Derry

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Derry (Doire) ou Londonderry
en irlandais : Doire Cholm Chille
Blason de Derry (Doire) ou Londonderry
Héraldique
Administration
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation Irlande du Nord
Comté Comté de Londonderry
Statut Ville (1613)
Maire Paul Flemming (Sinn Féin)
Démographie
Population 105 066 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 54° 59′ 45″ Nord 7° 18′ 27″ Ouest / 54.9958, -7.3074
Divers
Devise « Vita Victoria Veritas »
Localisation

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Derry (Doire) ou Londonderry

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Derry (Doire) ou Londonderry
Liens
Site web http://www.derrycity.gov.uk

Derry ou Londonderry (son nom officiel), du irlandais Doire signifiant « chênaie », est une cité d'Irlande du Nord. Seconde ville d'Irlande du Nord après Belfast, elle est particulièrement connue pour l'épisode tragique du Bloody Sunday, le .

Autour du nom de Derry[modifier | modifier le code]

Panneau routier indiquant Londonderry, mais avec la partie London barrée à la main

Suivant la charte royale de la ville, et comme l’a statué une décision de la Haute Cour en janvier 2007, le nom officiel de la ville est Londonderry[1],[2]. C’est ainsi qu’elle est mentionnée sur les cartes. La ville est également connue sous le nom de Derry[3],[4], qui provient de l'anglicisation de l'irlandais Doire ou Doire Cholmcille, signifiant « les chênes de Columba ». Le nom provient des premières traces d’installation d’hommes qui font référence à Dire Calgaich (la chênaie de Calgach)[5]. On adjoint le préfixe London au nom de la ville en 1613 lors de la Plantation, pour refléter l’établissement de garnisons britanniques[6],[7].

Le nom « Derry » est utilisé par les nationalistes et la plupart des catholiques d’Ulster, ainsi qu’en République d’Irlande[8]. Par contre la plupart des protestants pour l'union avec la Grande-Bretagne préfèrent « Londonderry »[9],[10], bien que le nom Derry soit assez communément utilisé par les deux groupes[3]. Le nom officiel pour la Grande-Bretagne reste Londonderry. En République d’Irlande, la ville et le comté sont généralement nommés Derry, que ce soit sur les cartes, dans les médias ou dans les conversations[11], tandis qu’en Irlande du Nord les panneaux routiers portent le nom Londonderry (parfois raccourci en L’Derry), bien que le terme London soit effacé sur un certain nombre d’entre eux par des détracteurs à l’appellation officielle. Les organisations locales utilisent les deux appellations, suivant les cas, comme en témoignent les City of Derry Airport, City of Derry Rugby Club, Derry City FC qui côtoient le Londonderry Port (en) et la Londonderry Chamber of Commerce[12]. Le conseil municipal a changé le nom du district entourant la ville le 7 mai 1984, pour le transformer en Derry City Council[13]. Cela ne change aucunement le nom de la ville, et le conseil est aussi connu de manière légal comme la « Corporation of Londonderry » ou de manière plus formelle « Mayor, Alberdem and Citizens of the City of Londonderry ». La forme « Londonderry » est utilisée par la Royal Mail comme référence postale.

La querelle du nom a entraîné l'utilisation des deux noms Derry-Londonderry, d'où le surnom de « ville-tiret ».

La ville est également surnommée « Maiden City » (« la cité vierge ») en vertu du fait que ses remparts sont restés inviolés durant le siège de la ville au XVIIe siècle. Par ailleurs, de larges colonnes de pierre ont récemment été érigées sur les routes principales pénétrant dans la cité, accueillant les conducteurs avec l’appellation « The walled City ».

Géographie[modifier | modifier le code]

La vieille ville fortifiée de Londonderry se situe sur la rive ouest de la rivière Foyle alors que le vieux Derry était localisé sur la rive est. La ville actuelle couvre les deux rives (Cityside à l’Ouest et Waterside à l’Est) qui sont reliées par deux ponts. Le district de la ville s’étend également aux espaces ruraux au sud-ouest. Il est géré par le Derry City Council qui comprend également le port de Londonderry et l’aéroport de la ville.

La population de la ville était de 83 652 personnes au recensement de 2001. L’agglomération urbaine, qui comprend Culmore, New Buildings et Strathfoyle avait une population de 90 663 habitants, faisant de Derry la seconde ville la plus peuplée d'Irlande du Nord et la quatrième de l’île d’Irlande.

Derry fut la dernière ville des îles Britanniques à être enfermée dans des remparts et elle est l'une des rares en Europe à avoir gardé ses remparts inviolés. Derry est très proche de la frontière avec le comté de Donegal en République d’Irlande (moins de 10 km). Elle est située à 110 km de Belfast.

Le centre-ville[modifier | modifier le code]

La rive ouest, Riverside, quartier unioniste protestant[modifier | modifier le code]

La rive est et le Bogside, quartier nationaliste catholique[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines et Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La ville a eu pendant des siècles de fortes relations avec ce qui constitue maintenant le comté de Donegal. Colomba d'Iona (saint Columba ou saint Colm Cille) est considéré traditionnellement comme le fondateur de la ville. C’était un prince et homme de foi originaire de Tir Chonail, qui englobait presque tout le comté de Donegal actuel (qui comprenait d’ailleurs la rive ouest de la Foyle avant 1600). Derry forme avec Letterkenny le principal pôle économique de la partie nord-ouest de l’Irlande.

Début de l'époque moderne (XVIe siècle)[modifier | modifier le code]

La Plantation de la colonie de Londonderry (XVII)e siècle)[modifier | modifier le code]

Le Siège de Derry (1688-1689)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Derry.
La cité en 1688

Le siège de Derry, en 1688-1689, dans le cadre des guerres williamites d'Irlande est un événement politique majeur de l'histoire de l'Irlande du Nord : au XVIIe siècle, la ville connaît le plus long siège de l'histoire britannique (105 jours). L'armée catholique du roi Jacques II établissent un blocus autour de la cité qui reconnaît la souveraineté du roi Guillaume III. Environ 8 000 personnes meurent pendant le siège.

Époque moderne (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

La ville connut ensuite aux XVIIIe et XIXe siècles une importante émigration vers les États-Unis. Des bateaux pleins d'émigrés partaient alors du port de Derry vers la côte est des États-Unis, notamment vers le New Hampshire, la Caroline du Sud et Philadelphie. Une ville du New Hampshire porte le nom de Derry.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les Troubles[modifier | modifier le code]

Mémorial du Bloody Sunday
Peinture murale "Petrol Bomb" dans le Bogside
pont de la paix à DERRY

Mais c'est certainement dans les années 1960 que la ville exprima le plus sa farouche résistance envers les Britanniques[14],[15]. Les Troubles débutent en 1969 avec les barricades montées dans le Bogside ; les affrontements avec l'armée britannique dureront plusieurs jours. Une fresque orne d'ailleurs un des murs du Bogside représentant un jeune avec une Petrol Bomb. À cette époque, la ville était catholique à 60%, mais l'ensemble du conseil municipal était composé de protestants[16].

La ville était de fait divisée schématiquement en deux parties délimitées par la rivière Foyle. La rive gauche, dont le Bogside, est catholique républicaine, fief de l'IRA. La rive droite est protestante unioniste.

Le Bloody Sunday[modifier | modifier le code]

Il y eut ensuite le Bloody Sunday au cours duquel 14 personnes furent tuées par l'armée britannique : le dimanche , une manifestation pour les droits civiques était organisée, malgré l'interdiction faite par le gouvernement britannique. Après un départ du quartier de Creggan, cette marche redescendit vers le Bogside, et au niveau de Rosville Street et de Glenfada Park, les militaires commencèrent à tirer sur les manifestants. Le 15 juin 2010, un rapport accablant pour l'armée britannique a été publié relativement à ces événements. Il en ressort que :

  • Aucune sommation n'a été faite à aucun civil avant que les soldats n'ouvrent le feu.
  • Aucun soldat n'a tiré en réponse à une attaque par jets de pierres.
  • Aucun soldat n'a tiré en réponse à une attaque par cocktail Molotov.
  • Certaines des personnes tuées ou blessées fuyaient clairement les lieux.
  • Certaines des personnes tuées ou blessées portaient assistance à des blessés ou à des mourants.
  • Aucune des victimes ni ne représentait une menace, ni n'avait fait quoi que ce soit qui aurait pu justifier qu'on lui tire dessus.
  • La répression du Bloody Sunday étaient injustifiée, sans équivoque possible.
  • De nombreux soldats ont menti à propos de leurs gestes.
  • Ce qui est arrivé n'aurait jamais dû se produire.
  • Des membres de l'armée britannique se sont très mal comportés.

Le Premier ministre britannique David Cameron a pris acte du rapport et, au nom de son gouvernement et de son pays, a déclaré qu'il était « profondément désolé ».

Tous les ans, le dernier dimanche de janvier, une marche commémorative a lieu en souvenir. Un musée a été ouvert en 2007 (Museum of Free Derry).

Depuis le retour de la Paix[modifier | modifier le code]

En 2008, la ville de Derry a accueilli un spectaculaire festival d'Halloween, point de ralliement de visiteurs venus du monde entier.

Culture et Patrimoine[modifier | modifier le code]

Murailles de Derry[modifier | modifier le code]

Murals de Derry[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Les membres du groupe de punk-rock The Undertones sont de Derry. Une des chansons les plus connues : Teenage Kicks, Here come the summer...
  • Le groupe U2 a écrit la chanson intitulée Sunday Bloody Sunday. Il existe une autre chanson, chantée par les artistes Rebels dont l'air et les paroles ne sont pas les mêmes.
  • Julien Clerc a composé en 1972 une chanson intitulée «Londonderry», sur des paroles d'Etienne Roda-Gil, en relation avec le Bloody Sunday.
  • Renaud fait référence à Derry dans sa chanson « La ballade nord-irlandaise », extraite de l'album Marchand de cailloux.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Festivals[modifier | modifier le code]

Évêché[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Shopping[modifier | modifier le code]

Le grand magasin Austins.

La ville est le principal centre d'achat du nord-ouest, accueillant deux grands centres commerciaux ainsi que de nombreux magasins très fréquentés, dans des rues bondées, desservant ainsi l'agglomération, le Tyrone et le Donegal. Cependant, le développement de la vente au détail à Letterkenny a affaibli les échanges frontaliers avec le Nord du comté de Donegal.

Le centre-ville a deux principaux centres commerciaux : le Foyleside Shopping Centre qui compte 45 magasins et 1430 places de parking et le Richmond Centre qui compte 39 lieux de vente.

Transports[modifier | modifier le code]

Ligne de chemins de fer vers la gare de Belfast Central.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La ville abrite des clubs et équipes sportifs. Le football et le football gaélique sont très pratiqués dans cette région. Quant au football, les principales équipes sont l'Institute et l'Oxford United Stars, qui jouent dans le Championnat d'Irlande du Nord, et Derry City, qui ne joue pas dans le championnat du pays auquel il « appartient » mais dans le Championnat d'Irlande et a même remporté la Coupe d'Irlande. Son stade s'appelle le Brandywell Stadium. Pour le football gaélique, le Derry GAA est l'équipe du comté et joue dans la Ligue nationale de football gaélique de l'Association athlétique gaélique, l'Ulster Senior Football Championship et le Championnat d'Irlande de football gaélique. Elle concourt aussi en tant qu'équipe de hurling dans les tournois équivalents. Il existe beaucoup de clubs pratiquant les sports gaéliques dans la ville et ses alentours, comme Na Magha CLG, Steelstown GAC, Doire Colmcille CLG, Seán Dolans GAC et Slaughtmanus GAC.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. « Derry City Council, Re Application for Judicial Review [2007] NIQB 5 », Derry City Council,‎ (consulté le 28 août 2008)
  2. « Stroke City to remain Londonderry », BBC,‎ (consulté le 28 août 2008)
  3. a et b (en) Ryan Ver Berkmoes, Oliver Berry, Geert Cole et David Else, Western Europe, Lonely Planet, (ISBN 978-1741049176, lire en ligne), p. 704
  4. « What's in a name? », Derry Journal (en),‎ (lire en ligne)
  5. « Education/Oideachas », BBC (consulté le 14 juillet 2007)
  6. John Hudson, « Londonderry », The British Library (consulté le 29 septembre 2007)
  7. James Stevens Curl, « The City of London and the Plantation of Ulster », BBCi History Online,‎ (consulté le 10 août 2008)
  8. « Aspects of Sectarian Division in Derry Londonderry  — First public discussion: The Name Of this City? », sur cain.ulst.ac.uk (consulté le 15 juin 2008)
  9. Anna-Kaisa Kuusisto-Arponen, « The end of violence and introduction of 'real' politics: Tensions in peaceful Northern Ireland », Geografiska Annaler: Series B, Human Geography, Blackwell Publishing, vol. 83, no 3,‎ , p. 121–130 (DOI 10.1111/j.0435-3684.2001.00100.x, JSTOR 491073)
  10. (en) Fionn Davenport, Charlotte Beech, Tom Downs, Des Hannigan, Fran Parnell et Neil Wilson, Ireland, Londres, Lonely Planet, , 7e éd. (ISBN 978-1-74059-968-9, lire en ligne), p. 625
  11. « Irish Rail network showing 'Derry' », Iarnród Éireann (consulté le 29 juillet 2009)
  12. « Londonderry Chamber of Commerce », Londonderrychamber.co.uk (consulté le 20 juin 2010)
  13. « City name row lands in High Court », BBC News,‎ (lire en ligne)
  14. CAIRN
  15. (en) The Troubles 1968-1972
  16. http://eps.revues.org/3154

Voir aussi[modifier | modifier le code]