Dernancourt

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Dernancourt
Dernancourt
Mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Albert
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Coquelicot
Maire
Mandat
Sylvain Lequeux
2014-2020
Code postal 80300
Code commune 80238
Démographie
Gentilé Dernancourtois
Population
municipale
504 hab. (2015 en augmentation de 13,77 % par rapport à 2010)
Densité 76 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 58′ 29″ nord, 2° 37′ 54″ est
Altitude Min. 39 m
Max. 107 m
Superficie 6,63 km2
Localisation

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Liens
Site web site officiel de la mairie

Dernancourt est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France. La commune fait partie de la Communauté de communes du Pays du Coquelicot. Les habitants de Dernancourt se nomment les Dernancourtois et les Dernancourtoises[1]. Le maire de Dernancourt se nomme Sylvain Lequeux.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Cette commune est voisine du chef de lieu de canton, Albert. Elle est située sur une petite colline dominant l'Ancre.

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Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol de la commune est tourbeux dans le fond de la vallée, composé de terres franches le long de la vallée; les coteaux étant calcaires ou siliceux[2].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Les coteaux à pente douce limitent au nord-ouest la vallée. Ils partagent le territoire communal en deux plaines à peu près égales. Un léger vallon est situé plus au nord[2].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par l'Ancre.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vents dominants d'ouest, nord-ouest et sud-ouest[2].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

La commune de Dernancourt a un habitat groupé.

Activité économique et de services[modifier | modifier le code]

L'activité dominante de la commune reste l'agriculture.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Dernancourt
Millencourt Albert
Buire-sur-l'Ancre Dernancourt Méaulte
Ville-sur-Ancre

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Dernancourt est de formation médiévale. Le suffixe - court - (issu du bas latin cortem), signifiant « domaine rural ». Le préfixe Dernen ou Dernan serait un nom de personne d'origine germanique, propriétaire du lieu[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas trace écrite de l’existence du village de Dernancourt avant 1287. À cette date, Henri de Dernencourt, confirmait la donation aux templiers de Belle-Église par Robert Waubert, bourgeois de Corbie, de plusieurs terres[4],[5].

Le , par lettres de franchises, les habitants de Dernancourt étaient exemptés de péage pour eux-mêmes et leurs marchandises dans la traversée du village[4].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le village subit les exactions de la soldatesque pendant la guerre de Trente Ans et la guerre franco-espagnole.

Entre 1729 et 1733, le clocher de l'église fut reconstruit. La reconstruction de l'église elle-même fut achevée en 1766[6].

Avant la Révolution française, le village de Dernancourt comptait 82 maisons[2].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Situé à l'arrière immédiat du front de l'automne 1914 à mars 1918, Dernancourt devint un lieu de séjour pour les soldats britanniques et australiens au repos. Les soldats australiens participèrent aux travaux agricoles, soulageant la population restée au village.

En mars 1918, la situation changea. Dernancourt fut atteint par les troupes allemandes au cours l'Opération Michael, phase principale de leur dernière offensive, la bataille du Kaiser, le . Les 4e et 3e divisions australiennes stoppèrent leur avance à Dernancourt au cours d'une bataille où les combats de rue s'effectuèrent à la baïonnette, le [7]. L'armée allemande ne put poursuivre sa marche vers Amiens.

Le village fut libéré par les 12e et 33e divisions américaines, le 9 août 1918[8].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La commune a été totalement ravagée pendant la Grande Guerre. Le village a été reconstruit pendant l'entre-deux-guerres. En 1920, Dernancourt fut reconnu filleul de l'Australie méridionale et les dons en argent et en vêtements affluèrent d'Australie. Un quartier de la ville d’Adélaïde, capitale de l'Australie méridionale prit le nom de Dernancourt. En 1921, une fête fut organisée à Dernancourt pour remercier les Australiens de l'aide apportée pour la reconstruction[9].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, un sabotage de la voie ferrée Amiens - Lille eut lieu sur le territoire de la commune.

Début XXIe siècle, l'affaire de la rue Pétain[modifier | modifier le code]

La municipalité a été soumise pendant des années à des critiques vives pour avoir conservé une rue au nom de Philippe Pétain, qu'elle maintenait malgré les protestations. Ce fut l'un des rares cas en France de rue dénommée ainsi avant la Seconde Guerre mondiale, à ne pas avoir été débaptisée à la Libération[10].

En janvier 2005, au moment où l'Europe entière commémorait le 60e anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz, la presse locale et nationale dénonçait le fait que la commune de Dernancourt possédait encore une « rue du Maréchal-Pétain »[11],[12]. La polémique prit de l'ampleur devant l'inertie de la municipalité[13].

Ce n'est que le , après plus de cinq ans de réflexion, que le conseil municipal, à la demande de la préfecture de la Somme, débaptisait la « rue du Maréchal-Pétain »[Note 1] et la renommait : « rue du 5-Avril-1918 - Bataille-de-Dernancourt »[Note 2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2008 Jean-Pierre Lequeux    
mars 2008   Lionel Lamotte[14]    
2014[15] en cours
(au 6 mai 2014)
Sylvain Lequeux    

La commune fait partie de la communauté de communes du Pays du Coquelicot.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants s'appellent des Dernancourtois(es)[16].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[18].

En 2015, la commune comptait 504 habitants[Note 3], en augmentation de 13,77 % par rapport à 2010 (Somme : +0,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
445427414539570553562556544
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
503505478432401370395373350
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
357326336213285323327330327
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
305345401501472437442442504
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le pavillon Adélaïde : il fut construit grâce à la somme collectée lors d’une soirée de gala organisée par Berthe Mouchette, veuve d’un soldat australien. Prévu au départ, pour un centre médical pour nourrissons, il est devenu une salle des fêtes puis fut intégré à l’école communale[22].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

  • Le cimetière militaire britannique : mitoyen du cimetière communal, il contient 2 131 tombes de soldats du Commonwealth.
  • Le monument au morts : inauguré en 1928, il est l’oeuvre de l'architecte Henry Faucheur et du mosaïste Barillet. Il se présente sous la forme d'un mur de pierre calcaire décoré d'une mosaïque qui représente dans sa partie haute, une allégorie de la victoiré : une femme ailée, la tête auréolée de la croix de guerre, tient dans chaque main une couronne mortuaire. A l'arrière plan, des formes triangulaires noires semblent symboliser le village en ruines. Au centre, dans un rectangle tapissé de mosaïque jaune, est inscrit cette dédicace : « A nos morts » avec de chaque côté et en dessous la liste des victimes civiles et militaires. Ce monument est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel depuis le 2 juin 1997[23].
  • La rue du 5-Avril-1918 - Bataille-de-Dernancourt (ancienne rue du maréchal Pétain)

Traditions populaires[modifier | modifier le code]

Le village a sauvegardé des traditions locales :

  • les martelets,
  • le ballon au poing,
  • les mais,
  • la Saint-Éloi[24]...

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

On peut noter que la bataille de Dernancourt a donné lieu à plusieurs reconnaissances honorifiques par des distinctions militaires accordées notamment à des soldats alliés britanniques et australiens[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pétain fut condamné à mort et à l'indignité nationale par la Haute Cour de Justice, le 15 août 1945.
  2. Attention, sur Google Maps au 15 avril 2017, on trouve encore la rue du Maréchal Pétain. Au 15 avril 2017, d'autres sites de géolocalisation (Mappy, ViaMichelin,..) indiquent également des odonymes erronés
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « DERNANCOURT - Carte plan hotel village de Dernancourt 80300 - Cartes France.fr », sur www.cartesfrance.fr (consulté le 21 mai 2018)
  2. a, b, c et d Notice géographique et historique sur la commune de Dernancourt, rédigée par M. Acloque, instituteur, 1899, Archives départementales de la Somme
  3. site officiel de la commune, « Dernancourt » (consulté le 21 mars 2008)
  4. a et b Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne ou recherche sur les villes, bourgs et hameaux qui le composent, 1844, réédition Paris, Rassorts Lorisse, 1999, p. 100 (ISBN 2 - 87 760 - 937 - 5).
  5. Site communal, archives de l'église.
  6. Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne ou recherche sur les villes, bourgs et hameaux qui le composent, 1844, réédition Paris, Rassorts Lorisse, 1999, p. 99 (ISBN 2 - 87 760 - 937 - 5).
  7. a et b (en) « Official History of Australia in the War of 1914–1918 - Volume V – The Australian Imperial Force in France during the Main German Offensive, 1918 (8th edition, 1941) - CHAPTER XII THE BATTLE OF DERNANCOURT », sur Australian War Memorial, (consulté le 15 avril 2017)
  8. Malcolm G Wright, « La bataille de Dernancourt - Avril 1918 », sur dernancourt.free.fr, (consulté le 15 avril 2017)
  9. Panneau d'informations communal
  10. http://www.liberation.fr/societe/0101530775-rue-petain-derriere-l-eglise-a-dernancourt Rue Pétain, derrière l'église, à Dernancourt, Libération.fr, 28 mai 2005
  11. Le Courrier picard des 21 et 26 janvier 2005.
  12. Le Monde du 28 janvier 2005.
  13. Libération des 28-29 mai 2005, Le Courrier picard du 23 juillet 2005, Libération du 27 juillet 2005, Le Courrier picard des 26 octobre et 10 novembre 2005.
  14. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 19 juillet 2008)
  15. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  16. habitants.fr, « Somme > Dernancourt (80300) » (consulté le 11 novembre 2010)
  17. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  21. clochers.org, « Église Saint-Léger » (consulté le 11 novembre 2010)
  22. http://blogs.ac-amiens.fr/lamarckcentenaire/index.php?post/2014/01/23/Dernancourt-et-le-quartier-Ad%C3%A9la%C3%AFde
  23. http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=80238&NUMBER=1&GRP=0&REQ=%28%2880238%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous
  24. Site communal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne ou recherche sur les villes, bourgs et hameaux qui le composent, 1844, réédition Paris, Rassorts Lorisse, 1999, (ISBN 2 - 87 760 - 937 - 5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]