Diocèse de Reggio d'Émilie-Guastalla

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Cathédrale de Reggio d'Émilie.

Le diocèse de Reggio d'Émilie-Guastalla (Dioecesis Regiensis in Aemilia-Guastallensis) est un siège de l'Église catholique en Italie suffragant de l'archidiocèse de Modène-Nonantola appartenant à la région ecclésiastique d'Émilie-Romagne. En 2014, il comptait 506.300 baptisés sur 566.126 habitants. Il est tenu par Mgr Massimo Camisasca, F.S.C.B.

Territoire[modifier | modifier le code]

Carte des vicariats du diocèse.

L'extension territoriale du diocèse coïncide presque avec la province de Reggio d'Émilie, à l'exclusion de la commune de Rolo (appartenant au diocèse de Carpi), tandis que sont compris des territoires à l'Est, qui dépendent selon la juridiction séculière de la province de Modène: la majeure partie de la commune de Sassuolo et des fractions de communes de Frassinoro (Fontanaluccia, Romanoro, Rovolo), Prignano sulla Secchia (Castelvecchio, Pigneto, Prignano, Saltino) et Montefiorino (Macognano).

Le siège épiscopal est dans la ville de Reggio d'Émilie, à la cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption. À Guastalla se trouve la co-cathédrale Saint-Pierre-Apôtre. On trouve aussi deux basiliques mineures dans le diocèse : la basilique de la Ghiara dédiée à la Sainte Vierge à Reggio d'Émilie et la basilique Saint-Marc de Boretto.

le territoire est subdivisé en 318 paroisses, regroupées en 11 vicariats : Reggio d'Émilie, Rubiera-Scandiano, Correggio, Guastalla, Castelnovo di Sotto-Sant'Ilario d'Enza, Val d'Enza, Puianello, Sassuolo, Bismantova, Cervarezza et Villa Minozzo-Toano.

Histoire[modifier | modifier le code]

La co-cathédrale Saint-Pierre-Apôtre de Guastalla
Façade de la basilique Saint-Prosper de Reggio d'Émilie

L'origine du diocèse de Reggio d'Émilie remonte traditionnellement au Ier siècle ; mais les sources écrites ne remontent qu'à 451, lorsque Faventius prit part au concile de Milan. Dix sept évêques précédant Maurice qui participa au concile de Rome de 680 autour du pape Agathon ne sont pas mentionnés dans les sources écrites à l'exception de Faventius. Saint Prosper quant à lui est fameux comme évêque de Reggio au Ve siècle, ayant sauvé la ville de l'invasion d'Attila. À l'origine, le diocèse était suffragant de l'archidiocèse de Milan ; au VIIe siècle il fait partie de la province ecclésiastique de l'archidiocèse de Ravenne.

C'est en 996 qu'est fondé le fameux monastère Saint-Prosper de Reggio d'Émilie.

Le siège est vacant de 1283 à 1290 et il est administré par des vicaires capitulaires, chanoines de la cathédrale ; mais ils se divisent en deux partis, chacun refusant de reconnaître l'autre élu par la partie adverse. De 1283 à 1287, le siège est sous la gouvernance de l'archidiacre Guido de Baiso et, jusqu'en 1288, de l'archiprêtre Nicolò dei Cambiatori.

À partir de l'année 1377, les évêques de Reggio obtiennent le privilège de la part du pape de porter le titre honorifique (plutôt rare) de « prince de Sa Sainteté » ; Mgr Socche, évêque de Reggio, renonce à ce titre en 1960 et il n'est donc plus porté. Le diocèse devient suffragant de l'archidiocèse de Bologne, le 10 décembre 1582.

Au XVIe siècle, l'Appennin de Reggio dépend du diocèse de Reggio et en partie du diocèse de Parme. Deux monastères importants se trouvent alors dans ces régions montagneuses. Le premier est le monastère de Marola, tenu par les augustiniens. Ses biens matériels sont quant à eux tenus en commende, puis passent à la chambre ducale. François IV d'Este, duc de Modène et de Reggio cède ensuite l'abbaye à l'évêque de Reggio pour en faire un séminaire diocésain. Le second est le monastère de Canossa qui est tenu par les bénédictins. Il passe aussi sous le système de la commende et il est supprimé en 1763 par le duc.

Le diocèse de Guastalla est érigé le 18 septembre 1828 par la bulle pontificale De commisso nobis de Léon XII[1]. L'Église de Guastalla avait obtenu à la fin du XIIe siècle l'exemption de la juridiction épiscopale et s'était soumise à la juridiction des bénédictins. En conséquence, une prélature nullius diocesis est érigée en 1471 à l'instance de l'archiprêtre Gérard ; finalement, le 5 novembre 1585, le pape Sixte V la transforme en Église abbatiale nullius[1], dépendant de la province ecclésiastique de Milan. En 1629, l'abbé Vincenzo Lojani, exerçant ses droits quasi épiscopaux, convoque un synode de l'Église de Guastalla. Cette autonomie suscite à maintes occasions le désaccord des évêques de Reggio ; avec le motu proprio du 17 septembre 1773, le pape Clément XIV réitère l'exemption épiscopale de l'Église de Guastalla et la place sous l'autorité directe du Saint-Siège.

Au début du XIXe siècle, à l'instance de la duchesse Marie-Louise, l'abbaye nullius est élevée au rang de diocèse. Son premier évêque (et dernier abbé) en fut Mgr Neusche. Le diocèse de dimensions très réduites ne comprenait au début que onze paroisses, les cinq de Guastalla et les six des communes de Reggiolo et de Luzzara soustraites au diocèse de Parme[2].

Le 22 août 1855, les diocèses entrent dans la province ecclésiastique de l'archidiocèse de Modène.

Le 10 février 1973, Mgr Baroni, déjà évêque de Reggio d'Émilie depuis 1965, est nommé en plus évêque de Guastalla, unissant ainsi in persona episcopi les deux diocèses.

Le 15 septembre 1984 en vertu du décret Quo aptius de la Congrégation des évêques, le diocèse de Reggio d'Émilie acquiert deux paroisses de la commune de Toano, qui faisaient partie de l'archidiocèse de Modène.

Le 30 septembre 1986, la « pleine union » des deux diocèses est entérinée par le décret Instantibus votis de la Congrégation des évêques ; et la nouvelle circonscription prend son nom actuel.

Ordinaires[modifier | modifier le code]

Évêques de Reggio d'Émilie[modifier | modifier le code]

  • Protase †
  • Cromace †
  • Antonin †
  • Élie †
  • Santin †
  • Carosius †
  • Faventius † (mentionné en 451)[3]
  • Elpidius †
  • Saint Prosper † (Ve siècle)
  • Étienne †
  • Adéodat ou Deusdedit †
  • Théodose ou Théodore †
  • Dondedieu †
  • Adrien †
  • Benenatus †
  • Paul I †
  • Lupien ou Ulpien †
  • Maurice † (mentionné en 680)[4]
  • Constantin †
  • Bienheureux Thomas † (début du VIIIe siècle)[5]
  • Jean †
  • Sixte ou Callixte †
  • Géminien † (mentionné en 751)
  • Apollinaire † (avant 756 - après 781)
  • Adelmus † (mentionné en 800 ?)
  • Norpert ou Nodebert † (avant 822 - après 835)
  • Vital † (mentionné en 838 ?)
  • Sigifred † (avant 844 - après 857)
  • Rotfried † (mentionné en 874 ?)
  • Arnon ou Amon ou Azzo Ier † (mentionné en 877)[6]
  • Paul II † (avant décembre 878 - 881)
  • Aronnus † (avant février 882 - après avril 885 ?)
  • Azzo II † (avant octobre 890 - après septembre 899 mort)[7]
  • Pierre † (avant octobre 900 - après juin 915)
  • Frédolphe † (mentionné en 923)
  • Girard ou Gothard †
  • Aribald ou Éribert ou Girbert † (avant août 942 - après mars 944)
  • Adélard † (avant 945 - après 952)
  • Ermenald ou Ermenaud, Ermannus † (avant 962 - après août 979)
  • Teuthonus † (avant 980 - après décembre 1029)
  • Sigifred (ou Sifred) II † (avant mai 1031 - après 1046)[8]
  • Conon ou Condelaud † (mentionné en 1050)
  • Adalberius ou Alberius † (1053 ou 1054 - après mars 1060)
  • Volmar † (vers 1062 - après mai 1065)
  • Gandolphe † (avant décembre 1066 - 1082 déposé)
  • Éribert ou Eubert † (vers 1085 - après septembre 1092 mort)
  • Ludovic † (1092 - après 1093)[9]
  • Bonseigneur † (avant avril 1098 - 10 mai 1118 mort)
  • Adèlme o Adéheaume † (avant février 1123 - après décembre 1136)
  • Alberius † (avant mars 1140 - 5 avril 1163 mort)
  • Albéricon ou Albéric † (1163 - 28 août 1187 mort)
  • Pierre † (avant le 10 septembre 1187 - novembre 1210 mort)
  • Niccolò Maltraversi † (1er juin 1211 - août 1243 mort)
  • Guillaume (Guglielmo) de Fogliano † (septembre ou octobre 1243 - 5 août 1283 mort)
    • Sede vacante (1283-1290)
  • Guillaume (Guglielmo) de Bobbio, O.F.M. † (22 juin 1290 - 3 septembre 1301 mort)
  • Enrico de Casalorci ou Casalocci † (30 avril 1302 - 29 avril 1312 mort)
  • Guido da Baisio † (19 décembre 1312 - 11 octobre 1329 nommé évêque de Rimini)
  • Guido Roberti † (11 octobre 1329 - 27 juin 1332 nommé archevêque de Ravenne)
    • Tommasino Fogliani † (1334 - 1336) (administrateur apostolique)
  • Rolando Scarampi † (10 mai 1336 - 1337 démis)
  • Bartolomeo d'Asti (ou d'Ivrea) † (6 octobre 1339 - 1362 mort)
  • Lorenzo † (6 mars 1363 - après le 9 juillet 1379 mort)
  • Serafino Tavacci de Trino, O.F.M. † (1er janvier 1380 - avant le 16 décembre 1387 nommé évêque de Santa Giusta)
  • Ugolino de Sesso † (24 juillet 1387 - après le il 10 octobre 1394 mort)
  • Tebaldo de Sesso, O.S.B. † (3 avril 1395 - 6 janvier 1439 mort)
  • Giacomo Antonio della Torre † (16 janvier 1439 - 19 octobre 1444 nommé évêque de Modène)
  • Battista Pallavicino † (19 octobre 1444 - 12 mai 1466 mort)
  • Antonio Beltrando † (28 mai 1466 - 5 mai 1476 mort)
  • Bonfrancesco Arlotti † (9 juin 1477 - 7 janvier 1508 mort)
  • Gianluca Castellini (del Pozzo) † (7 janvier 1508 successeur - 18 octobre 1510 mort)
  • Ugo Rangone † (18 octobre 1510 - 28 août 1540 mort)
  • Marcello Cervini (24 septembre 1540 - 29 février 1544 nommé évêque de Gubbio, puis élu pape sous le nom de Marcel II)
  • Giorgio Andreasi † (2 avril 1544 - 22 janvier 1549 mort)
  • Giambattista Grossi † (22 janvier 1549 successeur - 28 mars 1569 mort)
  • Eustachio Locatelli, O.P. † (15 avril 1569 - 14 octobre 1575 mort)
  • Francesco Martelli † (19 octobre 1575 - 9 mars 1578 mort)
  • Benedetto Manzoli † (9 avril 1578 - 26 août 1585 mort)
  • Giulio Masetti † (7 octobre 1585 - 2 septembre 1592 mort)
  • Claudio Rangoni † (16 décembre 1592 - 2 septembre 1621 mort)
  • Alessandro d'Este † (13 ottobre 1621 - 13 mai 1624 mort)
  • Paolo Coccapani † (7 avril 1625 - 26 juin 1650 mort)
  • Rinaldo d'Este † (5 décembre 1650 - 23 avril 1660 démis)
  • Girolamo Codebò † (24 janvier 1661 - 3 octobre 1661 mort)
  • Gianagostino Marliani † (27 février 1662 - 22 mai 1674 mort)
  • Augusto Bellincini † (28 janvier 1675 - 20 juillet 1700 mort)
  • Ottavio Picenardi † (14 mars 1701 - dicembre 1722 mort)
  • Lodovico Forni † (12 mai 1723 - 21 novembre 1750 démis)
  • Giovanni Maria Castelvetro † (7 décembre 1750 - 4 avril 1785 mort)
  • Francesco Maria d'Este † (26 septembre 1785 - 17 mai 1821 mort)
  • Angelo Maria Ficarelli † (19 avril 1822 - 5 juin 1825 mort)
  • Filippo Cattani † (3 juillet 1826 - 7 janvier 1849 mort)
  • Pietro Raffaelli † (20 avril 1849 - 23 juillet 1866 mort)
  • Carlo Macchi † (27 mars 1867 - 22 mai 1873 mort)
  • Guido Rocca † (25 juillet 1873 - 26 janvier 1886 mort)
  • Vincenzo Manicardi † (7 juin 1886 - 20 octobre 1901 mort)
  • Arturo Marchi † (16 décembre 1901 - 29 avril 1910 nommé archevêque de Lucques)
  • Eduardo Brettoni † (12 octobre 1910 - 13 novembre 1945 mort)
  • Beniamino Socche † (13 février 1946 - 16 janvier 1965 mort)
  • Gilberto Baroni † (27 mars 1965 - 30 septembre 1986 nommé évêque de Reggio d'Émilie-Guastalla)

Évêques de Guastalla[modifier | modifier le code]

Évêques de Reggio d'Émilie-Guastalla[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Catholic Encyclopedia
  2. (it) Bulle De commisso nobis, nº 7. Angelo Manfredi, Vescovi, clero e cura pastorale: studi sulla diocesi di Parma alla fine dell'Ottocento, pp. 51-52 et note 116.
  3. Dans le catalogue des évêques de Reggio, Faventius est placé après Deusdedit. Saccani (soutenu par Lanzoni) le positionne plutôt entre Carosius et Elpidius. Dans les diverses variantes de cette énumération épiscopale, on trouve Laurent et Faustus à la place de Faventius.
  4. Certains auteurs placent un Jean après Maurice; mais en réalité il s'agit d'un évêque de Reggio de Calabre, légat du pape à Constantinople en 680.
  5. Le catalogue épiscopal de Reggio met un Thomas après saint Prosper; à l'inverse, les Actes de la translation de saint Prosper déclarent qu'un Thomas au début du VIIIe siècle a reconstruit la basilique Saint-Apollinaire et y a déposé les reliques du saint. C'est pourquoi certains auteurs modernes mettent Thomas après saint Prosper ; d'autres suivant les Actes mettent Thomas après Constantin ; d'autres mettent un Thomas Ier au Ve siècle et un Thomas II au VIIIe siècle.
  6. Selon Saccani, Amon et Azzonus sont la même personne; d'autres historiens mettent un Amon après Sigifred et un Azzonus après Rotfried.
  7. Cappelletti met un évêque du nom d'Adélard, mentionné dans un document de novembre 890; mais cela n'est pas mentionné par Saccani.
  8. Selon Saccani, Sigifred est documenté en 1031 et le même Sifred est mentionné en 1046. D'autres historiens distinguent ces deux évêques et mettent un Condélard (1041) et un Adalbert (1047-1049), évêques qui n'appartient pas à la chronologie des évêques de Reggio. Pour Saccani, Condélard serait une déformation de Conon.
  9. C'est le seul évêque de Reggio absent du catalogue épiscopal que Saccani insère dans la chronologie des ordinaires.

Sources pour le diocèse de Reggio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]