique était-elle fondée, oui ou non? Ai-je sujet de la regretter et de m'en dédire ? Et la théorie de la propriété que je publie à cette heure serait-elle considérée par hasard comme une rétractation? ... On va voir qu'il n'en est rien.
Les conséquences immédiates de la propriété allodiale sont : 1º l'administration de la commune par les propriétaires, fermiers et ouvriers réunis en conseil ; partant l'indépendance communale et la disposition de ses propriétés ; 2º l'administration de la province par les provinciaux : d'où la décentralisation et le germe de la fédération. La fonction royale, définie par le système constitutionnel, est remplacée ici par des citoyens propriétaires, ayant tous l’œil ouvert sur les affaires publiques : point n'est besoin de médiation.
La propriété ne se mesure pas sur le mérite, puisqu'elle n'est ni salaire, ni récompense, ni décoration, ni titre honorifique ; elle ne se mesure pas sur la puissance de l'individu, puisque le travail, la production, le crédit, l'échange ne la requièrent point. Elle est un don gratuit, accordé à l'homme, en vue de le protéger contre les atteintes du pouvoir et les incursions de ses semblables. C'est la cuirasse de sa personnalité et de l'égalité, indépendamment des différences de talent, génie, force, industrie, etc.
Si jamais je me trouve propriétaire, je ferai en sorte que Dieu et les hommes, les pauvres surtout, me le pardonnent !...

Bref Proudhon ne fait pas l'apologie de la propriété privée. Au contraire il fustige les propriétaires auxquels il oppose une forme de fédéralisme, le mutuellisme. cordialement, anthena 11 octobre 2007 à 08:28 (CEST)
Nous ne parlons pas de la même chose : oui Proudhon ne fait pas l'apologie de la propriété, on peut même écrire qu'il n'aime pas du tout la propriété. Ce qu'il fait c'est la justifier et tenter d'en amoindrir les maux par le mutuellisme. La propriété s'inscrit dans son système des contradictions, qui sont nécessaires et éternelles : la liberté c'est le vol mais c'est aussi la liberté, la propriété constate les inégalités mais elle est l'objet même de la liberté, la propriété est absolue mais il faut bien qu'elle soit absolue pour nous protéger du pouvoir absolu de l'Etat. Tu écris que Proudhon étant anarchiste il souhaite l'abolition de l'Etat et donc in fine celle de la propriété, qui aurait perdu sa justification mais Proudhon n'est pas de ces architectes socialistes qui veulent mettre en place la société idéale par une révolution purificatrice, il méprise les communistes (il condamne vigoureusement la propriété collective) et gouvernementalistes et prône la réforme. Qu'il soit anarchiste ne signifie pas qu'il croit à la société anarchiste utopique ex nihilo, son système est réformiste et pas révolutionnaire comme le sont ceux des socialistes de son époque. Apollon 11 octobre 2007 à 17:07 (CEST) Ci-suit la justification de la propriété dans son système, avec correctifs :

Sous le régime communautaire et gouvernementaliste, il faut de la police et de l'autorité pour garantir le, faible des envahissements du fort; malheureusement la police et l'autorité, depuis qu'elles existent, n'ont jamais fonctionné qu'au profit du fort, dont elles ont grandi les moyens d'usurpation. La propriété, absolue, incoercible, se protège d'elle-même. C'est l'arme défensive du citoyen, son bouclier ; le travail est son épée.

Voilà pourquoi elle convient à tous : au pupille comme à l'adulte majeur, au nègre comme au blanc, au retardataire comme au précoce, à l'ignorant comme au savant, à l'artisan comme au fonctionnaire, à l'ouvrier comme à l'entrepreneur, au paysan comme au bourgeois et au noble. Voilà pourquoi l’Église la préfère au salaire; et, par la même raison, pourquoi la papauté requiert à son tour la souveraineté. Tous les évêques, au moyen âge, furent souverains; tous, jusqu'en l789, furent propriétaires; le pape seul est resté comme relique.

L'équilibre de la propriété requiert encore des garanties politiques et économiques. Propriété,-État, tels sont les deux pôles de la société. La théorie de la propriété est le pendant de la théorie de la justification, par les sacrements, de l'homme déchu.

Les garanties de la propriété contre elle-même sont :

1. Crédit mutuel et gratuit. 2. Impôt. 3. Entrepôts, docks, marchés. (Voir mon projet sur le Palais de l'Exposition universelle, p.249) 4. Assurance mutuelle et balance du commerce. 5. Instruction publique, universelle, égale. 6. Association industrielle et agricole. 7. Organisation des services publics : canaux, chemins de fer, routes, ports, postes, télégraphes, dessèchements, irrigations.


Les garanties de la propriété contre l'État sont:

1. Séparation et distribution des pouvoirs. 2. Égalité devant la loi. 3. Jury, juge du fait et juge du droit. 4. Liberté de la presse. 5. Contrôle public. 6. Organisation fédérale. 7. Organisation communale et provinciale. (fin Apollon 11 octobre 2007 à 17:07 (CEST))

mais si rassures toi, nous parlons bien de la même chose :) mon problème est surtout dans la version actuelle de l'article qui, à mon sens, n'est pas aussi claire & limpide que ce "débat" ;) Nous sommes d'accord, je crois, sur l'essentiel ; ce paragraphe mérite sans doute d'être plus accessible.
Pour le reste, libre à toi ^^ cordialement anthena 13 octobre 2007 à 03:33 (CEST)
Le paragraphe manque de rationalisation. Je l'ai traduit tel quel et donc on sent plusieurs plumes. Apollon 15 octobre 2007 à 03:01 (CEST)

A propos de la vie de Proudhon[modifier le code]

L'article ne dit pas le moindre mot sur les activités de Proudhon. Il n'a pas passé son temps à écrire des bouquins que je sache. En particulier, je crois savoir qu'il a joué un rôle durant la révolution de 1848 et après (il a été élu maire, ou député je ne sais plus).

L'article avait été vandalisé. C'est maintenant réparé. Apollon (d) 30 décembre 2007 à 18:36 (CET)

REPONSE RAPIDE Tout d'abord Proudhon gagne sa vie comme ouvrier d'imprimerie (1827-1836). Compagnon-imprimeur il fait son tour de France (1836-1838).

De 1838 à 1841, il bénéficie d'une bourse d'études, la pension Suard, décernée par l'Académie de Besançon.

De 1842 à 1847, il commence à gagner un peu d'argent grâce à la vente de ses livres mais surtout il devient une sorte de conseil juridique pour d'anciens camarades de collège, les frères Gauthier, qui avaient fondé une entreprise de péniches à Lyon.

4 juin 1848, il est élu député de la Seine. Rappelons qu'en 1848 c'étaient les citoyens qui faisaient circuler des listes sur lesquelles ils inscrivaient les noms de ceux qu'ils verraient bien députés. Proudhon apprend que son nom circule à Besançon, Lyon et Paris, accepte de se présenter tout en se demandant si les citoyens avaient bien lu ses livres. Apprenant son élection, il note « Qu'est-ce que je vais devenir au milieu de tous ces crétins ? » Mais il prend ses fonctions très au sérieux. Nous sommes au lendemain de la Révolution. Dans ce contexte très particulier, il espère sincèrement faire accepter quelques réformes ; en particulier la création d'une banque d'Etat de crédit gratuit (la Banque d'échange) pour combattre la spéculation et la finance. Le projet sera à peine étudié par quelques saint-simoniens. Suite à cet échec, il créera la banque privée Banque du Peuple. Proudhon étant condamné à trois ans de prison, elle sera liquidée avant même ses premières opérations. L'indemnité parlementaire était de 25 francs par jour sur laquelle Proudhon consacrait de 8 à 10 francs pour subvenir aux besoins d’indigents (Lettre à Maurice 25 avril 1849). « Je suis tellement assailli d'aventuriers et d'indigents, que je fais plus de dettes que je ne reçois d'argent de la République » (Lettre à Gauthier, 7 août 1848)

28 mars 1849, il est condamné à trois ans de prison pour des articles écrits contre Louis-Napoléon Bonaparte qui avait été élu président de la République. A partir de cette date, il vivra et fera vivre sa famille essentiellement par la vente de ses livres. De temps à autre, il servira de nègre ou fera encore quelques rapports juridiques pour les Gauthier. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:28 (CET)

Tiret ou pas tiret au prénom ?[modifier le code]

Le titre de l'article donne "Pierre Joseph", sans tiret, quand dans le contenu on retrouve parfois un tiret. Est-ce donc un prénom composé ou alors deux prénoms (ce qui me semble bizarre, puisque "Pierre Joseph Proudhon" constitue l'usage courant du nom) ? -- Muad (d) 12 janvier 2008 à 00:12 (CET)

REPONSE Il y a bien un tiret. Voir sa signature par exemple en 4e de couverture de l'édition de Philosophie de la misère Ed groupe Fresnes-Antony Fédération anarchiste 1983. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:29 (CET)

§ sur l'antisémitisme de Proudhon[modifier le code]

A noter que la plupart des penseurs socialistes du XIXe sont antisémites. Peut-être un article dédié serait-il plus pertinent qu'un paragraphe sur celui-ci. Apollon (d) 8 avril 2008 à 00:12 (CEST)

L'antisémitisme, comme la misogynie, de Proudhon doit être traité dans cet article et re-situé dans son contexte historique. Hannah Arendt aborde ce sujet (antisémitisme de gauche) dans les Les Origines du totalitarisme, Bernard Lazare également dans L'Antisémitisme son histoire et ses causes, un article de type Socialisme et antisémitisme peut sans problème être envisagé pour son intérêt encyclopédique. Les plus étonnant c'est que ce sujet ne soit pas traité dans les articles Antisémitisme et Antijudaisme. Pour le moment le passage n'est pas neutre et doit être développé. — Cordialement, Anthena[miaou?], Planète Terre, 8 avril 2008 à 00:58 (CEST)

En quoi la phrase introduisant actuellement la pensée de Proudhon est-elle non neutre ? Elle ne donne aucun point de vue quant à la suggestion d'éliminer les Juifs de France et serait plutôt en retrait par rapport à l'idée de Proudhon de les exterminer par l'eau, le fer ou le feu ? Quant au mot haine, il est employé par Proudhon lui-même ! Que dit Bernard Lazare ? Cordialement --Olevy (d) 9 avril 2008 à 21:03 (CEST)

Bonjour Olevy, en l'état (une unique citation + POV non sourcé (même fidèle à la citation)) ce paragraphe n'est pas neutre. Il doit être développé et situé sans son contexte historique. J'ai préférée user de cette méthode (nonneutre) pour montrer mon désaccord sur la neutralité de ce paragraphe plutôt que d'avoir recours au bandeau de non-neutralité, action lourde et quelque peu prématurée sur un désaccord minime. Bernard Lazare classe Proudhon, Fourier et Marx dans l'antisémitisme économique [2], thème développé plus tard par Hannah Arendt dans son chapitre sur l'antisémitisme de gauche. Albert Herszkowicz, parle lui d'un antisémitisme à prétention sociale [3]. Bref, je cherche actuellement le matériel bibliographique pour développer ce paragraphe, ton aide est la bienvenue ^^ — Cordialement, Anthena[miaou?], Planète Terre, 10 avril 2008 à 02:58 (CEST)
Oui il faut des sources secondaires pour établir l'antisémitisme de Proudhon puisque même si la citation est claire, on ne la trouve que dans ses carnets, et on ne peut démontrer qu'elle illustre bien à elle seule la pensée de Proudhon. Apollon (d) 10 avril 2008 à 15:57 (CEST)
En même temps, je m'interroge sur l'utilité de cette citation. Pourquoi balancer une citation antisémite sur WP ? Cela ne revient-il pas à diffuser l'antisémitisme ? Le sujet à suffisamment été abordé pour pouvoir le traiter sans avoir recours à ce genre de citation sur WP. Par exemple l'article sur Édouard Drumont s'en passe. Bref, je suis pour traiter l'antisémitisme de Proudhon autrement, sans le citer. — Cordialement, Anthena[miaou?], Planète Terre, 25 avril 2008 à 13:16 (CEST)
Je ne pense pas qu'elle diffuse l'antisémitisme, en revanche elle permet assurément d'établir l'antisémitisme de Proudhon. Si tu trouves un bon auteur qui expose correctement l'antisémitisme de Proudhon, on peut le substituer à la citation même si je trouve ça un peu dommage. Apollon (d) 25 avril 2008 à 13:50 (CEST)
Je trouve surtout que la faiblesse ce cette citation que j'ai moi-même mise dans l'article vient de ce qu'elle est extraite des Carnets non destinés, je crois, à la publication. Une citation même moins outrancière mais venant de l'oeuvre publiée par Proudhon serait plus appropriée. --Olevy (d) 25 avril 2008 à 15:16 (CEST)

l'antisémitisme était généralisé à l'époque !!! il faudrait alors introduire un paragraphe "machin-truc et l'antisémitisme" dans la quasi totalité des articles concernant les auteurs de l'époque... nombre de penseurs anarchistes ont fait amende honorable suite à l'affaire Dreyfus... Proudhon est mort bien avant ! par ailleurs, TOUTE les religions sont rejetées, TOUT les communautarismes sont rejetés, le judaïsme est rejeté en tant que tel...

je propose de rajouter ceci :

"Cette notion est un anachronisme qui consiste à prêter à nos ancêtres des positions qu’ils n’avaient pas, à savoir l’extermination des Juifs, comme si la Shoah avait une valeur rétrospective. Proudhon détestait la religion juive, où le Dieu est vengeur et autoritaire. Il n’aimait pas du tout la culture juive, laquelle permet de traiter l’étranger, le « goy », de façon différente du traitement des membres de la communauté. "

source :

http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/pages/Droit_de_reponse_a_lEst_Republicain-773992.html

(meursault)

Rationalisation a posteriori. Non, l'antisémitisme n'était pas si général que cela. Apollon (d) 16 janvier 2009 à 12:22 (CET)

bien que dire que l'antisémitisme n'était pas quasi général à l'époque relève du déni de réalité, ton argument vise à coté du paragraphe que je comptais rajouter, puisqu'il n'y était pas question de l'ambiance antisémite de l'époque... le paragraphe tel qu'il est en ce moment dans l'article pousse, quant à lui, à un jugement a posteriori... ce qui est plus grave et ne rend pas justice à la pensée de proudhon

(meursault)

par ailleurs, prenant exemple de l'article sur jean jaures, soit la citation doit être retirée, soit contextualisée

Je retire le paragraphe, une section c'était trop et je ne vois pas où le remettre. De toute façon les socialistes du XIXe siècle sont en bonne partie antisémites, mieux vaudrait l'indiquer qqe part de façon générale plutôt que de l'indiquer sur chaque biographie une par une. Apollon (d) 20 janvier 2009 à 16:06 (CET)

il n'y avait pas que les socialistes, c'était vraiment un sentiment général depuis le 14è siècle et l'anti-judaïsme chrétien

(meursault)

On ne trouve pas d'antisémitisme ou du moins beaucoup moins chez les auteurs du XIXe d'autres courants politiques. Apollon (d) 27 janvier 2009 à 19:27 (CET)

Bandeau article incomplet[modifier le code]

Pourquoi est-il là déjà ? Qui l'a placé et pourquoi ? Si personne ne vient le justifier d'ici un mois, toute personne pourra le supprimer. Cordialement. Apollon (d) 11 juillet 2008 à 17:15 (CEST)

j'ai placée ce bandeau et il est justifié : 1. la propriété c'est le vol est une phrase de Brissot suivant en cela de nombreux philosophe de l'antiquité ; 2. Le paragraphe sur l'antisémitisme de Proudhon est incomplet (il fait suite à un coup tordu de Marx, son passage dans les Carnets est inexcusable, mais les carnets n'étaient pas destiné à être publié et personnellement, je ne connais aucun autre écrit antisémite de cet auteur et pourtant j'ai cherchée (ceci étant dit je n'ai pas lu tout Proudhon, bref de nombreux éléments son à compléter (sur sa biographie). Bref le bandeau est justifié et perso, je pense encore que le passage sur la propriété versus la possession mérite d'être simplifié : proudhon traite de voleur les propriétaires qui vivent en louant leur biens sans rien faire de productif ; rien de plus (ce qui n'a d'ailleurs pas grand chose de révolutionnaire, de nombreux auteurs avant lui ont plaidés cette même cause)... Bref l'article est incomplet :) Et s'il est vrai que Proudhon à eut une réelle influence sur le libéralisme, n'oublie pas que son principal détracteur fut Frédéric Bastiat :) Bref si Proudhon ne c'est jamais déclaré socialiste, il ne c'est jamais non plus déclaré libéral et ses conseils aux ouvriers suffisent à l'éloigner à jamais du libéralisme ^^ — Cordialement, Anthena 少女革命[miaou?]★Ⓐ♀, Planète Terre, 28 septembre 2008 à 00:43 (CEST)
Il faudrait aussi compléter l'état de ses idées après l'exil. J'ai lu quelque part qu'il était devenu ultramontain. Apollon (d) 10 octobre 2008 à 16:16 (CEST)

Eh bien, moi je me propose de le rafraichir, de le compléter, car il manque beaucoup d'éléments sur sa pensée économique, qui ici est trop résumée, et se contente de parler d'économie libertaire, c'est bien mais pas suffisant.

Découpage de la section Proudhon et la science économique[modifier le code]

La section Pierre-Joseph Proudhon#Proudhon et la science économique me semble trop longue.

Que penseriez-vous de la découper en ce qui suit ?

  1. Contradictions internes de l'économie
  2. Critique du capitalisme et du socialisme
  3. Socialisme scientifique
    1. Structuration de l'activité économique
    2. Structuration du corps politique

TiTiZ94 (d) 18 septembre 2009 à 13:21 (CEST)

Toujours pas de mention du sexisme de Proudhon ?[modifier le code]

Bonjour,

Malgré le fait que ce sujet ait été évoqué depuis plusieurs années ici, il n'y a toujours pas de mention dans l'article du sexisme de Proudhon : ici un exemple. Pourquoi ?

Bonne journée.--212.198.158.241 (d) 5 septembre 2012 à 09:48 (CEST)

Censure[modifier le code]

La suppression le 20/09/2009 du paragraphe Proudhon et l'antisémitisme est un acte de censure manifeste inacceptable et intolérable. D'autant que le motif est des plus dérisoires... Lu et approuvé Littlejazzman (d) 21 décembre 2012 à 01:04 (CET)

la suppression le 22/12/2015 d'une protestation contre l'intoxe à laquelle se livre sur ce site le fan-club de Proudhon (là, où il était question des femmes) donne une idée, de ce qui tient lieu d'idéologie et de "déontologie"-maison... 194.214.199.130 (discuter) 22 décembre 2015 à 12:37 (CET)

la protestation, réaffichée ce jour, a de nouveau été supprimée par un certain "Noelbabar" ; et avec pour plaisant motif : formulation non encyclopédique. Chacun, suivant ses convictions, appréciera si les fraudes signalées, elles, étaient... encyclopédiques. Quoiqu'il en soit c'est de toutes les poitrines que peut maintenant s'élever le cri : merci, Noelbabar ! L'intéressé en effet est connu pour être le pion avancé sur fr.wikipedia.org du milieu anarco-franc-mac : dont on a donc bien l'aveu que c'est lui, qui est derrière ces fraudes... 194.214.199.130 (discuter) 22 décembre 2015 à 15:07 (CET)

Bio ?[modifier le code]

Je trouve que les éléments purement biographiques sont bien pauvres. On nous montre (deux fois ) Proudhon et ses enfants. Qui sont ils ? D'où sortent-ils ? Ils ont probablement une mère... Et la santé, ça va, la santé ? Au fait, il est mort plutôt jeune. De quoi ? Bref, on ne sait presque rien, ici, de l'homme.--Jebulon (d) 1 avril 2013 à 23:15 (CEST)

REPONSE Proudhon, alors emprisonné pour ses articles contre L.-N. Bonaparte, s'est marié le 31 décembre 1848 avec Euphrasie Piegard, passementière. Contrairement à ce qui a été écrit 1/ Le mariage fut purement civil au grand dam de sa femme qui était croyante et de son beau-père royaliste. 2/ Proudhon a bénéficié d'un droit de sortie. Ils ne se sont pas mariés dans la prison mais à la mairie du Ve arrondissement. Courbet a réalisé (au moins) un tableau de Mme Proudhon. Sur l'esquisse qui allait devenir le célèbre tableau de Proudhon et ses enfants, Courbet avait initialement dessiné Mme Proudhon sur la droite. Mais cela déséquilibrait l’œuvre.

Catherine Proudhon est née le 18 octobre 1848 / Marcelle le 23 janvier 1852, elle mourra du choléra en 1854 / Stéphanie le 14 septembre 1853 / Charlotte le 22 mai 1856, elle mourra, à sa dentition, en décembre.

Proudhon a été très affecté physiquement par son séjour en prison (5 juin 1849 - 4 juin 1852). Mais c'est surtout après l'épidémie de choléra de 1854 qu'il s'affaiblira très rapidement. Sa fille en est morte. Lui-même avait été tellement atteint qu'on ne lui a annoncé le décès qu'une semaine après. Très régulièrement, il passera alors des jours entiers à ne pas pouvoir travailler. Il a dicté les dernières pages de La capacité politique des classes ouvrières à sa fille Catherine, n'ayant plus la force de tenir la plume. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:30 (CET)

Sur l' antisémitisme de Proudhon et quelques observations des proudhoniens d'aujourd' hui[modifier le code]

On nous apprend que Proudhon détestait la religion juive ou on trouve un Dieu vengeur et autoritaire . La connaissait il en dehors des passages de l' Ancien Testaments les plus archaïques , plus anciens que Rome ?
Il n'aimait pas non plus la civilisation juive , ou le non juif est appelé goy ce qui permet de le traiter différemment etc .... Que savait il de la civilisation juive ? que savait il des juifs de son temps ? de leurs métiers , des langues qu'il parlait , de leurs opinions , croyances , de leur cuisine , de leurs chansons ? Savait il que goy signifie " peuple " et que ce n' est pas une injure ? ou le non juif subit il un traitement différent du juif , que ce soit par le vêtement , le logement , la fiscalité ou autre chose ?
Proudhon avait il lu autre chose que la Bible ? parlait il le yidisch ? connaissait il la musique klezmer ? avait il mangé une fois dans sa vie du gifilte fisch ? connaissait il l' existence des ouvriers , artisans et paysans juifs ? Avait il entendu parler de la Haskalah , du Hassidisme , ou de n' importe quoi ? enfin , est ce qu'il savait , tout simplement , de quoi , ou qui , il parlait ? 
La vérité est qu' il ne savait rien , qu'il était ignare au point de ne pas avoir conscience de son ignorance , mais qu'il savait beaucoup de choses qui n' étaient pas vraies . Ce qui est le cas habituel des antisémites . Et ce qui peut être est assez fréquent chez beaucoup de gens , encore de nos jours .

Schlemihl

REPONSE Proudhon parlait couramment le français et le latin, se débrouillait assez bien en grec, en hébreu, un peu moins en sanscrit. Il avait fait des comparaisons sur les étymologies des mots allemands, chinois, etc. Ses études étaient-elles de qualité ? Je ne suis pas philologue et m'abstiendrai de répondre.

Proudhon détestait la religion juive comme toutes les religions. Son antithéisme pourrait être résumé : L'homme doit nier Dieu, qu'il existe ou pas. Sans doute Proudhon connaissait-il la culture juive essentiellement d'après la Bible qu'il possédait quasiment par cœur en français et en latin, et qu'il avait comparée aux versions grecques et hébraïques. Cela dit, il pouvait toujours se référer à ses grands amis BERGMANN (1812-1887), philologue, professeur de littérature étrangère à l'université de Strasbourg, révoqué sous le second Empire et ACKERMANN (1812-1846) linguiste.

A-t-il mangé du gifilte fisch ? Je n'en sais rien. Jusqu'à l'arrivée de Mme Proudhon, on sait qu'il dévorait beaucoup de choux et de pommes de terres. H. Trinquier --82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:30 (CET)

Seul révolutionnaire du XIXe d'origine ouvrière?[modifier le code]

Le premier paragraphe d'introduction dit: "il est le seul théoricien révolutionnaire du XIXe siècle d'origine ouvrière", citant comme source un texte d'André Larané. Pourtant, Pierre Leroux est né de parents tenanciers d'un débit de boisson, a abandonné ses études (qu'il menait comme boursier) pour aider sa famille, sa mère étant devenue veuve. Il a ensuite été maçon avant de devenir typographe (comme Proudhon). À moins de ne pas considérer Leroux comme révolutionnaire, force est d'admettre que cette information est erronée...

(cf. ci-dessus) une erreur ne fait qu'ici en recouvrir une autre : Proudhon n'était... pas, un révolutionnaire. C'est lui qui en son temps fit le plus pour la propagation des idées révolutionnaires avec Qu'est-ce-que la propriété (1840) mais toute son oeuvre ultérieure en est une laborieuse déconstruction et une tentative de... démocratiser la propriété, avec son "mutuellisme". Telle est d'ailleurs la raison pour laquelle c'est parfois du côté de la deuxième gauche, que se trouvent les proudhoniens les plus bornés. 194.199.4.201 (discuter) 26 décembre 2015 à 13:30 (CET)

BRISSOT et PROUDHON[modifier le code]

Un peu plus haut, nous lisons que Proudhon aurait emprunté sa formule La propriété c’est le vol ! à Brissot. Cette rumeur vient d’un ouvrage anti-socialiste d’Alfred Sudre publié en 1848 : Histoire du communisme ou réfutation des utopies socialistes. Il s’agit d’un pamphlet dans lequel Sudre s’attaque à tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin au socialisme, depuis Lacédémone, Lycurgue et Platon, jusqu’à Proudhon. Sudre ne parle bien évidemment pas de Marx qui, en 1848, était un parfait inconnu. Cette rumeur sera régulièrement reprise, par Marie Flavigny, comtesse d'Agoult sous le pseudonyme de Daniel Stern (Histoire de la Révolution de 1848), Granier de Cassagnac (Histoire de la chute de Louis-Philippe), Flaubert dans des notes de lecture, Marx dans sa lettre au Social-Democrat du 24 janvier 1865, cinq jours après la mort de Proudhon, etc., etc. Dans le De la Justice... (Etude III, les Biens § XXXIV) Proudhon affirme qu'elle a été également reprise par Louis Blanc dans son Histoire de la Révolution. Personnellement, je ne l'y ait pas remarquée... Mais c'est un très gros livre. Cela a pu m'échapper. Aujourd’hui encore vous la retrouvez dans l’Encyclopédie Universalis, le Larousse ou, et cela est plus affligent, sur le Maitron en ligne. Recopions tout d’abord ce qu’écrit Sudre :

« Hélas ! non, M. Proudhon, cette définition de la propriété n’est pas même à vous. Soixante ans avant vous, Brissot avait dit : LA PROPRIETE EXCLUSIVE EST UN VOL DANS LA NATURE ; à quoi il ajoutait, par forme de complément, le propriétaire est un voleur. Ces belles maximes sont développées dans les Recherches philosophiques sur le droit de propriété et le vol.» (SUDRE, Histoire du communisme, Ed. Lecou, 1848, p. 406, disponible sur Gallica).

Le texte que Sudre prend comme référence a paru en 1782 dans le tome VI de la Bibliothèque philosophique du législateur, Berlin, pp. 266 et suiv. C'est une réédition augmentée des Recherches philosophiques sur le droit de propriété considéré dans la nature, pour servir de premier chapitre à la Théorie des lois de M. Linguet (1780). Voir ce qu'écrit Sudre sur Brissot dans son livre, pp. 265 et suiv.

Voici un extrait du texte de Brissot (Sudre en donne d'autres) :

« La société a été partagée en deux classes : la première, de citoyens propriétaires, vivant dans l’inaction ; la seconde plus nombreuse, composée du peuple, à qui l’on a vendu chèrement le droit d’exister, qu’on a avili, qu’on a condamné à un travail perpétuel. Pour affermir ce droit nouveau de propriété, l’on a prononcé les peines les plus cruelles contre ceux qui le troubleraient, qui lui porteraient atteinte. L’atteinte portée à ce droit s’est appelée vol ; et, lecteurs ! jugez comme nous sommes loin de la nature. Le voleur dans l’état de nature est le riche, est celui qui a du superflu ; dans la société, le voleur est celui qui dérobe à ce riche. Quel bouleversement d’idées ! Non pas que je prétende conclure de là qu’il faille autoriser le vol, et ne pas respecter les lois sur la propriété civile. Ces lois sont établies, ces propriétés circulent sous leurs auspices. Si le propriétaire n’était pas certain de retirer ses avances, si le cultivateur n’était pas sûr de recueillir, toutes les terres resteraient en friche : et que de maux résulteraient de là ! Sans doute, il faut que celui qui a travaillé jouisse du fruit de son travail. Sans cette faveur attachée à la culture, point de denrées, point de richesses, point de commerce. Défendons, protégeons donc la propriété civile ; mais ne disons pas qu’elle ait son fondement dans le droit naturel. Mais sous le faux prétexte que c’est un droit sacré, n’outrageons pas la nature, en martyrisant ceux qui violent ce droit de propriété ; en un mot, ne punissons pas si cruellement les voleurs. » (Ed. 1782, pp. 332-333).

En fait, Brissot affirme que dans la nature le droit de propriété est « circonscrit dans des bornes très étroites. » Il n’y a donc que « peu ou point de vols. » (Théories du droit criminel, ed. Pidou, 1781, t. II, pp. 57 et suiv.) Le fait qu’un animal conserverait du superflu et mettrait par là la vie des autres en danger serait même un « crime ». En revanche, dans la nature, l’assassinat et même le cannibalisme sont de règle pour la survie. La propriété est un droit de société, ce qui implique que « le vol est un crime de société » (Théories, T. II, pp 57 et suiv.) C’est même l’un des trois droits fondamentaux : « 1. Honneur ; 2. Propriété ; 3. Sûreté » (Théories, T. I, pp 102 et suiv.) « On a étendu ce droit terrible au-delà de ses limites. » « La société a été partagée en deux classes » les propriétaires et le peuple. (Théories, T. II, pp 57 et suiv.) Néanmoins, « l’infortuné que le hasard fait naître sans propriété (…) pourra par son travail corriger l’injustice du sort. » (Théories, T. I, p 44) Il faut une meilleure répartition des richesses. « La misère conduit au vol, le vol à l’assassinat : extirpez la misère, et plus de délits particuliers. » (Théories, T. II, pp 268 et suiv.) « Si malgré les précautions prises par les gouvernements pour extirper la mendicité, la cause ordinaire des vols, si dis-je il s’en commet encore, il faudra infliger au voleur une peine utile à l’Etat », soit « le condamner à restitution » s’il est propriétaire (une amende) soit « condamner le voleur pour un temps à la servitude » (travaux d’intérêt général). (Théories, T. II, pp 59 et suiv.) Enfin, Brissot se prononce contre la prison et la peine de mort en ce qui concerne le vol. On voit que, non seulement la formule lapidaire de Proudhon n’a pas été écrite par Brissot mais que les idées défendues sont de natures très différentes. H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:08 (CET)

JEANNE DEROIN ET PROUDHON[modifier le code]

En ce qui concerne le paragraphe Jeanne Deroin, il faudrait vérifier à partir du numéro du Peuple cité. Je ne le possède pas. 1/ Le style étonne mais cela ne veut pas dire grand chose. Le style de la Pornocratie aussi. 2/ Le contenu de l'article exprime mal sa pensée. Si Proudhon estime que ce n'est pas le rôle des femmes que de faire de la politique, il n'a jamais nié que certaines pouvaient en faire. Il s'en sert même pour "démontrer" qu'elles ont toujours été plus réactionnaires que les hommes. Il parle des femmes globalement, pas individuellement, comme on peut parler du prolétariat et de la bourgeoisie. 3/ Cet article n'est pas reproduit dans les Mélanges (intégralité des articles de Proudhon réédités en 3 tomes en 1870). 4/ Si cette candidature avait choqué Proudhon, on en trouverait trace dans ses Carnets où il notait au fur et à mesure tout ce qui lui passait par la tête. Ce n'est pas le cas. 5/ Dans A travers une révolution, Darimon critique l'édition des Mélanges et signale des textes non signés mais écrits par Proudhon non reproduits (éd. TOPS p. 223). Mais pas celui-là. CELA ETANT DIT, JE DIS BIEN QU'IL FAUT VERIFIER, NON PAS QUE L'AUTEUR SE TROMPE, ENCORE MOINS QU'IL EST DE MAUVAISE FOI.

J'ai cherché Jeanne Deroin dans les Carnets de Proudhon. Dans le septième, page 54, 29 octobre 1848, Proudhon note :

« Peuple N° 3 - 1. La Présidence (article de Proudhon reproduit, mais censuré d'une centaine de lignes, dans les Mélanges) - 2. Lettres au Moniteur sur Pyat et Con (Dans les Mélanges reproduction d'une lettre au Moniteur mais non pas sur Pyat mais sur le vote de la Constitution) - 3. Lettre au Comité central (non reproduite dans les Mélanges). - 4. Lettre à Jne Deroin (non reproduite dans les Mélanges) ; - Item à un citoyen sur le socialisme (non reproduite dans les Mélanges)... » Cette liste est-elle celle d'articles que Proudhon aurait envisagé d'écrire ; d'articles parus (de Proudhon ou d'autres collaborateurs dont l'un aurait écrit une « lettre à Jne Deroin ») ou bien la liste des articles de Proudhon dont un certain nombre n'auraient pas été reproduits dans les Mélanges ? Dans ce dernier cas, ils me semblent très nombreux d'autant que La Présidence est très long et que dans aucun des journaux dont je dispose Proudhon n'a publié autant d'articles (Je ne possède les exemplaires du Peuple qu'à partir du N° 151, 19/04/1849).

PROBLEME DE DATES : Sur Wikipédia, L'auteur parle du Peuple du 12 avril 1849 mais précise qu'il y aurait eu plusieurs articles (sauf erreur de ma part, aucun reproduit dans les Mélanges, en tout cas, à cette date n'est réédité qu'un article sur la liquidation de la Banque du Peuple). Le Peuple N° 3, alors hebdomadaire, auquel se réfère la note de Proudhon serait, d'après Darimon, son bras droit, du 6 ou 7 novembre 1848 (Darimon précise que le N° 2 est du 1er). La note des Carnets du 29 octobre 1848. S'agirait-il d'articles en préparation que Proudhon n'aurait pas achevés ? En tout cas, il ne peut s'agir d'articles concernant les élections de 1849.

Dans les Carnets on trouve Jeanne Deroin citée encore à deux reprises, et puis c'est tout : Carnet VIII p. 288 du 20 décembre 1850 : « (...) Aux premiers jours de la chrétienté (...) l'Eglise était un ramassis de sectes (...) Il y avait là (...) des femmes prophétesses et diaconesses, comme Jeanne Deroin, Pauline Roland (...) » Carnet VIII p. 343 du 21 février 1851 : « Le Vote universel accueille les élucubrations de Jeanne Deroin sur le crédit gratuit. Cette dame expose cela assez bien. Quant à l'auteur de l'idée, il n'en est plus question. - Qu'importe ? C'est l'aveu de l'impuissance communiste. » Enfin, P. Haubtmann signale qu'à la Bibliothèque nationale (mss. 1307, fol. 155) on trouve une lettre de Proudhon à J. Deroin en date du 4 août 1847. (N. B. les numéros de pages des Carnets que je donne en référence correspondent à ceux des carnets manuscrits non à ceux des éditions)

Enfin, n'oublions jamais que Proudhon, rédacteur en chef, 1/ refusait de lire les articles de ses collaborateurs avant parution 2/ accueillait volontiers des rédacteurs avec lesquels il était en désaccord, voire qu'il détestait cordialement, comme Pauline Roland, par exemple (Cf. Darimon, A travers une Révolution, éd. TOPS 2015 pp. 81 et 221). L'article cité serait-il d'un autre journaliste ? H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:21 (CET)

PROUDHON « PRÉCURSEUR DE L’ANTISÉMITISME » ??? (SUITE et CITATIONS)[modifier le code]

Je vous prie d’excuser la longueur de cet article ; mais je vais essayer d’être assez complet. Que chacun, ensuite, se fasse juge.

                                                    * A *

Commençons par recopier les vingt fameuses lignes que l’on trouve dans le Carnet N° 6, pp. 178-179 du manuscrit, en date du 24 décembre 1847, dans leur intégralité (souvent on « oublie » la référence à Marx ainsi que les trois dernières phrases). Ce sont généralement ces lignes qui servent à faire qualifier Proudhon d’antisémite. Précisons toutefois : 1/ que ces Carnets sont au nombre de onze et qu’ils représentent 3 398 pages manuscrites ; 2/ qu’ils n’ont jamais été destinés à être publiés. Proudhon y notait tout ce qui lui passait par la tête. Il avait expressément demandé qu’ils soient détruits, avec ses archives, après sa mort.

« Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. - Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des françaises ; - abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre, enfin, l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. H. Heine, A Weill et autres ne sont que des espions secrets ; Rothschild, Crémieux, Marx, Fould, êtres méchants, bilieux, envieux, âcres, etc. etc. qui nous haïssent. Par le fer ou par la fusion, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse... Tolérer les vieillards qui n’engendrent plus. Travail à faire. - Ce que les peuples du moyen-âge haïssaient d’instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement. La haine du juif comme de l’Anglais doit être notre premier article de foi politique. Au reste, l'abolition du judaïsme viendra avec l’abolition des autres cultes. - Commencer par ne plus allouer de traitement au clergé et laisser ce soin au Casuel. - Puis un peu plus tard, abolir le culte. »''

Attention au terme de « race ». Au XIXe siècle, sa définition est : « 1. Lignée, tous ceux qui viennent d’une même famille ex. la race d’Abraham. 2. Variété constante qui se conserve par la génération ex. race blanche, jaune, noire. 3. Multitude d’hommes ayant une profession, des inclinations communes ex. race des usuriers » (Larousse 1856 disponible sur Gallica). Ce n’est qu’en 1853 que Gobineau écrira son Essai sur l’inégalité des races humaines qui réduit la définition à trois races : blanche, noire, jaune (la première étant supérieure). Cet ouvrage passera tout d’abord totalement inaperçu, sera emmené en Allemagne suite à la guerre de 70 où il connaîtra le succès. Donc, dans les ouvrages du XIXe siècle, vous trouverez des discussions sur les races blanche, noire, jaune mais également sur la race humaine, la race gauloise, germanique, anglo-saxonne, juive ; la race corse ou franc comtoise ; ou bien encore les races royales, nobles, les races de paysans etc., etc. Le terme n’est pas employé, comme il le sera au XXe siècle, dans le sens quasi exclusif de couleur de peau ou de particularité physique (le nez crochu, cher à la propagande d'extrême droite). Vous aurez remarqué que, chez Larousse, c’est même un sens secondaire. Exemples, encore, dans le De la Justice... Etude IV § XLII, Proudhon parlant d’une biographie écrite par E. de Mirecourt : « Il me poursuit jusque dans ma race » (la race des Proudhon) et, dans le même livre, Etude IX, § III, il utilise l’expression de race humaine.

A mon avis, Proudhon est, au XIXe siècle, un des rares socialistes à ne pas être antisémite, si ce n'est que, contrairement à des idées unanimement admises au XIXe siècle (et encore aujourd'hui) : 1/ Il affirme que, dans l'Antiquité, il n'existe pas à proprement parler UN mais DES peuples juifs ; 2/ Il met en doute que les peuples juifs de l'Antiquité soient seuls à l'origine du monothéisme ; 3/ Il ne considère pas le monothéisme comme un progrès par rapport au polythéisme. Il y voit même un facteur supplémentaire de guerre.

En dehors de l’identification juif = argent (banquier, usurier, capitaliste, etc.), les montagnards (généralement jacobins) reprochent aux juifs de construire une société dans la société, société qui prend le pas sur l’État grâce à sa puissance financière internationale. Ceci s’oppose évidemment à la notion de République une et indivisible. Cela ne gêne pas particulièrement Proudhon qui, lui, n’est pas jacobin. Quant à la puissance financière, il compte bien l’annihiler par sa proposition de crédit gratuit. Précisons d’ailleurs que l’antisémitisme de gauche du XIXe siècle est différent de l’antisémitisme de droite qui se développera au XXe siècle. Même le fouriériste montagnard Alphonse Toussenel, dans son célèbre pamphlet Les Juifs, rois de l’époque, Histoire de la féodalité financière (Librairie de l’École sociétaire, 1845, pp 4 et 5, en note, disponible sur Gallica) précise bien : « Je préviens le lecteur que ce mot [juif] est généralement pris ici dans son acception populaire : juif, banquier, marchand d’espèces. Personne ne reconnaît plus volontiers que moi le caractère supérieur de la nation juive. Le peuple juif tient une place immense dans l’histoire de l’humanité [...]. » Le titre de cet ouvrage va inspirer à Proudhon une de ses célèbres formules lorsqu’il s’attaquait à ses collègues d’extrême-gauche à l’Assemblée : « Vous voulez exterminer les Juifs rois de l’époque et vous adorez le Veau d’or ! » (Cf. Confessions d’un révolutionnaire Ch. XI). Le terme est d’ailleurs dans le langage populaire, jusqu’à la seconde guerre mondiale, un quasi synonyme d’usurier : « JUIF : Qui professe la religion judaïque. Fig Usurier » (Larousse 1856).

Comment expliquer alors cette explosion d’une rare violence ? Deux pistes me semblent à travailler : Tout d’abord, cette diatribe de décembre 1847 vient peu après la lecture de Misère de la philosophie. Marx a écrit l’ouvrage pendant l’hiver 46-47. Il est publié en juin 1847. Il semble que Proudhon en lira une partie en septembre, prêtera son exemplaire à deux amis, reprendra la lecture et ne l’achèvera pas. La « suprême mauvaise foi, envie, ou bêtise » (Carnet du 20 nov. 1847) de l’ouvrage le rend furieux (Voir les notes portées par lui et ses amis sur son exemplaire personnel dans l’édition de la Fédération anarchiste de Philosophie de la misère / Misère de la philosophie sur Gallica mais l’édition papier est toujours disponible). Il résumera son opinion par la célèbre phrase : « Marx est le ténia du socialisme » (Carnet du 23 sept 1847). D’autre part, son ami Karl Grün vient d’être expulsé de France. Ordre de quitter la France lui avait été donné le 17 mars 1847. Le 7 avril il a été « enlevé par la police, et conduit immédiatement hors de France » (Carnets). Proudhon soupçonne H. Heine et A. Weill (proches de Marx) d’être des « mouchards » et d’être à l’origine de cette expulsion (Cf. Carnets 17, 18, 25 mars ; 7, 12 avril ; 24 mai 1847...) On sait que Grün professait les idées de Proudhon dans les milieux des intellectuels allemands réfugiés à Paris et que cela déplaisait fortement à Marx qui avait vainement tenté de brouiller les deux hommes (voir lettre de Marx à Proudhon et réponse, mai 1846 dans l’édition citée ci-dessus). Pour être honnête et ne pas faire de la propagande je n’ai jamais trouvé de preuve des soupçons de Proudhon.

                                                    * B *

Marc Crapez, dans son livre l'antisémitisme de gauche au XIXe siècle (Ed Berg Int, 2002, pp. 40 à 50), après avoir cité les Carnets, reprend deux extraits de la seconde édition du De la Justice dans la Révolution et dans l’Église (1re éd. 1858, 2e éd. 1860). Je prends ce livre pour référence 1/ parce que M. Crapez fait l'effort de recopier des citations assez longues et non simplement quelques mots, comme le font les livres cités dans l'article principal sur Wikipédia ; 2/ car, contrairement à moi, on ne peut soupçonner M. Crapez d'avoir la moindre sympathie pour Proudhon. Voici les passages légèrement allongés par rapport aux citations du livre référencé ; ceci pour comprendre le contexte.

« […] Le parasitisme se divise en une multitude de genres et d’espèces. Nous distinguerons : le Clergé, tant régulier que séculier ; les Fonctions publiques, l’Armée, le Trafic (entremetteurs, courtiers, commissionnaires, boutiquiers, agioteurs, spéculateurs, brocanteurs, banquiers, usuriers, etc.) ; la Rente, le Luxe (ouvriers de luxe, agents de plaisir et de débauche, comédiens, saltimbanques, artistes, faiseurs de romans, etc.) ; enfin la Valetaille et la Mendicité. Passons-les rapidement en revue. Avant la Révolution, le clergé régulier formait en France, avec la noblesse, la classe la plus nombreuse des improductifs. La suppression des couvents a fait presque disparaître cette espèce de parasites, remplacés, depuis le premier Empire, par le fonctionnarisme, le débordement du trafic et des industries de luxe. – La conservation de l’armée tient à d’autres causes. Le fonctionnarisme ou la fonctionomanie, fléau de l’ancienne Grèce et de la Rome impériale, détruit à la fois l’esprit d’entreprise et l’esprit de liberté ; il pousse au communisme de l’État, à l’absorption de toute vie locale et individuelle dans le machinisme administratif, à la destruction de toute pensée libérale. Tout le monde demande à s’abriter sous l’aile du Pouvoir, à vivre sur le commun. A l’instar de l’administration centrale, de vastes sociétés s’organisent, dans lesquelles se précipitent en foule tous ceux que n’avait pu recevoir le gouvernement. On porte à plus de 600.000 le nombre des fonctionnaires de l’état, en France ; joignez-y les employés des grandes Compagnies, le militarisme, le capitalisme et la rente, tous solidaires, et vous arrivez à un total effrayant, devant lequel les producteurs, qui devraient, depuis la Déclaration des droits et l’établissement du suffrage universel, être les maîtres, n’apparaissent plus que comme une tourbe d’esclaves. Ainsi, par le fonctionnarisme les meilleures institutions se trouvent faussées, le droit paralysé, la liberté impuissante. L’autre plaie est celle du trafic, de la boutique, à laquelle je réunis les industries de luxe. Le caractère parasite du trafic ne peut être révoqué en doute, quand on observe ses effets dans l’histoire. C’est l’esprit de trafic qui a fait décliner et périr les républiques grecques, celles d’Asie les premières, parce que les premières elles s’y étaient abandonnées à l’imitation de leurs voisins de Phénicie. C’est le trafic qui a décidé la défaite de Carthage dans sa lutte contre les Romains, malgré l’immense supériorité de richesse et d’industrie de la première. Et quand Rome, à son tour, enrichie des dépouilles de tant de nations trafiquantes, se fut livrée à l’usure et à l’agiotage, elle déclina elle-même et sa décadence fut sans remède. Personne n’ignore que Caton, Brutus et tous les puritains du parti opposé à César, cultivaient l’agiotage et l’usure ; comment eussent-ils sauvé la république quand ils la détruisaient par leurs pratiques et leur avarice ? C’est la passion du trafic, bien plus que les armes de Titus et d’Adrien, qui amena la dispersion des Juifs, qu’on dirait voués dès leur naissance au parasitisme mercantile et usuraire. On sait quelles précautions prit Moïse pour les retenir sur le territoire qu’il leur avait donné ; quelle peine eut Esdras, 800 ans plus tard, à les y faire revenir. Depuis Jésus-Christ jusqu’à la Révolution française ils ont vécu, malgré les persécutions les plus abominables, aux dépens des autres nations, observant entre eux le précepte de charité ou de prestation gratuite, mais rançonnant impitoyablement l’étranger, selon le précepte de Moïse, Non fœneraberis proximo tuo, sed alieno. On disait autrefois, pour leur justification, qu’ils n’avaient pas le choix des moyens d’existence : mais depuis 70 ans que la Révolution française les a rendus libres, qu’ont-ils fait pour changer de régime ? Le Juif est resté Juif, race parasite, ennemie du travail, adonnée à toutes les pratiques du trafic anarchique et menteur, de la spéculation agioteuse et de la banque usuraire. Toute la circulation est entre les mains des Juifs ; plus que les rois et les empereurs, ils sont les souverains de l’époque, aussi indifférents du reste au progrès et à la liberté des peuples qu’ils pressurent qu’à la reconstitution de leur propre nationalité. Ce qu’il y a de plus triste, c’est qu’ils ont rendu, par toute l’Europe, la bourgeoisie, haute et basse, semblable à eux, et qu’il ne servirait absolument de rien aujourd’hui de les expulser. A Paris, le nombre des trafiquants et boutiquiers est égal, sinon supérieur, à celui des industrieux. Tout le monde veut vendre, faire du commerce, spéculer sur le change, sur les marchandises et les fonds publics. Le travail productif est de moins en moins offert, réputé œuvre servile. Le premier de l’an, cinq ou six cents marchands d’étrennes improvisent leurs étalages en plein vent, pauvres diables qui s’essaient au trafic, et qui ne demandent qu’à quitter l’atelier pour le comptoir. C’est le besoin de faire fortune par des moyens expéditifs et factices, bien plus que le véritable génie industriel, qui multiplie à l’infini les inventions et les demandes de brevets. Croit-on que sur 60.000 brevets décernés par le gouvernement français depuis la loi du 1er juillet 1791, il y en ait seulement la centième partie d’une utilité réelle ? […]» (Note F, Décadence, ajoutée lors de l’édition de 1860 pour le chapitre IV, Sanction dans l’économie, § II de l’Etude XII, De la Sanction morale, fragments)

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« MONOTHEISME Il est assez ordinaire aujourd’hui, parmi les écrivains mêmes qui n’admettent aucune religion, de faire du monothéisme une prérogative des peuples sémitiques, et de son établissement dans le monde civilisé, une sorte de mission humanitaire de la race d’Israël. Tout cela supposerait que la conception monothéiste est plus rationnelle, plus approchant de la vérité, plus digne des nations civilisées, plus morale, plus sociale, enfin, que la conception polythéiste, qui distingue, dit-on, les peuples indo-germaniques. Il y a, dans ces diverses assertions, à peu près autant d’erreurs que de mots. D’abord, il est impossible de prouver, par aucun monument, que le monothéisme soit plus naturel aux peuples sémitiques qu’aux peuples japhétiques, ou, ce qui revient au même, qu’il ait pris naissance et se soit développé chez les premiers, qui l’auraient ensuite révélé aux seconds. Le contraire serait plutôt la vérité. Dans les temps reculés, le polythéisme est partout, en Égypte, en Arabie, en Palestine. Le monothéisme ne se montre pas moins fréquent, si par monothéisme on entend l’adoration, chez un peuple, d’une Divinité spéciale, à l’exclusion de toutes les autres. Le polythéisme se trouve jusque dans le Décalogue. Lorsque Jéhovah dit aux Hébreux par la bouche de Moïse : Vous n’aurez pas d’autres dieux, en ma présence, il ne nie pas l’existence de ces dieux, il prétend seulement jouir, à leur exclusion, du culte d’Israël. C’est en ce sens que l’entendaient les Israélites eux-mêmes, comme on peut le voir par un passage du livre des Juges où Jephté, s’adressant au roi des Ammonites, revendique au nom de Jéhovah la propriété du territoire de Canaan, au même titre que les Ammonites revendiquaient la propriété de leur pays au nom de leur dieu Chamos. Dans d’autres passages de la Bible, Jéhovah est mis sur la même ligne que les autres dieux, ce qui, je le répète, implique un polythéisme au moins théorique, sinon pratique, chaque nation étant censée servir, d’une façon particulière, le dieu qu’elle avait choisi pour protecteur. La même chose a lieu dans les villes grecques : chacune, à l’origine, a son dieu ou sa déesse nationale ; Pallas ou Minerve règne à Athènes, Vénus à Sparte, Junon à Samos, Diane à Ephèse, Jupiter à Dodone, Apollon à Delphes, etc., comme Jéhovah à Jérusalem, Astarté à Sidon, Chamos chez les Ammonites, Moloch chez les Moabites, Baal, Mammon, Beelzébub, etc., dans d’autres localités. Voilà le polythéisme et le monothéisme combinés ensemble : sous ce rapport, je le répète, il n’y a pas de différence entre les fils de Japhet et ceux de Sem. La pluralité des dieux, élohim, est tellement familière à la langue hébraïque, que ce pluriel se construit continuellement avec un nom propre singulier : Jéhovah mes dieux ; Chamos tes dieux ; comme si les noms de Jéhovah, Chamos, etc., indiquaient une collectivité divine, de même que ceux d’Israël, Ammon, Moab, etc., indiquent une collectivité humaine. Puis, les tribus et les villes se rapprochant, formant des alliances, les dieux semblent pactiser à leur tour : Israël sacrifie aux dieux de ses voisins, qui de leur côté envoient des offrandes à Jéhovah. C’est ce que la Bible traite de fornication. Les villes grecques en usent de même ; la promiscuité est partout : voilà le polythéisme. En second lieu, si l’on ne peut dire que le monothéisme ait surgi et se soit développé, comme un produit indigène, parmi les Sémites, tandis que le polythéisme régnait parmi les races indo-germaniques, il n’est pas plus vrai que les Juifs aient été chargés, par une sorte de mission providentielle, de propager cette croyance dans le monde. Tout cela est une illusion d’histoire, causée par la détermination qu’a reçue, au moment décisif de sa divulgation, le monothéisme. Le dogme de l’unité de Dieu, en tant que principe de religion, est le produit d’une élimination qui s’est opérée naturellement, lentement, chez tous les peuples, bien moins par la méditation philosophique que par les révolutions politiques des États. La conquête entraînant, sinon l’abrogation totale du culte du peuple vaincu, au moins la suprématie de celui du peuple vainqueur, une foule de divinités sont rentrées dans le néant, par cela seul que les cités qu’elles protégeaient avaient été incorporées dans d’autres États. Jéhovah était perdu, comme Moloch, Chamos, Tartac, et tant d’autres, si le sacerdoce juif n’avait réussi à obtenir de Cyrus, après la prise de Babylone, un édit de restauration de la nationalité judaïque. Rétablir la nation, rebâtir le Temple, c’était tout un. Cela parut si extraordinaire, c’était une chose tellement inouïe de voir un peuple, un dieu, sortir pour ainsi dire du tombeau et revivre d’une vie nouvelle, que les Juifs se crurent dès lors invincibles, et se mirent à espérer pour leur Jéhovah et pour eux-mêmes des destinées pareilles à celles des empires d’Assyrie et de Perse. Toutes les nations, disaient les prophètes, devaient venir adorer à Jérusalem, comme elles étaient allées à Babylone : c’est ce qu’expriment les titres honorifiques donnés à Jéhovah de Dieu des dieux, Seigneur des seigneurs, Dieu des armées, à qui nul d’entre les dieux n’est comparable. C’est toujours du polythéisme, non plus, il est vrai, un polythéisme démocratique comme autrefois, lorsque les dieux marchaient de pair, c’est un polythéisme hiérarchisé. La courtoisie d’Alexandre envers le grand pontife Jaddus mit le comble à l’exaltation judaïque : aussi lorsque plus tard Antiochus Epiphane entreprit de faire forniquer les Juifs avec les dieux de la Grèce, il n’était plus temps : un parti de puritains se forma ; la persécution amena la révolte, et le peuple de Jéhovah retrouva pour quelque temps son indépendance sous les Maccabées. A cette époque, le polythéisme était depuis longtemps miné chez les Européens par la philosophie ; l’unité de dieu était enseignée dans les mystères, sans que ni les Juifs, ni aucune nation parmi les Sémites, se doutassent seulement de cette révolution. La langue hébraïque, dépourvue de termes abstraits, est incapable d’exprimer une idée métaphysique : comment veut-on que le peuple ait conçu d’emblée, par une intuition diamétralement opposée à son génie, l’idée de l’unité de Dieu, la plus métaphysique de toutes les idées ? Ce qui prouve que le monothéisme, dans le sens philosophique du mot, n’était pas encore entré dans l’esprit des Juifs au premier siècle de l’ère chrétienne, c’est précisément leur foi messianique. Qu’est-ce que le messianisme ? La suprématie du dieu des Juifs sur tous les autres dieux, et, en conséquence, la domination d’Israël sur tous les peuples. Le monothéisme est si peu une idée juive ou sémitique, qu’on peut dire que la race de Sem a été par lui désavouée, rejetée : c’est ce qu’exprime la déclaration des apôtres aux Juifs obstinés dans leur particularisme : Puisque vous repoussez la parole de Dieu, du Dieu univer-sel, nous passons aux Gentils. Le monothéisme est une création de l’esprit indo-germanique ; il ne pouvait sortir que de là. Ce qui lui a fait donner le baptême en Palestine, – il n’a reçu la circoncision que sous Mahomet, – c’est, ainsi que nous l’avons dit dans le texte, que le monothéisme se posant, comme antithèse révolutionnaire, en face du panthéonisme impérial et conservateur, la logique voulait tout à la fois qu’il partit du foyer le plus incandescent de la Révolution, qu’il s’en appropriât la théologie, la cosmogonie, la liturgie, les traditions, et jusqu’à la langue. Quant à la supériorité, théorique et pratique, du monothéisme sur le polythéisme, après avoir été, pendant près de deux mille ans, un axiome de métaphysique et de morale, elle semble aujourd’hui, parmi les amateurs de religion, redevenir douteuse. On apprécie, plus qu’on n’avait fait auparavant, ce polythéisme splendide, qui avait donné un si magnifique essor à la personnalité humaine, et dont le souvenir s’associe, dans la mémoire des hommes, avec les créations de la poésie la plus merveilleuse et de l’art le plus achevé. On commence à trouver que, l’être perdant en réalité ce qu’il gagne en étendue, il se pourrait faire que le monde fût plein d’esprits de toute grandeur, depuis l’esprit de l’homme jusqu’à celui de Sirius, depuis l’esprit de Sirius jusqu’à celui du plus vaste système, et que l’esprit ou l’être universel fût, comme l’être absolu de Hegel, un pur néant. S’il ne tenait qu’à M. Renouvier, l’un de nos philosophes critiques les plus récents, le monde religieux ferait sans hésiter cette évolution, qui du moins, s’il faut en croire l’exact et positif philosophe, aurait quelque chance de ne pouvoir aussi facilement se réduire à l’absurde. Ce qui est certain, c’est que le monothéisme, là où il a été cultivé, n’a pu se maintenir dans la pureté de son essence. Dès avant Jésus-Christ, Platon et d’autres distinguèrent en Dieu différentes hypostases ; les gnostiques en portèrent le nombre jusqu’à huit, dix, douze ; la kabbale s’égara dans les mêmes spéculations, auxquelles le concile de Nicée mit un terme, l’an 325 de Jésus-Christ, en décidant qu’il y aurait trois personnes en Dieu, ni plus ni moins. L’exemple de Mahomet, qui n’associe pas, c’est-à-dire qui nie la collectivité en Dieu, n’infirme en rien les observations qui précèdent. Mahomet ne parut chez les Arabes encore idolâtres qu’au septième siècle après Jésus-Christ. Son monothéisme est emprunté de celui des Juifs et d’Arius, dont nous venons d’expliquer la filiation. S’il y a plus de rigueur unitaire dans l’Allah des Arabes que dans le Dieu chrétien et le Jéhovah des Juifs (voir le livre de la Sagesse, et Job, c. XXVIII), cela vient tout à la fois de la nécessité où se trouvèrent les Croyants de s’opposer aux anciennes religions, et de leur incapacité théologique. » (Note F, Monothéisme, ajoutée lors de l’édition de 1860 pour le chapitre IV, Transition religieuse. Le Christianisme tire les conséquences des prémisses posées par le Polythéisme et la Philosophie : condamnation de l’humanité, § XIII de l’Etude II, Les personnes.)

Marc Crapez donne également un extrait de Césarisme et Christianisme (posthume, 1883 - V. sur Gallica pp. 138-139). On y retrouve les mêmes arguments. Mais, comme pour les Carnets, attention aux œuvres posthumes. A part la Capacité politique des classes ouvrières que Proudhon, sur son lit de mort, avait demandé qu’on édite, il s’agit de notes recopiées et classées par les exécuteurs testamentaires de Proudhon, notes qui auraient dû être détruites.

                                                    * C *

Pour finir, j'ai cherché le mot juif dans les principaux ouvrages de Proudhon. Le procédé vaut ce qu'il vaut mais, si Proudhon est un « précurseur de l'antisémitisme », il devrait bien nous aider à trouver quelque chose. Les œuvres de Proudhon étant disponibles sur internet, j'invite les wikipédistes à vérifier et à compléter. Voici ce que j'ai trouvé dans les quelques 10 000 pages (je ne compte évidemment pas les œuvres posthumes, la correspondance, les Carnets, les Cahiers de lecture et les inédits). Pour ne pas alourdir cet article déjà trop long, je ne reproduis pas les passages du De la Justice dans lesquels Proudhon parle des juifs de l'antiquité. Ils sont extrêmement nombreux, ce qui est normal puisque le livre de 1 600 pages est une attaque en règle contre le principe religieux et contre toutes les religions, en particulier la religion catholique, « superstition malfaisante » dont les juifs ont été les « premiers auteurs ». Mais vous pouvez faire confiance à Marc Crapez, il a relevé les deux passages les plus litigieux.


Carnets

N. B. J’ai déjà expliqué combien il était aberrant (ou malhonnête) de considérer les Carnets de Proudhon comme une œuvre, c’est-à-dire une pensée achevée à un moment donné. Je recopie ce passage parce que c’est là que l’on trouve, l’expression « Juifs, race insociable, obstinée, infernale » citée dans l’article principal de Wikipédia, Proudhon y parlant des juifs de l'antiquité. (A-t-on jamais traité d'anti-français Diderot ou Voltaire pour avoir écrit que les Gaulois étaient des barbares ?) On notera – c’est un exemple de la prudence qu’il faut avoir à l’utilisation des Carnets – que Proudhon y semble considérer Loyola comme un progressiste, et rapprocher ces notes de ce qu'il écrit dans le De la Justice… : « […] Les jésuites sont les directeurs occultes de cette contre-révolution dont la pensée n’est autre que celle de Loyola : étouffer toute pensée libre, toute vertu purement humaine, et réorganiser l’exploitation des masses ouvrières, pour la plus grande gloire de Dieu et la jouissance de ses élus. » (Note C, Le secret des jésuites ajoutée lors de l’édition de 1860 pour l’Étude V, L’éducation).

20 fev. 1847 Questions religieuses, pour faire suite au Miserere […] Dispersion des Juifs, cf. Bohêmes, et autres peuples de l’Orient, vivant disséminés parmi d’autres nations, sans s’y mêler. Fait particulier d’histoire naturelle. Est-il vrai du reste qu’ils ne se mêlent pas ? N’y a-t-il point d’adultères ; d’ailleurs le changement de pays, de mœurs, etc. n’altère-t-il pas profondément le caractère ? Ç’a été de tout temps la grande affaire des gouvernements hébreux de retenir le peuple en place. D’abord venus en Égypte, 15 siècles avant J.-C., en grand nombre. A cette époque, l’Égypte pays peuplé, civilisé, attirait cette race de brocanteurs et de vagabonds, de bédouins. – Les rois du pays mécontents d'eux, comme plus tard les rois d'Europe au moyen âge. Efforts de Moïse pour les nationaliser, en leur donnant un territoire et une patrie. Recommandations contre les Gentils. – Encouragements à l'Agriculture. – Conseils de rester chez eux. Sous Cyrus, efforts de Néhémie pour les ramener. Très peu reviennent. Incapables de rester en place et de former une centralisation : discordes, révoltes, schismes (royaumes d'Israël et de Juda), trahisons. – Appellent les Romains, puis les veulent rejeter. Partis, sectes haineuses, irréconciliables, insociables. – L'état naturel des Juifs est de vivre sur les autres peuples, dispersés : leur réunion en corps de nation serait pour eux un état insupportable, contraire à leur nature. Tous les chefs Juifs ont connu cette disposition, et en ont prévu les effets, qu'ils ont toujours présentés comme une calamité, desolatio. – Efforts nouveaux des Machabées, trahis par la nation. Dès avant Tite et Adrien, Juifs en grand nombre à Rome, Alexandrie, Corinthe, dans toute l'Asie mineure. Ont des synagogues partout (cf. les voyages de St Paul). Jérusalem n'était pour eux qu'un lieu de pèlerinage, et de dévotion (la Ville sainte), comme la Mecque pour les Arabes. Jérusalem entre leurs mains n'était qu'un tison de fanatisme : ces hommes qui pouvaient vivre parmi les autres peuples sans s'y mêler, ne pouvaient par la même raison être censés citoyens d'une ville et y souffrir d'autorités autre que la leur, de là leur haine infatigable contre le païen; comme aussi, ne pouvant vivre que contenus par une force supérieure, ils ne pouvaient que se dissoudre, une fois qu'ils se trouvèrent agglomérés et livrés à eux-mêmes. De là la légende que Julien ayant entrepris de rebâtir le temple, il sortit de la terre des flammes qui brûlèrent les ouvriers. Les Juifs, race insociable, obstinée, infernale. Premiers auteurs de cette superstition malfaisante, appelée catholicisme ; dans laquelle l'élément juif furieux, intolérant, l'emporta toujours sur les autres éléments grecs, latins, barbares, et fit si longtemps le supplice du genre humain. Martyrs, confesseurs, fanatiques, sortis de cette tendance. (Inquisition, ascétisme, haines religieuses, pouvoir temporel de l’Église, etc., etc., etc.) Ainsi l'influence de l'élément juif dans le christianisme est expliquée par le caractère de cette nation ; beau morceau d'histoire à traiter. Le christianisme commence à redevenir un peu plus humain : le point de départ de ce mouvement anti-judaïque est Ignace de Loyola. – Morale relâchée des juifs, accommodements avec le Ciel (cf. dogmatisme relâché du P. Lacordaire). St Paul est tout juif. – Ses maximes intolérantes empruntées à l’Évangile : Sit vobis, sicut ethnicus et publicanus.

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Qu’est-ce que la propriété ? Premier mémoire sur la propriété (1840)

On vole : 1° en assassinant sur la voie publique ; 2° seul ou en bande ; 3° par effraction ou escalade ; 4° par soustraction ; 5° par banqueroute frauduleuse ; 6° par faux en écriture publique ou privée ; 7° par fabrication de fausse monnaie. Cette espèce comprend tous les voleurs qui exercent le métier sans autre secours que la force et la fraude ouverte : bandits, brigands, pirates, écumeurs de terre et de mer, les anciens héros se glorifiaient de porter ces noms honorables, et regardaient leur profession comme aussi noble que lucrative. Nemrod, Thésée, Jason et ses Argonautes ; Jephthé, David, Cacus, Romulus, Clovis et tous ses descendants mérovingiens ; Robert Guiscard, Tancrède de Hauteville, Bohémond et la plupart des héros normands, furent brigands et voleurs. Le caractère héroïque du voleur est exprimé dans ce vers d’Horace parlant d’Achille : Jura neget sibi nata, nihil nonarroget armis et par ces paroles du testament de Jacob (Genèse, ch. 48), que les juifs appliquent à David, et les chrétiens à leur Christ : Manus ejus contra omnes ; Sa main fait le vol, ou la vole, sur tous. De nos jours le voleur, le fort armé des anciens, est poursuivi à outrance ; son métier, aux termes du Code, entraîne peine afflictive et infamante, depuis la réclusion jusqu’à l’échafaud. Triste retour des opinions d’ici bas ! On vole : 8° par filouterie ; 9° par escroquerie ; 10° par abus de confiance ; 11° par jeux et loteries. Cette seconde espèce était encouragée par les lois de Lycurgue, afin d’aiguiser la finesse d’esprit et d’invention dans les jeunes gens ; c’est celle des Ulysse, des Solon, des Sinon, des juifs anciens et modernes depuis Jacob jusqu’à Deutz, des Bohémiens, des Arabes, et de tous les sauvages. Sous Louis XIII et Louis XIV, on n’était pas déshonoré pour tricher au jeu, cela faisait, en quelque sorte, partie des règles, et beaucoup d’honnête gens ne se faisaient aucun scrupule de corriger, par un adroit escamotage, les caprices de la fortune. Aujourd’hui même, et par tous pays, c’est un genre de mérite très considéré chez les paysans, dans le haut et le bas commerce, de savoir faire un marché, ce qui veut dire, duper son homme.

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Lettre à M. Blanqui, Deuxième mémoire sur la propriété (1841)

La propriété à son premier terme est presque nulle réduite à une exploitation personnelle, elle n’est propriété que puissanciellement. A son second terme elle existe dans toute sa plénitude, elle est vraiment propriété. Dans la période de division des propriétés, la société se régénère, profite, grandit, et s’élève bientôt au faîte de la puissance : ainsi les Juifs sortis de Babylone avec Esdras et Néhémias devinrent en peu de temps plus puissants et plus riches qu’ils n’avaient été sous leurs rois ; Sparte vécut heureuse et forte dans les deux ou trois siècles qui suivirent la mort de Lycurgue ; les plus beaux temps d’Athènes furent ceux de la guerre médique ; Rome, dès l’origine divisée en deux castes, les exploiteurs et les exploités, ne connut jamais de repos.

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Lettre à M. Considerant, Avertissement aux propriétaires, Troisième mémoire sur la propriété (1841)

Laissons les législations plus ou moins communistes des Égyptiens, des Juifs, de Minos, de Lycurgue, ainsi que les institutions des pythagoriciens et des thérapeutes : tous ces vieux essais d’organisation politique ne prouvent rien pour l’ordre à venir ; la propriété les a tués, tout simplement parce qu’ils n’étaient point nés viables, et qu’elle devait avoir son tour de règne et son temps de durée.

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Création de l’Ordre (1843)

La rigueur des lois pénales décroît à mesure que la société se perfectionne : de même aussi la religion s’affaiblit, à mesure que l’idée de Dieu s’épure et que la raison se fortifie ; l’Égalité grandit, en même temps que le privilège et la propriété périclitent ; le lien conjugal se resserre, pendant que l’attrait des sens s’amortit. La progression vers le mieux est générale : le commerce amène l’union des peuples et la communauté des intérêts ; les jalousies de nation à nation s’éteignent ; le juif et le chrétien se confondent dans l’exercice du même droit, et déjà l’on aime à prévoir la réalisation d’une paix universelle.

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Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère (1846)

Enfin la propriété, comme toute religion encore, est soumise à la loi de développement. Ainsi on la voit tour à tour simple droit d'usage et d'habitation, comme chez les Germains et les Arabes ; possession patrimoniale, inaliénable à perpétuité, comme chez les juifs ; féodale et emphytéotique comme au moyen âge ; absolue et circulable à la volonté du propriétaire, telle à peu près que la connurent les Romains, et que nous l'avons aujourd'hui. Mais déjà la propriété, parvenue à son apogée, tourne vers son déclin : attaquée par la commandite, par les nouvelles lois d'hypothèque, par l'expropriation pour cause d'utilité publique, par les innovations du crédit agricole, par les nouvelles théories sur le louage, etc., le moment approche où elle ne sera bientôt plus que l'ombre d'elle-même.

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Solution du problème social (1848)

N. B. Solution du problème social n’est pas à proprement parler une « œuvre » de Proudhon. Le texte n'a d'ailleurs pas été repris dans l'édition Marcel Rivière des Œuvres complètes. Il s’agit d’articles réunis en brochures puis en livre qui tentent de convaincre les Montagnards de créer une banque d’État de crédit gratuit pour lutter contre la spéculation et l’agiotage. Proudhon emploie, par conséquent, des arguments et un langage communément employé dans l’extrême-gauche de l’époque. Devant l’indifférence quasi générale, il se lancera dans son projet de banque privée, la Banque du Peuple. Proudhon emploie rarement le mot juif dans son expression populaire de marchand d'argent, que la personne soit juive, chrétienne, athée..., peu importe. Il le fait ici. C'est pourquoi ces lignes me semblent intéressantes.

Ainsi donc l’autorité, toujours l’autorité ! Voilà ce qui préoccupe l’Assemblée nationale. De quelque côté qu’elle se tourne, elle ne rêve qu’autorité et pouvoir, autorité vigoureusement constituée et pouvoir fort ! Vive la République ! pour nos constituants, est la même chose que Vive le gouvernement ! - Comprenez-vous enfin, hommes de la Révolution, que votre démocratie n’est qu’une monarchie qui n’ose pas s’avouer, une monarchie de mauvaise foi ? Comprenez-vous que l’idéologie politique ne sert absolument de rien pour créer l’égalité, même politique ; qu’aussi longtemps qu’on n’aura pas trouvé, par la science économique, la pondération des intérêts, on n’aura pas davantage la pondération des pouvoirs et la pondération des libertés, et qu’on sera forcé d’organiser, au-dessus des libertés et des intérêts en lutte, une autorité toujours plus concentrée, c’est-à-dire toujours plus personnelle, toujours plus arbitraire, pour contenir, réprimer, trancher, pour en finir avec tout intérêt qui réclame et toute liberté qui résiste ? On dit aussi que MM. Rothschild sont en ce moment réunis à Paris pour rétablir et consolider le crédit européen. Remarquez la coïncidence !... Les Juifs donc, encore les Juifs et toujours les Juifs ! Sous la République, comme sous Louis-Philippe, comme sous Louis XIV, nous sommes à la merci des Juifs. Or, si les Juifs se chargent de rétablir le crédit, il en sera de la question sociale comme de la question politique. Le crédit continuera d’être un mensonge ; le prolétaire continuera d’être exploité par le bourgeois : la prétendue organisation du travail ne sera qu’une restauration du capital. Féodalité politique et féodalité mercantile, voilà, en trois mots, ce que sera devenue la Révolution ! Les contre-révolutionnaires, les connaissez-vous, à présent, citoyens ?

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Il y a deux espèces de contre-révolutionnaires, suivant que nous jugeons la contre-révolution au point de vue politique ou au point de vue économique. La première espèce comprend tous ceux qui se sont désignés eux-mêmes sous le nom de républicains-démocrates, par un semblant d’opposition avec les républicains-monarchistes, leurs compétiteurs et leurs compères. Entre les uns et les autres, il y a autant de différence qu’entre jaune et safran. Ce sont ces démocrates qui travaillent à concentrer et personnaliser le pouvoir, quand il faudrait disséminer et dépersonnaliser le pouvoir ; qui appellent les écus au secours de la République, quand il faudrait apprendre aux républicains à se passer des écus ; qui veulent que le travail soit commandité (exploité) par le capital, tandis que le travail doit créer le capital de rien, et se commanditer lui-même par la réciprocité de l’échange. La seconde espèce de contre-révolutionnaires se compose de tous les prêteurs d’argent et d’instruments de travail, représentants de la féodalité mercantile, agricole, industrielle, financière ; suppôts de la royauté in utroque jure, politique et économique ; auteurs de toutes les restaurations, fauteurs de toutes les tyrannies, et qui reconnaissent pour chefs les juifs. Quant à nous, nous sommes purement et simplement républicains, sans augmentatif ni diminutif. - Nous ne sommes ni royalistes, ni démocrates, ni juifs ; nous nions le pouvoir et le numéraire ; nous soutenons que le crédit, pour s’exercer, n’a pas plus besoin de la garantie des pièces de cent sous que la liberté n’a besoin, pour faire route, du laisser-passer d’un citoyen monarque ou d’un citoyen-président. Aussi pouvons-nous dire avec vérité que nous sommes de la Révolution, et que nous poursuivons l’œuvre de la Révolution. Nous protestons contre le retour des juifs et la restauration monarchique ; nous sommes en permanence d’insurrection contre le capital et contre le pouvoir.

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Mais quoi ! le gouvernement du 10 décembre s’est donné la mission de sauver la société des terribles mains du socialisme ! Il vaut mieux que le prolétaire périsse sous la présidence de Louis Bonaparte, avec M. Faucher et son honorable ami M. Thiers, que de vivre par les soins du citoyen Proudhon ! Le prolétaire occupé, nourri, enrichi par un socialiste ! Horreur ! Le socialisme, pour la République honnête, c’est comme pour les juifs la chair de porc !

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Confessions d’un révolutionnaire (1849)

Comment les thaumaturges en ont-ils fait [de Dieu] un être fixe et personnel, tantôt roi absolu, comme le dieu des Juifs et des chrétiens, tantôt souverain constitutionnel comme celui des déistes, et dont la Providence incompréhensible n’est occupée, par ses préceptes comme par ses actes, qu’à dérouter notre raison ?

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Le principe du gouvernement de Juillet, fondé par et pour la classe moyenne, était donc la propriété, le capital. Sous une forme monarchique, l’essence de ce gouvernement était la bancocratie. C’est ce qu’a exprimé le plus spirituel des écrivains socialistes, M. Toussenel, dans le titre de son curieux ouvrage : Les Juifs, rois de l’époque.

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Les politiques du droit divin, argumentant de la constitution même du pouvoir prétendu démocratique, ont démontré à leurs adversaires que ce pouvoir relevait nécessairement d’un autre principe que la souveraineté du peuple, qu’il relevait de la théocratie, dont la monarchie n’est, ainsi que je l’ai dit, qu’un démembrement. Le gouvernementalisme, remarquez-le bien, n’est point issu d’une doctrine philosophique, il est né d’une théorie de la Providence. Chez les modernes, comme dans l’antiquité, le sacerdoce est le père du gouvernement. Il faut remonter d’abord à Grégoire VII, puis de celui-ci jusqu’à Moïse et aux Égyptiens, pour retrouver la filiation chez les peuples chrétiens, des idées gouvernementales, et l’origine de cette funeste théorie de la compétence de l’État en matière de perfectibilité et de progrès. Moïse, s’obstinant à faire une société de déistes d’une peuplade idolâtre à peine sortie des habitudes anthropophages ne réussit qu’à la tourmenter pendant douze siècles. Tous les malheurs d’Israël lui vinrent de son culte. Phénomène unique dans l’histoire, le peuple hébreu présente le spectacle d’une nation constamment infidèle à son dieu national, - parlons plus juste, à son dieu légal, car Jéhovah n’est juif que d’adoption, - et qui commence seulement à s’attacher à lui, lorsque après avoir perdu son territoire, n’ayant pas un rocher où elle puisse dresser un autel, elle arrive à l’idée métaphysique de Dieu par la destruction de l’idole. C’est vers le temps des Macchabées, et surtout à l’apparition du Christ, que les Juifs se prennent de cœur pour le culte moïsiaque : il était dans la destinée de cette race d’être toujours en retard sur ses institutions.

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A l’exemple de Moïse et du sacerdoce aaroniquel, les papes, leurs successeurs, voulurent aussi pétrir au gré de leur catholicisme farouche les populations naïves du moyen âge. Le règne de cette papauté initiatrice, fut pour les races chrétiennes, comme l’avait été l’influence du sacerdoce pour les Juifs, une longue torture.

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Ah ! grands politiques, vous montrez le poing au capital, et vous voilà prosternés devant la pièce de cent sous ! Vous voulez exterminer les Juifs, rois de l’époque et vous adorez (en jurant, c’est vrai !) le Veau d’or ! Vous dites, ou vous laissez dire, que l’État va s’emparer des chemins de fer, des canaux, de la batellerie, du roulage, des mines, des sels ; qu’on n’établira plus d’impôts que sur les riches, impôt somptuaire, impôt progressif, impôt sur les domestiques, les chevaux, les voitures et tous les objets de prix ; qu’on réduira, avec le nombre des emplois, le chiffre des traitements, les rentes, la propriété. Vous provoquez la dépréciation de toutes les valeurs financières, industrielles, immobilières ; vous tarissez la source de tous les revenus ; vous glacez le sang dans les veines au commerce, à l’industrie, et puis vous conjurez le numéraire de circuler ; vous suppliez les riches épouvantés de ne pas le retenir. Croyez-moi, citoyens dictateurs ; si c’est là toute votre science, hâtez-vous de vous réconcilier avec les juifs ; renoncez à ces démonstrations de terrorisme qui font courir les capitaux après la révolution comme les chiens après les sergents de ville. Rentrez dans ce statu quo conservateur au delà duquel vous n’apercevez rien, et dont vous n’auriez jamais dû sortir ; car, dans la situation équivoque où vous êtes, vous ne pouvez vous défendre de toucher à la propriété ; et, si vous portez la main sur la propriété, vous êtes perdus. Vous avez déjà un pied dans la banqueroute...(Tout ce paragraphe est repris de Solution du problème social)

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Que mes lecteurs se rassurent, et ne craignent pas en me lisant de respirer une odeur infernale. Ce que M. Donoso-Cortès dit de moi est mot pour mot ce que les Jésuites de Jérusalem disaient de Jésus, il y a de cela près de 1 900 ans : Il a le diable au corps, Doemonium habet ! Après les Juifs, les Païens se servirent du même argument pour martyriser les premiers Chrétiens, l’Église pour brûler les hérétiques et les sorciers. M. Donoso-Cortès, qui n’est pas moins, à ce qu’il paraît, de sa religion que de son pays, ne pouvait manquer de suivre ces exemples. Autant qu’il est en lui, il me passe la chemise soufrée, il me couvre du san-benito, et au prochain auto-da-fé, il criera au bourreau : Allume !

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« Voici quel sera le statut royal », la Constitution du gouvernement, avait dit Samuel, lorsque les délégués du peuple vinrent le sommer de leur sacrer un roi. Remarquez cela : c’est le prêtre qui donne l’investiture au roi ; chez tous les peuples, même en révolte contre le sacerdoce, le pouvoir est de droit divin. « Il prendra vos fils pour en faire des conscrits, et vos filles pour en faire des cantinières et des femmes de chambre. Et quand il se sera fait une force, il mettra des impôts sur les personnes, sur les maisons, les meubles, les terres, le vin, le sel, la viande, les marchandises, etc., afin d’entretenir ses soldats, de payer ses employés et ses maîtresses. Et vous serez ses serviteurs. » C’est en ces termes que Samuel, le successeur de Moïse, exposait la future constitution politique ; et tous nos publicistes, depuis l’abbé Siéyès jusqu’à M. de Cormenin, sont d’accord avec lui. Mais que pouvait une critique anticipée contre la nécessité du moment ? Le sacerdoce avait mal servi l’ordre ; on l’éliminait ; c’était justice. Si le nouveau gouvernement se montrait infidèle ou incapable, on le traiterait de même, jusqu’à ce qu’on fût arrivé à la liberté et au bien-être ; mais on ne reviendrait point en arrière : voilà l’argument de toutes les révolutions. D’ailleurs, les convoitises du jour, d’accord avec les besoins de l’époque, bien loin de s’effrayer des sinistres avertissements du prêtre, y trouvaient leurs plus ardentes excitations. La constitution politique, en effet, c’est-à-dire la royauté, n’était-ce pas, d’abord, l’impôt, et par conséquent des honneurs et des sinécures ? N’était-ce pas le monopole, la rente, la grande propriété, par conséquent l’exploitation de l’homme par l’homme, le prolétariat ? N’était-ce pas, enfin, la liberté dans l’ordre, comme dit Louis Blanc, la liberté entourée de piques et de flèches, et par conséquent l’omnipotence du soldat ? Tout le monde en voulait donc : les Phéniciens, les Anglais de ce temps là, en jouissaient depuis longtemps ; comment le peuple juif, qui se disait lui aussi le Messie des nations, comme nous autres Français, Polonais, Hongrois et Cosaques, car il paraît que c’est une manie, nous avons la vanité de nous dire, serait-il demeuré en arrière de ses voisins ? En vérité, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, pas même le constitutionnalisme, la christomanie et l’anglomanie.

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Défaisons-nous de ce nationalisme, renouvelé des Romains, des Grecs, des Arabes, des Juifs, des Égyptiens, des Assyriens, des Perses, des Indiens, des Chinois, des Mongols, de tous les peuples, civilisés et barbares, qui ont joué un rôle dans l’histoire ; nationalisme dont nous partageons encore aujourd’hui le ridicule avec les Américains, les Anglais, les Allemands, les Slaves, les Magyars, que sais-je ? les Cosaques du Don et de la mer Noire. Non, il n’est pas, historiquement ou providentiellement parlant, de préséance entre les peuples ; et la preuve, c’est qu’il n’existe aucune nation, si petite soit-elle, qui, dans les siècles anciens ou dans les temps modernes, n’ait eu le droit, à un moment donné, de se regarder comme le foyer du mouvement et le sommet de la société. Si ce rôle messianique, que tant de races ont tour à tour rempli, semble échoir à certains pays plus souvent qu’à d’autres, cela tient uniquement à des nécessités de circonstance et de position, dans lesquelles la volonté et la vertu nationale n’entrent absolument pour rien.

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Idée générale de la Révolution (1851)

N’est-ce donc pas de l’athéisme, ou pour mieux dire de l’anti-théisme , que cette indifférence qui nous fait payer et protéger également le juif, le chrétien, le mahométan, le grec, le papiste et le réformé ? N’est-ce pas de l’athéisme et du plus raffiné, que cet esprit philosophique qui considère les faits en eux-mêmes, dans leur évolution, leur série, leurs rapports, sans se préoccuper jamais d’un principe premier ou d’une fin des fins ? On comprendra que Crédit gratuit et autres formules ne sont pour nous que le premier pas hors du passé ; mais que l’avenir, dans sa plénitude, se dérobe ; qu’il n’est guère permis de se figurer que sous un symbole, plus ou moins mythique, que j’appelle Anarchie, comme d’autres l’appellent Fraternité. Alors aussi, on concevra comment et pourquoi les sectes ne sont rien, ni les systèmes ; pourquoi le vrai révolutionnaire ne travaille qu’au jour la journée; pourquoi la destinée de l’homme est un vide, un hiatus placé au devant de nous. Ce sont les enfants qu’on amuse avec des perspectives systématiques. C’est encore le Peuple, incapable de concevoir qu’il doit aller toujours, comme le Juif errant, et qui aime à se reposer avec Cabet, Fourier, etc., sous les ombrages de la Communauté et de l’Association. Le Peuple, comme la réaction, voudrait en finir ; or, je vous le répète, il n’y a point de fin

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La Révolution sociale démontrée par le coup d’État (1852)

Nous ressemblons aux soldats de Titus, qui, après la prise du Temple, ne pouvaient revenir de leur surprise, en ne trouvant dans le sanctuaire des Juifs ni statue, ni bœuf, ni âne, ni phallus, ni courtisanes. Ils ne concevaient pas ce Jéhovah invisible : c’est ainsi que nous ne concevons pas la Liberté sans proxénètes !

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En 1852, les catholiques, sous prétexte qu’ils sont la majorité, mettent hors de l’instruction publique les dissidents, ôtent les chaires, ferment les écoles aux protestants et aux juifs. En sorte que tout citoyen, qu’il ait ou non un intérêt de croyance, paye d’abord pour toutes les religions ; et s’il a le malheur d’être juif ou protestant, est excommunié, non pas comme juif ou protestant, mais comme faisant partie de la minorité religieuse, par les catholiques. Où est la liberté ? où est le rapport ?

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Philosophie du Progrès ( 1853)

Tout le monde est, chrétien, protestant, juif ou athée, monarchiste ou démocrate, communiste ou malthusien : tout le monde, blasphémant le Progrès, est enchaîné à l'Absolu.

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Eglise (1860)

N. B. Je ne reproduis pas les très nombreux paragraphes dans lesquels Proudhon parle des juifs de l'antiquité mais uniquement ceux dans lesquels il fait allusion aux juifs de son époque.

La Presse du 26 mars a réjoui ses lecteurs à propos du monopole que faisaient les bons pères de l’écorce de quinquina. Voici un fait moins connu, qui prouve combien la Compagnie fut de tout temps à l’unisson du clergé. En 89, lors de la rédaction des cahiers pour les Etats généraux, le clergé de Colmar émit le vœu que la faculté de prêter de l’argent fût ôtée aux juifs par toute l’Alsace ; dans le même temps le clergé de Schlestadt exprimait le désir que les maisons religieuses fussent investies, pour la même province, du privilège de la banque. Le trait mérite d’être conservé. Tandis que le vieux chêne de la féodalité terrienne tombait sous la hache révolutionnaire, le clergé alsacien, longtemps avant Fourier, Saint-Simon et les Pereire, devinait la féodalité financière : il organisait dans sa pensée la bancocratie, toujours bien entendu par esprit de religion.

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C’est un fait que toute l’antiquité, païenne et juive, s’est accordée à réprouver le prêt à intérêt, bien que ce prêt ne soit qu’une forme de la rente, universellement admise ; bien que le commerce tire de grands avantages du prêt et ne puisse aucunement s’en passer ; bien qu’il soit impossible, injuste même, d’exiger du capitaliste qu’il fasse l’avance de ses fonds sans émoluments. Tout cela a été démontré par les casuistes de notre siècle aussi bien que par les économistes ; et l’on sait que je ne fais aucune difficulté de reconnaître la légitimité de l’intérêt, dans les conditions d’économie inorganique et individualiste où a vécu l’ancienne société. Puisque l’Eglise, à l’exemple de la philosophie, revenant au sens commun, a cru devoir dans ces derniers temps se rétracter sur la question de l’intérêt, puisqu’elle a abjuré son ancienne doctrine, elle avait donc tort, elle était inique et insensée, quand elle proscrivait ce même intérêt à une époque où il réunissait tous les caractères de la nécessité, et partant du droit ? Comment l’Eglise justifie-t-elle cette variation ? Elle qui ne cessait jadis de crier haro sur les juifs à propos de leurs usures, et qui fut cause de tant de spoliations et de massacres, comment s’est-elle rangée à la fin du côté des publicains, des cahorsins, des lombards, des juifs ? Comment s’est-elle prosternée devant Mammon ?

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Voici que Louis Blanc et Daniel Stern, le premier dans son Histoire de la Révolution française, le second dans son Histoire de la Révolution de 1848, me reprochent d’avoir volé cette définition à Brissot de Warville, le chef du parti girondin. C’est Brissot, que je n’ai pas lu, qui aurait dit le premier : La propriété c’est le vol ! De par le tribun et la femme savante, je suis atteint et convaincu d’avoir brissoté Brissot. Deux mots faisaient ma gloire, elle m’est ravie. Il ne me reste que la honte du plagiat. Hélas ! qu’on dit bien vrai, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! Encore un peu, et je me vois dépouillé de toutes mes plumes. Le crédit réciproque ne m’appartient plus ; la banque du peuple, cette pauvreté, selon Daniel Stern, on vient de découvrir qu’elle est de l’invention de Napoléon Ier ; le crédit gratuit, cette folie, selon M. de Lamartine, à laquelle commencent à venir les adhésions en France et à l’étranger, se retrouvera tôt ou tard dans Ricardo ou quelque autre juif ; l’anarchie a été aperçue partout. Pauvre Erostrate que je suis ! quel temple d’Ephèse me reste-t-il à brûler, pour que la postérité parle de moi ?

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Voilà donc la religion bien et dûment exclue de la franc-maçonnerie, non pas en ce sens qu’elle exclut de son sein ni juif, ni chrétien, ni mahométan, et qu’elle se montre intolérante pour aucune opinion religieuse ; mais en ce sens qu’elle est, comme la Révolution, la Justice, la raison libre, au-dessus de toute religion. Accepter une profession de foi, pour la franc-maçonnerie, ce serait déroger, descendre : elle n’en veut pas.

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Bien loin qu’on reconnaisse l’immanence et l’universalité des idées, on va jusqu’à faire intervenir la Divinité et son irréconciliable antagoniste, le diable. Les chrétiens sont convaincus que le peuple juif a été choisi de Dieu pour recevoir le dépôt des vérités morales et religieuses, tandis que les nations idolâtres étaient livrées aux suggestions des démons. Les musulmans disent la même chose de Mahomet ; les Chinois, de Bouddha.

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La nature ne crée pas plus de bourgeois que de nobles : mais la distinction des classes une fois faite par le jeu des intérêts et des évolutions de la société, le bourgeois tend à constituer, comme autrefois le noble et le prêtre, un type à part, une race dans la race, aussi facile à reconnaître, par son langage, ses sentiments, ses habitudes, que le Chinois, le Juif, le Bohême, le Scandinave, le Tartare, l’Arabe, par leur physionomie. Le bourgeois est un vilain qui a quitté la glèbe pour le trafic et le métier, et qui s’est fait, par les affaires, une fortune plus ou moins rapide et considérable.

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Napoléon Ier s’était fait couronner empereur à Notre-Dame, par le pape. Ce n’était pas moins que la restauration du droit divin. Mais le peuple n’y regarde pas de si près. Pour lui, cette cérémonie, qui faisait passer la couronne du roi guillotiné sur le front d’un soldat jacobin, c’était la Révolution. Aujourd’hui, rien de semblable. Napoléon III assiste à la messe dans sa chapelle, comme Charles X ; il se passe de sacre, comme Louis-Philippe, dont il est même forcé de suivre les errements, en faisant des campagnes sans conquêtes, en protégeant les juifs, les bancocrates, les prêtres, en faisant la police de la France pour le compte de l’Europe, et muselant la Révolution.

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Le jacobinisme, par la ferveur même dont il est possédé, par ce zelotisme renouvelé des Juifs qui le caractérise, est donc avant tout dictatorial, inquisitorial, terroriste. Il se soucie peu du droit ; il procède volontiers par mesures violentes, exécutions sommaires ; c’est ce qu’il appelle gouverner révolutionnairement.

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[…] l’équilibre et la paix compromis partout en Europe ; une guerre générale toujours imminente, sans que personne puisse ni en justifier les motifs ni en faire entrevoir le but ; le monde, enfin, comme au moyen âge, livré aux entraînements de la multitude, aux entreprises des aventuriers, aux spéculations des lombards, cahorsins, juifs, mystificateurs et intrigants de toute sorte : Tel est à peu près le bilan de la France actuelle et, par la solidarité qui enchaîne les nations, d’une partie de l’Europe.

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Assez longtemps le Grec, le Romain, le Barbare, le Juif, l’Anglais, ont déteint sur notre race : l’un lui a donné sa religion, l’autre son droit ; celui-ci sa féodalité, celui-là son gouvernement.

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La guerre et la paix (1861)

[…] A côté des motifs religieux ou politiques, parfaitement avouables, se présente cette cause intime de la guerre, le paupérisme. […] La guerre dans les formes se comprendrait entre Grec et Romain, entre juif et gentil, entre hérétique et orthodoxe, entre républicain et aristocrate, s’il était possible de la réduire aux pures questions de nationalité, de religion, de gouvernement. Mais quel lien de droit, quel respect d’humanité pourrait subsister encore entre le spoliateur et le spolié, entre le cultivateur et le forban, entre le maître et l’esclave, entre le propriétaire et le partageux ?

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Du principe fédératif (1863)

La liberté des cultes déclarée loi de l’État, des rapports quelconques entre l’Église et l’État reconnus, il s’ensuit que tout ministre d’un culte, tout prêtre catholique par conséquent, tout évêque et tout moine, peut, en sa double qualité de citoyen et de prêtre, se faire élire représentant du peuple, être nommé sénateur, comme cela se pratique en France depuis 1848, voire même être porté à la présidence de la république, comme autrefois chez les Juifs et les Musulmans, sans que l’on puisse exciper d’aucune incapacité ou incompatibilité légale. Eh quoi ! vous avez une loi qui permet au prêtre d’accepter toute espèce de fonction gouvernementale, de mandat politique ; de devenir ministre, comme Granville, Ximenés, Richelieu, Frayssinous ; sénateur, comme MM. Gousset, Morlot, Mathieu ; représentant, académicien, comme l’abbé Lacordaire, et vous vous étonnez que dans un pays de religion et de sacerdoce, dans cette Italie pontificale, où la théocratie est de quinze siècles plus ancienne que Jésus-Christ, un évêque, le chef des évêques catholiques, soit en même temps prince d’un petit État de quatre millions de fidèles ! Commencez donc par abolir votre Concordat ; commencez par exclure le prêtre, que dis-je ? tout individu faisant profession de christianisme, du mandat électoral et des fonctions politiques ; commencez par proscrire, si vous l’osez, la religion et l’Église, et vous pourrez être admis à demander, pour cause d’incompatibilité, la destitution du Saint-Père. Car, je vous en préviens : pour peu que le clergé le veuille, pour peu qu’il lui plaise appuyer ses candidatures de quelques démonstrations de réforme et de progrès, en peu d’années il est sûr d’obtenir au scrutin populaire plus de nominations que la démocratie et le gouvernement réunis. Que dis-je ? C’est lui-même qui deviendra l’organe de la démocratie. Et prenez garde, si vous lui ôtez le Pape à Rome, qu’il ne vous le rende à Paris. Le suffrage universel opère de ces miracles.

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M. Guéroult a bien voulu me consacrer dans son journal deux ou trois articles. En homme qui sait son métier, il a commencé par me plaisanter sur la thèse et l’antithèse, oubliant que son patron, M. Enfantin, s’est fort occupé de ces curiosités métaphysiques et ne s’en est pas tiré heureusement. Puis il a fait de mon caractère une description peu flattée ; il a ri de ma tendresse subite pour ce pauvre Pie IX, qui n’aura bientôt plus pour le défendre, dit-il, que M. Guizot le protestant, M. Cohen le juif et M. Proudhon l’athée. Il a expliqué mon fédéralisme actuel par mon anarchie d’autrefois : bref, il a fait de son mieux pour démolir en moi l’idée par la déconsidération de l’écrivain.

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Cette politique unitaire que j’attribue à Mazzini, politique de raison d’État, de serment et de parjure, ne diffère absolument en rien de celle des Jacobins de 93, proscrivant au nom du peuple français les six septièmes du peuple français ; c’est la même que celle du patriciat romain, s’arrogeant droit de vie et de mort sur la milice citoyenne comme sur ses enfants et ses esclaves, et déléguant ce droit au consul ; c’est celle de Moïse faisant massacrer les Israélites idolâtres dans le désert ; de l’inquisition romaine et espagnole, envoyant au bûcher tout individu coupable ou seulement soupçonné d’hérésie ; de Ferdinand et Isabelle, bannissant de leurs foyers les Juifs et les Maures ; de Catherine de Médicis exécutant la Saint-Barthélémy ; de la sainte Ligue et des Jésuites, faisant assassiner tour à tour Guillaume le Taciturne, Henri III, Henri IV, etc. C’est la politique de toute théocratie, de tout absolutisme et de toute démagogie. Seul le système fédératif, fondé sur le libre contrat, faisant en conséquence de la pure justice sa maxime souveraine, est opposé à cette politique d’incendie et de carnage.

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De la capacité des classes ouvrières (1865)

L’idée de mutualité conduit à des conséquences prodigieuses, celle entre autres de l’unité sociale du genre humain. Le messianisme juif avait fait ce rêve : aucune des quatre grandes monarchies annoncées par Daniel ne remplit le programme.

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Moïse était venu le premier, disant au Juif : Tu ne prendras point d’intérêt à ton frère, mais seulement à l’étranger. Son but était surtout de prévenir la confusion et l’aliénation des héritages, menacées de son temps, comme du nôtre, par l’hypothèque. […] Jésus paraît à son tour, prêchant la fraternité universelle, sans distinction de Juif ni de Gentil, et généralisant la loi de Moïse : Tu prêteras à ton frère, israélite ou étranger, sans intérêt.

H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 1 janvier 2017 à 09:28 (CET)

PROUDHON ANTIRELIGIEUX ?[modifier le code]

Selon le théologien catholique Henri de Lubac, Proudhon n'était pas antireligieux, mais plutôt anticlérical, car il n'appréciait pas les comprissions de l'Église de son temps avec le pouvoir (Proudhon et le christianisme). Henri de Lubac reconnaît que Proudhon était très attaché à la justice sociale.Pautard (discuter) 31 décembre 2016 à 15:25 (CET)

RÉPONSE : Bien sur, Proudhon attaque régulièrement les liens entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique. Mais, plus même que la religion, Proudhon déteste la croyance, quelle qu'elle soit : « Parce que nous sommes à la tête d'un mouvement, ne nous faisons pas les chefs d'une nouvelle intolérance, ne nous posons pas en apôtres d'une nouvelle religion ; cette religion fût-elle la religion de la logique, la religion de la raison. Accueillons, encourageons toutes les protestations, flétrissons toutes les exclusions, tous les mysticismes ; ne regardons jamais une question comme épuisée [...] » (Lettre à Marx 17 mai 1846). Il n'aime pas être traité d'athée parce qu'il considère l'athéisme comme une religion. Je crois que Dieu existe ; je crois que Dieu n'existe pas. Cela dit, bien des pages du De la Justice dans la Révolution et dans l’Église (1858) ne laissent aucun doute. Il ne croit pas en la création du monde par Dieu, encore moins en une vie après la mort ou au créationnisme. Il renie même ce qu'il avait accepté dans ses tous premiers écrits de philologie (avant 1840), à savoir l'existence d'un couple unique à l'origine de l'humanité.

Mais sa démarche sera, dès les Contradictions économiques ou Philosophie de la misère (1846) la suivante : Eh bien soit. Imaginons que Dieu existe ; affirmons même son existence. Eh bien, son existence est incompatible avec l’existence de l’humanité. Par conséquent, qu’il existe ou n’existe pas un vieux barbu assis sur son nuage (peu importe le nom qu'on lui donne), l’être humain doit nier son existence et être athée, ce non pas malgré l’hypothèse de l’existence de Dieu mais à cause même de cette hypothèse.

Un des (nombreux) arguments qui revient régulièrement sous la plume de Proudhon est que l’humanité est par nature pluraliste et évolutive. Ce qui est vrai aujourd’hui ne l’était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Ce qui est vrai en occident ne l’est pas forcément en Asie, etc. Toute religion sans exception, car c’est dans la nature même de la religion, crée des lois éternelles et universelles. Toute religion est par nature en contradiction avec l'existence de l’humanité. C'est pourquoi il se qualifie d'antithéiste. Il me semble MAIS C'EST A VÉRIFIER qu'il est le premier à forger ce terme dans Idée générale de la Révolution :

« Le premier devoir de l’homme intelligent et libre est de chasser incessamment l’idée de Dieu de son esprit et de sa conscience. » (Contr. écon.)

« C’est d’après cette conception de l’objet divin que j’ai été amené tour à tour à nier Dieu et à protester contre l’accusation d’athéisme... J’ai appelé cette manière de résoudre le problème théologique Antithéisme pour exprimer tout à la fois, d'un côté, l'opposition entre le Dieu (fixe) de la conception métaphysique et le Dieu (progressif) de l'évolution historique ; de l'autre, la perfectibilité indéfinie de l'humanité, perfectibilité en vertu de laquelle l'homme se sanctifie de plus en plus et s'éclaire, mais sans pouvoir arriver jamais ni à la sainteté absolue ni à la science parfaite. En deux mots, je repousse le Dieu absolu des prêtres et la déité toujours incomplète de l’homme, bien que je reconnaisse la réalité de celle-ci : je n’adore rien, pas même ce que je crois, voilà mon antithéisme. » (Lettre à M. Robin, du 12 octobre 1851). La dernière phrase est clairement dirigée contre Feuerbach. Proudhon accepte l’idée que l’humanité, en se perfectionnant, devient progressivement Dieu, mais il nie qu’elle puisse jamais être Dieu, et ne veut pas qu’on l’adore.

L'intégralité de l’œuvre de Proudhon et ses traductions (opera omnia quocumque idiomate exarata) ont été mises à l'Index (liste de livres interdits aux catholiques) par le Vatican le 22 janvier 1852, avant même la publication du De la Justice... Au XIXe siècle cette décision est assez rare. Aucune œuvre de Marx, par exemple, n'a été interdite. Ce n'est pas parce que Proudhon dénonce les connivences entre clergé et pouvoir politique - la critique est courante - mais bien parce qu'il s'attaque aux fondamentaux de la religion.


H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 1 janvier 2017 à 09:07 (CET)

Merci pour cet éclairage très intéressant. Cela confirme que la pensée de Proudhon est complexe. Je n'ai pas encore lu Proudhon et le christianisme du cardinal de Lubac. Ce que j'ai glané sur la Toile pour l'instant semble indiquer que Proudhon avait une conception immanente de la justice sociale, mais que cela excluait la conception transcendante de la charité.Pautard (discuter) 4 janvier 2017 à 17:20 (CET)

RÉPONSE Oui, la pensée de Proudhon est toujours complexe (même sur la question des femmes !). Cela tient, entre autre, à sa dialectique qui s'efforce d'éviter les synthèses au profit d'une balance des antinomies. Logiquement, d'ailleurs, cela conduira Proudhon à proposer une organisation fédéraliste, donc pluraliste, (et non pas jacobine) de la société. La plupart des auteurs qui ont été amenés à rédiger des introductions aux différentes éditions de ses œuvres précisent qu'un livre de Proudhon est irrésumable. C'est pourquoi la grande majorité des miennes (pour l'édition TOPS) se contentent de rappeler le contexte historique dans lequel le livre a été écrit. Tenter de résumer sa pensée est toujours le trahir. C'EST ÉGALEMENT VRAI POUR CE QUE J’ÉCRIS. Sur la transcendance et l'immanence, je vous conseille de lire le De la Justice..., en particulier le chapitre IV (Réalisme de la Justice ; La transcendance et l'immanence) de la première Étude (Position du problème de la Justice) ; le chapitre VI (Age nouveau : la Révolution. Immanence et réalité de la Justice) de la deuxième Étude (Les personnes) et la note M (Immanence de la Justice) dans l'édition de 1860 de cette même deuxième Étude. Cela étant dit, quasiment tout le livre tourne autour de cette question. H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 5 janvier 2017 à 09:32 (CET)

LA PORNOCRATIE[modifier le code]

Que l'on puisse qualifier Proudhon de misogyne c'est indiscutable. Pour ma part, j’emploierais plutôt le terme de sexiste dans le sens où Proudhon affirme que les hommes et les femmes sont de natures différentes, et, ce qui est plus grave, que cela entraine un déterminisme en ce qui concerne leur rôle dans la société. Il va de soi que Proudhon ne parle pas des individus hommes et des individus femmes, mais des hommes et des femmes comme on peut parler de la bourgeoisie et du prolétariat. En revanche, plutôt qu'à la Pornocratie mieux vaut se référer aux deux études Amour et mariage dans le De la Justice dans la Révolution et dans l’Église, EN LES LISANT INTÉGRALEMENT et non pas en en retirant quelques phrases çà et là.

Suite à un scandale qui avait fait les beaux jours (et les belles recettes) de la presse people du temps (une lettre de Proudhon adressée à une saltimbanque !!!) Proudhon avait envisagé d'écrire un livre sur les femmes. Ses éditeurs (les frères Garnier) le suppliaient de l'achever, alors que, dans le même temps, ils lui signifiaient qu'ils refusaient de prendre le risque de publier quoi que ce soit de lui. Proudhon venait d'être condamné à trois ans de prison pour le De la Justice... mais, eux aussi, à un an, et même l'imprimeur. Sur la question des femmes ils ne risquaient rien et auraient pu gagner beaucoup d'argent. Ce livre, Proudhon ne l'écrira pas. Mais, aux deux chapitres du De la Justice..., Jenny d'Héricourt répondra par La femme affranchie et Juliette La Messine par Idées anti-proudhoniennes. On notera qu'il s'agit sans doute des tous premiers livres féministes écrits par des femmes. En réaction à la lecture de ces deux livres, et sous le coup de la colère, Proudhon constituera un dossier qu'il nommera La Pornocratie. Il n'en achèvera jamais la rédaction. C'est le document qui nous est parvenu. La Pornocratie est, en dehors même du contenu, un mauvais texte (probablement le plus mauvais de Proudhon) : Balourd, sans verve, sans idée originale, mal argumenté et mal écrit.

Proudhon avait demandé que toutes ses notes, ouvrages en cours, Carnets, etc., soient détruits à sa mort. Ses exécuteurs testamentaires n'avaient pas respecté ses vœux et avaient publié dès 1865 des dossiers qui contenaient des ouvrages en préparation ; c'est ce qu'on nomme les œuvres posthumes. La Pornocratie, elle, ne sera éditée que dix ans après la mort de Proudhon et après la mort de tous ses exécuteurs testamentaires (sauf un, Lacroix). Probablement Proudhon leur avait-il particulièrement parlé ce ce texte dont il avait pleinement conscience de la médiocrité. Voir toute l'affaire (car elle est à rebondissements) dans l'édition TOPS de la Pornocratie qui contient également les deux livres féministes (c'est ce qui en fait l'intérêt).

Enfin, et cela ne justifie en rien ses propos, on remarquera que, dans sa vie privée, Proudhon est irréprochable. Il ne fait pas partie de ces hommes qui tiennent des discours que l'on peut qualifier de féministes et qui multiplient les « conquêtes » gratuites ou payantes (comme Victor Hugo), ou refusent de reconnaître leurs enfants « illégitimes » (comme Marx). Dès le début de son mariage il considère sa femme comme la ménagère (« ménagère, dis-je, et non point servante »), c'est-à dire comme la responsable du ménage (de l'organisation au sein de la famille) et refuse qu'elle lui justifie ses dépenses. Il n'a jamais levé la main sur ses filles. Lorsqu'elles mettaient un peu trop de bazar et l'empêchaient de travailler, il lançait par terre un calot dont il avait l'habitude de se coiffer chez lui. Un point c'est tout. Voir dans l'édition Grasset de 1950 Lettres de Proudhon à sa femme la préface de la petite-fille de Proudhon et, p. 47, la lettre non datée (Déc. 1849 ? Proudhon est prisonnier) : « J'oubliais de vous prier d'user de l'argent que vous avez entre mains, pour tous les objets qui vous seront agréables. Je ne veux point de comptes. » H. Trinquier--82.67.178.182 (discuter) 27 novembre 2016 à 19:23 (CET)