Didgeridoo

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A, B et C : trois didgeridoos montés et décorés traditionnellement par des fabricants traditionnels d'instruments.
D : un didgeridoo aborigène typique non traditionnel fabriqué pour le commerce touristique avec des décorations non traditionnelles.
E : un didgeridoo fabriqué par des non aborigènes en Australie, non décoré.

Le didgeridoo est un instrument de musique à vent de la famille des cuivres. À l'origine, cet instrument est joué par les Aborigènes du Nord de l'Australie, son usage semble très ancien et pourrait remonter à l'âge de la pierre (20 000 ans), d'après une peinture rupestre représentant un joueur de didgeridoo, analysée au carbone 14. C'est une trompe en bois, lointaine cousine du cor des Alpes ou du tongqin tibétain.

Didgeridoo, didjeridoo, didjeridu ou didjeridou, est un mot d'origine onomatopéique inventé par les colons occidentaux à partir du son de cet instrument. Les Aborigènes le nomment différemment en fonction de leur ethnie. Parmi la cinquantaine de noms, les plus courants sont : yidaki, mooloo, djubini, ganbag, gamalag, mago, maluk, yirago, yiraki, etc.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Didgeridoo

Le didgeridoo est principalement fabriqué à partir d'un tronc d'eucalyptus creusé naturellement dans toute sa longueur par des termites. La longueur varie de 100 à 180 cm en moyenne, et le diamètre de 5 à 30 cm. L'embouchure est généralement fabriquée en cire d'abeille pour ramener l'embouchure à un diamètre facilement jouable proche de 30 mm, pour la rendre plus lisse (le bois ou le bambou, bruts, font souvent très mal à cause des vibrations), pour mieux l'adapter à la forme de la bouche et pour la protéger de l'humidité. Les didgeridoos traditionnels peuvent présenter une embouchure recouverte de sugarbag, une cire d'abeilles sauvages, mais ont plus souvent une embouchure directement jouable. Traditionnellement, il peut être décoré par des peintures représentant des scènes de la mythologie aborigène ou des motifs claniques.

Il existe aujourd'hui des didgeridoos fabriqués par différentes méthodes :

  • Sandwich : creusés manuellement, à partir d'une branche de n'importe quelle essence d'arbre coupée en deux dans le sens de la longueur, afin d'évider l'intérieur, puis recollée.
  • Perçage : le didgeridoo est percé de part et d'autre à l'aide de longs forets.
  • Tournage : le didgeridoo se décompose en plusieurs morceaux tournés, pour être collés les uns après les autres et ainsi former un nouveau didgeridoo.
  • Accordable : Il existe des didgeridoos accordables. Le principe est de modifier la longueur de la perce par un système de coulisse.
  • Naturelle : Il existe aussi des didgeridoo façonnés par les termites. Les termites creusent le cœur des eucalyptus pour y installer leurs colonies. On peut récupérer le bois encore debout et enlever les termites pour en faire le corps du didgeridoo. On peut aussi trouver les bois creux et mort.

Plusieurs sortes de didgeridoos ont été inventés afin de gagner en richesse de jeu ou bien de pratique. Ils peuvent être faits en différents matériaux, tel que le bois, le bambou ou encore en aluminium voire en PVC, en argile, en verre, en papier mâché, en plastique, en agave, etc. On peut compter trois variantes principales :

  • les travel didgeridoo (travel didge, didgeridoos de voyage) sont démontables en plusieurs pièces de taille réduite, ce qui permet un transport plus aisé et de changer les notes. Ils utilisent principalement un système de pas vis pour joindre les différents morceaux entre eux.
  • les slides didgeridoo (slide didge ou didjeribone, terme qui tire son nom d'une marque) : ces didgeridoos peuvent changer de taille et donc de note de base (à noter que contrairement aux travel didgeridoo, ceux-ci peut changer de note pendant le jeu), grâce à un système de coulisse. Certains modèles possèdent d'ailleurs des vis afin de garder l'instrument à une note spécifique, pour d'autre il suffit de les tourner d'un quart de tour et ils sont fixés.
  • les didgebox (nom du modèle) qui consistent en une « boîte » de petite taille (une quarantaine de centimètres) percée de deux trous, dans laquelle un système de chicanes permet de restituer le son de l'instrument original (mais de moindre qualité).

Jeu[modifier | modifier le code]

Embouchure de didgeridoo en cire d'abeille

Pour jouer du didgeridoo, le musicien fait vibrer ses lèvres comme pour un cor de chasse, cor des Alpes ou une trompette, avec cependant une tension moins forte des muscles labiaux. Une des particularités du didgeridoo réside dans le fait que la plupart des joueurs utilisent la technique dite du souffle continu ou respiration circulaire. Celle-ci permet de maintenir un souffle d'air constant permettant de jouer sans s'arrêter, même lors de l'inspiration.

Le son de base, le bourdon, est produit par une vibration monotone des lèvres sur l'embouchure.

Pour créer des mélodies, il existe cinq sortes de variations à partir du bourdon :

  • De légères variations du débit d'air, qui abaissent ou augmentent la hauteur de la note du bourdon ;
  • L'amplification d'harmoniques présentes dans le bourdon, à partir de mouvements des lèvres et surtout de la langue ;
  • La variation du volume d'air dans les joues ou des poussées du diaphragme, de la langue ou des cordes vocales, qui permet des accentuations rythmiques ;
  • Les vocalises qui viennent se superposer au bourdon, et qui imitent souvent des cris d'animaux, dans le jeu aborigène ; le joueur peut aussi chanter dans le didgeridoo ;
  • Le quintoiement (survibration ou toot) qui s'obtient par un pincement des lèvres, de manière à souffler comme dans une trompette et qui produit un son de corne de brume proche de l'octave supérieure du bourdon de base. En augmentant encore la tension des lèvres, il est possible d'obtenir d'autres survibrations plus aigües, comme pour un cor de chasse. La hauteur des survibrations dépend de la conicité de l'instrument : pour un didgeridoo parfaitement cylindrique (comme un tuyau de PVC) on obtient par exemple un bourdon à 65 Hz (Do 4), une première survibration à 196 Hz (Sol 5) et une deuxième survibration à 328 Hz (Mi 6), qui coïncident quasiment avec les harmoniques (impaires) composant le timbre du bourdon ; pour un didgeridoo de forme générale conique, on peut obtenir par exemple un bourdon à 65 Hz (Do 4), une première survibration à 144 Hz (Ré 5 : une octave + un ton au-dessus du bourdon) et une deuxième survibration à 237 Hz (La dièse 6), alors même que les harmoniques de 130 Hz, 195 Hz, 260 Hz etc. sont bien celles qui composent le timbre du bourdon (calculé avec DIDGMO, vérifié par l'expérience). Il convient donc de ne pas confondre les deux notions d'harmoniques et de survibrations.

Dans les régions où il est culturellement représenté, le didgeridoo accompagne le plus souvent le chant et le jeu des claves, jouées par un ou plusieurs autres musiciens. C'est un instrument réservé aux cérémonies et aux festivités.

On peut retrouver le didgeridoo dans différents styles, en musique traditionnelle, world, en electro (principalement avec de la drum and bass et de la trance), rock, rap (notamment pour obtenir un jeu de basses), etc. De plus, avec l'arrivée des slides didgeridoos, de nouvelles techniques de jeu ont pu émerger.

Parmi les interprètes notables, on peut citer Wallis Buchanan (Jamiroquai), Alan Dargin, Djalu Gurruwiwi, Xavier Rudd, Zalem Delarbre, Gauthier Aubé, Dubravko Lapaine, Ondrej Smeyckal, Raphaël Didjaman… Cet instrument apparaît également dans le jeu d'EA Spore (jeu vidéo)

Les notes[modifier | modifier le code]

Échelle des notes des didgeridoos[1] :

  • Très lent : A (la), Bb (Si bémol), B (Si)
  • Lent : C (Do), C# (Do#),
  • Moyen lent : C#(Do#), D (Ré)
  • Moyen : Eb(Mi bémol), E (Mi)
  • Moyen Rapide : F (Fa), F# (Fa#)
  • Rapide : F#(Fa#), G(Sol)
  • Très rapide : G# (Sol#), A (La)

La plupart des personnes qui jouent lentement et aiment un air méditatif, jouent sur de notes basses de A (La) à D (Ré).
Les joueurs qui aiment la polyvalence et le rythme ont vite tendance à préférer les notes du milieu de D(Ré) à F(Fa).
Les joueurs qui aiment les jeux rapides avec du volume vont souvent vers les notes de F(Fa) à G(Sol).

Origine mythologique[modifier | modifier le code]

Une légende aborigène raconte l'origine de cet instrument[2]'[3] :

« Au commencement, tout était froid et sombre.

Bur Buk Boon était en train de préparer du bois pour le feu afin d’apporter protection, chaleur et lumière à sa famille.

Bur Buk Boon remarqua soudain qu’une bûche était creuse et qu’une famille de termites grignotait le bois tendre du centre de la bûche.

Ne voulant pas blesser les termites, Bur Buk Boon porta la bûche creuse à sa bouche et commença à souffler.

Les termites furent projetées dans le ciel nocturne, formèrent les étoiles et la Voie lactée, illuminant le paysage.

Et pour la première fois le son du didgeridoo bénit la Terre-Mère, la protégeant elle et tous les esprits du Temps du rêve, avec ce son vibrant pour l’éternité. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les critères du Didgeridoo, consulté le 20 mai 2011
  2. L'histoire du Didgeridoo, consulté le 21 mars 2011
  3. L'art aborigène, UniGe, consulté le 21 mars 2011

Lien externe[modifier | modifier le code]

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