Destruction du patrimoine religieux

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La destruction du patrimoine religieux réfère aux gestes de destruction ou de dégradation du patrimoine religieux de manière délibérée. De la sorte, d'innombrables œuvres d'art sont perdues.

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes de ces destructions sont multiples :

  • Évolution des idées religieuses, par exemple, schiste des Albigeois ou des Huguenots qui remettent en question l'iconographie religieuse.
  • Haine de l'Église, par exemple, à l'époque de la Révolution française qui jugeait le clergé trop associé au pouvoir royal.
  • Conflits armés ou religieux, par exemple, les attentats sur la mosquée al-Askari.
  • Fanatisme religieux, comme la destruction par les talibans des Bouddhas de Bâmiyân.
  • Réformes du clergé, comme la démolition des jubés au XVIIe siècle qui séparaient les fidèles du chœur, entraînant avec elle la destruction de reliefs et de sculptures.
  • Désuétude ou spéculation : des édifices religieux trop dégradés pour être rénovés ou convoités pour des projets immobiliers peuvent faire l'objet de démolitions, comme les églises Saint-Jacques d'Abbeville, Saint-Blaise au Breuil et Saint-Pie X à Béziers en France.
  • Actes criminels : œuvres et lieux saints vandalisés ou détruits par un acte criminel.

Destructions notoires[modifier | modifier le code]

  • Dès le début, la Révolution française a affronté le clergé, trop associé à l'ancien ordre. La fureur populaire s'en est pris au pouvoir ecclésiastique et à leurs biens religieux. Plusieurs bâtiments et œuvres religieuses ont été détruits dans la foulée du mouvement révolutionnaire. Parmi les pertes les plus importantes, mentionnons :
    • Abbaye de Cluny : en 1791, l'abbaye est soumise au pillage et à la dilapidation des biens. Une grande partie des bâtiments est détruite. Les archives sont brûlées. En 1810, d'autres parties furent détruites par des explosions. Il ne reste presque plus rien aujourd'hui des bâtiments originaux.
    • Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège : construite au Moyen Âge, la cathédrale de Liège a été détruite en 1794.
    • Les établissements religieux de la ville Dole dans le Jura sont vendus comme biens nationaux après la Révolution. La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est détruite.
    • Cathédrale Notre-Dame de Paris : la cathédrale fut l'objet de nombreux actes de vandalisme : décapitation des rois de Juda de la galerie des Rois de la façade, destruction d'une grande partie des statues des portails, des autels, du mobilier, des tableaux et des statues de l'intérieur, pillage du trésor, etc. La cathédrale est ensuite abandonnée et subit de tels dommages que sa démolition est envisagée. Auparavant, en 1771, le portail principal a été gravement altéré, à la demande du clergé, avec la destruction du trumeau qui a cependant été remis en place au siècle suivant par Viollet-le-Duc, lui-même responsable des travaux de restauration de la cathédrale jusqu'en 1864.
  • Idéologies religieuses :
    • Conflits inter-religieux :
    • Islamisme au XXIe siècle :
      • Bouddhas de Bâmiyân : en Afghanistan, trois grandes statues (la plus haute mesurant 53 m) de Bouddha, inscrites au Patrimoine mondial de l'UNESCO, sont dynamitées en 2001 par les Talibans qui les considéraient comme impies.
      • Sanctuaire Al-Askari : lieu saint chiite en Irak, le sanctuaire a fait l'objet de deux attaques, en 2006 et en 2007, qui ont détruit la coupole d'or et les minarets. Partiellement restauré, le bâtiment été rouvert aux visiteurs en 2009.
      • Mausolée de Tombouctou : au mois de juin 2012, des groupes islamistes détruisent quatorze[1] des seize mausolées de la ville, inscrits peu avant au patrimoine de l'UNESCO, ainsi que la porte sacrée de la mosquée Sidi Yahia.
      • La tombe du prophète Jonas à Mossoul en Irak, lieu de pèlerinage musulman, est détruite le 24 juillet 2014 par les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant.
      • En février 2015, au musée de Mossoul, en Irak, sur les terres contrôlées par l'État islamique, des membres de l'organisation détruisent à la masse des sculptures pré-islamiques au motif que, préexistant à l'Islam, elles sont des représentations de divinités païennes[2].
      • Le 21 juin 2017, lors de la bataille de Mossoul, la Grande mosquée al-Nouri est détruite par les djihadistes, ainsi que le minaret al-Habda.
  • Destruction des jubés : le concile de Trente décide que le chœur devait désormais être visible pour les fidèles au lieu d'être caché par les jubés, qui furent donc pratiquement tous détruits, sauf en Bretagne, durant les siècles suivants. Il subsiste quelques vestiges de ces jubés, conservés au musée du Louvre, comme L'entrée du Christ à Jérusalem du jubé d'Amiens ou Saint Matthieu avec l'ange du jubé de Chartres.

Galerie[modifier | modifier le code]

Déclaration de l'UNESCO[modifier | modifier le code]

La Déclaration de l’UNESCO concernant la destruction intentionnelle du patrimoine culturel a été adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO lors de sa 32e session à Paris en 2003. La déclaration appelle les États à se conformer aux principes et objectifs contenus dans un certain nombre de recommandations et d'accords internationaux sur la protection du patrimoine culturel[6]

Références[modifier | modifier le code]

Lien connexe[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Gabrielle Bartz et Eberhard König, Le Musée du Louvre, éditions Place des Victoires, Paris, 2005, (ISBN 3-8331-2089-4).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Observatoire du patrimoine religieux (consulté le 14 août 2013).