Diplomatie privée

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La diplomatie privée est la synthèse entre la science publique des intérêts, des rapports et des négociations entre les États d’une part, et d’autre part l’esprit de l’entreprise et de l’industrie privées : synthèse, donc, entre un art ou un artisanat (plutôt qu’une science), et les relations avec les acteurs du monde international des affaires (plutôt qu’avec les États).

Sa fin est l’utilité et la valeur ajoutée au profit de grands clients internationaux. C’est à la fois une mission – l’action de diplomatie privée en tant que telle – et l’objet de cette mission – des retours, des résultats, des éléments, des données, des informations… utiles aux affaires des entreprises[1].

Agents[modifier | modifier le code]

Les diplomates privés sont des conseils indépendants, à l’instar des professionnels libéraux. Ils opèrent à l’occasion de missions ponctuelles (voyages, visites, explorations etc.) ou d’immersions de durée plus longue. Ils sont d’abord collecteurs de renseignements économiques et parfois, en complément, passeurs de messages.

Les diplomates privés n’agissent pas de leur propre initiative, mais selon les termes des missions qui leur sont assignées par leurs clients. Clients qui, le plus souvent, connaissent bien le pays de mission de leurs conseillers extérieurs, dont ils attendent des analyses et des synthèses, par exemple sur les personnes, les réseaux, voire des processus et des opérations, en appui de leurs forces locales.

La diplomatie privée n’est pas un substitut à la diplomatie des États. Elle ne vise pas à fournir des agents qui remplaceraient les diplomates des affaires étrangères (à l’instar de gardiens en uniformes qui remplacent des policiers dans des tâches sous-traitées à la suite de privatisations). La diplomatie privée l’est fondamentalement parce qu’elle est au service des entreprises privées.

Comportement[modifier | modifier le code]

L’éthique des diplomates privés s’exprime dans leurs qualités intrinsèques de discrétion, de réserve, de confidentialité, de disponibilité, de discernement.

Leur conduite est prudente, et menée avec adresse. Mais les diplomates privés ne sont pas ennemis du risque. Ils veulent connaître le dessous des cartes. Ils aiment le commerce des hommes et des femmes. Ils savent s’étonner et poser les questions adéquates. Ils sont intellectuellement curieux et méthodiques. Selon l’exemple bien connu de Newton : les pommes tombaient des arbres de toute éternité ; mais Newton fut le premier à demander pourquoi, car il avait trouvé la réponse.

Langage[modifier | modifier le code]

Le langage des diplomates privés n’est pas un langage « diplomatique ». Au moins pour leur client, il est sans ambigüité ni fleurs de rhétorique. Ils écrivent de manière lisible et concise. Jamais ils ne font état du nom de leur client (sauf accord contraire explicite de ce dernier).

Formation et expérience[modifier | modifier le code]

Idéalement, les diplomates privés, avant de se constituer en conseils d’entreprises indépendants, ont accumulé des expériences dans les secteurs public – le corps diplomatique, les armées, voire des mandats politiques ou des fonctions consulaires – et privé – direction générale d’entreprises internationales. Ils parlent souvent des langues étrangères, sont « interculturels » et ils ont beaucoup voyagé[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La diplomatie privée des multinationales japonaises », Guy Faure, 1975, in Politique Étrangère
  2. Dans les Confessions de seigneurs, « Scènes de la vie de chasseurs de renseignements aux avant-postes », par Jean Laîné-Duchatel, Editions du Palio, juin 2012, il est fait le rapprochement de « seigneur » et « officier de la guerre économique » avec « diplomate privé ».