Diplopie

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La diplopie (ou double vision ; du grec diploos : « double » et ôps : « vue ») est la perception simultanée de deux images (vision double) d'un objet unique. La vision double peut se déplacer horizontalement, verticalement ou en diagonale. La diplopie peut négativement influencer l'équilibre, les mouvements et les capacités de lire chez un individu[1],[2].

  • Elle peut être monoculaire, c'est-à-dire n'être observée que lorsque l'œil malade est ouvert ; elle disparaît alors à l'occlusion de l'œil malade. Ses causes sont ophtalmologiques (lésion de la cornée, de l'iris ou du cristallin).
  • Elle peut être aussi binoculaire, c'est-à-dire qu'elle n'est présente que lorsque les deux yeux sont ouverts et correspond à un problème de conjugaison entre les deux yeux (déviation d’un œil par rapport à l’autre).

Pour différencier les deux lors de l'examen du patient il faut bien comprendre que la diplopie monoculaire correspond à l'atteinte d'un œil alors que la diplopie binoculaire correspond un problème de coordination entre les deux yeux. Ainsi la diplopie monoculaire n'est présente que lorsque l'œil malade est ouvert (NB : l'œil malade est ouvert lorsque les deux yeux sont ouverts, la diplopie monoculaire ne disparaît en fait qu'à la fermeture de l'œil malade), alors que la diplopie binoculaire n'existe que quand les deux yeux sont ouverts et disparaît à l'occlusion de l'importe lequel des deux yeux.

Les causes de diplopies binoculaires sont multiples : neurologique, vasculaire, infectieuses, tumorale, traumatiques, médicamenteuse, inflammatoire...
La diplopie peut être révélatrice d'une atteinte neurologique, qui doit être prise en charge rapidement. Elle est souvent l'un des premiers signes d'une maladie systémique, en particulier dans les fonctions neurologiques et musculaires[3].

Classification[modifier | modifier le code]

Binoculaire[modifier | modifier le code]

La diplopie binoculaire est une double vision développée à la suite d'un déséquilibre des deux yeux, comme elle est développée dans l'esotropie ou l'exotropie. Elle disparaît lorsque l'on ferme l'un des yeux. Elle s'oppose à la fusion binoculaire (vision unique) et à la rivalité binoculaire (alternances entre images venant de chaque œil). Dans certains cas, tandis que la fovéa d'un œil est dirigée avec un objet sur lequel il se concentre, la fovéa de l'autre est dirigée autre part, et l'image de l'objet sur lequel le regard se porte tombe sur une zone extra-fovéale de la rétine.

Le cerveau calcule la « direction visuelle » d'un objet basé sur la position de cette image relative à la fovéa.

Monoculaire[modifier | modifier le code]

D'une manière plus rare, la diplopie peut également se développer sur un seul œil ; ce type est nommé « diplopie monoculaire », ou, lorsque les patients perçoivent plus de deux images, « polyopie monoculaire ». L'aberrométrie permet de qualifier et de quantifier cette diplopie ou polyplopie[4]. Dans ce cas, le diagnostic différentiel de la perception multiple d'images inclut la considération de telles conditions[incompréhensible].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

L'oculomotricité (mouvements des yeux) est assurée grâce à 6 muscles et 3 nerfs.

Les 6 muscles incluent :

  • Le muscle droit médial, qui assure l'adduction du globe oculaire,
  • Le droit latéral ou droit externe, assurant l'abduction,
  • Le droit supérieur, assurant l'élévation du globe oculaire en abduction,
  • Le droit inférieur, abaissant le globe oculaire en abduction,
  • L'oblique inférieur, relevant le globe oculaire en adduction,
  • L'oblique supérieur ou grand oblique, abaissant le globe oculaire en adduction.

Les 3 nerfs incluent :

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Interrogatoire[modifier | modifier le code]

La diplopie se traduit par une vision double : l'image d'un point ou objet est dédoublée, sa projection ne correspondant pas à la même zone de la rétine.

Elle peut s'accompagner, suivant sa cause de céphalées. Le mode de survenue de la diplopie (brutal ou progressif) son évolutivité (variabilité au cours de la journée) peut orienter vers certaines causes : diabète sucré, hypertension artérielle, sclérose en plaques, anévrisme, des antécédents de traumatisme crânien.

Elle peut être à l'origine de prise de benzodiazépines. Ces effets secondaires peuvent être présents à la suite d'une surdose.

Examen physique[modifier | modifier le code]

Il cherche et trouve une lésion (« pouvant siéger n’importe où sur les voies oculomotrices »[5], une déviation oculaire de repos, une déviation de la tête en rapport avec la nature de la diplopie, des signes en rapport avec la cause de la diplopie.
On pratiquera systématiquement une mesure de l'acuité visuelle, un fond d'œil, un examen des pupilles (réactivité à la lumière).
Le test au verre rouge est utilisé pour les diplopies horizontales, ne touchant qu'un seul muscle,
Le test de Hess Lancaster, plus fin, permet de caractériser les atteintes musculo-nerveuses plus complexes.

Les autres examens sont effectués en fonction de la cause suspectée de la diplopie.

Formes cliniques[modifier | modifier le code]

Elles sont liées à la localisation de la lésion (ou des lésions)

Atteinte du nerf oculaire locomoteur III

Une déviation oculaire en dehors est diagnostiquée, la tête est déviée du côté sain. La pupille est en mydriase aréactive, un ptôsis est fréquent (chute de la paupière supérieure).

Atteinte du nerf oculaire locomoteur IV

L'œil est dévié en haut et en dehors (regard « pathétique », d'où le nom du nerf), la tête déviée en bas et du côté sain. La gène est très intense pour la lecture, ou la descente des escaliers.

Atteinte du nerf oculaire locomoteur VI

Responsable d'une diplopie horizontale, homonyme, axes oculaires croisés. La tête est déviée du côté atteint.

Sinon, la lésion peut concerner le tronc cérébral, la jonction neuromusculaire les muscles oculomoteurs ou l’orbite[5].

Traitements[modifier | modifier le code]

Le traitement idéal pour la diplopie binoculaire dépend de la cause de la condition produisant les symptômes. Il consiste à identifier et soigner les causes du problème.
Les options de traitement incluent les exercices oculaires[1], le port de lentilles prismatiques[6], et dans des situations vraiment gênantes, la chirurgie[2] ou la toxine botulique[7].

En complément du traitement étiologique, si un délai est nécessaire pour un traitement spécifique, il est proposé au patients un moyen de ne plus voir double (ex. : « occlusion temporaire d’un œil à l’aide d’un film autocollant translucide ou d’un patch »[5]).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b O'Sullivan, S.B & Schmitz, T.J. (2007). Physical Rehabilitation. Philadelphia, PA: Davis. (ISBN 978-0-8036-1247-1).
  2. a et b (en) Kernich, C.A. (2006). Diplopia. The Neurologist, 12(4): 229-230.
  3. (en) Rucker, JC. (2007). Oculomotor disorders. Semin Neurol., 27(3):244-56.
  4. D. Damien Gatinel, « Images fantômes vision double ».
  5. a, b et c Bidot S & Biousse V (2017) Diplopia: An important symptom in internal medicine! (Diplopie : un symptôme important en médecine interne !) ; La Revue de Médecine Interne ; en ligne 18 mars 2017 DOI : https://doi.org/10.1016/j.revmed.2017.01.016.
  6. (en) Phillips PH. (2007). Treatment of diplopia. Semin Neurol., 27(3):288-98.
  7. (en) Taub, M.B. (2008). Botulinum toxin represents a new approach to managing diplopia cases that do not resolve. Journal of the American Optometric Association, 79(4): 174-175.