Aller au contenu

Diocèse de Gurk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Diocèse de Gurk
(la) Dioecesis Gurcensis
Image illustrative de l’article Diocèse de Gurk
La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Klagenfurt.
Informations générales
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse
Création 1072
Affiliation Église catholique en Autriche
Province ecclésiastique Salzbourg
Siège Klagenfurt
Titulaire actuel Josef Marketz (de), depuis 2019
Langue(s) liturgique(s) allemand, slovène
Calendrier grégorien
Statistiques
Paroisses 336
Prêtres 226
Diacres 57
Religieux 44
Religieuses 124
Territoire Carinthie
Superficie 9 536 km2
Population totale 568 995 (2023)
Population catholique 338 139 (2023)
Pourcentage de catholiques 59,4 %
Site web site du diocèse
Image illustrative de l’article Diocèse de Gurk
Localisation du diocèse
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse de Gurk (en latin : Dioecesis Gurcensis, en allemand : Diözese Gurk) est un diocèse de l'Église catholique en Autriche, dont le siège se trouve à Klagenfurt. L'évêché est suffragant de l'archidiocèse de Salzbourg et couvre le land de Carinthie. Il est divisé en 24 doyennéss et 336 paroisses[1].

Le diocèse de Gurk est le deuxième plus ancien d'Autriche après celui de Salzbourg. À la fin de l'époque romaine, deux sièges épiscopaux, Teurnia (ou Tiburnia) et Virunum (ou Viruno), existaient sur le territoire de l'actuel diocèse de Gurk[2]. La rechristianisation de la région, après les invasions slaves, fut l'œuvre de missionnaires venus de Salzbourg et d'Aquilée. En 811, Charlemagne fixa la Drave comme frontière entre les provinces ecclésiastiques de Salzbourg (au nord) et d'Aquilée (au sud), privant celui-ci de ses droits antérieurs. Afin de consolider son activité missionnaire, Salzbourg a reçu de nombreuses possessions ; la plus importante donation fut faite par le roi Louis le Germanique, qui, en 860, octroya à l'archevêque Adalwin (859-873) des domaines sur le Danube, en Pannonie, ainsi que 24 fermes et églises en Carantanie[3].

Le diocèse, érigé en 1072, a été le premier suffragant de l'archidiocèse de Salzbourg. L'église de Gurk dans le duché de Carinthie était le siège de l'évêque, bâti à l'emplacement d'un ancien couvent fondé par sainte Emma († 1045). Le , l'archevêque Gebhard de Salzbourg, ancien chancelier de l'empereur Henri III, a consacré le premier évêque de Gurk en la personne du noble Gunther de Krappfeld. Il a reçu la confirmation par le roi Henri IV du Saint-Empire et le pape Grégoire VII ; néanmoins, un évêché propre n'a été établi qu'en 1131. Pendant des siècles, les évêques de Gurk ont tenté d'échapper à l'autorité de Salzbourg, y compris avec un procès lors du concile de Bâle au XVe siècle, mais finalement sans succès.

L'évêque Roman Ier (1131-1167) fit construire le château de Straßburg et entreprit la construction de la cathédrale de Gurk, dans la crypte de laquelle fut inhumée la comtesse Hemma.

Le diocèse de Gurk servit de modèle aux créations diocésaines ultérieures des archevêques de Salzbourg : l'évêché de Chiemsee (1216), le diocèse de Seckau (1218) et celui de Lavant (1228), plus tard transféré à Maribor (Slovénie) en 1859 et séparé de la province ecclésiastique de Salzbour tandis que les paroisses de Carinthie furent rattachées au diocèse de Gurk. En 1859, Gurk devint donc le diocèse d'État de Carinthie. Depuis 1923, les frontières du diocèse de Gurk et de l'État de Carinthie coïncident en grande partie. Gurk est un diocèse bilingue : en 1988, le slovène était utilisé, au moins partiellement, comme langue liturgique dans 69 de ses 337 paroisses[2].

Jusqu'en 1787, Gurk fut le siège du chapitre cathédral, à l'origine un monastère noble de chanoines réguliers augustins, transformé par la suite en chapitre cathédral séculier[4]. Et jusqu'en 1793, le château de Straßburg, construit au XIIe siècle, était le lieu de résidence des évêques, puis le tout proche château de Pöckstein.

Pendant l'ère du Joséphisme, le siège épiscopal fut transféré à Klagenfurt, la capitale de la Carinthie. Le diocèse a agrandi son territoire, avec de nombreuses paroisses qui ont auparavant été soumises aux diocèses voisins de Gorizia (Goritz), Ljubljana (Laibach) et Lavant.

Parmi les évêques de Gurk, Franziskus Xavier von Salm-Reifferscheldt est connu pour avoir organiser la première ascension du Grossglockner en 1800[5],[6].

Avec la chute de la dynastie des Habsbourg à la fin de la Première Guerre mondiale, les règles régissant la nomination des évêques de Gurk furent modifiées. Un décret de la Congrégation consistoriale du 6 mai 1920 stipulait que, désormais, la nomination reviendrait au pape parmi une liste de trois candidats proposés par les archevêques de Salzbourg. Toutefois, cette règle ne fut appliquée qu'en 1945. En effet, le dernier évêque nommé par l'empereur François-Joseph, Adam Hefter, resta en fonction jusqu'en 1939, date à laquelle il fut contraint à la démission en raison de son manque de position ferme concernant l'incompatibilité du national-socialisme et du christianisme[7]. La Seconde Guerre mondiale empêcha la nomination d'un nouvel évêque jusqu'en 1945.

Parmi les exemples les plus remarquables d'architecture chrétienne, tant par son ancienneté que par son intérêt artistique, figure la cocathédrale de Gurk, dédiée à l'Assomption de la Vierge Marie. Sa construction, achevée vers 1220, remonte aux débuts du diocèse. La cathédrale de Klagenfurt fut édifiée en 1591, durant la Réforme protestante ; acquise par les Jésuites en 1604, elle fut consacrée aux apôtres saint Pierre et saint Paul.

La cocathédrale de Gurk.

Dans le diocèse, il y a deux basiliques mineures : celle de Notre-Dame-de-Lorette à Sankt Andrä et la basilique-sanctuaire Notre-Dame des Neiges à Maria Luggau (Lesachtal)[8].

Il convient également de mentionner l'église et le cloître romans de l'abbaye de Millstatt, ainsi que, parmi les monuments d'architecture gothique, les églises paroissiales de Bad St. Leonhard im Lavanttal, Heiligenblut, Villach, Völkermarkt, St Wolfgang ob Grades (Metnitz) et Waitschach (Hüttenberg). L'une des plus grandes et des plus belles églises de la région est l'église dominicaine Saint-Nicolas de Friesach, qui est la plus grande église de Carinthie en termes de longueur (74 m).

Parmi les lieux de pèlerinage les plus importants du diocèse figure l'église Sainte-Marie de Maria Saal, visitée chaque année par 15 000 à 20 000 pèlerins.

Évêques de Gurk

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (de) Diözese Gurk, Katholische Kirche Österreich.
  2. 1 2 (de) Das Werde der Diözese Gurk - Kärntner Kirchengeschichte, Peter G. Tropper, Katholischen Kirche Kärnten (01/2011)
  3. (de) Erich Marx, « Die Salzburger Besitzungen in der Steiermark », dans Das größere Salzburg (lire en ligne [PDF]), p. 93.
  4. (de) [PDF] Geschichte der Diözese Gurk, katholische kirche kärnten.
  5. Jakob Obersteiner 1969.
  6. (de) Marianne Klemun, …mit Madame Sonne konferieren. Die Großglockner-Expeditionen 1799 und 1800, Klagenfurt, , 387 p. (ISBN 3-900531-47-1).
  7. (de) Hefter, Adam (1871–1970), Fürstbischof, Österreichisches Biographisches Lexikon.
  8. (en) Diocese of Gurk : Churches, G-Catholic.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • (de) Jakob Obersteiner, « Beiträge zur Gurker Bistumsgeschichte aus der Zeit der Reformation und Gegenreformation », Carinthia I, vol. 154, , p. 181-220
  • (de) Jakob Obersteiner, Die Bischöfe von Gurk. 1072–1822, Klagenfurt, Verlag des Geschichtsvereins für Kärnten, .
  • (de) Jakob Obersteiner, Die Bischöfe von Gurk. 1824–1979, Klagenfurt, Verlag des Geschichtsvereins für Kärnten, .
  • (de) France M. Dolinar, « Kärntens katholische Kirche aus der Sicht der Slowenen – Vom Zerfall der österreichisch-ungarischen Monarchie bis zur Verselbstständigung Sloweniens », dans Werner Drobesch, Avguštin Malle (dir.), Nationale Frage und Öffentlichkeit (= Kärnten und die nationale Frage. Bd. 2), Klagenfurt, Heyn, (ISBN 3-7084-0015-1), p. 291–307.
  • Roger Aubert, « Gurk », dans Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, Paris, , vol. XXII, col. 1510-1520.

Articles liés

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]