Diamond Dogs

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Diamond Dogs

Album de David Bowie
Sortie 24 mai 1974
Enregistré octobre 1973 – février 1974
studios Olympic et studios Island (Londres) et studios Ludolf (Hilversum)
Durée 38:25
Genre glam rock
Producteur David Bowie
Label RCA

Albums de David Bowie

Singles

  1. Rebel Rebel
    Sortie : 15 février 1974
  2. Diamond Dogs
    Sortie : 14 juin 1974
  3. 1984
    Sortie : juillet 1974

Diamond Dogs est le huitième album de David Bowie, sorti le [1] chez RCA Records.

Cet album devait au départ être une adaptation musicale du roman 1984 de George Orwell. Confronté au refus des héritiers de l'écrivain de céder les droits de l'œuvre, Bowie réorienta le thème de l'album tout en conservant l'idée d'un futur proche dominé par une dictature.

Production et style[modifier | modifier le code]

David Bowie (« Halloween Jack ») en 1974.

Si l'album a été enregistré et publié après la « retraite » de Ziggy Stardust, mi-1973, et possède son propre protagoniste en la personne d'Halloween Jack (un « félin glacial » vivant dans la putrescente Hunger City), Ziggy semble encore bien vivant dans Diamond Dogs, comme semble l'attester la coupe de cheveux de Bowie sur la pochette et le style glam-trash du premier single extrait de l'album, Rebel Rebel[2]. Comme c'était le cas dans Aladdin Sane, l'influence des Rolling Stones se fait sentir, notamment sur la trépidante chanson-titre[3]. Toutefois, Bowie prend également de la distance envers ses précédents travaux avec la suite épique Sweet Thing / Candidate / Sweet Thing (Reprise), alors que Rock 'n' Roll With Me et le style de guitare wah-wah à la Les Nuits rouges de Harlem (Shaft) de 1984 annoncent l'orientation future de Bowie, dans sa phase « plastic soul ». L'album vinyle original se terminait sur le lancinant refrain (en fait une bande en boucle) Bruh/bruh/bruh/bruh/bruh, la première syllabe de « (Big) Brother », répétée avec insistance.

Diamond Dogs est le premier album depuis 1969 à ne comprendre aucun membre des Spiders from Mars, le groupe accompagnateur rendu célèbre par Ziggy Stardust. À la place, on trouve Herbie Flowers à la basse, et Aynsley Dunbar et Tony Newman se partagent les percussions. Dans un geste qui a surpris certains commentateurs, Bowie lui-même a repris la guitare, rôle tenu précédemment par Mick Ronson, produisant ce que les critiques de NME Roy Carr et Charles Shaar Murray ont décrit comme « un son abrasif, rauque, semi-amateur, qui donne à l'album beaucoup de sa couleur caractéristique »[4]. Diamond Dogs marque une étape dans la carrière de Bowie, le réunissant avec Tony Visconti, qui s'est chargé des arrangements des cordes et a participé au mixage de l'album, et qui coproduit presque tous les albums de Bowie jusqu'à la fin de la décennie.

Pochette[modifier | modifier le code]

Le dessin de la pochette montre un être, mi-chien, mi-Bowie, peint par Guy Peellaert. Il a donné lieu à une controverse, car le dessin entier montre clairement les parties génitales de l'hybride. Très peu de copies de cette pochette originale ont pu être mises en circulation lors de la sortie de l'album. D'après les guides de prix de la publication de collectionneurs de disques Goldmine, ces albums sont parmi les pièces de collection les plus chères de tous les temps, une seule copie valant plusieurs milliers de dollars. Les parties génitales ont rapidement été recouvertes pour la couverture du 33 tours de 1974, bien que le dessin original ait été inclus dans les rééditions suivantes de Rykodisc/EMI.

Sortie et retombées[modifier | modifier le code]

Diamond Dogs

Compilation des critiques
PériodiqueNote
AllMusic[5]2,5/5 étoiles
Robert Christgau[6]C+
Rolling Stone[7]négative
Pitchfork[8]9/10

Le disque fut le chant du cygne de la période glam de Bowie ; selon l'auteur David Buckley, « dans le genre de geste qui finira par définir sa carrière, Bowie quitte le bateau du glam-rock avant que le mouvement ne devienne une parodie stérile de lui-même »[2]. Au moment de sa sortie, Bowie a décrit Diamond Dogs comme « un album très politique. Ma revendication ... est plus moi que tout ce que j'ai pu faire auparavant »[9]. Le magazine Disc a comparé cet album à The Man Who Sold the World, alors que Rock et Sounds l'ont tous deux décrit comme « son œuvre la plus impressionnante [...] depuis Ziggy Stardust »[9]. Il a été n° 1 au hit-parade britannique et n° 5 aux États-Unis, meilleure performance d'un album de Bowie jusqu'alors.

Le son rugueux et le thème prétentieux, la guitare crue de Diamond Dogs, sa vision d'un chaos urbain, d'enfants charognards et d'amants nihilistes (« Nous achèterons des drogues et regarderons un groupe / Et sauterons dans la rivière en nous tenant la main ») ont fait taxer cet album de précurseur de la révolution punk qui eut lieu les années suivantes[10]. Enrique Seknadje écrit à ce propos : "Il est assez intéressant de voir que lorsque les Rolling Stones disent leur amour pour le rock - même si ce n'est que du rock -, Bowie a cette phrase, étonnante et criée comme un slogan, qui pourrait caractériser son projet au-delà du circonstanciel narratif : « This ain't Rock'n'Roll ». Le chanteur a toujours cherché, on l'a dit, à être au-delà du mode d'expression musicale qui est le sien, tout en l'utilisant. Et avec sa légende d'un futur sans futur, ses sonorités machinales, parfois robotiques, Diamond Dogs annonce indubitablement le punk, la cold-wave, la batcave. Est-ce un hasard, d'ailleurs, si Johnny Rotten alias John Lydon déclara dans le numéro du New Musical Express du 23 décembre 1978, à propos de Bowie : « Actually, I think the best thing he's done is Diamond Dogs. I really liked it.... » ?" [11]

Bowie joua toutes les chansons de l'album à l'exception de We Are the Dead lors de sa tournée américaine de 1974 (immortalisée par l'album David Live). Rebel Rebel fut jouée lors de presque chaque tournée depuis lors, Diamond Dogs fut jouée lors des tournées Station to Station de 1976 et Outside de 1995-96. Big Brother / Chant of the Ever Circling Skeletal Family fut ressuscitée pour le Glass Spider Tour de 1987.

Titres[modifier | modifier le code]

Album original[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie, sauf Rock 'n' Roll with Me (David Bowie, Warren Peace. Future Legend comprend un extrait de Bewitched, Bothered and Bewildered (en) de Richard Rodgers.

Face 1
No Titre Durée
1. Future Legend 1:05
2. Diamond Dogs (en) 5:56
3. Sweet Thing 3:39
4. Candidate 2:40
5. Sweet Thing (Reprise) 2:31
6. Rebel Rebel 4:30
Face 2
No Titre Durée
7. Rock 'n' Roll With Me (en) 4:00
8. We Are the Dead 4:58
9. 1984 (en) 3:27
10. Big Brother 3:21
11. Chant of the Ever Circling Skeletal Family 2:00

Rééditions[modifier | modifier le code]

Diamond Dogs a été édité sur CD quatre fois, la première fois en 1984 par RCA, la deuxième fois en 1990 par Rykodisc (avec deux titres en bonus), la troisième fois en 1999 par EMI (son numérique remasterisé 24-bit sans bonus) et la quatrième fois en 2004 par EMI à l'occasion du 30e anniversaire de sa sortie, avec un disque bonus. Une démo instrumentale contenant des éléments de Sweet Thing (Reprise) appelée Tragic Moments (connue dans les circuits pirates sous les noms de Zion ou A Lad in Vain) devait y être incluse, mais est restée inédite.

Titres bonus de la réédition de 1990
No Titre Durée
12. Dodo (inédite) 2:53
13. Candidate (démo) 5:09

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie, sauf Growin' Up (Bruce Springsteen).

CD 2 de la réédition de 2004
No Titre Durée
1. 1984/Dodo (enregistrée en 1973 pour le projet de comédie musicale 1984) 1:05
2. Rebel Rebel (version single sortie aux États-Unis) 5:56
3. Dodo (enregistrée en 1973 pour le projet de comédie musicale 1984) 3:39
4. Growin' Up (enregistrée en 1973) 2:40
5. Candidate (enregistrée en 1973 pour le projet de comédie musicale 1984) 2:31
6. Diamond Dogs (version de la compilation de 1980 The Best of Bowie) 4:30
7. Candidate (mixage alternatif de 2001) 2:58
8. Rebel Rebel (version de 2003 apparue dans la bande originale de Charlie's Angels : Les Anges se déchaînent !) 3:09

Musiciens[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Diamond Dogs album is forty today » (consulté le 6 juin 2015)
  2. a et b David Buckley, Strange Fascination - David Bowie: The Definitive Story, 1999, pp. 210-217
  3. Nicholas Pegg, The Complete David Bowie, 2000, p. 63
  4. Roy Carr, Charles Shaar Murray, Bowie: An Illustrated Record, 1981, p. 14
  5. (en) Stephen Thomas Erlewine, « Diamond Dogs », sur AllMusic (consulté le 13 janvier 2019).
  6. (en) Robert Christgau, « David Bowie » (consulté le 13 janvier 2019).
  7. (en) Ken Emerson, « Diamond Dogs », Rolling Stone,‎ (lire en ligne).
  8. (en) Barry Walters, « Diamond Dogs », sur Pitchfork, (consulté le 13 janvier 2019).
  9. a et b Nicholas Pegg, op. cit., pp. 289-291
  10. Roy Carr, Charles Shaar Murray, op. cit., p. 64
  11. Cf. http://www.culturopoing.com/Musique/Le+Diamond+Dogs+de+David+Bowie+a+40+ans+-6060