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Diane Arbus

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Diane Arbus
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Diane NemerovVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Nemerov, DianeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Ethical Culture Fieldston School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Fratrie
Conjoint
Allan Arbus (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Genres artistiques
Distinction
Œuvres principales

Diane Arbus, née Diane Nemerov le à New York et morte le à Greenwich Village (New York), est une photographe américaine.

Diane Arbus fait partie des grandes photographes américaines des années 1960 aux côtés de Margaret Bourke-White, Louise Dahl-Wolfe, Eve Arnold, Toni Frissel, Ruth Orkin, Inge Morath et autres.

Elle reste célèbre pour ses portraits de rue, notamment pour ses photographies titrées Identical Twins, Roselle, New Jersey, 1967 et Child with Toy Hand Grenade in Central Park et pour ses portraits de personnalités publiés dans des magazines tels que Esquire, Harper's Bazaar, Glamour, Vogue, The Sunday Times Magazine (en) Harper's Magazine ou Artforum.

Diane Arbus est également connue pour ses photographies menant à la visibilité sociale des groupes marginaux tels que les personnes en situation de handicap mental, les personnes atteintes de nanisme, les danseuses exotiques, les stripteaseuses, les forains, les nudistes, les monstres de foire, etc.

En 1972 la Biennale de Venise expose ses clichés, ce qui est une première concernant les photographes américains.

Jeunesse et formation

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Diane Arbus, née Diane Nemerov le à New York, est la seconde des trois enfants et la fille aînée de David Nemerov et de Gertrude Russek épouse Nemerov. L'un de ses frères est le futur poète Howard Nemerov. Ses parents, de confession juive, sont des migrants d'origine russo-américaine venus de Kiev qui se sont installés à Brooklyn[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9].

Son grand-père maternel Frank Russek (en), un Polonais venu de la ville de Bolesławiec, s'est installé à New York où avec son frère Isidore H. Russek il crée en 1897 un magasin de vente de fourrures, le Russeks (en). Le magasin devient prospère, tant et si bien qu'en 1913 il est transféré sur la Cinquième avenue[10],[3],[2].

Pendant son enfance, elle suit les offices au Temple Emanu-El de New York[3].

Sa sœur cadette Renée Nemerov naît le , alors que Diane est âgée de cinq ans[11].

Diane Nemerov suit sa scolarité primaire et secondaire à la prestigieuse Ethical Culture Fieldston School (en), où ses enseignants soulignent ses dispositions à la peinture[1],[2],[5],[12],[9].

Diane Nemerov comme comme sa soeur et son frère reçoivent une excellente éducation mais ils souffrent d'une distance affective de leurs parents pour des raisons différentes. Leur père est pris par ses activités d'homme d'affaires et leur mère souffre d'un état dépressif, ce sont les domestiques et les nourrices qui prennent en charge l'éducation des enfants Nemerov[3],[9].

Portrait d'Algernon Blackwood.

Par ailleurs, elle s'intéresse aux mythes, rites, récits de quêtes et légendes, c'est pourquoi elle lit les romans de Algernon Blackwood qui citent des anecdotes issues des textes de la mythologie grecque, de Homère, de Dante et de Shakespeare[13].

Son livre préféré est le roman Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll ainsi que Jane Eyre de Charlotte Brontë et Wuthering Heights (« Les Hauts de Hurlevent ») de Emily Brontë et autres récits de Fantasy et de romans gothiques [3],[4],[14].

Portrait de Paul Klee réalisé en 1911.
Portrait de Käthe Kollwitz réalisé par Hugo Erfurth en 1927

Durant ses études secondaires, elle s'investit plus particulièrement dans les cours de dessin, de peinture, de poterie, ses artistes préférés sont Käthe Kollwitz et Paul Klee[4],[3],[15].

En 1940, après l'obtention du diplôme de fin d'études de la Fieldston School (en) dans le Bronx, Diane Nemerov ne souhaite pas poursuivre des études universitaires, mais suit des cours de styliste[2],[3].

La Seconde Guerre mondiale

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1941, peu de temps après l'attaque de Pearl Harbour, Diane Arbus et Allan Arbus emménagent dans un appartement situé sur la West 38th street (« 38e rue Ouest ») de New York[16].

Pendant cette période, Diane Arbus lit notamment Willa Cather, Carl Jung, Emily Dickinson, se rend à des concerts et visite des musées où elle observe davantage les visiteurs que les œuvres[3].

L'initiation à la photographie

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En 1943 le jeune couple emménage à Fort Dix dans le New Jersey car Allan Arbus vient d'être enrôlé au sein de l'United States Army Signal Corps (Corps des transmissions de l'armée des États-Unis) qui lui font suivre des cours de photographie dans une école à proximité de Fort Monmouth (en). Pour se rapprocher de lui, Diane Arbus loue un appartement d'une pièce à Red Bank, elle y installe une chambre noire dans la salle de bains. La nuit il partage ses connaissances des techniques de la photographie avec Diane Arbus[1],[3],[5],[17],[18].

C'est alors que Diane Arbus prend des photos à tour de bras, notamment des baleines qui viennent s'échouer sur les plages du New Jersey[17].

Naissance de Doon Arbus

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Au mois de mai 1944, Allan Arbus est muté dans le quartier Astoria dans l'arrondissement de New York du Queens pour photographier les entrainements militaires. Lui et Diane Arbus louent un appartement sur Lexington Avenue. À la fin de l'année 1944, Allan Arbus est envoyé en Birmanie avec une unité de photographes, c'est à ce moment que Diane Arbus découvre qu'elle est enceinte. Elle se photographie nue et montre le cliché à son ami Alexander Eliot avant de l'envoyer à son époux. Ce dernier étant au loin, ses parents lui proposent de venir loger chez eux dans leur résidence de Park Avenue où ils lui ont préparé une chambre. Sentant son accouchement proche, elle demande à son amie Naomi Rosenblum (en) de l'accompagner à la maternité, loin de ses parents pour éviter les jugements, attentes des Nemerov. Sa fille Doon Arbus naît le [1],[3],[4],[5],[19].

L'après-guerre

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En 1946, un ami offre à Diane Arbus un Speed Graphic (en), elle l'utilise mais abandonne du fait de son poids et le flash ne la rassurait pas. Avant de jeter son dévolu sur un appareil photo, elle prend des cours auprès de Berenice Abbott[20],[21].

Ses premières photographies prises après les cours sont des clichés de Howard Nemerov et son épouse Peggy Russel Nemerov dans leur appartement de la Troisième Avenue[20].

Cette même année, Allan Arbus est de retour après sa démobilisation, lui, Diane Arbus et leur enfant emménagent dans un appartement de la 77e rue entre Broadway et la West End avenue. Les projets d'Allan Arbus ont changé, après son poste de photographe à l'armée il ne veut plus être acteur mais photographe de mode et demande à Diane Arbus d'être son assistante. Cette dernière ayant donné son accord c'est son père David Nemerov qui leur offre des équipements photographiques du dernier cri[22],[6].

Depuis 1950, la photographe souffre régulièrement de dépressions nerveuses[23].

Diane Arbus se suicide à l'âge de 48 ans le dans son appartement de la Westbeth Artists Community proche de Greenwich Village en avalant une quantité importante de barbituriques puis en s’ouvrant les veines dans sa baignoire. Peter Schlesinger (en) n'arrivant pas à la joindre par téléphone, malgré de multiples appels, il demande à Marvin Israel de la joindre, lui aussi ses appels téléphoniques restent sans réponse aussi se rend-il à son domicile et découvre son cadavre deux jours après son suicide, sur son bureau son journal intime est ouvert, sur la dernière page il est écrit The last supper (« Le dernier souper »). Les causes de son suicide font débat. Pour Patricia Bosworth, la cause est la dépression alors que pour Elsa Dorfman c'est probablement une interaction de diverses causes : son hépatite qui l'a diminuée, la peur du succès, un talent qu'elle n'arrive pas à assumer, la question reste ouverte[1],[3],[2],[24],[25].

Les funérailles de Diane Arbus sont célébrées en petit comité chez un ami. Sa nécrologie est publiée le dans le New York Times, puis du au dans les colonnes de Newsweek, du Time, de Village Voice, etc[26].

La photographie de mode américaine est fortement influencée par les production de Edward Steichen, Louise Dahl-Wolfe, John Rawlins, Erwin Blumenfeld et de Horst P. Horst, les photographies de chacun d'entre eux figurent sur la couvertures des magazines Vogue et Harper's Bazaar et ont connaitre à Paris les robes de la styliste américaine Claire McCardell[1],[27].

Premiers clients

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Parmi leurs premiers clients il y a Eileen Ford qui dirige l'agence de mannequins Ford Model Management qui les engage pour photographier ses mannequins, dont Dorian Leigh, cela pour rémunération de 75 $[note 1] par mois[28]. Puis vient Bonwit Teller (en) qui les engage et leur verse la somme de 50 $[note 2] par clichés. Grâce à ces commandes, Allan Arbus et Diane Arbus étoffent leur portfolio qu'ils montrent à diverses agences publicitaires dans l'espoir d'obtenir de nouveaux clients[29].

Le groupe Condé Nast

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En janvier 1947, Allan et Diane Arbus sont invités à se rendre dans le bureau de Tina Fredericks la directrice artistique du groupe Condé Nast, cette dernière après avoir consulté leur portfolio, le transmet à Alexander Liberman le rédacteur en chef du groupe qui supervise Vogue, Glamour, Mademoiselle, House & Garden (magazine) (en), Self et Vanity Fair. Alexander Liberman par l'intermédiaire de Tina Fredericks fait une première commande auprès de Allan et Diane Arbus pour illustrer un article du numéro de mai 1947 du magazine Glamour. Satisfait, Alexander Liberman leur fait des commandes régulières pour Glamour et Vogue, si bien que les locaux de Condé Nast situé dans le Graybar Building (en) sur la Lexington Avenue deviennent leur second bureau[30],[1],[3],[5],[4].

En 1949, une photographie prise par Diane Arbus et Allan Arbus en tant qu'assistant fait la une de Vogue[31].

Les habitués des années 1947-1950

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Parmi les habitués qui se rendent chez Allan et Diane Arbus il y a Cheech McKensie une mannequin de l'agence gérée par John Robert Powers (en) qui devient une amie de Diane Arbus par leurs échanges littéraires qui vont du Petit Prince aux Frères Karamazov et lui fait découvrir les tziganes de New York, il y a également Pati Hill et son époux Robert Meservey[32].

Il y a également Alex Eliot et son épouse Anne Eliot qui les rejoignent durant l'été 1948 dans l'île de Martha's Vineyard, où ils ont loué un cottage à Vineyard Haven (Massachusetts)[33].

Autoportrait colorisé d'Alfred Stieglitz.
Photographie de Georgia O'Keeffe.

Études des portraits

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Durant l'année 1951, Diane Arbus accompagne Robert Bellamy qui lui fait découvrir les peintres Jane Wilson (en), Grace Hartigan, les peintres et sculpteurs Richard Stankiewicz et Larry Rivers. Elle décide d'étudier la peinture des portraits de Goya à Picasso et comment l'utiliser dans la photographie[34].

Nouvelles connaissances

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Portrait de Stanley Kubrick réalisé en 1949 par le photographe Phillip Harrington.

Diane Arbus continue de prendre des photographies de mode dans des lieux divers comme le Madison Square Garden ou Central Park. Elle apprécie la compagnie du jeune Stanley Kubrick, alors photographe pour le magazine Look, ou le producteur de spectacles pour les théâtres de Broadway Mort Gottlieb. Elle photographie également l'écrivaine Marguerite Littman (en) pour illustrer un article de Glamour[35].

Voyage en Europe et tensions au sein du couple Arbus

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En décembre 1951, Allan Arbus part en Europe avec Diane Arbus et leur fille Doon Arbus pour une durée d'une année. Lors d'une halte à Tolède ils visitent le musée du Greco, prennent plusieurs photos des peintures du Greco afin de les envoyer au Time pour publication. Puis Diane Arbus projette faire de même pour la chapelle Matisse à Vence, mais Allan Arbus s'y oppose car cette halte n'est pas prévue dans son planning, ce qui afflige Diane Arbus[36],[5].

Lors de ce voyage les premières tensions entre Allan Arbus et Diane Arbus apparaissent[37].

Retour aux États-Unis

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Photographie de Paul Manship prise en 1941.

À la fin du printemps 1952, Allan Arbus et Diane Arbus embarquent sur le paquebot Île-de-France. En 1953, Diane Arbus est enceinte et donne naissance à sa seconde fille, Amy, qui naît le . Avec la venue de ce second enfant, le couple Arbus a besoin d'un appartement plus grand. Ce qui sera fait grâce à David Nemerov qui, connaissant le maire de New York Vincent R. Impellitteri, leur obtient un triplex au 319 East 72nd Street précédemment occupé par le sculpteur Paul Manship[38].

Peu avant la naissance d'Amy, Allan Arbus et Diane Arbus embauchent comme assistant un jeune photographe japonais, Tod Yamashiro. Sur les conseils de ce dernier, Diane Arbus abandonne l'utilisation de son ancien appareil photo pour lui préférer un Leica[39].

Young & Rubicam

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Allan Arbus et Diane Arbus continuent de travailler pour Glamour, Vogue et Seventeen, leur notoriété est telle qu'ils sont recrutés par l'agence de publicité Young & Rubicam, celle-ci leur commande des clichés de la Greyhound Lines et de la Maxwell House qui seront publiés en pleine page du magazine Life[40].

La montée de la télévision

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Au début de la télévision, il n'y a pas de publicité, alors que les agences de publicité dépensent des millions de dollars pour des campagnes publicitaires pour des produits divers : bières, automobiles, déodorants, cigarettes. Les magazines Life et Look regorgent de publicité, et tous les photographes veulent une tranche du gâteau. Face à la menace de la venue de spots publicitaires Allan et Diane Arbus organisent des diners pour les directeurs des principales agences de publicité, afin d'obtenir des commandes[41].

En juillet 1953, Diane Arbus prend une série de clichés de la mannequin et actrice Nancy Berg (en), une des top modèles de l'époque[42].

Apogée du photojournalisme

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Pendant les années 1950, New York est la Mecque des photographes tels que Art Kane, Ruth Orkin, Jerome Liebling (en) ou Roy DeCarava, ces derniers font partie des piliers du photojournalisme qui est à son apogée plus spécialement de sa diffusion dans les grands magazines[43].

Margaret Bourke-White photographiée en 1955.
Portrait du photographe Carl Mydans.

Le photojournalisme est devenu un média qui influence la manière de voir les événements, comme les photos de Life réalisées par Margaret Bourke-White, Leonard McCombe (en), Carl Mydans, Philippe Halsman ou William Eugene Smith[44].

Les commandes continuent

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Allan Arbus et Diane Arbus reçoivent toujours des commandes de la part des magazines Glamour et Vogue, bien que Irving Penn soit devenu la nouvelle « star » du groupe Condé-Nast et que pour Alexey Brodovitch le directeur artistique du Harper's Bazaar, Richard Avedon soit devenu son photographe préféré[45],[46].

Alexey Brodovitch

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Photographie de Alexey Brodovitch prise en 1950
Portrait de Mathew Brady réalisé en 1875.

À cette même année, Diane Arbus suit des cours auprès d'Alexey Brodovitch qui anime un atelier à la New School. Ce dernier est connu pour être un spécialiste du documentaire photographique aux côtés de Brassaï, Billy Brandt et Lisette Model, qui tous sont publiés au sein du Harper's Bazaar. Elle découvre qu'il n'est pas seulement âgé et souffreteux mais aussi profondément mélancolique et quitte son atelier pour étudier le fondateur de la photographie Nicéphore Niépce, ainsi que les photographes du XIXe siècle tels que Julia Margaret Cameron ou Mathew Brady, puis Paul Strand comment il fut inspiré par le cubisme, Lewis Hine ainsi que ses collègues contemporains comme Louis Faurer et Robert Frank[47],[1],[3],[2],[6].

Mais plus que les autres, Diane Arbus est impressionnée par Lisette Model, notamment pour ses photos de style grotesque, grotesque de la pauvreté, grotesque de la vieillesse[48].

C'est en 1955, lors de l'exposition The Family of Man organisée par Edward Steichen pour le Museum of Modern Art que Diane Arbus téléphone à Lisette Model pour lui acheter une de ses photos, que ce soit un original ou une copie, elle lui répond qu'elle n'a nulle intention de vendre un de ses clichés, mais Diane Arbus persiste, alors Lisette Model l'invite à participer à l'un de ses cours à la New School, Diane Arbus s'y inscrit en 1958[2],[6],[5]. Elles ont leur première conversation lors d'une sortie universitaire dans le Lower East Side. À ses questions sur les prises de vues, I want to photograph what is evil (« Je veux photographier ce qui est maléfique, dangereux et nuisible ») Lisette Model lui dit Evil or not, if you don't photograph what yout are compelled to photograph, then you' ll never photograph (« Maléfique ou pas, si vous ne photographiez pas ce que vous êtes obligé de photographier, alors vous ne photographierez jamais quoique ce soit. »)[49].

Occasionnellement, Diane Arbus rend visite à Lisette Model dans son appartement sur Grove Street puis plus tard dans son appartement sur Sheridan Square, où elles discutent jusqu'à la tombée de la nuit, développant ainsi une grande amitié[50].

Photographier les personnes considérées comme marginales

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En 1954, Diane Arbus photographie les enfants de migrants qui vivent à Spanish Harlem[4].

Désormais, grâce à Lisette Model, Diane Arbus se confronte à des populations qu'elle redoutait auparavant. Elle se sent de plus en plus attirée par les personnes marginales, auxquelles elle s'identifie comme les monstres de foire, les gays, les lesbiennes, les personnes en situation de handicap, les malades, les estropiés, les mourants, mais contrairement à la majorité, elle les traite avec humanité, et les photos qu'elle prend de ces personnes forment un univers non seulement original, mais unique[4] .

Quand elle prend la ligne D du métro de New York en direction de Coney Island elle remarque sur la Stillwell Avenue, un hôtel où résident des personnes âgées visiblement désorientées et les prend en photo à de multiples reprises et photographie des Portoricaines tatouées ainsi que d'autres personnes tatouées[51].

Dans un premier temps, Diane Arbus photographie les personnes dans leur environnement puis elle se déplace pour se rapprocher au plus près d'elles. Le critique Peter Bunnell (en) écrit : She learned from Model that in the isolation of the human figure we can mirror the essential aspects of society (« Elle a appris de Model que c'est par l'isolement de la figure humaine que nous pouvons refléter les aspects essentiels de la société. »)[52],[6].

La photographe d’Esquire

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Harold Hayes, directeur artistique du magazine Esquire.

Diane Arbus montre ses photographies au rédacteur en chef , Harold Hayes (en), il les trouve pertinentes par ce qui est attendu par Esquire, aussi il envoie les recueils de Diane Arbus à Robert Benton, le directeur artistique du magazine. Indécis quant aux missions à donner pour Diane Arbus, celle-ci répond à leur place, pourquoi pas photographier Joan Crawford au milieu de sa garde-robe ? Elle obtient le feu vert à condition qu'elle soumette chacun de ses clichés à Harold Hayes[5],[3],[53].

C'est sous cette condition que Diane Arbus prend des centaines de prises de vue pour le magazine, comme celles de détenus dans des pénitenciers, de funérailles d'animaux de compagnie , d'appartements frappés d'insalubrité, etc. Robert Benton et Harold Hayes choisissent six de ses clichés un de Flora Knapp Dickinson, un cadavre d'un inconnu pris à la morgue du Bellevue Hospital, d'une blonde Dagmar Patino lors d'un bal caritatif, et de Walter Gregory un fou légendaire surnommé Madman from Massachusetts (« le fou du Massachusetts »)[54].

L'influence de Joseph Mitchell

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Pendant sa collaboration à Esquire, Diane Arbus lit les oeuvres de Joseph Mitchell et plus particulièrement McSorley's Wonderful Saloon où il présente des portraits de proscrits, de gitans, de monstres de foire et de pitres. Son portrait le plus célèbre étant celui de Joe Gould (writer) (en), un écrivain et journaliste excentrique qui travaillait pour le New York World-Telegram et le Herald Tribune avant de faire partie du comité de rédaction du New Yorker. Joe Gould a fait sa réputation en couvrant des événements autant sensationnels que tragiques comme le procès des kidnappers et assassins du fils de Charles Lindberg ou l'assassinat de Huey Pierce Long[55].

Fascinée par Joseph Mitchell, en novembre 1960 Diane Arbus lui téléphone ; la conversation dure 2 heures. Ultérieurement Joseph Mitchell lui fait découvrir le monde des marginaux, grâce à cela elle photographie Lady Olga, une femme à barbe célèbre ainsi que d'autres personnages d'un monde opaque. Il lui apprend également comment ce monde possède sa hiérarchie, son aristocratie les femmes à barbes, les sœurs siamoises, les microcéphales tenant le haut du pavé. En même temps il lui fait découvrir Franz Kafka, James Joyce, Walker Evans, les contes des frères Grimm[56].

Portrait d'Edith Sitwell.

Fascinante et hardie

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Ses lieux de promenades préférés sont Central Park, Washington Square, et le restaurant Automat (en) sur la 42e Rue, Joel Meyerowitz qui l'accompagne parfois sur ces lieux, remarque qu'elle fascinait les gens qu'elle rencontrait, les hypnotisait[57].

Lors d'une interview menée par Ann Ray (en) pour le magazine Newsweek, Diane Arbus lui dit qu'elle aime découvrir les gens, leur manière de vivre, leur vie domestique, entrer dans leur domicile, y observer les tableaux et photographies exposés, les sous-vêtements féminins. Elle n'a peur de rien tout en étant consciente des risques qui la terrifient. Ainsi c'est à force d'insistance qu'elle entre dans l'appartement de Jack Smith, le réalisateur de Flaming Creatures, pour échanger sur ses films et photographies. Elle est régulièrement refoulée des bars fréquentés par des travestis, elle se montre particulièrement combative, voire agressive, pour photographier ce qu'elle désire, comme en témoigne le photographe Frederick Eberstadt (en) ou Marvin Israël qui souligne sa hardiesse pour aborder les gens les plus bizarres comme ce personnage de Brooklyn surnommé le Mystic Barber (« Coiffeur mystique ») qui prétendait s'être téléporté sur Mars, ou cette autre femme qui s'entraînait à manger et dormir sous l'eau, ce Noir qui portait une rose et un nœud coulant autour de son cou de façon permanente, cet homme qui a inventé une cuillère à soupe qui ne ferait pas de bruit. Quelquefois ce sont des amis qui lui font des suggestions pour photographier des personnages étranges, comme Abby Fink qui lui signale l'existence de Polly Bushong, atteinte de surdité et qui, faute de devenir actrice, se présentait lors d'un diner comme étant une certaine Cora Pratt au comportement bizarre. Diane Arbus prend un bus Greyhound pour se rendre à Peabody dans le Massachusetts, ville où vit Polly Bushong, Une fois arrivée elle prend divers clichés d’elle. Cette dernière dira plus tard combien Diane Arbus s'est montrée particulièrement attentionnée envers elle[58].

À la fin de l'année 1960, Diane Arbus est en procédure de divorce. Pour traverser cette épreuve, elle rejoint William Mack surnommé “The Sage of the Wilderness“. (« Le sage du désert »), qui vit dans le Bowery avec qui elle partage ses habitudes[59],[60].

Cette même année, Diane Arbus passe du temps auprès du prince Robert de Rohan Courtney qui se proclame prétendant au trône de l'Empire byzantin, elle le photographie, les clichés sont publiés dans le numéro du mois de novembre 1961 du magazine le Harper's Bazaar[3],[60].

Nouveau tournant, participation au Harper's Bazaar

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Portrait d'Henry Wolf, directeur artistique de Esquire,et du Harper's Bazaar.

En 1961, Marvin Israël remplace Henry Wolf (en) comme directeur artistique du Harper's Bazaar, et ainsi elle publie des photos et des articles au sein de la revue[61].

En 1961, Diane Arbus se rend à Washington pour assister à l'investiture du nouveau président John Fitzgerald Kennedy, cela en compagnie de deux personnages « excentriques ». Dans la foulée, elle rassemble des clichés d'excentriques dans un portfolio au titre de The Full Circle (« Le cercle parfait ») qu'elle soumet à la rédaction du Harper's Bazaar. Nancy White (editor) (en) la directrice de publication se demande si après avoir refusé de publier le Petit Déjeuner chez Tiffany (Breakfast at Tiffany's) de Truman Capote à cause de ses personnages jugés amoraux, voire atteints mentalement, elle pouvait de se permettre de publier les clichés et articles, même en les commentant, de Diane Arbus, qu'elle connait depuis leurs collaborations au magazine Good Housekeeping, finalement elle accepte de les publier dans le numéro de novembre 1961 mais refuse la photo d'une femme à barbe, jugée comme trop déconcertante pour les lecteurs[62].

Rolleiflex

Changement d'appareil photographique

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En 1962, Diane Arbus abandonne son Leica pour un Rolleiflex[63].

Richard Avedon

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Portrait de Richard Avedon.

Elle veut en savoir plus sur Richard Avedon, d'autant qu'ils travaillent l'un comme l'autre pour le Harper's Bazaar. Richard Avedon fait la promotion de nouvelles mannequins de la mode aux formes longilignes telles que Veruschka ou Twiggy, cette dernière devenant la représentante de la femme des sixties. Diane Arbus admire en Richard Avedon cette faculté à passer d'un genre à l'autre comme photographier les catacombes de Rome, les résidents d'hôpitaux psychiatriques.

Au sujet de cette amitié, Richard Avedon déclare : Diane and I were so close we used to tell each other our dreams (« Diane et moi étions si proches que nous nous racontions nos rêves. »), et Diane Arbus Dick does everything with grace (« Dick fait tout avec grâce »)[64].

Nouveau sujet

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À la fin de l'année 1962, Diane Arbus se lance dans un nouveau projet à savoir les nudistes. Jusqu'en 1967, elle prend des clichés de nudistes dans les camps dans les États du New Jersey et de la Pennsylvanie. Elle réunit ses photos et articles sur les nudistes en un portfolio pour les présenter à John Gossage pour publication. Son travail sur les nudistes ne sera jamais publié[65].

Arthur Sainer

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En 1962, Henry Wolf, le nouveau directeur artistique du magazine Show lui demande de travailler pour lui, elle rencontre Alan Levy (en) avec qui ils font un reportage sur Coney Island, ce dernier dira plus tard que Diane Arbus était une grande lectrice citant des auteurs comme Kafka ou Rilke, et qui lui recommandait de lire Jorge Luis Borges[66].

Durant l'année 1965, Diane Arbus photographie Colin Farrell pour Esquire, Marcello Mastroianni et Mae West pour Show[67].

En 1963, Diane Arbus se lie d'amitié avec Arthur Sainer, un critique de théâtre du magazine le Village Voice. Ils se font éjecter du Living Theatre, par les producteurs Julian Beck et Judith Malina qui ne supportent pas la présence d'un photographe, en l'occurrence Diane Arbus, lors d'une répétition[68].

Cela dit, ça n'empêche pas Arthur Sainer d'emmener régulièrement Diane Arbus au théâtre, il lui fait également rencontrer Marvin Cohen (American writer) (en) et John Putnam le directeur artistique du magazine Mad. Diane Arbus et John Putnam deviennent des amis et prennent l'habitude de se promener ensemble dans les quartier de Chinatown et du Bowery[69].

Nouvelle expérience photographique et terreurs

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En 1964, Diane Arbus achète un Mamiya C330 (en) doté d'un flash, selon elle, le flash apporterait plus de vie. Elle se rend à la Green Gallery (en) de Richard Bellamy (art dealer) (en) devenue un centre du Pop art, les plâtres représentant les visages de Jim Dine, James Rosenquist, Lucas Samaras, George Segal (sculpteur) suscitent des sentiments de terreur et peuplent les cauchemars de Diane Arbus[70].

La personnalité incontournable de New York

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Dans la seconde moitié des sixties Diane Arbus est la photographe incontournable de la vie new-yorkaise, elle est présente lors de toutes les manifestations culturelles et artistiques comme lors des promotions artistiques du Judson Memorial Church, aux expositions de Pop art d'Ethel Scull (en) ou aux défilés de mode du styliste Tiger Morse (en). Bob Adelman (en) mentionne le fait qu'elle participe également aux manifestations contre la guerre du Viêt-Nam et aux marches pour les droits civiques[71].

Concurrence des hommes

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La concurrence est forte, les photographes se battent pour faire la première photo ou tout du moins la meilleure photo des icones de l'époque comme Margaret Truman, John Kenneth Galbraith, Babe Paley, Lee Radziwill, Gloria Vanderbilt, Mia Farrow, Frank Sinatra, Lauren Bacall, et autres. Mais Diane Arbus possède un avantage concurrentiel, celui de mettre en avant des traits de personnalités jamais présentés auparavant comme ce cliché de la mondaine Brenda Frazier (en)[72].

Derniers soutiens et clichés

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Portrait de Andy Warhol.
Portrait de Gay Talese par David Shankbone.

Durant les dernières de sa vie, Diane Arbus photographie la mère de Lee Harvey Oswald, cliché publié par Esquire, puis des drag queens, des travestis et des transsexuels dans leur chambres d'hôtel à proximité des Stuyvesant Apartments (en). Ces derniers sont des phénomènes sociaux mis en avant par Andy Warhol. Elle devient l'amie d'une transgenre Vicky Strasberg. Elle fait également un portrait de Norman Mailer[73].

Elle soutient le pacifiste Paul Salstrom qui a préféré la prison à l'enrôlement dans les forces armées américaines, dès sa sortie de prison en mai 1964, il part pour New York rendre visite à Diane Arbus[74].

Durant l'hiver 1964, Diane Arbus rencontre Gay Talese, journaliste d'Esquire, pour lui dire combien elle admire son essai New York: A Serendipiter's Journey qui décrit la vie des gens étranges et des lieux peu connus de New York. Elle lui propose de faire un ouvrage commun, ses photographies illustrant ses textes. Projet qui n'a jamais vu le jour, malgré l'amitié qui les lie[75],

Après son divorce d'avec Allan Arbus, elle doit gagner sa vie, grâce au soutien de Marvin Israël, elle obtient un poste d'enseignante auprès de la Parsons School of Design (connue depuis 1970 sous le nom de Parsons The New School for Design) de 1965 à 1966 puis de 1968 à 1969 à la Cooper Union et enfin de 1970 à 1971 au Hampshire College (en)[1],[2],[76].

Durant cette même période, plusieurs de ses clichés sont publiés au sein de Esquire et du Harper's Bazaar, notamment des photographies de James Brown prises aussi bien chez lui que lors d'un de ses concerts à l'Apollo Theater[2],[77].

En 1966, Diane Arbus soufre d'un hépatite, cette même année ses photos les plus récentes sont exposées au Museum of Modern Art aux côtés des clichés de Garry Winogrand et ceux de Lee Friedlander, cela grâce à John Szarkowski, conservateur du département de la photographie[4],[78],[5].

L'exposition du

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À Noël 1966, Diane Arbus s'envole pour la Jamaïque afin d'y photographier la manière de s'habiller des enfants pour le compte du New York Times Magazine. Elle est accompagnée par Patricia Peterson (en), la rédactrice de mode du New York Times. Pour la première fois, Diane Arbus s'essaie à la photographie couleur, Patricia Peterson la rémunère 5 000 $[note 3] tout en lui laissant le choix de ses sujets. Elle prend des photos dans les bidonvilles et bas quartiers de Kingston[79].

De retour aux États-Unis, ses photos sont exposées au Museum of Modern Art à partir du . Pour l'inauguration, elle invite des personnalités du monde entier telles que Pati Hill, John Putnam, Robert Benton, Barbara Forst, Lucas Samaras, les pianistes Gold and Fizdale (en), Leonard Bernstein et son épouse et bien d'autres[80].

Lors de l'inauguration sont présents les célébrités du monde de la photographie, à savoir Emile de Antonio, Henry Geldzahler (en), Andy Warhol, Thomas B. Hess (en), Lisette Model, Richard Avedon, Marvin Israël, Robert Frank, Walker Evans, Robert Scull (en), Roz Kelly (en)[81].

Un des critiques présents déclare que « Diane Arbus est la magicienne de l'étrange », rejoignant en cela l'avis des critiques du New York Times, du Time, et du Women's Wear Daily, d'autres critiques comme Marion Magid de Arts Magazine (en) soulignent la complexité psychologique de ses photos, leur humanité, qu'elles ne laissent pas les visiteurs insensibles[82],[5].

Photographier les célébrités

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À partir de l'année 1967, Diane Arbus ne veut plus être considérée comme étant la photographe des personnes bizarres, des monstres de foires et donc photographie les célébrités plus particulièrement celles qui se distinguent par leur élégance et leur beauté, car selon elle : beauty is itself an aberration, a burden, a mystery ... like babies. They can take the most remorseless scrutiny (« La beauté elle-même est en soi une aberration, un fardeau, un mystère… comme les bébés. Ces personnes belles doivent être soumises aux examens les plus impitoyables. »). C'est ainsi qu'elle photographie Gloria Vandebilt tenant dans ses bras son fils endormi Anderson Cooper, Mae West, Jane Mansfield, Blaize Starr, Jacqueline Susann, Janet Hoffmann, dite Viva. La photo de Gloria Vandebilt est publiée par le Harper's Bazaar dans son numéro de la Saint Valentin[3],[6],[83].

Cette année est celle de la photographie dite Identical Twins, photo qui devient l'une de ses photos les plus connues qui est l'objet de posters et qui inspire l'un des plans du film Shining du réalisateur Stanley Kubrick[84].

Déjouer les imitateurs

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Diane Arbus se plaint auprès de Garry Winogrand et de John Szarkowski qu'elle est souvent imitée, alors pour changer son imagerie, ses prises de vues, elle achète un nouvel appareil photo de la firme Fujica (en)[84].

L'année 1968

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Coretta King.

Cette année est marquée par l'assassinat de Martin Luther King, les reportages diffusés à la télévision sur les atrocités meurtrières de la guerre du Viêt-Nam notamment par les photos et documentaires de Richard Avedon, images qui confortent Diane Arbus dans son opposition à la guerre du Viêt-Nam et en même temps la dépriment[85].

À la fin de l'été 1968, elle rend visite à Coretta King, la veuve de Martin Luther King, à Atlanta. Les clichés pris déifient Coretta King, la mettant au rang des veuves célèbres telles que Jackie Kennedy ou Ethel Kennedy[86].

La peur de la vieillesse

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Quand Diane Arbus le atteint l'âge de 45 ans, elle est terrifiée à l'idée de vieillir. Elle utilise des masques de beauté pour masquer ses rides, la vue de personnes âgées la déprime[87].

Déménagement

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En juin 1968, Diane Arbus et ses filles partent s'installer dans un duplex au sommet d'un immeuble au 120, East 10th Street. C'est pour elle le moyen de changer de vie[88].

Pendant qu'elle séjourne dans le East Village elle doit faire face à un état dépressif qui dure depuis 1966 au moment où elle fut victime d'une hépatite. Malgré les antidépresseurs prescrits par ses médecins, son état dure et empire accompagné de nausées et de perte de poids[89].

Son état s'aggrave, en juillet 1968, elle est hospitalisée pour passer des examens, les résultats indiquent qu'elle est atteinte d'un hépatite liée à la prise d'antidépresseurs et de pilule contraceptive. Diane Arbus cesse les prises de tout médicament, fait une cure de vitamines ; à la suite de cela son état s'améliore. Elle sort de l'hôpital le , de retour chez elle, elle passe de longs moments alitée, et se nourrit chichement[90],[3],[6].

L'année 1969

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Mariclare Costello en 1977.

En 1969, Diane Arbus et Allan Arbus divorcent, ce dernier épouse Mariclare Costello et peu de temps après le couple part pour Hollywood[3],[91].

Jacqueline Susann, photographiée en 1951

En mai 1969, Diane Arbus a besoin de nouvelles rentrées d'argent, elle reçoit le soutien de Richard Avedon pour obtenir des postes rémunérateurs, c'est ainsi qu'elle est pressentie pour devenir la directrice de photographie du film Catch-22 de Mike Nichols, mais après discussion avec le producteur John Calley, elle décline l'offre en prétextant qu'elle ne se sent pas capable d'assumer cette fonction[92].

Puis, elle s'envole pour la Californie pour photographier la romancière Jacqueline Susann et son époux Irving Mansfield (en), clichés qui seront publiés par le Harper's Magazine. Lorsqu'elle rend visite à Jacqueline Susann dans sa suite à Beverly Hills, c'est en pleine promotion de son dernier roman The Love Machine (novel) (en), après les clichés pris, Diane Arbus s'envole immédiatement pour New York[92].

Jorge Luis Borges en 1967.

Elle continue de travailler pour le Harper's Magazine, c'est ainsi qu'elle photographie son idole littéraire Jorge Luis Borges à Central Park, puis la romancière française Nathalie Sarraute[93].

En avril 1969, ayant reçu une commande du magazine Nova Diane Arbus s'envole pour Londres où elle est reçue par Peter Crookston, devenu le rédacteur en chef de Nova. Ce dernier remarque les changements physiques de Diane Arbus, selon ses dires, il a eu du mal à la reconnaitre. Durant son séjour londonien, Diane Arbus pleure fréquemment sans qu'elle puisse donner d'explications à Peter Crookston. Cela dit, elle photographie pour le magazine Nova diverses personnalités telles que Elizabeth Taylor, Sophia Loren, la reine d'Angleterre[94].

Durant son séjour à Londres, Diane Arbus reçoit également une commande du Sunday Times, dans laquelle il lui est demandé de rendre visite à Francis Wyndham (writer) (en) qui suit une cure dans un sanatorium et de le photographier. Pendant cette visite, elle demande à Francis Wyndham ce qu'il pense des gangsters, les Jumeaux Kray, qui comparaissent en jugement. Avant de quitter Londres elle rend visite à Alexander Eliot et son épouse Jane Eliot[95].

Elle donne des conférences dans des établissements universitaires comme la Cooper Union, la Parsons The New School for Design et l'École de design de Rhode Island, l'un de ses étudiants rapporte que pour elle rien n'était sacré, qu'il n'y a aucun tabou en matière de photographie[2],[96].

La fin, 1970-1971

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La Westbeth Artists Community

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En janvier 1970, Diane Arbus, sur les conseils de Mary Frank (en) emménage au sein de la Westbeth Artists Community, elle est la voisine du danseur Merce Cunningham, de Tobias Schneebaum et de la poète Muriel Rukeyser. Diane Arbus dit à ses proches combien elle se plait dans son nouvel environnement et son voisinage[3],[97].

Ti-Grace Atkinson

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Ti-Grace Atkinson lors d'une conférence donnée à University of Miami le 4 novembre 1970.

En mars 1970, le Sunday Times de Londres lui propose de photographier les leaders du mouvement féministe américain telles que Betty Friedan ou Kate Millet. Voyant que ce mouvement est divers, et comme chez les hommes il y a des luttes de pouvoir, elle photographie Ti-Grace Atkinson l'une des féministes les plus controversées, notamment pour son radicalisme et ses polémiques avec la catholique Eunice Kennedy Shriver au sujet de la conception de Jésus par la Vierge Marie[98].

Diane Arbus, suit Ti-Grace Atkinson lorsqu'elle s'envole pour Providence pour y donner une conférence lors de la dernière quinzaine du mois de mars 1970. Après la conférence Ti-Grace Atkinson accueille dans son hôtel des femmes mariées, des veuves, des divorcées venues parler de leur solitude, de leur humeur dépressive. Diane Arbus est choquée de l'entendre condamner la maternité et réclamer l'abolition du mariage, cela dit elle prend plus d'une centaine de clichés en couleur de Ti-Grace Atkinson qui feront la une du magazine Newsweek. Quand elle découvre les photos Ti-Grace Atkinson est furieuse contre Diane Arbus, elle lui reproche qu'elle l'a invitée pour faire des photos « révolutionnaires » et qu'elle a publié de magnifiques photos dénaturant ses propos[99].

La célébrité

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Diane Arbus est devenue une légende parmi les jeunes photographes, et en 1970 elle obtient le Robert Levitt Award décerné par l'American Society of Media Photographers pour l'ensemble de son œuvre, elle devenue un mythe, Célébrité qui la terrifie car elle se demande ce que les gens vont découvrir d'elle[100].

Dernières photos

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Photographie de Eva Rubinstein, prise en juillet 1973

Parmi ses dernières commandes, il y a celle de Eva Rubinstein qui lui demande de la photographier[101]. Il y a également des commandes de Vogue qui la commissionne pour des photos de Cliff Gorman pour son interprétation de Lenny Bruce, puis de Hortense Calisher pour son dernier roman, enfin elle s'envole pour Detroit pour interviewer et photographier le pasteur noir séparatiste Albert Cleage (en) pour le magazine Essence[102].

Diane Arbus photographie un défilé de mode de robe de mariées, un couple de gays, et enfin une femme du New Jersey entichée de son singe Sam qui l'habille comme un enfant, le cliché est titré Madonna and Child (« La Vierge à l'Enfant »)[103].

La dernière exposition

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Entre ses cours, Diane Arbus passe la majeure partie de son temps libre avec Walker Evans à préparer son exposition au Museum of Modern Art dont l'inauguration est prévue pour le mois de janvier 1971[102].

Dernier cours

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Portrait de Brassaï, réalisé en 1936 à Paris, par Emiel van Moerkerken.

Dans son dernier cours, Diane Arbus rend hommage aux photographes Brassaï et Bill Brandt qui selon elle révèlent par leurs clichés l'obscurité des temps actuels de façon particulièrement intense[104].

Dernières sollicitations

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Walker Evans annonce à Diane Arbus que l'université Yale est prête à l'embaucher pour donner des cours de photographie dès la fin de l'année 1971, de son côté Walter Hopps, le conservateur de la Corcoran Gallery of Art à Washington lui propose d'organiser une exposition de ses photos à la Biennale de Venise qui se tiendra durant l'été 1972, ce qui est une première, aucun photographe n'a eu auparavant cet honneur, preuve une fois de plus de la valeur de Diane Arbus quant à l'innovation photographique[5],[6],[105].

Incompréhension

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Diane Arbus ne comprend pas pourquoi son travail de photographe puisse être encensé, pourquoi est-elle devenue un quasi mythe, ce fait la met dans un état de détresse psychologique[105].

Dernières conférences

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En juin 1971, Diane Arbus donne une conférence pour l'ouverture du Centre international de la photographie, puis au Hampshire College (en) à Amherst dans l'État du Massachusetts avec ses collègues Lee Friedlander et Garry Winogrand[106].

Dernière rencontre

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Germaine Greer photographiée le 6 juin 1972.
Cornell Capa photographié en 1980

De retour à New York à la fin du mois de juin 1971, Diane Arbus pour se protéger d'une canicule trouve refuge avec son frère Howard Nemerov et son épouse Renée dans l'appartement familial de Central Park qui bénéficie de l'air conditionné. N'ayant pas de commandes, elle assiste à une conférence de Germaine Greer donnée au restaurant le Sardi's (en) qui vient de faire la promotion de son livre The Female Eunuch (« La Femme eunuque ») en Angleterre et qui a fait sensation en débattant au Town Hall avec Norman Mailer au sujet de la sexualité de la femme. Selon Germaine Greer la rencontre entre les deux femmes fut houleuse[107].

Plusieurs amis de Diane Arbus, comme Tina Fredericks, constatent qu'elle est très dépressive, se montre indifférente aux choses et tentent de la soutenir[108].

Cornell Capa invite Diane Arbus à l'ouverture de sa galerie de photographie, elle s'entretient longuement avec lui et sa compagne de l'avenir de la photographie et de questions politiques, puis brutalement en plein milieu d'une conversation elle quitte la galerie[109]

Diane Arbus se marie avec Allan Arbus le [5],[2], qu'elle fréquentait depuis ses 14 ans. Elle est la mère de la journaliste et écrivaine Doon Arbus (née en 1945) et de la photojournaliste Amy Arbus (née en 1954). Le couple se sépare en 1959 et divorce en 1969[1],[3]. En 1959, Diane Arbus commence une liaison amoureuse avec Marvin Israel[110],[2].

Elle est la sœur du poète Howard Nemerov et la tante du professeur d’histoire de l’art Alexander Nemerov[1],[3].

Honneurs et distinctions

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Photographies célèbres

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  • 1970 : A Jewish Giant at Home with His Parents in The Bronx,

Expositions permanentes

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Plusieurs musées exposent de façon permanente des photos de Diane Arbus :

Livres exposant les photographies de Diane Arbus

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  • (en-US) Doon Arbus et Marvin Israel (photogr. Diane Arbus), Diane Arbus : 1972. Paper. First edition., Londres & New york, Bloomsbury & aperture (réimpr. 1974) (1re éd. 1972), 160 p. (ISBN 9780747506256, OCLC 29356250),
  • (en-US) Doon Arbus (dir.) (préf. Thomas W. Southall, photogr. Diane Arbus), Diane Arbus : Magazine Work, New York, Aperture (réimpr. 2005) (1re éd. 1985), 175 p. (ISBN 9780893812331, OCLC 717140172),
  • (en-US) Doon Arbus (photogr. Diane Arbus), Diane Arbus : Untitled, New York, Aperture (réimpr. 2005, 2011) (1re éd. 1995), 112 p. (ISBN 9780893816230, OCLC 492578890),
  • (en-US) San Francisco museum of modern art (dir.) (photogr. Diane Arbus), Revelations, New York, Random House, , 352 p. (ISBN 9780375506208, OCLC 52347878, lire en ligne),
  • Anna Tellgren (dir.) (photogr. Arbus, Model, Strömholm), Arbus, Model, Strömholm, Stockholm & Londres, Moderna Museet, , 154 p. (ISBN 9783865211439, OCLC 61260752),
  • (en-US) Phillips et de Pury (photogr. Diane Arbus), Diane Arbus : Hubert's Museum Work, 1958-1963, New York, de Pury & Company, , 67 p. (OCLC 234189809),
  • (en-US) Jeff L. Rosenheim (photogr. Diane Arbus), Diane Arbus in the beginning, 1956-1962, New York, The Metropolitan Museum of Art, , 269 p. (ISBN 9781588395955, OCLC 965172796),
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  • (en-US) John P. Jacob (photogr. Diane Arbus), Diane Arbus : A box of ten photographs, New York, Aperture, , 107 p. (ISBN 9781597114394, OCLC 1319656328),

Postérité

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Fonds Diane Arbus

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En 2007, le Metropolitan Museum of Art a obtenu des filles de Diane Arbus le don et la promesse de don des archives de l'artiste. La collection comprend des centaines de photographies anciennes et uniques d'Arbus, des négatifs et des tirages contact de 7 500 pellicules, des pochettes plastiques annotées par l'artiste, ainsi que sa collection de photographies, sa bibliothèque et ses papiers personnels, notamment des carnets de rendez-vous, des cahiers, de la correspondance, des écrits, etc.

Littérature

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Notes et références

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Références

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notices dans des encyclopédies ou manuels de références

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Essais et biographies

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En français

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En français

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  • (fr) François Soulages, « Diane Arbus, artiste de la tragédie moderne », Esprit, no 49,‎ , p. 197-204 (8 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),

Articles connexes

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Liens externes

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