Diaspora turque en France

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Turcs de France
Populations significatives par région
Population totale 611 000 (2013)
Autres
Langues français, turc
Religions Islam, Judaisme

La diaspora turque en France comprend les immigrés et descendants d'immigrés venus de Turquie.

Histoire de l'immigration turque en France[modifier | modifier le code]

Début de l'immigration turque en France[modifier | modifier le code]

L’immigration turque en France débute vers la fin des années 1960 lorsque la France et la Turquie signent, le 8 avril 1965 à Ankara, un accord bilatéral relatif au recrutement de travailleurs turcs à destination de la France. Cet accord, connu sous le nom de « convention de main d’oeuvre entre la France et la Turquie », est publié dans le Journal officiel de la République française en date du 15 juin 1965 à travers le décret n° 65-447 du 10 juin 1965

Au départ, cette immigration s'opère donc deux manières : les Turcs viennent en France, non par choix mais par défaut, pour travailler et finalement retourner dans leur pays, ou rejoindre l’Allemagne à terme, et en France plus spécifiquement car l’Allemagne cesse la politique du « gastarbeit », c’est-à-dire de l’importation de main d’oeuvre étrangère, à cause d’une récession économique.

Développement de l'immigration turque en France[modifier | modifier le code]

Elle se développe dans les années 1970 par la voie du regroupement familial et des demandes d’asile liées au contexte de crise en Turquie autour des affrontements entre militants de gauche et militants nationalistes. Cette crise politique impacte évidemment l’économie du pays. En 1974, la France cesse à son tour l’importation de travailleurs étrangers en raison des chocs pétroliers et des difficultés économiques éprouvées.

Mais suite au coup d’État du 12 septembre 1980, la crise en Turquie s’accentue et de nouveaux immigrants turcs arrivent sur le sol français. Dans les années 1990, au milieu d’une guerre entre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l’armée turque au sujet de la création d’un État kurde indépendant, des villages kurdes sont détruits, et de nombreux Kurdes décident de se réfugier en France notamment. De nombreux alévis s'en suivent. À côté de ces moyens légaux, c’est-à-dire le séjour de travailleurs turcs, le regroupement familial et l’asile, il existe aussi une immigration clandestine, parfois cachée derrière des intentions touristiques, dont l’ampleur est néanmoins inconnu.

Caractéristiques de l'immigration turque en France[modifier | modifier le code]

L'immigration turque en France comporte plusieurs particularités qui ne sont néanmoins pas exclusives. Il s'agit d'abord d'une immigration tardive par rapport aux autres, et plus précisément, de la dernière immigration officielle des Trente Glorieuses avec l'immigration asiatique et l'immigration de l'Afrique noire. Ainsi, il est question d'une immigration récente qui est toujours en développement.

Ensuite, la plupart des immigrés turcs sont musulmans : soit de la branche sunnite de l'islam, majoritaire en Turquie, soit de l'alévisme, une religion syncrétique qui s'apparente au chiisme et dont les membres sont depuis plusieurs siècles oppressés en Anatolie pour leur soi-disant hérésie. C'est une particularité qu'elle partage avec la communauté maghrébine de France. Par ailleurs, l'immigration turque se distingue, notamment de l'immigration maghrébine, par l'absence de liens historiques forts, et plus particulièrement de liens historiques liés à la colonisation, entre la Turquie et la France, et se manifestant par des difficultés en langue et des écarts culturels pour les immigrés turcs.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon l’INSEE, en 2013, le nombre de Turcs est de plus de 216 000 (dont environ 102 000 femmes), c’est-à-dire 5 % de l’ensemble des étrangers vivant en France[1],[2]. Les consulats turcs de France pour leur part comptent un peu plus de 611 000 Turcs et Franco-Turcs en France, 800 000 en estimant le nombre de personnes en situation irrégulière venues de Turquie. Toujours selon ces consulats, la diaspora turque en France est essentiellement concentrée à Paris (environ 270 000), à Strasbourg (environ 135 000), à Lyon (environ 130 000) et à Marseille (environ 62 000)[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

Les Turcs de France sont essentiellement musulmans, dont 200 000 plus précisément sont alévis[4]. Leur religiosité est forte (plus de 70 % accordent une place importante à la religion) puisqu'elle est perçue comme une résistance à l’assimilation culturelle. Cette protection de l'identité turque passe également par la fréquentation de nombreuses associations culturelles à caractère religieux dont notamment celles de la confrérie de Fethullah Gülen. Malgré cette religiosité importante, les Turcs de confession musulmane ne sont quasiment pas touchés par la radicalisation[5],[6].

Répartition confessionnelle de la diaspora turque en France, selon une enquête de l'INED et l'INSEE (2008)[7]
Confession Pourcentage
Sans religion 6
Chrétien 5
Musulman 88
Autre 1
Total 100

Turcs célèbres en France[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Répartition des étrangers par nationalité en 2013 », sur INSEE, (consulté le 3 septembre 2016)
  2. « Population par sexe, âge et nationalité en 2013 », sur INSEE, (consulté le 3 septembre 2016)
  3. « La communauté turque compte 611.515 personnes en France », sur Zaman France, (consulté le 3 septembre 2016)
  4. Erwan Kerivel, La vérité est dans l'homme : les Alévis de Turquie, SIGEST, , 196 p. (ISBN 9782917329467), p. 19
  5. Samim Akgönül, « Appartenances et altérités chez les originaires de Turquie en France », sur Hommes et migrations, (consulté le 4 septembre 2016)
  6. « 8 avril 1965 : le cinquantenaire de la présence turque en France », sur Zaman France, (consulté le 3 août 2016)
  7. Hugues Lagrange, « Pratique religieuse et religiosité parmi les immigrés et les descendants d’immigrés du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de Turquie en France » [PDF], sur Institut d'études politiques de Paris, (consulté le 3 septembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]