Direction générale de la Traduction

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La direction générale de la Traduction (DGT) ou Directorate-General for Translation, en anglais, est le service de traduction de la Commission européenne. C'est l'un des services linguistiques les plus importants au monde, employant près de 2300 personnes[1] dont 1600 traducteurs[2] répartis dans les bureaux de Bruxelles et de Luxembourg. Leur mission principale est de fournir des services linguistiques et de traduire des textes à caractère législatif, politique mais aussi tout autre document ayant un intérêt pour la Commission Européenne, dans les 24 langues officielles de l'Union Européenne[3]. De cette manière, elle participe à la promotion du multilinguisme, régime linguistique de l'Union européenne.

Organisation de la DGT[modifier | modifier le code]

Depuis le 16 février 2011, Rytis Martikonis, dirige la DGT en tant que Directeur Général. La DGT est, elle-même, divisée en sous-directions [4]:

  • La Direction A : chargée de la traduction du bulgare, du tchèque, du danois, du finnois, de l'italien, du lituanien et du maltais.
  • La Direction B : chargée de la traduction du grec, de l'estonien, du polonais, du portugais, du roumain, du slovaque et du suédois.
  • La Direction C : chargée de la traduction de l'espagnol, de l'irlandais, du croate, du hongrois, du letton, du néerlandais et du slovène.
  • La Direction D : chargée de la terminologie et de la traduction de l'allemand, de l'anglais et du français.
  • La Direction R chargée des ressources humaines, financières, informatiques administratives.
  • La Direction S chargée de la stratégie de la traduction et multilingue (gestion de la demande, de la traduction externe, des études et des statistiques).
  • La DGT 01 chargée des affaires juridiques, inter-institutionnelles et internationales.
  • La DGT 02 chargée de la communication et de l'information.

Le multilinguisme[modifier | modifier le code]

Principe du multilinguisme[modifier | modifier le code]

En 1952, lors de la rédaction du traité de la CECA, les pays signataires de l'époque (France, Italie, RFA, Belgique, Luxembourg et Pays-Bas) ont décidé que cette nouvelle institution devait se différencier des autres de par son ouverture et sa diversité linguistique. Ainsi, le principe de « multilinguisme intégral » est né, offrant une reconnaissance identique à toutes les langues des pays membres. La DGT a donc pour mission d'aider la Commission Européenne à mettre en pratique ce principe de multilinguisme, qui est l'un des principes fondateurs de l'Union Européenne[5]. Il est l'objet même du règlement no 1 de 1958 et détermine le régime linguistique de la CEE.

Règlement no 1, 1958[modifier | modifier le code]

COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE EUROPÉENNE LE CONSEIL RÈGLEMENTS RÈGLEMENT Nº 1 portant fixation du régime linguistique de la Communauté Économique Européenne[6]

LE CONSEIL DE LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE EUROPÉENNE,

vu l'article 217 du Traité, aux termes duquel le régime linguistique des institutions de la Communauté est fixé, sans préjudice des dispositions prévues dans le règlement de la Cour de Justice, par le Conseil statuant à l'unanimité;

considérant que les quatre langues dans lesquelles le Traité est rédigé sont reconnues comme langues officielles chacune dans un ou plusieurs États membres de la Communauté;

A ARRÊTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

Les langues officielles et les langues de travail des institutions de la Communauté sont l'allemand, le français, l'italien et le néerlandais.

Article 2

Les textes adressés aux institutions par un État membre ou par une personne relevant de la juridiction d'un État membre sont rédigés au choix de l'expéditeur dans l'une des langues officielles. La réponse est rédigée dans la même langue.

Article 3

Les textes adressés par les institutions à un État membre ou à une personne relevant de la juridiction d'un État membre sont rédigés dans la langue de cet État.

Article 4

Les règlements et les autres textes de portée générale sont rédigés dans les quatre langues officielles.

Article 5

Le Journal Officiel de la Communauté paraît dans les quatre langues officielles.

Article 6

Les institutions peuvent déterminer les modalités d'application de ce régime linguistique dans leurs règlements intérieurs.

Article 7

Le régime linguistique de la procédure de la Cour de Justice est déterminé dans le règlement de procédure de celle-ci.

Article 8

En ce qui concerne les États membres où existent plusieurs langues officielles, l'usage de la langue sera, à la demande de l'État intéressé, déterminé suivant les règles générales découlant de la législation de cet État.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles le 15 avril 1958.

Par le Conseil

Le président

V. LAROCK

Promotion du multilinguisme [7][modifier | modifier le code]

Les événements[modifier | modifier le code]

Afin de promouvoir les métiers de la traduction et de favoriser l'apprentissage des langues au sein de l'Union Européenne, la DGT organise :

  • Des conférences ;
  • Un concours européen annuel des jeunes traducteurs, Juvenes Translatores, ouvert aux élèves du niveau secondaire. Les 28 lauréats sélectionnés (1 de chaque pays membre) sont invités à Bruxelles pour participer à une remise des prix.
  • Des visites : quiconque ayant un intérêt pour la traduction (étudiants, professionnels) peut, sur demande, visiter les locaux de Bruxelles et de Luxembourg.

Les programmes[modifier | modifier le code]

La DGT a également développé :

  • Le Réseau EMT (European Master's in Translation ou Master européen en traduction) qui regroupe 54 établissements d'enseignement supérieur européens offrant des formations de niveau master. Le label de qualité EMT leur est attribué.
  • Le programme VTS (Traducteur Invité) qui consiste à envoyer des traducteurs travaillant pour le compte de l'Union Européenne dans des universités afin de promouvoir le multilinguisme et les métiers de la traduction au sein des Institutions Européennes.

Les projets[modifier | modifier le code]

En 1999, la DGT a lancé le projet IATE (Terminologie interactive pour l'Europe) visant à constituer une base de donnée terminologique européenne. Elle compte aujourd'hui un peu plus de 8 millions de termes disponibles dans les 24 langues officielles de l'UE[8].

D'autres projets ont aussi leur importance et permettent aux citoyens européens et traducteurs d'avoir accès aux différentes ressources linguistiques de l'UE. Peuvent être cités :

  • EUR-Lex : qui regroupe les textes législatifs européens disponibles dans toutes les langues officielles de l'UE.
  • La mémoire de traduction multilingue de la législation européenne et ;
  • Le site de ressources linguistiques accessibles dans les 24 langues officielles

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://ec.europa.eu/dgs/translation/whoweare/index_fr.htm, Site de la DGT, « Qui sommes-nous ? »
  2. http://ec.europa.eu/dgs/translation/publications/studies/translation_european_commission_fr.pdf, Commission Européenne, « La traduction à la Commission : 1958-2010 », Étude sur la traduction et le multilinguisme, 17 décembre 2009
  3. http://ec.europa.eu/dgs/translation/whoweare/index_fr.htm, « Traduire pour l'Europe »
  4. Commission Européenne, Histoire de la traduction à la Commission européenne, 2010, p. 63
  5. http://www.pressefederaliste.eu/L-Union-europeenne-et-le, Catherine Montfort L’Union européenne et le multilinguisme, 2010
  6. [1], CEE Conseil: Règlement no 1 portant fixation du régime linguistique de la Communauté Économique Européenne.
  7. http://ec.europa.eu/dgs/translation/index_fr.htm
  8. http://cdt.europa.eu/FR/whatwedo/Pages/IATE.aspx, IATE, Centre de traduction des organes de l'Union Européenne

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]