Diane Arbus

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Diane Arbus
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Naissance
Décès
Nom de naissance
Diane Nemerov
Nationalité
Activité
Formation
Ethical Culture Fieldston School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Maître
Influencée par
Conjoint
Distinction
Œuvres principales
Les Jumelles identiques

Diane Arbus, née Diane Nemerov (New York, id., ), est une photographe de rue américaine.

Elle est restée célèbre pour ses portraits de rue effectués au reflex 6x6 à deux objectifs équipé d'une torche à lampes flash au magnésium de forte puissance, sa photographie des Jumelles identiques et celle de l'Enfant à la grenade dans Central Park.

Elle a aussi réalisé un projet sur une communauté de handicapés mentaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille de commerçants aisés new-yorkaise, Diane Nemerov rencontre son futur mari, Allan Arbus (né en 1918), à l'âge de 14 ans. Celui-ci apprend la photographie lors de son service militaire et ils ouvrent ensemble un magasin de photo de mode après la Seconde Guerre mondiale. En réalité, c'est Allan qui prend les photos, Diane tient le rôle de styliste et démarche auprès des agences.

Ses premières photos personnelles datent de 1957. Elle s'extrait peu à peu du duo qu'elle formait avec son mari au profit de son inspiration. Le couple se sépare en 1960[réf. nécessaire].

Elle étudie alors la photographie à la New School for Social Research à New York avec Marvin Israel et Richard Avedon et rencontre par la suite Lisette Model.

Diane Arbus s'inscrit dans un courant photographique qu'a inauguré un autre grand photographe américain, Walker Evans, qui a imposé un style documentaire et urbain dans les années 1930. Mais c'est après 1962 qu'elle impose son style propre, quand elle abandonne le format rectangulaire du 24x36 pour le format carré du 6x6, avec un Mamiya C330 équipé d'une torche à lampes flash au magnésium de forte puissance (de type Press 25 produisant un million de lumens) fixée à demeure et utilisée systématiquement y compris en plein jour.

Mamiya C330 avec une poignée, remplacée par une torche à lampes flash dans le cas de Diane Arbus.

En 1963, elle obtient une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim qui lui permet de réaliser un travail remarquable intitulé « American Rites, Manners and Customs » (les rites de la société américaine), vaste galerie de portraits d'Américains, pour la plupart inconnus, qui met en exergue les rites sociaux de cette société.

Diane Arbus concentre son activité à New York et ses alentours, photographiant des inconnus dans la rue. Fascinée par les personnages hors-normes, elle photographie également des travestis, des personnes transgenres, des handicapés mentaux, des jumeaux, des nains, etc.

En 1966, elle contracte une hépatite, qui aurait eu des effets aggravants sur sa dépression et donc son suicide quelques années plus tard[réf. nécessaire].

En mélangeant le familier avec le bizarre, Diane Arbus dresse un portrait troublant de l'Amérique des années 1960. Elle s'attache pourtant à montrer que ces personnages étranges et atypiques, d'habitude considérés comme des « phénomènes de foire », sont avant tout des êtres réels, avec des habitudes et un train-train quotidien. Sa méthode de travail s'attache à créer une relation intime et de confiance avec ses modèles, ce qui l'amène aussi à les photographier à nouveau quelques années plus tard.

Graffiti détournant la célèbre photographie Jumelles identiques.

Par ses photos, Diane Arbus révèle combien l'étrange peut surgir de n'importe où. La très célèbre photographie Jumelles identiques (Roselle, New Jersey, 1967) met en scène deux fillettes habillées de la même manière (robe en velours à large col blanc) qui regardent le spectateur droit dans les yeux, en souriant légèrement. Le spectateur est mal à l'aise car c'est le concept de l'identité, et plus précisément de l'unicité des êtres humains, qui est remis en question. Stanley Kubrick s'est inspiré de ce cliché pour créer les jumelles du film Shining[1].

En 1967, elle participe à l'exposition « New Documents » qui se tient au musée d'art moderne de New York avec des portraits qui côtoient les vues urbaines de Lee Friedlander et Garry Winogrand[2]. Là encore, son travail apparaît comme un événement qui contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre, se distinguant du reportage.

Dépressive, elle se donne la mort à 48 ans le à Greenwich Village en avalant une quantité importante de barbituriques puis en s'ouvrant les veines dans sa baignoire. Sa courte carrière n'aura duré que 8 ans.

Son influence sur la photographie américaine est considérable. Elle a contribué à imposer l'idée que la photographie est un art à part entière. Elle travaillait en noir et blanc et développait elle-même ses travaux afin de maîtriser complètement le résultat de ses œuvres.

Famille[modifier | modifier le code]

Diane Arbus est la mère de la journaliste et écrivain Doon Arbus (en) (née en 1945) et de la photojournaliste Amy Arbus (en) (née en 1954).

Elle est la sœur du poète Howard Nemerov et la tante du professeur d'histoire de l'art Alexander Nemerov[3],[4].

Photographies célèbres[modifier | modifier le code]

  • Identical Twins, Roselle, New Jersey, 1967 (Jumelles identiques)
  • Child with Toy Hand Grenade in Central Park, N.Y.C. 1962 (Enfant avec une grenade à main jouet à Central Park)
  • A Jewish Giant at Home with His Parents in The Bronx, N.Y. 1970 (Un géant juif chez lui avec ses parents dans le Bronx) La photo montre combien Diane Arbus était plus qu'une portraitiste : une photographe documentaire attachée à montrer les êtres en marge de la normalité.[réf. nécessaire]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • En 2003, le MoMA de San Francisco accueille l'exposition « Diane Arbus Revelations » qui voyagera à travers l'Europe (Essen, Londres et Barcelone) courant 2006. Avec plus de 200 photographies dont certaines jamais exposées, cette rétrospective est la plus complète qui ait jamais été consacrée à Diane Arbus.
    Le catalogue de l'exposition, extrêmement précis, est disponible en version américaine, édité sous la direction de Doon Arbus, fille aînée de la photographe[5]. L'ensemble des photographies y sont reproduites et commentées par Sandra S. Phillips.
  • Du 6 décembre 2008 au 7 février 2009, Pierre Leguillon propose une exposition intitulée « Diane Arbus: rétrospective imprimée, 1960-1971 » à la Kadist Art Foundation de Paris.
  • Du 18 octobre 2011 au 5 février 2012, la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris présente une exposition de plus de 200 clichés sur le site Concorde[6].
  • Du 22 juin au , le Martin-Gropius-Bau de Berlin propose une série de plus de 200 clichés, en collaboration avec le Jeu de Paume, Paris, et The Estate of Diane Arbus LLC, New York, ainsi que le Fotomuseum Winterthur and Foam Photography Museum, Amsterdam.

Hommages, références[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans son livre, Une vie à soi[7], la romancière française Laurence Tardieu rend hommage à Diane Arbus. La narratrice, Laurence T., va revisiter son histoire personnelle et familiale à la lumière de celle de Diane Arbus, jumelle soudain découverte. Leurs histoires se répondent : l’enfance est privilégiée mais recluse, le désir de venir enfin au monde se confond avec celui de créer, les hommes et les enfants sont toujours là, essentiels. En partant à la recherche de Diane Arbus, Laurence T. va se reconnaître elle-même dans le miroir.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Untitled
  • (en) Revelation
  • Elisabeth Sussman, Doon Arbus, Diane Arbus. Une chronologie : 1923-1971, La Martinière, 2011

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Présentation de l'exposition Diane Arbus au Jeu de Paume, à lire sur L'Intermède.
  2. (en-US) Jo Ann Lewis, « Diane Arbus' Disturbing World », Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne)
  3. (en) Julia Zorthian, « Nemerov Confirms Move to Stanford », Yale Daily News, (consulté le 29 mai 2016).
  4. (en) « New building, new faculty demonstrate ambitious growth plans for Stanford's Department of Art and Art History », Stanford Report,‎ (lire en ligne).
  5. Philip Charrier, « On Diane Arbus: Establishing a Revisionist Framework of Analysis », History of Photography, vol. 36, no 4 (novembre 2012): 422-38.
  6. Annonce de l'exposition au Jeu de Paume.
  7. Éditions Flammarion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Roegiers, Diane Arbus ou le rêve du naufrage, Éditions du Chêne, 1985, réédition Perrin, 2006
  • Patricia Bosworth, Diane Arbus. Une biographie (1985), Éditions du Seuil, 2007
  • Jean Kempf et Morgan Riou, « Fur : un portrait imaginaire de Diane Arbus », dans : Transatlantica, 1 | 2007
  • Violaine Binet, Diane Arbus, Grasset, 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]