Deuterostomia

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Les Deutérostomiens (Deuterostomia) sont à côté des protostomiens l'un des deux rameaux des animaux bilatériens (Bilateria).

Ce nom vient du grec, deúteros : second et stoma : bouche. On a en effet, longtemps pensé que les deutérostomiens étaient caractérisés par la formation de l'anus en premier, puis de la bouche. Les données moléculaires actuelles montrent que la deutérostomie est un caractère plésiomorphe au groupe des deutérostomiens.

Description et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Caractérisation historique[modifier | modifier le code]

Comparaison de la gastrulation chez les Protostomia et les Deutérostomiens.

Au XIXe siècle, la caractérisation de ce groupe a été basée sur des critères embryologiques que sont :

  • la formation de la bouche en second lors de l'embryogénèse. En effet, après la phase de gastrulation, le blastopore deviendra l'anus, la bouche nécessitant le percement d'un pore secondairement à la mise en place des tissus ;
  • le clivage cellulaire de type radiaire lors de la segmentation (premières divisions de l'œuf) ;
  • la formation du cœlome par entérocœlie. Le mésoderme dérive de l'endoderme, une invagination se forme dans la paroi de l'archentéron. En s'isolant de l'endoderme et en se refermant sur lui-même, le mésoderme délimite le cœlome.
Un humain tenant une ophiure : deux deutérostomiens.

Les données moléculaires actuelles indiquent que certains taxons présentant ces caractéristiques, appartiennent pourtant aux protostomiens (comme les brachiopodes, les phoronidiens, les tardigrades etc.). Il a été montré ainsi que la deutérostomie et le clivage radiaire étaient plésiomorphes aux deutérostomiens[1]. Ces caractères ne sont donc plus considérés comme des synapomorphies du groupe.

Classification[modifier | modifier le code]

Les Deutérostomiens contiennent peu d'embranchements, mais ceux-ci sont très diversifiés : les Échinodermes (Echinodermata) et les Hémichordés (Hemichordata) qui constituent le groupe des épithélioneuriens et les Chordés (Chordata) (embranchement qui contient les vertébrés) qui constitue le groupe des épineuriens. Phylogéniquement, ils se subdivisent en deux grandes catégories, les Chordés et les Xenambulacraria. Le caractère monophylétique du groupe semble confirmé par les études moléculaires. Toutefois, les Lophophorata et les Chétognathes (Chaetognatha) sont traditionnellement classés parmi les Deutérostomiens sur des critères embryologiques, mais ce regroupement n'est pas retrouvé par les études morphologiques ou la phylogénie basée sur l'ARN 18S. La position des phylums fossiles Vetulicolia et Mitrata n'est pas connue avec précision. Les mitrés (homalozoaires) ont été parfois présentés comme des ancêtres des chordés et sont depuis 2014 placés parmi les échinodermes en position basale. Les Vetulicolia étaient souvent considérés comme primitifs par leur apparence proche des protostomiens mais ont été proposés à rattacher aux Urochordés (phylum des Chordés) par le constat de branchies et d'une structure analogue à la notochorde des tuniciers.

La monophylie des Deutérostomiens est l'hypothèse actuellement en vigueur mais elle reste à confirmer. Une étude récente[2] suggère une paraphylie de ce groupe, le plus ancestral parmi les Bilatériens (Bilateria), avec une ramification des Chordés antérieure à celle des Xenambulacraria.

Liste des sous-taxons[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (1er Mars 2018)[3] :

Selon BioLib (5 juillet 2016)[4] et ITIS (31 janvier 2014)[5] :

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, Classification phylogénétique du vivant, t. 2, Belin (ISBN 978-2-410-00385-7)
  2. (en) Nicolas Lartillot et Hervé Philippe, « Improvement of molecular phylogenetic inference and the phylogeny of Bilateria », Philosophical Transactions of the Royal Society of London B: Biological Sciences, vol. 363, no 1496,‎ , p. 1463–1472 (ISSN 0962-8436 et 1471-2970, PMID 18192187, PMCID PMC2615818, DOI 10.1098/rstb.2007.2236, lire en ligne)
  3. NCBI, consulté le 1er Mars 2018
  4. BioLib, consulté le 5 juillet 2016
  5. ITIS, consulté le 31 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]