Digitale

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Digitalis

Les digitales forment le genre Digitalis, environ vingt espèces de plantes herbacées classiquement placées dans la famille des Scrofulariacées. Les études récentes situent désormais ce genre dans les Plantaginacées. Elles sont originaires d'Europe, d'Afrique du nord-ouest et d'Asie occidentale et centrale.

Ces plantes peuvent être très toxiques. L'absorption d'environ une dizaine de feuilles provoque des troubles graves sur un sujet humain de corpulence moyenne[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom provient du latin digitus c'est-à-dire « doigt », et se réfère à la facilité avec laquelle on peut introduire un doigt dans la corolle de la fleur de Digitalis purpurea. Pour la même raison, les Anglais nomment ces plantes foxglove, « gant de renard » et les Allemands fingerhut, « chapeau de doigt ». En français, d'autres appellations existent comme « Dé de Bergère », « Gant de Bergère », « queue-de-loup »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est probable que les digitales étaient autrefois beaucoup plus abondantes en Europe et en France. Voici comment Chateaubriand en parle « Ce fut cette fois un espace aride, couvert de digitales, qui me fit oublier le monde »[3]  ; Pierre Loti les évoque dans Ramuntcho il y a plus d'un siècle (1896)  : « Après un rapide coup d’œil à la place du jeu de paume, ils se mettent en route par de petits chemins magnifiquement verts qui se cachent au plus creux des vallées en longeant des torrents frais. Les digitales en fleurs s’élancent partout comme de longues fusées roses au-dessus de l’amas léger et infini des fougères. »

Caractéristiques et localisation[modifier | modifier le code]

Fleurs[modifier | modifier le code]

Grandes fleurs, souvent pourpres, mais aussi avoir d'autres couleurs.

Elles sont groupées en masse sur une tige d'environ 1,5 m. Leur port spectulaire fait qu'on les retrouve également chez les horticulteurs[4].

Localisation[modifier | modifier le code]

La digitale est très courante en région parisienne. On la trouve aussi beaucoup en Normandie, en Bretagne, mais aussi dans toutes les autres régions françaises à l'exception de la Méditerranée[4].

Elle est courante à la lisière des bois ou dans les clairières des forêts.

Toxicité[modifier | modifier le code]

La plante est toxique dans toutes ses parties.

Chaque plant en fonction de son exposition au soleil, contient à des doses différentes le principe actif[4]. Les concentrations en alcacloïdes toxiques des digitales laineuses (D. lanata) ou des digitales jaunes (D. lutea) peuvent être plusieurs fois supérieures à celles trouvées dans D. purpurea[1]. L'absorption d'environ une dizaine de feuilles de digitale pourpre (qui peuvent être confondues avec celles de la bourrache) provoque des troubles graves sur un sujet humain de corpulence moyenne[1]. Selon le Dr Georges Becker, 120 g de feuilles de D. purpurea représentent une dose mortelle[5].

Usage médical[modifier | modifier le code]

C'est William Withering, médecin et botaniste britannique, qui découvrit en 1785 par hasard la digitaline, substance contenue dans les feuilles de digitales. L'utilisation thérapeutique moderne de cette molécule sera rendue possible grâce aux travaux de cristallisation du pharmacien et chimiste français Claude-Adolphe Nativelle.

La digitaline est un Cardiotonique. Le Code ATC des feuilles de digitale est C01AA03. Les hétérosides purifiés sont la digoxine et la digitoxine.

Toutes les préparations, de toutes les digitales, à partir de la plante entière, sont toxiques et donc ne sont plus employées du fait de l'impossibilité de faire un dosage exact.

Intoxication[modifier | modifier le code]

Les premiers symptômes sont les nausées, les vomissements, les diarrhées, les troubles cardiaques importants. La mort intervient rapidement[4].

Espèces du genre Digitalis[modifier | modifier le code]

Il existe plus de 20 espèces, parmi lesquelles :

Galerie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Joly A., (2010), Intoxication digitalique non médicamenteuse : un risque non négligeable, Thèse à l’université Henri Poincaré de Nancy, p. 40-44 et 97-108.
  2. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolite, Éditions Quae, (lire en ligne), p. 47.
  3. Rollin J.F (1967). Paysage de Chateaubriand.
  4. a, b, c et d Hyma La Hyène, « Les plantes dont il faut se méfier », Survival n°5,‎ décembre 2016 / janvier 2017, p. 42
  5. Georges Becker, Plantes toxiques, Paris, Gründ, , 224 p. (ISBN 2-7000-1811-7), p. 92