Discours sur l'état de l'Union (Union européenne)

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Parlement européen à Strasbourg, où a lieu le discours sur l'état de l'Union

Le Discours sur l'état de l'Union est un événement annuel instauré par le Traité de Lisbonne[1] où le Président de la Commission européenne fait le bilan de l'action de l'exécutif européen tout en présentant les grandes lignes des futures propositions de la Commission européenne pour l'année à venir. Ce discours est prononcé au mois de septembre devant le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg. À l'origine, le Président de la Commission n'adressait un discours de politique générale qu'au début de son mandat, c'est-à-dire tous les cinq ans. Le discours sur l'état de l'Union permet ainsi d'expliquer et de discuter les objectifs et les projets de la Commission les quatre autres années, afin d'augmenter le contrôle du Parlement sur l'exécutif.

Ainsi, le premier discours sur l'état de l'Union fut prononcé par le Président de la Commission José Manuel Barroso en septembre 2010, un an après sa réélection.

Il est diffusé en direct via Europe by Satellite et sur europarltv.

Présidence de José Manuel Barroso[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Commission Barroso I et Commission Barroso II.

Discours sur l'état de l'Union de 2010[modifier | modifier le code]

Le 7 septembre 2010, José Manuel Barroso, participe à une session plénière du Parlement européen à Strasbourg, où il prononce son premier rapport sur l'état de l'Union. Le président de la CE a déclaré que les cinq grandes priorités pour 2011 ; principalement la gouvernance économique, la croissance, l'espace de liberté, de sécurité et de justice, le budget et les relations internationales[2].

Discours sur l'état de l'Union de 2011[modifier | modifier le code]

Dans le discours de José Manuel Barroso, celui-ci constate que des divergences se sont installées entre les différentes économies européennes alors que l'euro aurait dû permettre une forme de convergence. La méthode intergouvernementale, autour des initiatives franco-allemandes, a échoué et a contribué profondément au déséquilibre institutionnel ; la Commission européenne, qui devrait être la structure à l'initiative des propositions en matière de gouvernance économique, a été largement mise à l'écart par l'activisme de Nicolas Sarkozy dont le pays était à la présidence tournante de l'UE[3].

Discours sur l'état de l'Union de 2012[modifier | modifier le code]

Dans son discours du 12 septembre 2012, José Manuel Barroso ne se contente pas de présenter la politique de sa Commission pour l'année suivante, mais plaide pour un nouveau traité européen qui corrigerait les défauts de la zone euro et donnerait naissance à une « fédération d'États-nations ». Dans cette optique, il propose également aux partis politiques européens de se renforcer et de présenter chacun un candidat à la présidence de la Commission avant que ne commence la campagne pour les élections européennes de 2014, afin que les candidats puissent débattre et renforcer le caractère européen du scrutin, tout en permettant aux électeurs de choisir ainsi indirectement le futur Président de la Commission[4].

Discours sur l'état de l'Union de 2013[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 2013, José Manuel Barroso, prononce l'état de l'Union de 2013 à dans lequel il souligne un certain nombre de chiffres passés et évolutions qui ont donné à l'Europe de bonnes raisons d'être confiants. Il souligne que la reprise est en vue pour l'Europe, mais il est nécessaire de faire preuve de vigilance. À cette occasion, José Manuel Barroso a également prononcé un appel pour une plus grande intégration européenne face à des développements mondiaux[5].

Présidence de Jean-Claude Juncker[modifier | modifier le code]

Discours sur l'état de l'Union de 2015[modifier | modifier le code]

Le 9 septembre 2015, Jean-Claude Juncker a donné son premier discours sur l'état de l'Union. En matière institutionnelle, il a appelé à ce que le président de la Commission soit un président politique afin de donner de la visibilité à la fonction et améliorer la participation politique des citoyens.

Il aborde notamment la question de la crise des réfugiés. Il indique que 500 000 réfugiés syriens sont actuellement sur le territoire de l'Union, soit 0,11 % de la population européenne. Il appelle à une action déterminée de la part des États membres et de l'Union notamment pour aider la Hongrie, l'Italie et la Grèce[6]. Il en appelle à leur humanité et à leur justice historique[6]. Jean-Claude Juncker insiste aussi sur la cause de la crise des réfugiés, la guerre en Libye et en Syrie, et rappelle alors que, tant que les États européens combattront l'État islamique, ils devront aussi accueillir ceux cherchant leur protection. Il applaudit ainsi les efforts de la Jordanie et du Liban. Il propose une réforme du règlement Dublin II, qui indique que le pays où un demandeur d'asile doit introduire sa demande est celui dans lequel il est entré dans l'Union, afin d'alléger le poids sur les États membres. La Commission européenne propose ainsi un Fonds fiduciaire d'urgence pour résoudre les crises et prévenir l'apparition de nouvelles[6]. Il conclut sur ce sujet que la Commission allait proposer une politique européenne de la migration et l'asile début 2016[6].

Au sujet de la zone euro, il insiste sur le fait que la représentation internationale de la zone doit être améliorée. Le président de la zone euro doit être son seul représentant et doit être le seul à la représenter au FMI.

Discours sur l'état de l'Union de 2016[modifier | modifier le code]

Le discours du 14 septembre 2016 à Strasbourg, est notamment orienté vers les thèmes de la défense et de la sécurité, après plusieurs attentats et tentatives d'attentats dans différents pays européens, une crise migratoire majeure et le Brexit et même si la sécurité relève de la compétence des États, c'est « une Europe forte et qui protège » que va devoir représenter Jean-Claude Juncker[7]. Les autres priorités politiques de la Commission sont également évoquées avec la présentation d'une série d'initiatives[8] :

  • Emploi et croissance : « L'Europe doit investir résolument dans sa jeunesse, dans ses demandeurs d'emploi et dans ses start-up. Aujourd'hui, nous proposons de doubler la durée du Fonds européen pour les investissements stratégiques et de doubler sa capacité financière ».
  • Connectivité : « Nous proposons aujourd'hui d'équiper chaque village et chaque ville d'Europe d'un accès internet sans fil gratuit autour des principaux centres de la vie publique d'ici à 2020 ».
  • Droit d'auteur : « Je veux que journalistes, éditeurs et auteurs soient rémunérés équitablement pour leur travail, peu importe que celui-ci soit réalisé dans un studio ou dans un salon, diffusé hors ligne ou en ligne, publié via un photocopieur ou relié à un hyperlien sur internet à des fins commerciales ».
  • Union des marchés des capitaux : « Une économie presque totalement dépendante du crédit bancaire est mauvaise pour la stabilité financière. C'est également mauvais pour les entreprises, comme nous l'avons vu pendant la crise financière. C'est pourquoi il est maintenant urgent d'accélérer nos travaux concernant l'Union des marchés des capitaux. La Commission vous présente aujourd'hui une feuille de route concrète en ce sens ».
  • Migrations : « Aujourd'hui, nous lançons un plan d'investissement ambitieux pour l'Afrique et les pays du voisinage, susceptible de mobiliser 44 milliards d'euros d'investissements. C'est un montant qui peut aller jusqu'à 88 milliards d'euros si les États membres y contribuent ».
  • Sécurité : « Nous défendrons nos frontières avec l'aide de la nouvelle agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Je veux voir le déploiement, dès le mois d’octobre, d'au moins 200 garde-frontières et 50 véhicules supplémentaires aux frontières extérieures de la Bulgarie ».
  • Défense : « Pour garantir la solidité de la défense européenne, l’industrie européenne de la défense doit faire preuve d’innovation. C’est pourquoi nous proposerons, avant la fin de l'année, la création d'un Fonds européen de la défense, pour stimuler activement la recherche et l'innovation ».

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Discours du Président, M. Juncker, sur l'état de l'Union: le moment de l'honnêteté, de l'unité et de la solidarité », sur Commission européenne,‎ (consulté le 15 avril 2016).
  2. « Discours sur l'état de l'Union européenne : il y a quelque chose qui cloche… », sur Le Taurillon (consulté le 15 avril 2016).
  3. « Discours sur l'état de l'Union Européenne » (consulté le 15 avril 2016).
  4. « José Manuel Barroso : « Nous devrons évoluer vers une fédération d'États nations » – EurActiv.fr », sur Euractiv (consulté le 15 avril 2016).
  5. « Discours de José Manuel Barroso sur l'état de l'Union 2013 », sur Commission européenne (consulté le 15 avril 2016).
  6. a, b, c et d Zalan 2015
  7. Jean-Pierre Stroobants, « L'UE tente d’accroître ses efforts de sécurité », sur Le Monde,‎ (consulté le 13 septembre 2016).
  8. « Le discours sur l'état de l'Union 2016 du président Juncker », sur le site de la Commission européenne,‎ (consulté le 14 septembre 2016).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eszter Zalan, « Juncker: Migrant quotas must be 'compulsory' », EU Observer,‎ (lire en ligne)
  • Thierry Chopin et Michel Foucher, État de l'Union 2016, rapport Schuman sur l'Europe, Lignes de Repères, , 308 p. (ISBN 978-2-3660-9038-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]