Deux femmes en or

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Deux femmes en or
Réalisation Claude Fournier
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau : Québec Québec
Durée 106 minutes
Sortie 1970

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Deux femmes en or est un film québécois réalisé par Claude Fournier sorti en 1970.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Deux voisines, exaspérées par le fait que leurs époux ne leur accordent pas une grande attention, ont des aventures sexuelles avec plusieurs hommes, habituellement des livreurs ou autres personnes exerçant leur métier à domicile, comme des réparateurs, etc.

Le titre vient notamment de la scène finale, alors que le juge à leur procès pour adultère, indiquant comprendre leurs motifs, conclut son discours en disant: « Vous êtes deux femmes... en or! »

Nature du film et contexte historique[modifier | modifier le code]

Ce film s'inscrit dans une vague de films érotiques ayant caractérisé le cinéma québécois pendant quelques années à partir de 1968, dont les deux autres exemples les plus connus sont Valérie (1968) et L'Initiation (1970). Ces nouveaux films font écho au cinéma du même genre venu notamment de Scandinavie à la même époque, mais prennent une signification particulière dans un Québec en pleine Révolution tranquille, à peine sorti du carcan moralisateur séculaire de l'Église. Les scènes sexuelles, assez nombreuses, sont toutefois relativement courtes et peu explicites : si on voit des poitrines dénudées et des femmes nues de dos, on ne voit ni le sexe de l'homme ni celui de la femme, et l'acte sexuel lui-même est à peine évoqué. Ce qui a fait la marque de commerce et le succès de ce film, c'est la nouveauté de cette nudité, le libertinage, provocateur pour l'époque, affiché par les deux femmes jouant les rôles principaux, et l'enfilade de vedettes masculines québécoise y ayant joué de courts rôles alors qu'elles étaient plus connues comme comiques que comme sex-symbols (Yvon Deschamps, Paul Berval, Paul Buissonneau...), outre, justement, une touche d'humour qu'on ne trouvait pas dans les films analogues des autres pays[1]. À ce titre, notons le clin d'oeil qu'a fait le réalisateur en choisissant pour le rôle du juge le syndicaliste Michel Chartrand, qui n'était pas acteur mais était connu à l'époque pour avoir lui-même fait de la prison à répétition en raison de ses activités militantes.

Réception[modifier | modifier le code]

Ce film a été mal reçu d'emblée par la critique, impopularité qui ne s'est jamais démentie par la suite. On reproche essentiellement à Claude Fournier d'avoir voulu profiter de la vague de popularité du cinéma érotique (manifestée par les succès commerciaux des films de Denis Héroux) en montant un film facile dont le scénario est décousu et inconsistant.

Il n'en reste pas mois qu'il demeure à ce jour un des plus grands succès commerciaux du cinéma québécois. À sa sortie, il a attiré 2 000 000 de spectateurs[2], donnant lieu à des recettes surpassant celles de tous les autres films projetés au Canada, y compris les films américains[3]. Il est toutefois passé plutôt inaperçu en France (5 300 spectateurs), où il a été diffusé sous le titre Deux filles perverties[4].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Coulombe, « Films de fesses : le cinéma érotique du Québec des années 1970 », épisode du 14 février 2017 de Aujourd'hui l'histoire.
  2. http://cinemaquebecois.telequebec.tv/#/Films/133/Default.aspx
  3. Jean Hamelin (dir.), Histoire du Québec, Edisem, 1977, p. 517
  4. Films du Québec.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]