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Discours de la Sorbonne

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Discours de la Sorbonne
Image illustrative de l’article Discours de la Sorbonne
Emmanuel Macron en septembre 2017.

Type Discours
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris
Coordonnées 48° 50′ 55″ nord, 2° 20′ 36″ est
Date

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Discours de la Sorbonne
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Discours de la Sorbonne

Le discours de la Sorbonne, aussi appelé discours pour une Europe souveraine, unie, démocratique, est une allocution prononcée par le président de la République française Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 à la Sorbonne. Quelques mois après son arrivée au pouvoir, il y détaille ses propositions visant à faire évoluer l'Union européenne. Si certaines mesures ont été adoptées, beaucoup d'autres n'ont en revanche pas été concrétisées à cause des nombreuses crises traversées par le continent les années qui ont suivi.

Contexte de l'allocution

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Il s'agit du troisième discours d'Emmanuel Macron sur l'Europe depuis son arrivée au pouvoir en mai, après une campagne qu'il avait notamment axé sur la défense de l'Union[1].

L'allocution est prononcée quelques jours après les élections fédérales allemandes de 2017 lors desquelles la chancelière Angela Merkel est arrivée en tête, d'une avance certes moins importante que celle prévue. Il semblait en effet important au président français de s'assurer que le couple franco-allemand serait bien en mesure de continuer à servir de moteur pour l'Europe[1]. Le nouveau gouvernement n'est alors pas encore formé, ce qui vaut certaines critiques à Emmanuel Macron qui tente par là d'influencer les thèmes de négociation entre les partis allemands[2].

Plusieurs centaines d'étudiants, français et étranger, assistent à l'allocution. L'allocution dure plus d'une heure et demi et est particulièrement animée[1].

Dans ce discours, Emmanuel Macron cherche à proposer des mesures ayant pour objectif de renforcer la souveraineté européenne, à travers des changements dans les domaines de la défense, de l'économie et de l'énergie par exemple[3].

Contenu des propositions

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Le chef de l'État propose la création pour 2020 d'une « force commune d'intervention » de l'Europe pour défendre militairement le territoire de l'Union. Elle s'inscrirait dans une nouvelle « doctrine commune » visant à coordonner les réponses de chaque État membre. Un budget commun dédié à la défense du continent est aussi proposé[1].

Cependant, ces propositions font face à une réticence historique des autres pays européens, qui craignent une dépendance à la politique étrangères de la France[2]. Un fonds européen de la défense, déjà dans les tuyaux depuis 2016, est rapidement ouvert par la suite. L'initiative européenne d'intervention est lancée elle en 2018 et réunit alors 13 pays. L'invasion de l'Ukraine par la Russie à partir de 2022 sert par la suite de catalyseur pour les projets européens dans le domaine[4]. La déclaration de Versailles, adoptée en mars 2022, affirme ainsi l'objectif de renforcer les capacités militaires européennes[3].

Emmanuel Macron appelle à la mise en place d'un parquet européen de lutte contre le terrorisme. L'instauration d'un parquet européen est déjà en cours de négociation mais devrait en principe être limité aux affaires de détournement des fonds communautaires. La création d'une école européenne du renseignement est aussi proposée pour créer des liens entre les services secrets de chaque pays. Du point de vue de la sécurité civile, la hausse due au changement climatique des catastrophes naturelles implique selon lui de créer une « force européenne de protection civile »[1],[2].

Immigration

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Alors que la crise migratoire européenne s'installe dans la durée, Emmanuel Macron souhaite la création d'un office européen de l’asile chargé de mettre en place des procédures et des fichiers harmonisés et interconnectés sur le continent. Une police européenne des frontières pourrait selon lui responsable de la maîtrise des frontières. Un programme dédié à la formation et à l'intégration des réfugiés est aussi proposé[1].

La question de l'imposition est largement évoquée. Emmanuel Macron appelle à la généralisation d'une taxe sur les transactions financières au niveau de l'Union européenne, qui existe alors seulement en France et au Royaume-Uni. Elle serait entièrement consacrée à l'aide au développement. Une coopération plus importante en Europe existe déjà sur ce sujet depuis 2013, mais aucun compromis n'a été négocié du fait de divergences entre les pays européens. Par ailleurs, un rapprochement des taux d'impôt sur les sociétés à travers la définition d'une fourchette commune est un objectif qu'il se donne pour 2020. Enfin, il souhaite l'instauration d'un salaire minimum qui serait adapté à la situation de chaque État membre et qui accompagnerait un encadrement des différences de niveaux des cotisations sociales[1],[2].

La compétitivité de l'Europe à l'international peut selon lui être améliorée en renforçant une politique budgétaire commune, c'est-à-dire en finançant de manière groupée des investissements nécessaires au sein de la zone euro. Des impôts dédiés abonderaient ce budget commun, qui serait piloté par un ministre des finances de la zone euro[1]. Par ces dernières propositions, Emmanuel Macron suggère la mise en place d'une Europe à deux vitesses en distinguant les pays membres de la zone euro de ceux seulement membres de l'Union[5].

Dans les années qui ont suivi, l'opposition de certains pays, comme l'Irlande, a limité ce souhait de convergence fiscale. Un taux minimum d'imposition de 15% a en revanche été adopté et est en vigueur à partir de 2024. La crise sanitaire a elle conduit à l'adoption d'un plan de relance commun financé avec des emprunts européens[4].

Environnement

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Le développement durable et la transition énergétique passent selon lui par une augmentation de la taxation sur le carbone. Il appelle à la fixation du prix du carbone au niveau européen à un niveau suffisant pour favoriser la transition écologique. De même, il souhaite mettre en place une taxe carbone aux frontières européennes afin de ne pas pénaliser les entreprises du continent[1]. Cependant, cette mesure fait l'objet d'une opposition de l'Allemagne notamment puisque la France serait avantagée par son mix énergétique bien plus décarboné. Emmanuel Macron propose enfin une meilleure interconnexion avec l'Espagne et le Portugal[2].

Le pacte vert pour l'Europe de 2020 devait être la consécration de la politique environnementale européenne. Ses mesures ont cependant été progressivement limitées pour maintenir la compétitivité économique du continent[4]. Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières est adopté en 2022 mais reste grandement limité par rapport aux objectifs initiaux[3].

Le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne dans lequel a lieu le discours[4].

Pour ne pas être distancé par les États-Unis dans le domaine de l'innovation, notamment dans le numérique, Emmanuel Macron veut qu'une agence européenne soit chargée de financer la recherche dans les nouveaux champs de recherche, notamment celui de l'intelligence artificielle. L'objectif est de créer des « champions européens » pouvant rivaliser avec leurs concurrents internationaux. Enfin, une taxe renforcée sur les entreprises du numérique permettrait de réduire l'optimisation fiscale[1].

En 2022 sont adoptés le règlement sur les marchés numériques et le celui sur les services numériques afin de réguler les GAFAM[4].

Démocratie

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Quelques mois avant les élections européennes de 2019, Emmanuel Macron propose de changer le mode de scrutin en mettant en place un système de listes transnationales qui aurait pour objectif de se développer progressivement. Il suggère par ailleurs de réduire la taille de la Commission européenne à 15 membres[1].

Des consultations citoyennes sont organisées en 2018 par Emmanuel Macron, mais l'initiative est un échec, surtout en dehors de la France[4]. Par ailleurs, il montre par la suite des réticences aux Spitzenkandidaten, têtes de listes des partis européens aux élections du Parlement, alors qu'il s'agit d'un des principaux outils de création de listes transnationales.

Emmanuel Macron se donne pour objectif que chaque étudiant européen parle deux langues du continent. Pour cela, il propose de généraliser les séjours à l'étranger de six mois dans le cadre des études, notamment à travers la mise en place de réseaux d'université au niveau européen[1]. Les années qui ont suivi, les premières universités européennes ont été créées pour poursuivre cet objectif[3].

Réactions au discours

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Réactions en Europe

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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker remercie Emmanuel Macron pour son « discours très européen », sortant du scepticisme qui l'avait caractérisé lors du discours précédent du président français sur l'Europe[5].

Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel se félicite du discours d’Emmanuel Macron, qui insiste sur le couple franco-allemand, et assure que la France peut « compter sur » l'Allemagne. En revanche, certaines personnalités politiques allemandes critiquent les possibles divisions européennes qu'entraîneraient les propositions françaises. Par ailleurs, l'appel à la création d'un budget européen commun est parfois vu comme une tentative de partager le poids de la dette française[5].

Réactions en France

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En France, le discours de la Sorbonne est critiqué par Marine Le Pen et Florian Philippot à l'extrême droite qui y voient un appel à une Europe fédérale. De l'autre côté du champ politique, Jean-Luc Mélenchon craint un « démentèlement » de la France dans l'Europe[5].

La proposition de taxe carbone aux frontières est favorablement reçue par Les Républicains, qui y retrouvent une idée de Nicolas Sarkozy[6].

Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j k et l « Les principales propositions d’Emmanuel Macron pour relancer le projet européen », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a b c d et e Yann Guégan et Jean-Sébastien Lefebvre, « L’Europe selon Emmanuel Macron, décryptage d’un discours aux accents de manifeste », Contexte,‎ (lire en ligne)
  3. a b c et d Yves Bertoncini et Thierry Chopin, « Cinq ans après, que reste-t-il du discours de la Sorbonne ? », Le Grand Continent,‎ (lire en ligne)
  4. a b c d e et f Maxime Dubernet de Boscq, « Que reste-t-il du discours de Macron de 2017 sur l’Union européenne ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  5. a b c et d « Le discours de Macron sur l'Europe divise », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  6. Florence Dartois, « Le plaidoyer pour l'Europe d'Emmanuel Macron à la Sorbonne en 2017 », Institut national de l'audiovisuel,‎ (lire en ligne)

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Articles connexes

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Liens externes

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