Devasahayam Pillai

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Devasahayam Pillai
Image illustrative de l’article Devasahayam Pillai
Statue de Devasahayam Pillai dans la Cathédrale de Kottar
Bienheureux
Naissance
Kânyâkumârî, Inde
Décès   (39 ans)
Kottar, Inde
Nom de naissance Neelakantha Pillai
Nationalité Tamoul Tamil flag of World Tamil Confederation.svg
Vénéré à Cathédrale de Kottar
Béatification  à Kottar,
par le cardinal Angelo Amato
Canonisation décret signé le 21 février 2020 par le pape François ; date à fixer
Vénéré par Église catholique
Fête 14 janvier
Attributs chaîne autour du cou

Devasahayam Pillai (en Malayalam: ദേവസഹായം പിള്ള; en tamoul: முத்திப்பேறு பெற்ற தேவசகாயம் பிள்ளை) né près de Kânyâkumârî le et mort le 14 janvier 1752, est un officiel de la cour du Tamil Nadu. Sa conversion au catholicisme irrita la caste sacerdotale qui le fit emprisonner et torturer pendant trois ans, sans obtenir le reniement de sa foi chrétienne. Il fut finalement fusillé. Reconnu martyr par l'Église catholique et vénéré comme bienheureux, il sera proclamé saint en 2021[1].

Il est commémoré le 14 janvier selon le Martyrologe romain[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de prêtre hindou et ministre du roi, Neelakantha Pillai est en contact avec Eustache de Lannoy lorsque celui-ci, militaire catholique originaire des Pays-Bas méridionaux, devient commandant en chef de l’armée du Travancore, durant la première moitié du XVIIIe siècle. Ils se lient d’amitié à la cour du roi de Travancore. Sous l’influence de Lannoy, Pillai se convertit au catholicisme. Après avoir donné les premiers éléments d’instruction chrétienne, de Lannoy l’envoie auprès du père jésuite Jean-Baptiste Buttari (1707-1757) pour une formation plus poussée. À sa demande Pillai reçoit le baptême de ses mains en 1745, après neuf mois de préparation, et adopte le prénom de « Devasahayam » (équivalent Tamoul de « Lazare » qui signifie « aidé par Dieu » ou « Dieu a aidé »). Sa femme et plusieurs membres de sa famille le suivent et deviennent chrétiens à leur tour[3].

Cette conversion religieuse irrite grandement la communauté des brahmanes et plusieurs hauts fonctionnaires de la cour royale qui, montant une cabale, obtiennent que Pillai y perde sa place. Il s’engage alors activement dans sa nouvelle foi chrétienne et devient l’assistant du père Buttari et n’hésite pas à tenir tête aux brahmanes lors de débats religieux. Envoyé par Buttari pour quelque affaire à régler auprès d’un ministre du roi, Rama Iyer, Pillai est à nouveau engagé dans une discussion qui fâche sérieusement le brahmane. Ce dernier menace de faire expulser les chrétiens du royaume.

Devasahaym Pillai est arrêté, avec d’autres chrétiens, le 23 février 1749. Maltraité en prison, torturé pendant trois ans, il refuse de renoncer à sa foi. Au contraire il se réjouit de « rejoindre le Christ crucifié » par ses souffrances, et encourage les autres chrétiens à faire de même. Comme son exemple fait des émules, le roi exige sa mort. Condamné à mort, Devasahaym Pillai est exécuté (fusillé) le 14 janvier 1752. Il a 39 ans et est chrétien depuis 7 ans. Son corps est jeté dans la forêt. Récupéré par les chrétiens, il est enseveli devant l'autel de l'église Saint-François-Xavier, qui devient plus tard la cathédrale du diocèse de Kottar (Tamil Nadu)[3].

Vénération[modifier | modifier le code]

Tombe de D.Pillai à l'entrée du sanctuaire de la cathédrale de Kottar

Béatification[modifier | modifier le code]

Reconnaissance du martyre[modifier | modifier le code]

Reconnu martyr par l’Église catholique, il est béatifié sous le pontificat de Benoît XVI, le 2 décembre 2012 à Kottar dans l'état de Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde[4]. Il est le premier laïc indien à être béatifié[3].

Canonisation[modifier | modifier le code]

Reconnaissance d'un miracle[modifier | modifier le code]

En 2013, une jeune femme indienne enceinte découvre, au cours d'une échographie, que son enfant n'émet plus de battements cardiaques ni de mouvements. Contre tout désespoir, elle prie Devasahayam d'obtenir la vie de son enfant. Alors qu'elle prie sur sa tombe, elle sent son bébé bouger en elle. L'échographe suivante vient confirmer que l'enfant est vivant.

L'enquête médicale n'ayant pu apporter aucune explication scientifique à ce résultat, le pape François reconnaît comme authentique ce miracle attribué à l'intercession de Devasahayam le 21 février 2020, et signe le décret de sa canonisation[1],[2].

La date à laquelle il sera solennellement proclamé saint n'a pas encore été fixée.

Références et notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le Vatican approuve la canonisation de Devasahayam Pillai, premier laïc indien à être déclaré saint », sur Missions Étrangères de Paris (consulté le 14 janvier 2021)
  2. a et b « Saint Devasahayam (Lazare) Pillai », sur nominis.cef.fr (consulté le 14 janvier 2021)
  3. a b et c « Inde : Devasahayam Pillai, premier martyr laïc béatifié », sur Zenit, (consulté le 12 octobre 2014).
  4. « Inde : bienheureux Devasahayam Pillai, un exemple pour l'Avent », sur Zenit, (consulté le 12 octobre 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) National Symposium on Devasahayam Pillai, Department of History and Tourism and Historical Commission for the Cause of Martyr Devasahayam, Nagercoil, 2008.
  • (en) D. Ferroli, Jesuits in Malabar, vol. II, Bangalore, 1951.
  • (en) Joseph Kottukapally, « Devasahayam Pillai: Convert, Apostle, Revolutionary, Martyr », dans Vidyajyoti Journal of Theological Reflection, vol. 76, 2012, p. 27-42 et 108-120.
  • (en) Rosario J. Narchison, Martyr Devasahayam: A documented History, Nagercoil, 2009.
  • (en) P. J. Mascreen, Devasahayam Pillai: an Indian Martyr: A Short Biography, 1956, 69 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]