Diocèse de Coire

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Diocèse de Coire
(la) Diocesis Curiensis
Image illustrative de l’article Diocèse de Coire
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Coire
Pays Suisse
Église catholique
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse
Création 1847
Siège Coire
Diocèses suffragants aucun
Titulaire actuel Mgr Vitus Huonder
Langue(s) liturgique(s) allemand
italien
romanche
Calendrier grégorien
Paroisses 308
Prêtres 767
Religieux 395
Territoire Grisons
Superficie 12 272 km2
Population totale 1 655 708 (965)
Population catholique 686 446
Pourcentage de catholiques 41,5 %
Site web bistum-chur.ch/
Image illustrative de l’article Diocèse de Coire
Localisation du diocèse
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse de Coire (en latin : diocesis Curiensis ; en allemand : Bistum Chur ; en italien : diocesi di Coira) est un des six diocèses de l'Église catholique en Suisse. En 2017 son évêque est Mgr Vitus Huonder, successeur de Amédée Grab. Le patron du diocèse est saint Lucius.

Historique[modifier | modifier le code]

Le diocèse de Coire est le diocèse historique de l'actuel canton suisse des Grisons. Sa date d'érection est contestée : le premier évêque serait soit Asimo, qui vivait en 440 (version la plus couramment acceptée) ; soit saint Lucius vers 176. Dans l'un au l'autre cas, l'évêché est parmi les plus anciens[1].

Depuis la domination des Francs jusqu'au début du XVe siècle les évêques de Coire sont seigneurs d'une partie de la Rhétie supérieure[2].

Bresler donne pour charges d'officiers héréditaires de l'évêque le Grand Échanson (Planten de Woldenberg à cette date), le Grand Maître (le seigneur de Monte) ; le Grand Chambellan (Fluge d'Aspermont) et le Grand Maréchal (le seigneur de Marmel)[3]. Concernant cette dernière charge, Bresler est en contradiction avec Saint-Allais et a peut-être inversé les charges avec celle de Grand Échanson, qu'il dit tenue par un Planta-Woldenberg. Saint-Allais note que la charge de Grand Maréchal a « de toute ancienneté été possédée par la branche catholique des comtes de Planta, établie dans les Grisons »[3]. Il écrit aussi que le 12 novembre 1795 Charles-Rodolphe de Buol, prince-évêque, concède à Henri-Joseph-Robert de Planta-Wildenberg, capitaine de cavalerie au régiment de Fouquet, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, et aux descendants de ce dernier, la dignité de Grand Maréchal héréditaire de l'évêché de Coire[4] ; mais qu'en 1799 la charge est devenue vacante par la mort sans descendants de Louis-Auguste, baron de Planta-Wildenberg, lieutenant général au service de la France, propriétaire d'un régiment Suisse et chevalier de l'ordre de Saint-Louis[3].

En 1722 le chapitre de Coire a 24 chanoines[3]. L'évêque de Coire est suffrageant de l'électeur de Mayence[5] (archevêque de Mayence[6]. Il assiste à la diète de l'Empire, placé hiérarchiquement entre l'évêque de Lubeck et l'évêque de Fulde[1]. Le revenu de l'évêque était d'environ 60 000 livres[7]. À cette époque le terres de l'évêque incluent entre autres la ville de Coire, les monastères de Churwalden (en), de Feldkirchen, de Tomiltasca ou Tomlesck, d'Aspermont, de Rhams, de Marsoila, de Ramuntz, de Greissenstein, d'Haldenstein, de Furstenberg sur l'Esch ; la vallée de Valteline, la ville de Chiavenne, Plurs[note 1]... L'évêque possède aussi en fief le comté de l'Engadine[8]. Depuis 1818, il couvre aussi les cantons de Glaris, d'Obwald, de Nidwald et de Zurich. De 1818 à 1847, il couvrait aussi les cantons de Saint-Gall, d'Appenzell Rhodes-Intérieures et d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Jusqu'en 1997, il couvrait le Liechtenstein.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le diocèse de Coire est limitrophe des diocèses de Sion et de Bâle à l'ouest, du diocèse de Rottenburg-Stuttgart au nord-ouest, de l'archidiocèse de Vaduz et des diocèses de Saint-Gall et de Feldkirch au nord, du diocèse d'Innsbruck à l'est, du diocèse de Bolzano-Bressanone au sud-est, et des diocèses de Côme et de Lugano au sud.

Évêque[modifier | modifier le code]

Lors de la vacance du siège épiscopal, il faut nommer un nouvel évêque à la tête du diocèse. Dans le diocèse de Coire, le Saint-Siège au Vatican établit librement une liste de trois candidats qui est transmise au chapitre de la cathédrale. Ce dernier nomme le nouvel évêque parmi les noms figurants sur cette liste. Le droit de nommer l'évêque par le chapitre de la cathédrale est un privilège ecclésiastique accordé par le Saint-Siège[9].

Liste des évêques de Coire[modifier | modifier le code]

[...]

  • 1139 : Conrad de Biberach, donne à Conrad de Planta l'investiture du comté de l'Engaldine[8].
  • 1170 : Egino ; l'empereur Frédéric Ier lui accorde la dignité de prince pour lui et ses successeurs[1].

[...]

  • 1285 : Berthold de Heiligenberg, donne à André II de Planta l'investiture du comté de l'Engaldine pour lui et ses descendants, contre 1 050 marcs d'argent[8].

[...]

  • 1404 : Hartman : cette année-là Modestin, vicomte de Milan, lui donne la vallée de Valteline (renommée pour son vin)[11].

[...]

[...]

  • 1661-1692 : Ulric de Monte († mars 1692), élu le 23 février 1661[10].
  • 1692- ? : Ulrich de Federspiel, appartenant à la Maison de Federspiel dans le pays des Grisons[10].
  • 1728-1754 : Joseph Benedikt von Rost. Entre 1732 et 1733 il fait remanier le château épiscopal de Coire[13].
  • 1795 : Charles-Rodolphe de Buol concède à Henri-Joseph-Robert de Planta-Wildenberg la charge de Grand Maréchal héréditaire de l'évêché de Coire le 12 novembre 1795[4].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

L'évêque de Coire est mis en scène avec insolence par Honoré de Balzac dans un de ses contes drôlatiques : La Belle Impéria.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plurs ou Piuro, petite ville des Alpes italiennes, est détruite par une avalanche en septembre 1618. Voir Beattie 1836, p. 118.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Vinc. Bernh. von Tscharmer, Amédée-Emm Haller et Paul Henri Mallet, Dictionnaire historique, politique et géographiques de la Suisse, t. 1, Genève, Barde, Mangé & Co, 1788, 330 p. (lire en ligne), p. 288.
  2. William Beattie (trad. L. de Bauclas), La Suisse pittoresque, ornée de vues dessinées spécialement par W.H. Bartlett, vol. 1, George Virtue (Londres) ; Ferrier (Paris), 1836, 192 p. (lire en ligne), p. 118.
  3. a b c et d Ferdinand Ludwig Bresler, Les Souverains Du Monde : Ouvrage Qui Fait Connoitre la Genéalogie..., t. 1, La Haye, 1722, 451 p. (lire en ligne), p. 263.
  4. a et b Allais 1814, p. 228.
  5. Souverains du Monde 1722, p. 36.
  6. Dict. de la Suisse 1814, p. 289.
  7. Allais 1814, p. 229.
  8. a b c et d de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies..., t. 1, Paris, Nobiliaire universel de France, 1814, 535 p. (lire en ligne), p. 226.
  9. « Comment un évêque est-il élu ? », sur eveques.ch, (consulté le 6 septembre 2013)
  10. a b c et d Souverains du Monde 1722, p. 262.
  11. Souverains du Monde 1722, p. 262-263.
  12. Claude Courtépée, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, vol. 6, L.N. Frantin, 1775, 737 p. (lire en ligne), p. 184.
  13. « Château épiscopal et cour », sur churtourismus.ch (consulté le 24 octobre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]