Diocèse de Magdebourg
| Diocèse de Magdebourg (la) Dioecesis Magdeburgensis | ||
La cathédrale Saint-Sébastien de Magdebourg. | ||
| Informations générales | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Rite liturgique | romain | |
| Type de juridiction | diocèse | |
| Création | 8 juillet 1994 | |
| Affiliation | Église catholique en Allemagne | |
| Province ecclésiastique | de Paderborn | |
| Siège | Magdebourg | |
| Titulaire actuel | Gerhard Feige, depuis 2005 |
|
| Langue(s) liturgique(s) | allemand | |
| Calendrier | grégorien | |
| Statistiques | ||
| Paroisses | 44 | |
| Prêtres | 99 | |
| Diacres | 24 | |
| Religieux | 61 | |
| Religieuses | 61 | |
| Superficie | 24 141 km2 | |
| Population totale | 2 481 300 (2023) | |
| Population catholique | 82 900 (2023) | |
| Pourcentage de catholiques | 3,3 % | |
| Site web | site du diocèse | |
Localisation du diocèse | ||
| (en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org | ||
| modifier |
||
Le diocèse de Magdebourg (en latin : Dioecesis Magdeburgensis) est un diocèse de l'Église catholique en Allemagne, dont les frontières coïncident à peu près avec celles du Land de Saxe-Anhalt. Il a son siège à la cathédrale Saint-Sébastien de Magdebourg, et est suffragant de l'archidiocèse de Paderborn, à partir duquel il a été créé en .
Le diocèse actuel s'inscrit dans la tradition de l'archevêché de Magdebourg qui est dissout à la suite des traités de Westphalie, du décès du dernier administrateur Auguste de Saxe-Weissenfels en . Depuis le , l'évêque du diocèse est Gerhard Feige.
Territoire
[modifier | modifier le code]Le diocèse s'étend dans l'est de l'Allemagne et comprend la majeure partie de la Saxe-Anhalt et des parties mineures du Brandebourg et de la Saxe.
Le territoire diocésain comprend également les anciens sièges médiévaux de Havelberg, Naumbourg, Halberstadt et Mersebourg.
Le territoire s'étend sur 24 141 km2, et il est divisé en 44 paroisses, regroupées en 8 doyennés : Magdebourg, Mersebourg, Dessau, Egeln, Halberstadt, Halle, Stendal et Torgau.
Histoire
[modifier | modifier le code]
L'archidiocèse de Magdebourg est apparu au Xe siècle, dans le cadre de la colonisation germanique des territoires slaves à l'est du Saint Empire romain germanique. Lors du synode de Ravenne en , l'empereur Otton Ier obtient du pape Jean XIII que Magdebourg soit érigé en archevêché afin d'y former les missionnaires latins vers les pays des « Wendes » au-delà de l'Elbe, sous la protection de saint Maurice. L'archidiocèse a été créé sur les terrains des diocèses saxons de Halberstadt et de Mersebourg. Le , après une longue résistance notamment de la part de l'archevêque Guillaume de Mayence, l'ecclésiastique Adalbert, abbé de Wissembourg, devient le premier archévêque titulaire du diocèse de Magdebourg avec le consentement du pape et de l'empereur.
La province ecclésiastique de Magdebourg avait pour suffragants les diocèses de Brandebourg, de Havelberg, de Zeitz, de Mersebourg et de Misnie couvrant les territoires de la marche de l'Est saxonne. L'impressionnante cathédrale de Magdebourg témoigne de l'importance de l'archevêché. Au XIIe siècle, les archevêques qui relevaient de l'ancien duché de Saxe, obtinrent l'immédiateté impériale comme seigneurs temporels d'une principauté épiscopale (Erzstift). En , la ville de Halle se rend aux troupes de l'archevêque Ernest II de Wettin, devenant la résidence préférée de ses successeurs.

Néanmoins, Magdebourg a été mis de plus en plus sous pression de ses puissants voisins, l'électorat de Saxe et le margraviat de Brandebourg. Pendant la réforme protestante, la plupart des citoyens se convertissent à la confession luthérienne et la principauté archiépiscopale a été gouvernée par des administrateurs protestants à partir de . Pendant la guerre de Trente Ans, l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg a essayé de nouveau à imposer la Contre-Réforme ; toutefois, selon les dispositions des traités de Westphalie conclus en , l'archevêché fut sécularisé en tant que duché de Magdebourg, un fief des électeurs de Brandebourg, avec effet en .
Le 16 juillet , par la bulle De salute animarum, le pape Pie VII a accordé la plus grande partie de l'ancien archevêché au diocèse de Paderborn. Les prévôts de l'église Saint-Sébastien à Magdebourg ont reçu le titre de « commissaire épiscopal ». Après la Seconde Guerre mondiale, la frontière interallemande sépare Magdebourg de Paderborn et les autorités de la République démocratique allemande ont considérablement compliqué l'administration ecclésiastique du territoire. En , l'office d'un administrateur apostolique fut créé, occupé par un évêque auxiliaire. Finalement, par une constitution apostolique du pape Jean-Paul II (Bulle Cum gaudio et spe, 27 juin 1994[1], avec effet au ), Magdebourg a été érigé en diocèse.
-
L'église de l'abbaye de Hillersleben fondée en 1022 par l'archevêque Geron de Magdebourg.
La primatie
[modifier | modifier le code]Dès l'origine, la métropole de Magdebourg[2] était censée, selon Othon Ier, englober toutes les régions slaves converties ou à convertir (octobre 968), mais l'authenticité de ces concessions a été discutée. De même, plusieurs bulles sont censées avoir conféré aux archevêques de Magdebourg une stature primatiale, comprenant la primauté en toutes matières ecclésiastiques (« in sedendo, in iudicando, in confirmando, in subscribendo, in sententiis dandis omnique ecclesiastico ordine »), l'égalité en tout avec les archevêques de Trèves, Cologne et Mayence (« per omnia archiepiscopis Treuerensi, Coloniensi, Moguntinensi equalem esse permitto »), le rang cardinalice (« consortium inter cardinales episcopos nostre sedis habere ») et, en corollaire, l'institution de douze prêtres cardinaux et de sept diacres cardinaux pour le service du maître-autel de la cathédrale (« qui more Romano missas celebraturi ad altare sancti Mauritii martiris dalmaticas, lisinas et sandalia ferant ») : Si ea loca (octobre 968), Igitur quia sedem (octobre 968), Concesse nobis apostolice speculationis (septembre 981), Quoniam a Deo (1003?), Si pastores ovium (27 août 1012). Mais là encore les falsifications habiles se distinguent malaisément des documents authentiques[3]. Quoi qu'il en soit, à une date indéterminée, Rome finit par reconnaître aux archevêques de Magdebourg le titre de « primats de Germanie » (Pie V employait le terme encore en 1566)[4]. Le titre primatial survécut à la prise de contrôle protestante de la métropole (1552/1566) : August von Sachsen-Weißenfels, dernier administrateur luthérien de la principauté archiépiscopale de Magdebourg (1628-1680), fut constamment appelé "Administrato[r] Primatus et Archiepiscopatus Magdeburgensis"[5]. Une ultime tentative de restauration catholique avec la nomination de l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg (†1662) comme archevêque (1629-1635) échoua, et la principauté archiépiscopale fut dissoute en 1648.
Les évêques de Magdebourg
[modifier | modifier le code]- Leo Nowak – ;
- Gerhard Feige, depuis le .
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Acta Apostolicae Sedis 87, , p. 225-228.
- ↑ Goudot 2024a, p. 297-304.
- ↑ Goudot 2024a, p. 299-300 avec les références des spécialistes.
- ↑ C. Fleury (Continuation), Histoire ecclésiastique, XXIV, Paris, , p. 342.
- ↑ J.C. Herold, Tractatio Synoptica Successionis Legitimæ, Præsertim quæ contingit Iure Repræsentationis, Et Transpositionis : Continens receptas Opiniones Omnium casuum Successionis Intestati... Ex fontibus Historiæ Iuris Romani, Consuetudinibus ve Saxonum, imprimis vero ex recepta consuetudine ArchiEpiscopatus Magdeburgensis, & Civitatis Hallensis…, Saale, .
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Site officiel
- Ressources relatives à la religion :