Didot (police d'écriture)

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Didot
Description de cette image, également commentée ci-après
Linotype Didot par Adrian Frutiger
Présentation
Type Serif, didone
Créée XVIIIe et XIXe siècles
Auteur(s) Firmin Didot

Didot est un groupe de polices serif néo-classique, nommé d’après le graveur Firmin Didot.

Les premiers caractères Didot sont gravés et fondus à Paris par Firmin Didot entre 1784 et 1811, et utilisés par l’imprimeur Pierre Didot, son frère.

Les polices qui en dérivent, dites « didones » ont exercé une forte influence sur la typographie contemporaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette police de caractère est sans doute l’une des plus connues. De par le nom de sa famille typographique, les didones, mais aussi la famille Didot qui avait beaucoup d’importance dans l’industrie de la typographie au XIXe siècle, mais aussi par ces caractéristiques: son épuration, ses contrastes et la nesse de ses serifs la caractérise plus que tout. Cette police va s’imposer au cours du XIXe siècle au détriment de la Garamond et représenter l’industrie, la bourgeoisie et l’empire.

La police Didot est créée entre 1784 et 1811 par Firmin Didot, puis utilisée par l’imprimeur Pierre Didot, son frère.

Firmin Didot est le membre le plus célèbre d’une dynastie d’imprimeurs, éditeurs et typographes français, la famille Didot, qui commence au début du XVIIe siècle et se poursuit encore de nos jours.

C’est un graveur fondeur, mais également député d’Eure-et-Loir, de 1827 à 1836, il siège dans la majorité soutenant les ministères de la monarchie de Juillet et défend les intérêts de la librairie et de la presse.

Le Didot fait partie des polices serif et à même donné son nom à une nouvelles familles, les didones, qui ont inspiré beaucoup de graphistes à travers le monde, dont Ann Pomeroy, créatrice de la police Keynote.

Usage de la Police[modifier | modifier le code]

L’apparition des Didones, à la fin du XVIIIe siècle, résultait moins d’un progrès dans l’art des graveurs que dans l’apparition d’une nouvelle qualité de papier vergé, et d’encres à séchage rapide, évitant de faire « baver » les lettres.

Exemple d'impression avec Le Didot.

Associées dès le règne de Napoléon à une typographie « à la française », les didones furent massivement utilisées en France de 1810 aux années 1950 pour les imprimés règlementaires, les manuels scolaires, et une grande partie de l’édition scientifique.

La Révolution approchant et la Garamond représentant l’ancien régime, la Didot va symboliser le renouveau et être adoptée par l’imprimerie Royale (devenue “Imprimerie Nationale). C’est un caractère droit et dépouillé de toutes fioritures. Cela lui donne une allure formelle et juste. Les angles marqués de ses serifs démarquent cette police de ses contemporaines.

Ce caractère typographique représente la modernité et l’industrialisation naissante. Si l’on devait désigner une police emblématique du XIXe siècle, ce serait sans aucun doute celle-ci.

Son dessin épuré lui permet d’être adopté même en dehors des frontières (ce caractère va s’imposer dans l’Empire Britannique ou encore l’Italie).

Certains grands auteurs publiaient leurs ouvrages dans ce caractère (Comme Racine par exemple) et la constitution française de 1791 a été rédigée avec ce caractère. Cela lui confère encore plus d’importance et lui permet de s’imposer dans la quasi-totalité du continent européen à l’époque.

Mais de nos jours, à l’aire de la bureautique, l’emploi de cette police a largement régressé, même en France : une des principales causes est sans doute la résolution trop faible des écrans d’ordinateur, qui « gomme » ou « crénèle » les déliés.

Reconnaitre la police[modifier | modifier le code]

Le contraste[modifier | modifier le code]

Le dessin du Didot repose sur un contraste fort entre les pleins, noirs et imposants, et les déliés, fins et délicats.

Empattements[modifier | modifier le code]

L’empattement est un trait fin et simple qui permet à la police d’être assise sur la ligne de lecture. Dans le Didot cet empattement et la lettre forment un angle droit parfait.

Les ligatures[modifier | modifier le code]

Le Didot, utilise les ligatures, qui représentent la jonction de deux lettres pour ne former plus qu’un seul nouveau caractère. Les ligatures linguistiques « æ » et « œ » sont représentées ainsi que des ligatures esthétiques comme « fl  », « fi  » et « of ».

Les ressemblances[modifier | modifier le code]

La Baskerville[modifier | modifier le code]

La Baskerville fut créée à la même époque. Le contraste entre pleins et déliés est marqué et les hampes sont assez verticales.

La Baskerville est une typographie plus écrasée avec un empattement plus lourd et plus garni.

La Bodoni[modifier | modifier le code]

Mais la ressemblance la plus flagrante est avec la Bodoni. Créée en Italie à la même époque, c’est la typographie qui inspira la Didot.

Les différences sont très légères, les empattements de la Bodoni sont un peu plus épais, le jambage supérieur de la Bodoni est légèrement en biseau contrairement à le Didot beaucoup plus strict et droit.

Le Didot est légèrement plus étirée que la Bodoni, on le voit sur les points des i et j et les jambages inférieurs.

Lisibilité de la police[modifier | modifier le code]

Le Didot à un empattement représenté par un trait fin lui permettant d’être assis sur la ligne de lecture. Mais cette assise ne lui donne pas plus de lisibilité qu’une police qui imite l’écriture manuelle comme la Garamond, puisqu’elle est plutôt droite, stricte et formelle.

De plus à cause du contraste entre ses forts pleins et ses fins déliés, le Didot ne facilite pas toujours la lecture, contrairement à la Garamond qui a pour elle beaucoup plus d’équilibre et un dessin généreux, outre une lecture agréable et plus fluide que le Didot.

Le Didot aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le Didot a perdu de sa superbe au début des années 2000, elle ne s'est pas imposée sur le web par exemple dû à la faible résolution des écrans qui ne pouvaient retranscrire la finesse de ses empattements ce qui la rendait illisible.

Le Didot est donc aujourd’hui beaucoup moins utilisée. Elle est cependant toujours synonyme de rigueur et gage de qualité, c'est pourquoi le média CBS l’utilise pour son logo. Elle est aussi très reprise dans la mode avec les magazines Vanity Fair, Vogue et Elle. Pendant un temps synonyme de sagesse et d’officialité le Didot s’est ensuite dévergondé et féminisé avec le logo de Sex and the City en 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]