Deycimont

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Deycimont
Deycimont
Vue de Deycimont en automne.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Canton Bruyères
Intercommunalité Communauté de communes Bruyères - Vallons des Vosges
Maire
Mandat
Éric Aubry
2014-2020
Code postal 88600
Code commune 88131
Démographie
Gentilé Rouge-Fournant
Population
municipale
309 hab. (2016 en augmentation de 1,31 % par rapport à 2011)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 10′ 08″ nord, 6° 39′ 03″ est
Altitude Min. 383 m
Max. 587 m
Superficie 6,32 km2
Localisation

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Deycimont

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Deycimont est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Rouges-Fournants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Au cœur de la vallée de la Vologne entre Lépanges et Docelles, le village, traversé par les ruisseaux la Bouillante et le Rupt du Void (respectivement affluent et sous-affluent de la Vologne), s'appuie sur le massif du Recreux.

Les écarts principaux sont le Faing Vairel et Aligoutte, mais on distinguait autrefois d'autres écarts aujourd'hui plus ou moins rattachés au "Centre": le Rupt-du-Void, le Moulin, la Creuse…

Communes limitrophes de Deycimont
Méménil Lépanges-sur-Vologne
Le Roulier Deycimont
Docelles La Neuveville-devant-Lépanges

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Roche des Gaulois.

Deycimont s'écrivait également autrefois Décimont, Deycymont, Decii Mons ou Deyecimont.

  • Son étymologie est peu claire. D'après J.-C. Diedler, elle viendrait de Dei Jacum Coementium (ou la pierre du domaine de Dieu) en référence aux pierres de la roche du Fournel.
  • Une deuxième interprétation fait dériver ce nom de Deciacus (ou Decii Jacus) Mons (c'est-à-dire la montagne du domaine de Decius).
  • On a également évoqué au XIXe siècle les 10 montagnes qui entourent le village comme origine du nom.

Le village est cité dans les archives du chapitre de Remiremont dès 1232 sous le nom de Deceimonte lorsque le duc de Lorraine Mathieu II fait des concessions à l'abbesse de Remiremont pour des impôts indus prélevés dans les "bans de Girancort (Girancourt), Deceimonte (Deycimont) et Bruerulis (Brouvelieures)". Cependant ses origines sont sans doute plus lointaines. L'occupation du territoire communal remonte certainement à l'époque celtique, ou au moins romaine, comme en témoignent des monnaies gauloises trouvées sur le territoire de la commune (potin leuque "à la tête d'indien" du type Scheers 1.C) et les quelques vestiges du début de notre ère (monnaie romaine de l'empereur Trajan Dèce ; borne solaire retrouvée dans les murs de l'ancien presbytère).

Un site important : la Tête du Fourneau[modifier | modifier le code]

Roche du Recreux à la Tête du Fourneau.

Les monnaies gauloises furent découvertes au lieu-dit de la Tête du Fourneau, aussi appelée Roche du Fournel, dans le massif du Recreux, qui donne aux habitants leur nom de Rouges-Fournants. Selon la thèse du docteur Jean-Claude Diedler, on y trouvait peut-être dès le VIIIe siècle av. J.-C., un camp analogue au camp celtique de la Bure, avec un atelier de fonte du métal repris par la suite par des forgerons celtes.

On trouve sur le site une roche, dite du Recreux, percée de part en part d'une grotte, à travers laquelle est observable le phénomène du lever du soleil au solstice d'été. Selon Hervé Claudon[1], cette grotte, en partie creusée par la main de l'homme, serait le témoignage d'un culte solaire pré-chrétien.

Au Moyen Âge, on y brûlait des tas de feuilles (fournel) lors de rites de fécondité, au XVe siècle y subsiste une chapelle dédiée à saint Roch invoqué pour la guérison de la peste, mais dont aucun vestige ne subsiste.

Le Haut-de-Châtillon, avec au premier plan la rocade.

Histoire depuis le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les habitants devaient faire le guet au château de Saint-Jean qui appartenait au comte de Girecourt et s'occupaient également d'amener du bois au chauffour (four à chaux) du château de Bruyères.

Le lieu-dit Châtillon, surplombant le hameau du Rupt-du-Void, abritait peut-être un habitat fortifié occupé par un membre de la famille de Girecourt.

Deycimont était en outre située à un carrefour sur la route des vins qui traversaient la prévôté de Bruyères. En effet c'est à cet endroit que passait la route qui menait de Bruyères à Arches en suivant la vallée de la Basse Vologne et la route qui menait à Épinal en passant par Le Roulier et Charmois.

La communauté fut exemptée du cens par le seigneur Humbert de Girecourt en 1696.

Étymologie des toponymes et hydronymes[modifier | modifier le code]

  • Rupt-du-Void (Hameau) : le nom du hameau dérive de celui du ruisseau
  • Rupt du Void : cela signifie en ancien français Ruisseau du Voué, cela sans doute en référence au duc de Lorraine qui était le seigneur-voué du chapitre de Remiremont, ou en référence à l'habitat seigneurial qu'on suppose avoir existé à Châtillon.
  • Plateau de Joinfaing : plateau du jeune pré
  • Les Prés du Seigneur : prés qui appartenaient au seigneur de Girecourt, et dont les redevances furent abolies en 1696
  • Faing Vairel : le pré de Vairel
  • Champ Berquamp : nom propre
  • Châtillon : vient de Castellum, château en latin.
  • Sous la ville : lieu le plus bas du village, marécageux à cause de la Bouillante
  • La Creuse : vient peut-être de la présence d'une ancienne forge
  • Le Moulin : lieu du moulin construit dans les années 1611 par les frères Xeulley
  • Le Haut du Mont : endroit situé sur les hauteurs du village, sur le chemin qui mène au Recreux
  • Le Haut Meix :
  • Les Moises du Mont
  • Champ du Jardin
  • Champ le Fève :
  • Vaudrichamp
  • le Beha
  • Au Mehi
  • Meix de l'Âte : sa proximité avec le cimetière le fait peut-être dériver du mot aître
  • Sous l'église : champs situés en contrebas de l'éminence portant l'église

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, la mairie de Deycimont faisait partie du duché de Lorraine, qui en partageait l'administration et la levée des impôts avec le chapitre de Remiremont : un censier du XIVe siècle nous informe que le chapitre prélevait la moitié des tailles sur les blés d'automne ("wayn") et de printemps ("mars" ou "trémois"), et avait également la charge de rendre la justice. Il était de la prévôté de Bruyères et du bailliage des Vosges (Mirecourt) ; puis du bailliage de Bruyères après 1698.

La haute et la basse justice appartenaient au comte de Girecourt (AD88 11T18).

Liste de maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Claude Mathieu    
1696   Nicolas Gravier    
1712   Georges Bombarde    
1725   Joseph Christophe    
1772   Joseph Sergent    
1790 1791 Jean-François Mathieu    
1791 1791 Quirin Balland    
1791 1792 Jean-Baptiste Houël    
1792 1794/1795 (an III) Nicolas Pierron    
1795/1796 (an IV)   Nicolas Demangeon    
1800/1801 1808 Claude Claudel    
1808 1814 Jean-Baptiste Demangeon    
1814 1825 Sébastien Demangeon    
1826 1833 Dominique Demange    
1833 1847 Jean-Claude Mathieu    
1847 1860 Jean-Baptiste Michel    
1860 1869 Jean-Joseph Heulluy    
1869 1878 Jean-Baptiste Mathieu    
1878 1902 François-Ferdinand Mathieu    
1902 1919 Nicolas-Paul-Émile Genay    
1919 1925 Constantin Mathieu    
1925 1937 Paul Constant Gremillet    
1937 1939 Henri Constant Gremillet    
1939 1940 Paul Séraphin Gremillet    
1940 1944 Henri Constant Gremillet    
1944 1958 Antoine Perrin    
1958 mars 1965 Georges Mathieu    
mars 1965 mars 1983 Georges Remy    
mars 1983 mars 2001 Jean-Marie Mathieu SE Industriel
mars 2001 avril 2014 Gérard Lepaul SE Artisan retraité
avril 2014 En cours Éric Aubry    

Situation administrative[modifier | modifier le code]

À la Révolution, le village fut intégré au département des Vosges, au district de Bruyères et au canton de Docelles, puis au canton de Bruyères et à l'arrondissement d'Épinal. Deycimont fait actuellement partie de la 2e circonscription des Vosges (Saint-Dié) et de l'arrondissement d'Épinal.

Le village fait partie de la communauté de communes Vologne-Durbion, dont le siège est à Bruyères et dont le président est André Claudel (également maire de Lépanges-sur-Vologne).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[3].

En 2016, la commune comptait 309 habitants[Note 1], en augmentation de 1,31 % par rapport à 2011 (Vosges : -2,43 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
287305334314385394380402380
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
355341343340311339302317310
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
269259244241225229262260231
1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015 2016 -
244250238236263294312309-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Le village, comme tous les autres villages de Lorraine, a fortement subi les ravages de la guerre de Trente Ans, puisque la région fut un lieu de passage et de combat privilégié. À cette occasion, plus des 3/4 de la population disparut.

Après un demi-siècle, il récupéra sa population d'avant-guerre et connut sa plus grande expansion jusqu'au milieu du XIXe siècle où la population atteignit son maximum, avant un déclin aujourd'hui stabilisé.

Depuis la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle, la rurbanisation permet au village de connaître un nouvel essor démographique avec la construction d'un nombre important d'habitations et l'arrivée de plusieurs familles.

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse de sainte Menne fut créée par l'évêque de Toul (les reliques furent apportées en 1679), certainement en même temps que fut construite l'église, vers 1050-1080 selon la légende ; auparavant, le village dépendait de la paroisse de Girecourt où l'on enterrait jusque-là les morts, et de cette seigneurie dépendait également le village. La paroisse n'est toutefois attestée que dans le pouillé de 1402. En dépendaient les villages de Méménil (avant 1695), de Charmois-Le Roulier de 1695 jusqu'en 1818 et de Lépanges jusqu'en 1863, date où ces villages furent dotés d'une église et érigés en paroisse.

Le conseil de fabrique qui s'occupait de la gestion de la paroisse était relativement riche puisqu'elle avait, en 1773, un actif de près de 450 livres, ce qui est assez important pour une paroisse rurale. Une quinzaine de confréries existaient au sein de la paroisse : les confréries de

Depuis la fin du XXe siècle et le manque de prêtres pour assurer le service religieux la paroisse a été intégrée dans la paroisse de Saint-Antoine-en-Vologne, regroupant également les anciennes paroisses Sainte-Libaire de Lépanges, Saint-Valbert de Docelles, Saint-Jean-Baptiste de Cheniménil, Sainte-Gertrude de Charmois et Le Roulier, Tendon, Rehaupal, La Baffe/Mossoux et Saint-Jean-du-Marché.

Liste des prêtres successifs
Nom Vie Sacerdoce à Deycimont
Claude Verquelot 1606
Claude Boissonny
Gabriel Doron 1624
Jacques Lartillier 1625
Jean-François Pierrot 1664-1672
Dominique Renard 1690-1725?
G. Bailly 1725-1763
Jean Doron 1763-1791 (émigre en 1791)
J. Georgel 1791-1792
Jacques Balland 1797-1804
Jean Thomas Petitjean 1809
Cœurdacier 1824-1825
Marchal 1827-1830
Jean-Baptiste Lecomte 1801-1866 1836-1866
Joseph Marqué 1835-1902 1866-1902
Varenne 1903
Alfred Christen 1876-1956 1908-1956
René Vincent (intérim) 1956
Joly
Liste des prêtres de Saint-Antoine-en-Vologne depuis le rattachement de Deycimont
Nom Vie Sacerdoce Paroisse d'origine (si déjà en place lors du regroupement)
René Grivel Lépanges
Hubert Grandadam Tendon
André Romary

Économie[modifier | modifier le code]

Le village est historiquement peuplé de paysans, mais on trouvait encore au XIXe siècle, voire au cours du XXe siècle, une féculerie au Faing Vairel, une fromagerie à la Creuse et deux cafés. Un moulin a existé dès l'époque moderne, aux mains de la famille Mathis ; un second construit en 1611 par les frères Xeulley finit par ruiner le premier.

De nos jours, son économie est essentiellement et traditionnellement agricole avec six exploitations, mais possède également une entreprise de textile, secteur traditionnel de la région. Un artisan (électricien) et un mécanicien agricole exercent également dans la commune. La majorité des habitants travaillent toutefois hors des limites de la commune.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Menne.
  • Site de la Tête du Fourneau
  • Roche des Gaulois (580 m) dédiée au culte de l'eau
  • Maisons du XVIIe siècle
  • Église Sainte-Menne du XIe siècle reconstruite entre 1710 et 1713

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Hubert Houël, né à Deycimont le 14 germinal an X (4 avril 1802), mort à Saint-Dié le 20 octobre 1889, avocat, maire de Saint-Dié (1830-31), député des Vosges (1848-52). Il fit partie des députés emprisonnés après le coup d'État du 2 décembre 1851 pour avoir signé la déchéance et la mise en accusation du président Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. Il renonça à la politique après cette courte détention.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Chaumont, Bruyères et sa contrée, Haroué, PLI- Gérard Louis, Collection Entre temps, 2001
  • Jean-Claude Diedler, article sur le village de Deycimont
  • Archives de la commune de Deycimont
  • Archives départementales des Vosges (G 848, G 858...)
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle
  • Raphaël Tassin, Les Églises de la prévôté de Bruyères. Réfections et reconstructions (1661-1789), Langres, Éditions Dominique Guéniot, 2010[6].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoire des Vosges no 4 (2002), édité par la société philomatique vosgienne, Saint-Dié-des-Vosges.
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  6. www.editionsgueniot.fr