Diane Arbus

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Diane Arbus
Diane Arbus by Beppe Devalle.jpg
Naissance
Décès
Nom de naissance
Diane Nemerov
Nationalité
Activité
Maître
Influencée par
Conjoint
Distinction
Œuvres réputées
Les jumelles identiques

Diane Arbus, née Diane Nemerov (New York, id., ), est une photographe de rue américaine célèbre pour ses portraits de rue effectués au reflex 6x6 à deux objectifs équipé d'une torche à lampes flash au magnésium de forte puissance.

Elle a aussi réalisé un projet sur une communauté d' handicapés mentaux.

Elle est la sœur du poète Howard Nemerov.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille de commerçants aisés new-yorkaise, née le à New York, Diane Nemerov rencontre son futur mari, Allan Arbus (né le 15 février 1918), à l'âge de 14 ans. Celui-ci apprend la photographie lors de son service militaire et ils ouvrent ensemble un magasin de photo de mode après la Seconde Guerre mondiale. En réalité, c'est Allan qui prend les photos, Diane tient le rôle de styliste et démarche auprès des agences.

Ses premières photos personnelles ne datent que de 1957 environ. Elle s'extrait peu à peu du duo qu'elle formait avec son mari au profit de son inspiration. Le couple se sépare en 1960.

The New School[modifier | modifier le code]

Elle étudie alors la photographie à la New School for Social Research à New York avec Marvin Israel et Richard Avedon et rencontre par la suite Lisette Model.

Diane Arbus s'inscrit dans un courant photographique qu'avait inauguré un autre grand photographe américain, Walker Evans, qui avait imposé un style documentaire et urbain dans les années 1930. Mais c'est après 1962, quand elle abandonne le format rectangulaire du 24x36 pour le format carré du 6x6, avec un Mamiya C330 équipée d'une torche à lampes flash au magnésium de forte puissance (de type Press 25 produisant un million de lumens) fixée à demeure et utilisée systématiquement y compris en plein jour qu'elle impose son style propre.

Mamiya C330 avec une poignée, remplacée par une torche à lampes flash dans le cas de Diane Arbus.

En 1963, elle obtient une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim qui lui permet de réaliser un travail remarquable intitulé « American Rites, Manners and Customs » (les rites de la société américaine), vaste galerie de portraits d'Américains, pour la plupart inconnus, qui met en exergue les rites sociaux de cette société.

Diane Arbus concentre son activité à New York et ses alentours, photographiant des inconnus dans la rue. Fascinée par les personnages hors-normes, elle photographie également des travestis, des transsexuels, des handicapés mentaux, des jumeaux, des nains, etc.

En 1966, elle contracte une hépatite, conséquence de sa méthode de travail très intimiste qui la menait souvent à avoir des relations sexuelles avec ses modèles. Cet événement marque le début de sa lente marche vers le suicide.

En mélangeant le familier avec le bizarre, Diane Arbus dresse un portrait troublant de l'Amérique des années 1960. Elle s'attache pourtant à montrer que ces personnages étranges et atypiques, d'habitude considérés comme des « phénomènes de foire », sont avant tout des êtres réels, avec des habitudes et un train-train quotidien.

Graffiti détournant la célèbre photographie Jumelles identiques.

Par ses photos, Diane Arbus révèle combien l'étrange peut surgir de n'importe où. La très célèbre photographie Jumelles identiques (Roselle, New Jersey, 1967) met en scène deux fillettes habillées de la même manière, robe en velours à large col blanc, qui regardent le spectateur droit dans les yeux, en souriant légèrement. Le spectateur est mal à l'aise car c'est le concept de l'identité, et plus précisément de l'unicité des êtres humains, qui est remis en question. Stanley Kubrick s'est d'ailleurs inspiré de ce cliché pour créer les jumelles du film Shining[1].

En 1967, elle participe à l'exposition « New Documents » qui se tient au musée d'art moderne de New York avec des portraits qui côtoient les vues urbaines de Lee Friedlander et Garry Winogrand. Là encore, son travail apparaît comme un événement qui contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre, se distinguant du reportage.

Dépressive, elle se donne la mort à 48 ans le à Greenwich Village en avalant une quantité importante de barbituriques puis en s'ouvrant les veines dans sa baignoire. Sa courte carrière n'aura duré que 8 ans.

Son influence sur la photographie américaine est considérable. Elle a contribué à imposer l'idée que la photographie est un art à part entière. Elle travaillait en noir et blanc et développait elle-même ses travaux afin de maîtriser complètement le résultat de ses œuvres.

Diane Arbus est la mère de la journaliste et écrivain Doon Arbus (en) (née en 1945) et de la photojournaliste Amy Arbus (en) (née en 1954). Elle est la sœur du poète Howard Nemerov.

Photographies célèbres[modifier | modifier le code]

Identical Twins, Roselle, New Jersey, 1967[modifier | modifier le code]

Identical Twins, Roselle, New Jersey, 1967 (Jumelles identiques) est la plus célèbre des photographies de Diane Arbus et la plus chère.

Child with Toy Hand Grenade in Central Park, N.Y.C. 1962[modifier | modifier le code]

Child with Toy Hand Grenade in Central Park, N.Y.C. 1962 est une autre des photographies de Diane Arbus qui a donné lieu à beaucoup de commentaires.

A Jewish Giant at Home with His Parents in The Bronx, N.Y. 1970[modifier | modifier le code]

A Jewish Giant at Home with His Parents in The Bronx, N.Y. 1970Un géant juif chez lui avec ses parents dans le Bronx, 1970 — montre combien Diane Arbus était plus qu'une portraitiste : une photographe documentaire attachée à montrer les êtres en marge de la normalité.

Expositions, film[modifier | modifier le code]

En 2003, le MoMA de San Francisco accueille l'exposition « Diane Arbus Revelations » qui voyagera à travers l'Europe (Essen, Londres et Barcelone) courant 2006. Avec plus de 200 photographies dont certaines jamais exposées, cette rétrospective est la plus complète qui ait jamais été consacrée à Diane Arbus. Le catalogue de l'exposition, extrêmement précis, est disponible en version américaine, édité sous la direction de Doon Arbus, fille aînée de la photographe[2]. L'ensemble des photographies y sont reproduites et commentées par Sandra S. Phillips.

En 2006, le réalisateur Steven Shainberg a porté à l'écran Diane Arbus dans le film Fur, un portrait imaginaire de Diane Arbus (interprétée par Nicole Kidman).

Du 6 décembre 2008 au 7 février 2009, Pierre Leguillon propose une exposition intitulée « Diane Arbus: rétrospective imprimée, 1960-1971 » à la Kadist Art Foundation de Paris.

Du 18 octobre 2011 au 5 février 2012, la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris présente une exposition de plus de 200 clichés sur le site Concorde[3].

Du 22 juin au , le Martin Cropius Bau de Berlin propose une série de plus de 200 clichés, en collaboration avec le Jeu de Paume, Paris, et "The Estate of Diane Arbus LLC, New York, ainsi que le Fotomuseum Winterthur and Foam Photography Museum, Amsterdam.

Dans son dernier livre, Une vie à soi, publié aux éditions Flammarion, la romancière française Laurence Tardieu rend hommage à Diane Arbus. La narratrice, Laurence T., va revisiter son histoire personnelle et familiale à la lumière de celle de Diane Arbus, jumelle soudain découverte. Leurs histoires se répondent : l’enfance est privilégiée mais recluse, le désir de venir enfin au monde se confond avec celui de créer, les hommes et les enfants sont toujours là, essentiels. En partant à la recherche de Diane Arbus, Laurence T. va se reconnaître elle-même dans le miroir.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Untitled
  • (en) Revelation
  • Patrick Roegiers, Diane Arbus ou le rêve du naufrage (1985), Perrin, 2006.
  • Patricia Bosworth, Diane Arbus. Une biographie (1985), Éditions du Seuil, 2007.
  • Jean Kempf et Morgan Riou, « Fur : un portrait imaginaire de Diane Arbus », dans : Transatlantica, 1 | 2007.
  • Violaine Binet, Diane Arbus, Grasset, 2009.
  • Elisabeth Sussman, Doon Arbus, Diane Arbus. Une chronologie : 1923-1971, La Martinière, 2011.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Présentation de l'exposition Diane Arbus au Jeu de Paume, à lire sur L'Intermède
  2. Philip Charrier, "On Diane Arbus: Establishing a Revisionist Framework of Analysis," History of Photography, vol. 36, no 4 (novembre 2012): 422-38.
  3. Annonce de l'exposition au Jeu de Paume.

Sites annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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