Dime novel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page de couverture de The fighting trapper : or, Kit Carson to the rescue. A tale of wild life on the plains de Edward S. Ellis, New York : Frank Starr and Co., 1874. (OCLC 6455351)

Le terme dime novel (le « roman à deux sous » anglophone, en anglais, un dime est une pièce de 10 cents) englobe différentes formes de publications de fictions populaires de la fin du XIXe siècle et du début du XXe aux États-Unis, notamment les dime novels eux-mêmes, mais également plusieurs hebdomadaires précurseurs des pulp magazines du XXe siècle. Le terme fut utilisé jusque vers 1940 pour désigner les « Western Dime Novels ». Les dime novels sont les ancêtres des romans de gare, mais on retrouve l'influence de leurs univers dans les comics, certaines émissions de télévisions ou encore au cinéma.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines du terme[modifier | modifier le code]

Il est généralement admis que le terme provient du premier ouvrage de la collection Dime Novels éditée par Beadle & Adams: « Maleaska, the Indian Wife of the White Hunter » de Ann S. Stephens, paru le . Ce livre était une réédition de plusieurs séries du même auteur publiées dans le magazine The Ladies' Companion en février, mars et . Les dime novels étaient de tailles variables même dans les premières publications de Beadle & Adams, mais ils étaient généralement composés d'une centaine de pages au format 16,5 x 10,8 cm. Les 28 premiers romans de ce type ont été édités sans dessins sur la page de garde, uniquement avec une couverture en papier rose saumon, et c'est à partir du 29e qu'une gravure fit son apparition en première de couverture. Les 28 premiers furent réédités par la suite avec une illustration. Le prix de ces volumes était de 10 cents. 321 titres furent ainsi publiés jusque dans les années 1920, jetant les bases du genre - des aventures aux confins du territoire avec des titres mélodramatiques.

Les histoires publiées étaient avant tout issues de magazines spécialisés, mais avec le développement du genre, les histoires originales se sont multipliées et les rééditions furent nombreuses, avec des couvertures différentes dans la même collection, mais certaines ont également été reprises par d'autres éditeurs.

Les dime novels de Beadle connurent un succès immédiat grâce au développement de l'alphabétisation à l'époque de la Guerre de Sécession, et à la fin la guerre, la concurrence s'est développée. Parmi les éditeurs concurrents, on compta entre autres George Munro et Robert DeWitt. Ces derniers inondèrent le marché avec des publications calquant les premiers dime novels en se différenciant seulement par la couleur des couvertures et le titre des romans. Même Beadle & Adams développèrent de nouvelles collections, comme Frank Starr.

Mais la qualité littéraire des histoires était dénigrée par les critiques littéraires et le terme de dime novel finit rapidement par désigner toutes les formes de fictions bon marché à sensation plutôt que le format en lui-même, comparable au roman-feuilleton.

Mode de diffusion[modifier | modifier le code]

Comparable aux fanzines de la fin du XXe siècle, les dime novels ont servi à la diffusion d'un genre littéraire populaire au sein de la classe ouvrière américaine. Ils étaient, pour leurs éditeurs, un moyen de fidéliser un lectorat en pleine expansion suite aux campagnes d'alphabétisation au travers des aventures de figures archétypes de la culture américaine de l'époque.

Avec la démocratisation des postes de radio dans les années 1920 et l'émergence des feuilletons radiophoniques, cette littérature secondaire a peu à peu périclité pour être remplacée par le format bande-dessinée popularisé par les comic-strips des journaux à grand tirage dont la diffusion quotidienne était assurée à travers tous les États-Unis.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie et webographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Pamela Bedore, Dime Novels and the Roots of American Detective Fiction, Palgrave Macmillan, coll. « Crime Files », , 204 p. (ISBN 978-1-13728-864-6).
  • (en) J. Randolph Cox, The Dime Novel Companion : A Source Book, Wesport / Londres, Greenwood Publishing Group, , XXX-333 p. (ISBN 0-313-25674-8).
  • (en) Michael Denning, Mechanic Accents : Dime Novels and Working-class Culture in America, Londres / New York, Verso Books, coll. « Haymarket Series », , 2e éd. (1re éd. 1987), 284 p. (ISBN 978-1-85984-250-8).
  • (en) Gary Hoppenstand (dir.), The Dime Novel Detective, Bowling Green (Ohio), Bowling Green University Popular Press, , 254 p. (ISBN 0-87972-213-4 et 0-87972-214-2).
  • (en) Albert Johannsen (préf. John T. McIntyre), The House of Beadle and Adams and Its Dime and Nickel Novels : The Story of a Vanished Literature, vol. 1 et 2, Norman, University of Oklahoma Press, , XXV-476 + 433 p. (présentation en ligne).
  • (en) Albert Johannsen, The House of Beadle and Adams and Its Dime and Nickel Novels : The Story of a Vanished Literature, vol. 3 : Supplement, Addenda, Corrigenda, Etc., Norman, University of Oklahoma Press, , VII-99 p..
  • Matthieu Letourneux, Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Poétique », , 546 p. (ISBN 978-2-02-132088-6, présentation en ligne).
  • Matthieu Letourneux, « « L'Amérique envahit la France ». Les épigones de Nick Carter et la redéfinition de l'imaginaire criminel urbain à la Belle Époque », Médias 19 « Catherine Nesci et Devin Fromm (dir.), American Mysterymania »,‎ (lire en ligne).
  • Matthieu Letourneux, « Incidence des supports dans les mutations des imaginaires sériels : le cas d'Eichler et des dime novels européens », Belphégor. Littérature populaire et culture médiatique, nos 18-1 « Regards croisés sur la culture médiatique européenne »,‎ (ISSN 1499-7185, DOI 10.4000/belphegor.2629, lire en ligne).
  • (en) Rimmer Sterk et Jim Conkright, The Continental Dime Novel, JCRS, (1re éd. 2006), 230 p.