Diospyros crassiflora

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Diospyros crassiflora
Description de cette image, également commentée ci-après
Bande de bois d'ébène
Classification APG III (2009)
Règne Plantae
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Noyau des Dicotylédones vraies
Clade Astéridées
Ordre Ericales
Famille Ebenaceae
Genre Diospyros

Nom binominal

Diospyros crassiflora
Hiern, 1873[1]

Synonymes

  • Diospyros ampullacea Gürke
  • Diospyros evila Pierre ex A.Chev.
  • Diospyros incarnata Gürke ex De Wild.

Statut de conservation UICN

( EN )
EN A1d : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 12/06/13

Diospyros crassiflora est une espèce d'arbres endémique des Seychelles de la famille des Ebenaceae et du genre Diospyros. L'ébène d'Afrique fournit le bois le plus noir[2]. Des noms communs sont aussi l’ébène, l’ébène de Benin, mevini, ébano ou evila, ebénier véritable du Gabon ou ebène noir[3].

Description[modifier | modifier le code]

Phénotype et feuilles[modifier | modifier le code]

D. crassiflora est un arbre dioïque de grandeur moyenne qui peut atteindre 25 m de haut. Le tronc est cylindrique ou rainuré et sans nœuds jusqu’à une hauteur de 15 m. Le diamètre maximal du tronc au dessus des légères cannelures présentes à sa base est d’environ 120 cm. L’écorce d’un couleur noir-gris présente des fissures longitudinales comme les branches aussi, qui sont rougeâtres et gris-brun[4].

Les feuilles sont alternes, simple et entières. La forme est lancéolée elliptique, la longueur 10-21 cm et  la largeur de 5-9 cm. Le pétiole est canaliculé, brun foncé et mesure jusqu'à 15 mm de long. Le couleur des feuilles est d’un vert foncé brillante, tandis que la partie inférieure est plus pâle[5].

Inflorescence et fleur[modifier | modifier le code]

Les inflorescences en fascicules axillaires, pauciflores (3–6 chez les fleurs mâles, 1–2 rarement plus chez les fleurs femelles ), continuent de fleurir chaque année sur les rameaux plus âgés ayant perdus leur feuilles et formant finalement des excroissances en forme de corail, pouvant atteindre 2 cm de diamètre et constituées par les pédicelles persistants. Les fleurs mâles sont groupées par 3-6, les fleurs femelles sont solitaires ou par deux, rarement plus, toutes les fleurs étant subsessiles et la base de l'inflorescence ou de la fleur étant garnie de quelques bractées et bractéales imbriquées largement triangulaires, à sommet obtus, pubescentes extérieurement, légèrement ciliées sur la marge. Le calice et la corolle sont semblables pour les fleurs mâles et femelles. Le calice est coriace, cyathiforme, jusqu’à 10 mm long, découpé en 4-5 lobes largement triangulaires, à sommet obtus n'atteignant pas le milieu de la longueur du calice. La corolle gamopétale est pubescente, charnue, blanche, teintée de rose, 25-30 mm de long et 15 mm de diamètre au milieu, ellipsoïde et pointue vers le bas et vers le haut où elle est surmontée de 4-6 petits lobes suborbiculaires de 2-4 mm. Les fleurs mâles ont des étamines blanches, très nombreuses (40-110), incluses, atteignant 15 mm de long. Les fleurs femelles ont 4-5 styles, libres, à peu près aussi longs que l'ovaire, à face externe densément sétuleuse et à face interne charnue et stigmatique dans sa moitié supérieure. Environ 40 étamines rudimentaires (ou staminodes), insérés par paires, de 6–8 mm de long, pubérulents, un ovaire subglobuleux, de 5 × 5 mm, tomentelleux avec 8–10 loges uniovulées[6],[5].

Fruits et graines[modifier | modifier le code]

Les fruits sont jaunes, obovoïdes à ellipsoïdes, atteignant 10 × 6,5 cm, éparsement pubérulents-striguleux par place près du sommet, avec poils courts et couchés, sinon glabres. Le calice fructifère est à peine accrescent, étalé en soucoupe, et un peu accru, atteignant jusqu'à 4 cm de diamètre. La chaire est blanc crème ou jaunâtre renfermant 10 graines ou moins par avortement, brunes à noir brillant, d'environ 5 × 2 × 1,5 cm, à endosperme non ruminé[6],[5].

Distribution et menace[modifier | modifier le code]

D. crassiflora est indigène des pays de l’Afrique Occidental, c’est-à-dire a Nigeria, au Cameroun, la République centrafricaine, Gabon ainsi que la République et la République Démocratique du Congo[3]. À cause de l’exploitation intense des arbres plus âgés et grands, l’espèce est listée de l’UICN comme espèce en danger[7]. À cause de la faible régénération naturelle, la forte demande pour le bois de l’ébène mais en même temps la longue durée du bois à développer le bois de cœur, des techniques pour la récolte durable n’existent pas[3]. Pour le moment, la République Démocratique du Congo est l’exportateur majeur du bois d’ébène. Au Cameroun, ‘l’exportation du bois nécessite un permis spécial[3].

Habitat et croissance[modifier | modifier le code]

L’habitat de D. crassiflora sont des forêts  semi-sempervirents et sempervirents jusqu’à une altitude de 1.000 m, tandis que les forêts tropicales humides sont évitées[3]. L’espèce a une croissance lente avec une augmentation de diamètre annuelle de 4.5 mm à l’âge de 50 ans et une hauteur de 14.5 m (Cameroun). Au Gabon on a même observé une croissance plus petite. Généralement on ne trouve pas cette espèce dans des forets mais plutôt comme arbre individuel ou dans des groupes de 2-3 arbres. La régénération naturelle parait être faible, mais l’espèce répond bien à l’application de la technique du taillis tandis qu’il y a une manque de recherche sur les techniques de Propagation[3].

Utilité et bénéfices[modifier | modifier le code]

Bois[modifier | modifier le code]

Description et propriétés du bois[modifier | modifier le code]

Le couleur du bois de cœur très noir et diffère nettement de l’aubier, ce qui est rose à rouge pâle[3]. Des ronces ne sont pas visibles ou absents mais parfois on peut trouver des bandes brunes ou brunes-noires[8].

Le poids à vide du bois en moyenne est 955 kg/m3. La texture est brillante est les pores sont diffuses. Les cernes sont indistincts et aussi les rayons ligneux sont visibles seulement avec une lentille[8].

Le bois a une très haute densité et c’est très résilient aux chocs avec une grande résistance à l’épreuve de la pression. Par conséquent, l’usinage du bois peut être difficile car les grosseries peuvent émousser rapidement.  A cause de la haute tenure de l’huile le collage peut être difficile, mais le bois répond bien au cintrage à vapeur d’eau. L’ébène est très durable avec une bonne résistance contre les termites et d’autres insectes[8].

Usage[modifier | modifier le code]

Le bois du cœur noir est utilisé pour des revêtements de sol, des habillages intérieures, la construction des bateaux, des meubles, des instruments de musique, des sculptures et d’autres. L’aubier et parfois aussi le bois du cœur et utilisé pour les meneaux, des jouets, des échelles et d’autres. Le bois serve aussi comme bois d’énergie[3].

Autres usages[modifier | modifier le code]

L’écorce peut être utilisée comme médicine traditionnelle en forme d’un bouillon contre les problèmes ovariens. Le poudre de l’écorce est utilisé contre les blessures. Le jus des feuilles est applique comme collyre contre des inflammations[3]

Des menaces de santé[modifier | modifier le code]

La sciure du bois peut provoquer des réactions allergiques en forme de dermatite[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Plant List, consulté le 21 avril 2014
  2. « Ébène d'Afrique »
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « Diospyros crassiflora Hiern », sur www.prota4u.org (consulté le 24 septembre 2016)
  4. Diospyros crassiflora in the Germplasm Resources Information Network (GRIN), USDA, ARS, National Genetic Resources Program. National Germplasm Resources Laboratory, Beltsville, Maryland. Accès le 19 septembre 2016.
  5. a, b et c Letouzey, R. & White, F., lore du Cameroun: Ebénacées, Ericacées, Paris, Muséum national d'histoire naturelle, , 208 p. (lire en ligne)
  6. a et b White, F., Flore d’Afrique centrale (Zaïre – Rwanda – Burundi): Ebenaceae, Brussels, Belgium, Jardin botanique national de Belgique (lire en ligne), p. 43
  7. Forestry Legality Alliance: Diospyros crassiflora
  8. a, b et c Diospyros crassiflora in the The Wood Database. Accès le 22 september 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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