Dieudonné de Gozon

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Dieudonné de Gozon
Image illustrative de l’article Dieudonné de Gozon
Dieu Donné de Gozon, par J.-F. Cars, c. 1725
Biographie
Naissance ?
à Le Truel en Rouergue
Décès
à Rhodes
Ordre religieux Ordre de Saint-Jean
de Jérusalem
Langue Langue de Provence
Grand maître de l'Ordre
1346 –1353
Grand commandeur
? –1346
Chevalier de l'Ordre

Dieudonné de Gozon (ou Deodat de Gozon) mort en , était un chevalier de la langue de Provence devenu en 1346 le 27e grand maître des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Dieudonné de Gozon est également, suivant la légende, le vainqueur du mythique dragon de l'île de Rhodes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une noble famille du Rouergue (Aveyron), où existe toujours, aux Costes-Gozon, le château familial, Dieudonné de Gozon est né près de Le Truel[1].

Grand-maitre de l'Ordre[modifier | modifier le code]

Vue du château des grands maîtres des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Un linteau de pierre dans la rue Ippoton à Rhodes, représentant de gauche à droite les blasons du royaume d'Angleterre, du 26e Grand-Maître Hélion de Villeneuve, de l'Ordre des chevaliers de Rhodes, du 27e Grand-Maître Dieudonné de Gozon, et des rois d'Angleterre.

Dieudonné de Gozon devient en 1346 le 27e grand maître des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à la mort de son prédécesseur Hélion de Villeneuve. Le pape Clément VI lui écrivit le de la même année pour confirmer cette élection qui, loin d’avoir été recherchée par Gozon, ne fut acceptée par lui qu’à regrets[2] (contrairement à ce qu'affirme la légende, qui prétend que Dieudonné de Gozon aurait revendiqué lui-même cette fonction en vertu de ses récents exploits[2]).

En 1347, Dieudonné de Gozon envoya les Hospitaliers rétablir dans ses états le roi de Petite-Arménie, menacé par les sarrasins d’Égypte, fortifia Rhodes et raffermit la discipline de l'ordre[2].

Quand la ligue européenne se fut dissoute, et que le poids de la guerre fut retombé en entier sur l'Ordre, Gozon rejeta la trêve que les Turcs lui offraient avec l'accord du pape et écrivit au souverain pontife que « les statuts défendaient aux chevaliers tout traité public avec les Infidèles »[2].

En 1353, Gozon, se trouvant par son âge et ses infirmités hors d’état de gouverner, demanda au pape la permission d’abdiquer mais celle-ci lui fut refusée. Il insista mais il mourut en avant de recevoir l'accord du souverain pontife.

Le « vainqueur du dragon »[modifier | modifier le code]

Dieudonné de Gozon terrassant le dragon de Rhodes (Dessin de Victor Adam).
Pierre tombale de Dieudonné De Gozon

La légende veut que Dieudonné de Gozon ait commencé sa carrière en tant que « vainqueur du dragon » de l’île de Rhodes[3].

Suivant cette légende, vers 1342, Dieudonné de Gozon, alors simple chevalier dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, aurait en effet débarrassé les habitants de Rhodes d'un dragon qui semait la terreur dans la région de la « vallée de Soudourli », au pied du mont Saint-Étienne (« Agios Stephanos », actuellement « Monte Smith »).

Le dragon faisait tant de victimes que le grand maître Hélion de Villeneuve avait interdit à ses chevaliers de se mesurer au monstre[3]. La légende indique que Gozon s'entraîna dans son fief, face à un dragon articulé en bois, repartît pour Rhodes, affronta avec l'aide de 2 molosses le dragon qui terrorisait l'île et planta sa tête sur les fortifications de la ville[4].

Si certains auteurs pensent que la légende peut s'appuyer sur des faits réels et évoque la possibilité d'un crocodile[2], d'autres font remarquer qu'il existait à Kos (Dodécanèse), autre possession des chevaliers de Saint-Jean, une légende semblable dès 1420 et que dans sa plus ancienne forme connue, datée de 1521, la légende de Rhodes a pour héros un chevalier anonyme, qui deviendra par la suite troisième ou quatrième grand maître de l'ordre[5].

La dernière version de la légende, avec Dieudonné de Gozon pour héros, aurait été propagée vers 1594 par Antonio Bosio, l'historien des chevaliers[5]. D'après René Aubert de Vertot, Anne de Naberat prétendait à tort que sa tombe ne portait que ces mots : "Draconis Extinctor" (Le vainqueur du dragon)[2],[6]. Cette légende est reprise dans le nouveau roman de Michel Loirette, le Monstre de Gozon, paru le aux éditions de l'Harmattan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Aveyron Légendes et histoires locales (4/6) : un tueur de dragon, un géant assassiné et un enfant sauvage », Midilibre.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e et f Louis-François Villeneuve-Bargemont (de), Monumens des grands-maitres de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem : ou vues des tombeaux élevés à Jérusalem, à Ptolémais, à Rhodes, à Malte, etc., accompagnés de notices historiques sur chacun des grands-maitres, J. J. Blaise, (lire en ligne), « Dieudonné de Gozon », p. 140-148
  3. a et b Jacques Miquel, conseiller scientifique au Conservatoire Larzac, Templier et Hospitalier, « Dieudonné de Gozon, chevalier et vainqueur du dragon », sur http://www.vivreaupays.pro, Conseil Général de l'Aveyron (consulté le 19 mars 2014)
  4. Hasluck, Frederick W. "Dieudonné de Gozon and the Dragon of Rhodes." Annual of the British School at Athens 20 (1914), p. 70-79
  5. a et b Lejay Paul, « Les travaux de l'École Anglaise d'Athènes en 1913-1914 », Journal des savants, vol. 14, no 10,‎ , p. 466-471 (lire en ligne)
  6. Biographie universelle, ancienne et moderne, Volume 18, chez Louis-Gabriel Michaud, p. 224

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Galimard Flavigny (2006) Histoire de l'ordre de Malte, Perrin, Pari

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]