Rhétorique politique

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La rhétorique politique a pour objet l´emploi du langage construit et développé par une personnalité politique à l'adresse des électeurs.

Le débat politique, du fait qu'il se base sur une confrontation d'opinions, est l'un des lieux privilégiés de la rhétorique qui peut prendre plusieurs formes principales et fondamentales.

Exemples de formes de rhétorique politique[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

De rhétorique politique, il est question depuis que la politique existe. Cicéron, dans son De Oratore, ne fait-il pas dire à Crassus :

« Rien ne me semble plus beau que de pouvoir, par la parole retenir l'attention des hommes assemblés, séduire les intelligences, entraîner les volontés à son gré en tous sens. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La petite histoire du slogan de campagne de Nicolas Sarkozy Le Figaro 2012
  2. William F. Fisher, Thomas Ponniah, Un autre monde est possible : pour une autre mondialisation, le Forum social mondial, Parangon, , 308 p..
  3. Valéry Giscard d’Estaing lance à François Mitterrand lors du débat présidentiel du 10 mai 1974 : « Je trouve toujours choquant et blessant de s’arroger le monopole du cœur. Vous n’avez pas, Mr Mitterrand, le monopole du cœur ! ». Mitterrand réplique le 5 mai 1981 : « Vous avez tendance à reprendre le refrain d’il y a 7 ans, l’homme du passé. C’est quand même ennuyeux que dans l’intervalle vous soyez devenu, vous, l’homme du passif ». Le 28 avril 1988, Jacques Chirac fait remarquer à François Mitterrand qu’ils n’étaient ni président ni Premier ministre. Son adversaire dégaine : « Mais vous avez tout à fait raison M. le Premier ministre », fixant avec dédain le candidat du RPR. Le 2 mai 1995, Lionel Jospin lance à Jacques Chirac « Il vaut mieux 5 ans de Jospin que 7 ans de Chirac ». Cf. « Les meilleures punchlines des débats présidentiels », sur ladepeche.fr, .
  4. Patrick Charaudeau, Le discours politique : les masques du pouvoir, Vuibert, , p. 27.
  5. Appelé aussi attention dirigée ou focalisée, il s'agit d'un concept en psychologie cognitive selon lequel l'auditeur du discours accorde plus d'attention aux informations du discours qui le confortent dans ce qu'il pense (biais cognitif fréquent face à des éléments contradictoires dans le même discours).
  6. La personnalité politique zoome ou dézoome sur la situation locale ou générale qui conforte son discours.
  7. (en) Keith G. Allred, « Relationship Dynamics in Disputes: Replacing Contention with Cooperation », dans Michael L. Moffitt et Robert Bordone, Handbook of Conflict Resolution, Jossey-Bass, 2005, p. 85
  8. Thomas Guénolé, Petit guide du mensonge en politique, First, (lire en ligne), p. 47.
  9. Si l'interlocuteur ne sait pas répondre, il passe pour un incompétent. S'il répond dans le même sens que la personnalité politique, cette dernière retire un avantage en terme d'ethos (elle renvoie l'image d'un professeur de son contradicteur.
  10. François Fillon assume un projet « radical car la situation est radicalement bloquée »
  11. Exemple : formulation politique du ni-ni.
  12. Charles de Gaulle lance, en pleine grève ouvrière : « Il faut que les travailleurs travaillent ».
  13. Figures de rhétorique qui consistent pour l'orateur à confondre ce qui est et ce qu'il voudrait qu'il soit.
  14. « Ai-je besoin de vous rappeler le bilan de… »
  15. « Je vois que vous allez me rétorquer ».
  16. (en) John Heritage et David Greatbatch, « Generating Applause: A Study of Rhetoric and Response at Party Political Conferences », American Journal of Sociology, no 92,‎ , p. 110-157.
  17. Exemples : substituer « mariage homosexuel » à « mariage pour tous » ; « politique d'austérité » à « politique de rigueur », « récession » à « croissance négative ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constantin Salavastru, Rhétorique et politique. Le pouvoir du discours et le discours du pouvoir, Éditions L'Harmattan, coll. « Psychologie politique », 2005, 215 p., (ISBN 2747576523)
  • Jacques Gerstlé, Christophe Piar, La communication politique, Armand Colin, , 256 p. (ISBN 2200602472, lire en ligne)
  • Pierre Merle, Politiquement correct : dico du parler pour ne pas dire, Editions de Paris, , 188 p. (ISBN 2846211485, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Opposition à la rhétorique politique[modifier | modifier le code]

Catégories[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]