Diaspora haïtienne en France

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La diaspora haïtienne en France est constituée de l'ensemble des personnes nées à Haïti ou d'origine familiale haïtienne, vivant sur le territoire national français.

Selon l'INSEE, en 2008, il y avait en France métropolitaine 62 698 personnes nées en Haïti[1] ainsi que 21 423 enfants de moins de 18 ans nés en France et d'origine haïtienne[2].

Historique[modifier | modifier le code]

La Communauté haïtienne en France existe depuis le XIXe siècle, quand vinrent se réfugier en France les opposants et les anciens dirigeants haïtiens, exilés volontaires ou contraints, pour sauver leur vie et celles de leurs proches.

L'émigration haïtienne s'est accentuée au cours des années 1960, avec le régime dictatorial des présidents Duvalier père et fils.

La répression du régime, la misère et le peu de perspectives d'avenir ont accentué l'émigration : un flux qui se dirigea vers de nombreux pays, la République dominicaine voisine d'Haïti, les États-Unis, le Canada (notamment le Québec), la Belgique, la Suisse et la France (notamment la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane française, ainsi qu'en métropole, dans la région parisienne)[3].

Données démographiques[modifier | modifier le code]

France métropolitaine[modifier | modifier le code]

Il y a officiellement 30 000 à 40 000 Haïtiens en situation régulière en France métropolitaine, à la date du 31 décembre 2006, selon les évaluations officielles des autorités françaises publiées dans le « Document cadre de partenariat France-Haïti 2008-2012 », qui calcule les flux migratoires entre les deux pays.

Selon monsieur Glaude, président de l'Agence haïtienne pour le développement local (AHDL), le nombre réel se situerait en fait entre 70 000 et 90 000 Haïtiens en comptant les immigrés clandestins.

La grande majorité de la communauté haïtienne qui vit en métropole, réside dans la région Île-de-France[4]. On compte d'autres communautés haïtiennes en province, notamment dans les grandes villes telles que Angers, Bordeaux, Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

Environ 300 associations haïtiennes ont été dénombrées sur le territoire français[5].

Départements d'Outre-mer[modifier | modifier le code]

En 2006, les Haïtiens étaient officiellement 8 217 en Guyane française (pour 202 000 habitants) selon les données de l'INSEE mais 16 106 selon les données du service de l'immigration de la préfecture de Cayenne, 10 498 en Guadeloupe (pour 447 000 habitants) et 1 704 en Martinique (pour 399 000 habitants), et probablement bien plus en comptant l'immigration clandestine.
Dans ces départements, les Haïtiens constituent la communauté étrangère statistiquement la plus importante, en raison de la proximité géographique. Par ailleurs, pour l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), les Haïtiens représentaient en 2006 le « premier flux de demandeurs d'asile en France » (12 % des demandeurs). L'OFPRA a même dû ouvrir une antenne en Guadeloupe à la fin 2006, pour répondre à la demande face à l'affluence des demandes de la part des Haïtiens[6].

La Guyane française a vu l'arrivée d'un courant migratoire d'Haïtiens dès le début des années 1970. En 1974, on comptait 500 immigrants haïtiens pour l'année, puis 1000 immigrants pour l'année 1976 et la croissance culmina en 1985 avec 2000 immigrants haïtiens. En 1986, la guerre civile au Suriname stoppa net le courant migratoire par ce pays. Additionné à un retour vers le pays d'origine d'un certain nombre d'Haïtiens, la communauté haïtienne diminua à cette période. Mais au début des années 1990, le flux reprit vers la Guyane française avec une féminisation de l'immigration et un regroupement des familles. Le nombre de naissance au sein de la communauté haïtienne s'éleva autour de 5 000 enfants pour la période 1975-1992. En 1999, l'INSEE comptait 14 143 personnes de nationalité haïtienne et 16 977 personnes d'origine haïtienne. Par recoupement, la communauté haïtienne était évaluée autour de 25 000 personnes en l'an 2000[7].

Ces dernières années, le gouvernement français a expulsé un grand nombre d'Haïtiens, notamment de la Guadeloupe et de la Martinique[8]. Depuis le tremblement de terre d'Haïti de 2010, le gouvernement français a suspendu les expulsions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Wiener-Kerns Fleurimond, La communauté haïtienne de France : Dix ans d'histoire 1991-2001, Éditions L'Harmattan, Paris : 2003

Sources[modifier | modifier le code]