Diabolus in musica

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En musique, au Moyen Âge, le Diabolus in musica (litt. « le diable dans la musique ») était le nom donné à la présence d'un intervalle de trois tons (aujourd'hui appelé triton). Cet intervalle (quarte augmentée, à ne pas confondre avec l'intervalle de quinte diminuée, formé de 2 tons et 2 demi-tons) engendre une attente ou tension pour l'auditeur, contrairement à une quarte juste qui produit un effet conclusif et apaisant appelé aussi résolution. Cet effet d'intervalle désagréable était d'autant plus présent que, contrairement à aujourd'hui, les instruments n'étaient pas tempérés.

« Il semble avoir été envisagé comme un « intervalle dangereux » lorsque Guido d'Arezzo développa son système hexacordal avec l'introduction du si en tant que note diatonique, tandis que l'intervalle recevait en même temps son surnom de Diabolus In Musica : le diable dans la musique. »

— Denis Arnold, « Tritone »[1].

Néanmoins, certains compositeurs continuèrent de l'utiliser dans la musique profane pour surprendre et déstabiliser l'auditeur[2]. Comme le fait remarquer Umberto Eco, dans son Histoire de la Laideur (p. 421 - Flammarion, 2007), "il a été utilisé par Bach, par Mozart dans Don Giovanni, par Liszt, Moussorgski, Sibelius, Puccini (dans la Tosca), jusqu'à Bernstein dans West Side Story; il sert aussi à suggérer des apparitions infernales, comme dans La Damnation de Faust de Berlioz.".

Dans la culture contemporaine[modifier | modifier le code]

Plusieurs œuvres portent ce titre :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Denis Arnold, « Tritone », in The New Oxford Companion to Music, Volume 1: A-J, Oxford University Press, 1983 (ISBN 0-19-311316-3) (traduction).
  2. Renaud Lambert, « Un diable dans la gamme », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)