Discours de Phnom Penh

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Charles de Gaulle, en 1963.

Le discours de Phnom Penh est un discours prononcé par le Président de la République française Charles de Gaulle dans le stade olympique de la capitale du Cambodge, Phnom Penh, le , devant une foule de plus de 100 000 personnes.

Contexte[modifier | modifier le code]

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Durant sa brève existence, la Quatrième République a toujours eu une politique étrangère atlantiste. Depuis son retour au pouvoir en 1958, Charles de Gaulle a toujours proclamé la souveraineté et l'indépendance française, formant une alternative aux deux blocs dominés par les États-Unis et l'URSS, dans la même logique qui a été celle de la conférence de Belgrade de 1961 prônant le non-alignement, le Cambodge en étant d'ailleurs partie prenante.

Le stade olympique de Phnom Penh où fut prononcé le discours.

De Gaulle, en outre, a toujours donné son soutien aux États qui, comme lui, souhaitaient autre chose qu'une domination des deux « Grands ». À ce propos, le , Norodom Sihanouk, interviewé par le journaliste français François Chalais pour l'ORTF, déclare que « depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle, la France accorde un soutien résolu à notre politique d'indépendance, de paix et de non-alignement, ainsi qu'à la défense de notre intégrité territoriale. Elle consent, en outre, une aide inconditionnelle généreuse à notre édification nationale. C'est l'unique puissance occidentale qui reconnaisse sans réticence ni équivoque l'authenticité de notre neutralité et les progrès que nous avons réalisés par nos propres efforts et sacrifices ».

Depuis 1959, les États-Unis combattent au Viêt Nam, ancienne région de l'Indochine française, eux qui avaient critiqués l'intervention militaire française dans ces territoires quelques années auparavant. Ce discours est donc l'occasion pour de Gaulle de montrer, d'une part, que la France s'intéresse toujours à ses anciennes colonies et d'autre part, que la France n'adhère pas nécessairement à la politique étrangère des États-Unis. Comme une revanche, de Gaulle critique à son tour l'intervention américaine au Viêt Nam.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Si le discours eut un certain retentissement en France, il est difficile de lui trouver une incidence sur le cours des événements qui allaient suivre[1]. Les Américains, premiers visés par l'allocution, ne témoignèrent qu’un léger agacement et ne modifièrent en rien leur position sur la guerre au Viêt Nam[2]. La période qui suit correspond à une perte progressive de l’influence de Sihanouk sur les affaires du Cambodge. Alors que la présence des troupes du Việt Cộng se faisait de jour en jour plus sentir à l’est, les élites pro-américaines prenaient une importance croissante à Phnom Penh, jusqu’à déposer le prince en 1970, choisissant l’alignement sur Washington qui allait déclencher un engrenage précipitant le pays dans la guerre[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Pascale Fabre et Danièle Fabre, Histoire de l'Europe au XXe siècle, t. 4 : 1945-1974, Éditions Complexe, coll. « Pays et populations », , 275 p. (ISBN 9782870275948), p. 120.
  2. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press, , 414 p. (ISBN 9780300057522, présentation en ligne), chap. 4 (« Cambodia clouds over, 1963-1966 »), p. 150-151.
  3. Alain Forest (dir.) et al., Cambodge contemporain, Les Indes savantes, , 525 p. (ISBN 9782846541930), partie I, chap. 1 (« Pour comprendre l'histoire contemporaine du Cambodge »), p. 66-82.