Dicrocoelium dendriticum

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Dicrocoelium dendriticum, aussi dénommé Dicrocoelium lanceolatum, est un petit ver plat (plathelminthe), une espèce de ver parasite de la famille des Dicrocoeliidae, appelé plus communément petite douve du foie.

Elle est surtout répandue dans tout l'Ancien Monde (hémisphère nord) chez les grands herbivores domestiques (mouton et bœuf), elle est responsable de la distomatose hépatique à petite douve ou dicrocœliose, une parasitose très fréquente chez les animaux et très rare chez l'homme.

La petite douve du foie vit de préférence dans les canaux biliaires du mouton, souvent en association avec la grande douve Fasciola hepatica. Le cycle de développement est terrestre, sans passage par une phase aquatique. Ce cycle comprend deux hôtes intermédiaires et un hôte définitif : un escargot terrestre, une fourmi, et un ruminant.

Morphologie[modifier | modifier le code]

L’adulte, lancéolé et de couleur claire, mesure environ 5-10 mm sur 2 mm.

Les œufs sont ovoïdes, operculés, de petites dimensions 38-49 microns sur 22-33 microns[1].

Biologie[modifier | modifier le code]

L'adulte vivant, parfois en nombre considérable (50 000) dans les voies biliaires et pancréatiques du bétail, pond de petits œufs qui sont éliminés avec les matières fécales dans les prairies de paturage.

Avalé par un mollusque terrestre, l’œuf éclot dans la cavité digestive d’un gastéropode du genre Helicella, Zebrina, ou encore Cionella lubrica (en). Il évolue en sporocyste, puis en cercaire. Les cercaires sont libérées enrobées de mucus.

Elles sont ensuite ingérées par des fourmis (Formica fusca) dans lesquelles elles s’enkystent sous forme de métacercaires. Une métacercaire, parfois deux, peuvent se localiser au.niveau du ganglion nerveux sous-œsophagien d'une fourmi, provoquant des contractions des mandibules. Ces spasmes mandibulaires maintiennent la fourmi sur un brin d'herbe. C'est un phénomène de « manipulation parasitaire »[2].

Ces fourmis sont ensuite ingérées par des animaux brouteurs au pâturage (bœufs, moutons), chez qui les métacercaires deviennent des adultes. Les jeunes douves gagnent les canaux hépatiques par le système porte hépatique[3].

Répartition géographique et importance[modifier | modifier le code]

Extrêmement fréquente chez le mouton, notamment en Europe, son cycle nécessite l’ingestion par l’hôte définitif de fourmis parasitées par les métacercaires infectieuses. Cette particularité explique l’extrême rareté des infections humaines authentiques et la fréquence des faux diagnostics dus aux œufs en transit.

Ces œufs en transit chez l'homme ont été absorbés avec des pâtés de foie d'animaux parasités (mouton, bœuf). Ces œufs cuits ne sont pas une forme infectante, il ne font que transiter dans le tube digestif humain pour être éliminés par les selles. Ce phénomène, relativement fréquent, ne nécessite aucun traitement.

En revanche, l'infection humaine authentique nécessite une ingestion accidentelle de fourmi parasitée (porteuse de métacercaires infectantes), soit lors de pique-nique[4] ou lors de consommation de salade de pissenlit[3]. Les œufs éliminés par les selles humaines proviennent alors de la ponte d'adultes présents dans le foie humain. Ces cas sont rarissimes (une dizaine de cas publiés dans le monde au cours du XXe siècle)[3].

Diagnostic et traitement[modifier | modifier le code]

Chez l'homme, la petite douve du foie entraine des troubles digestifs variés, une altération de l'état général, voire des manifestations neurologiques[5].

Le diagnostic repose sur la mise en évidence des œufs dans les selles ou la bile, à condition d'éliminer d'abord la possibilité d'œufs en transit. Dans ce dernier cas, un deuxième examen des selles quelques jours plus tard ne les retrouve plus[4]. L'immuno-électrophorèse peut être utile.

Le traitement se base sur des dérivés de l'émétine[5], ou sur le praziquantel[4].

Prévention[modifier | modifier le code]

Éviter de consommer des pissenlits provenant de prairies où paissent des troupeaux[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F.H. Kayser, Microbiologie médicale, Flammarion, (ISBN 978-2-2571-1335-1), p. 614 et 624.
  2. « fiche_dicrocoelium_lanceolatum », sur www2.vetagro-sup.fr (consulté le 20 janvier 2017)
  3. a, b, c et d Y-J. Golvan, Eléments de parasitologie médicale, Flammarion, (ISBN 2-257-12589-4), p. 153.
  4. a, b et c P. Bourée, « Aspect actuel des distomatoses », La Revue du Praticien - Médecine Générale, vol. 27, no 893,‎ , p. 30-31.
  5. a et b M. Gentilini, Médecine tropicale, Flammarion, (ISBN 2-257-14394-9), p. 240.