Derby d'Italie

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Derby d'Italie
Généralités
Sport Football
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Villes ou région Turin et Milan
Derby Derby d'Italia

Situation actuelle
Serie A Juventus FC
Inter Milan
Localisation des clubs
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La rivalité entre la Juventus FC et l'Inter Milan, également connue sous le nom de Derby d'Italia (en français : Derby d'Italie), se réfère à l'antagonisme entre deux clubs de football des villes de Turin, la Juventus FC fondée en 1897, et de Milan, le FC Internazionale, créé en 1908.

Il s'agit de l'un des derbys les plus intenses d'Europe entre deux clubs non issus de la même ville, parce que les deux équipes sont les plus titrées de l'histoire de la Série A, le championnat d'Italie de football.

Dans la mesure où les deux équipes sont basées dans le Nord de l'Italie, le derby tend également à intégrer des éléments de rivalité régionale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le dimanche a lieu pour la première fois de l'histoire le match entre les turinois du Foot-Ball Club Juventus créé en 1897 et le nouveau club milanais du Football Club Internazionale Milano, créé un an plus tôt en 1908[1]. La Juventus remporte le match 2 buts à 0 (doublé d'Ernesto Borel)[1]. L'intense rivalité, tant sur le plan sportif que médiatique entre les deux clubs de la Juventus et de l'Inter Milan ne commença en réalité que plusieurs décennies plus tard[1].

L'expression de Derby d'Italia est utilisée pour la première fois lors de la saison 1967-1968 de la Serie A par le journaliste sportif italien Gianni Brera pour qualifier le match turino-milanais de l'époque alors entre les deux grands club transalpins du moment[1],[2].

Le journaliste Gianni Brera, inventeur de l'expression « Derby d'Italia ».

Cette rivalité (donnant lieu à un des matchs les plus intenses et suivis d'Europe) prend sa source dans les années 1960[1]. Le , dans le cadre de l'avant-dernière journée du championnat national de 1960-1961, les deux équipes s'affrontent : après d'importants mouvements de foule à la 31e minute, l'Inter est jugé vainqueur sur tapis vert[1]. Après appel de la Juventus, la Fédération italienne décide de faire rejouer le match : le président milanais, excédé, envoie une équipe de jeunes[1]. Le match, totalement déséquilibré, voit le derby d'Italie le plus prolifique en termes de buts, avec une large victoire de la Juventus sur le score de neuf buts à un, permettant aux Turinois de décrocher le titre[1]. Ce match décisif voit également les débuts d'Alessandro Mazzola et la retraite sportive de Giampiero Boniperti qui donna ses crampons au responsable des équipements du club en disant "Prends-les. A moi ils ne me serviront plus. Aujourd'hui j'arrête le football."[1],[2] .

La rivalité s'accentue véritablement à partir des années 1990 avec la remontée en puissance de l'Inter et la lutte régulière pour la tête du classement[3]. Elle atteint son paroxysme à la suite de la rétrogradation en deuxième division des bianconeri et de l'annulation de leurs deux Scudetti de 2005 et 2006, ce dernier ayant été donné sur tapis vert à l'Inter[4]. Cet épisode accentua une haine déjà présente que se vouent les supporters des deux équipes, ceux de l'Inter considérant la Juve comme un club de tricheurs (à cause de l'épisode du procès du Calciopoli, appelé par certains fans de la Vieille Dame le Farsopoli[5],[6],[7]), tandis que les fans juventini qualifient l'Inter comme un club de voleur, car étrangement blanchi de tout soupçons lors de l'affaire[8], et considérant leurs récents titres comme une imposture, ayant eu besoin des problèmes des uns (en partie la descente en Serie B de la Juventus) pour enfin pouvoir s'imposer en championnat.

Scandales[modifier | modifier le code]

Affaire Allemandi[modifier | modifier le code]

Lors de la saison 1926-1927 de la Serie A, le club termine troisième mais se retrouve surtout au cœur d'un des premiers grands scandales du football italien. Lors du derby della Mole du dimanche , un des dirigeants du Torino de l'époque, le docteur Nani, aurait tenté de corrompre le défenseur juventino Luigi Allemandi en lui proposant 50000 lires pour qu'il sabote le match. Le Torino remporta le match 2-1 mais son scudetto lui fut retiré à la fin du tournoi[9],[10],[11], et Allemandi, au départ radié à vie, vit sa sentence allégée, et dut quitter le club bianconero. Il fut alors vendu à l'Inter. Ce rachat de Luigi Allemandi de la part de l'Inter augmenta aussi la rivalité entre les deux clubs[12].

Affaire des matchs truqués du Calcio[modifier | modifier le code]

En mai 2006, La Juventus [13], (avec le Milan AC[14], la Lazio[15] (du président Claudio Lotito), la Fiorentina[16] (du président Diego Della Valle), et la Reggina (en Serie B[17]))sont au centre d'un scandale majeur concernant la désignation des arbitres dans le championnat italien. Luciano Moggi démissionne de son poste de directeur général et est mis en examen.

Le tribunal requiert pour la Juventus une relégation en Serie B avec une pénalité de 17 points puis, finalement, de 9 points. Ses titres de champion des saisons 2004-2005 et 2005-2006 sont annulés, et le titre de la saison est finalement attribué à l'Inter de Milan[18],[19],[20],[2],[1].

La suite de l'enquête sur Calciopoli montre plusieurs appels de Massimo Moratti, l'ancien dirigeant interiste Giacinto Facchetti, d'Adriano Galliani et d'autres dirigeants italiens à des arbitres et membres de la fédération italienne. Le club bianconeri considéra alors l'Inter comme un « club de tricheurs » car impliqué dans l'affaire (cela sera découvert 5 ans plus tard, en 2011) mais blanchit de tout soupçons et récupérant des titres de la Juventus alors que la Juventus n'était pas coupable[21].

Stades[modifier | modifier le code]

FC Internazionale[modifier | modifier le code]

Le Campo Internazionale di Via Goldoni, plus communément appelé Campo di via Goldoni ou Campo Virgilio Fossati en 1928[22], a été le stade de l'Inter de 1913 à 1930. Il a été nommé ainsi parce qu'il était situé dans la Via Carlo Goldoni, correspondant à l'actuelle piazza Ermete Novelli. Il est inauguré le lors du match Inter-Lazio 3-1[23].

Le , lors d'un match contre le Genoa CFC, une des tribunes s'effondre, s'ensuit une panique des spectateurs blessant 167 personnes. Cet incident entraînera la démission du président Oreste Simonotti et l'abandon de ce stade par le club. L'Arena Civica devient donc le nouveau stade de l'Inter. Il a été conçu par l'architecte Luigi Canonica, sous forme d'amphithéâtre d'une longueur de 238 mètres et d'une largeur de 116 pouvant contenir jusqu'à 30 000 spectateurs.

Stade de football vu depuis un coin des tribunes. La pelouse est vide, mais les tribunes sont complètes.
Tifo des supporters au Stade Giuseppe-Meazza.

Le stade Giuseppe-Meazza est adopté par l'Inter à partir de 1947, après les travaux d'agrandissement réalisés par la ville, devenue propriétaire du stade. Il est profondément modernisé à l'occasion de la Coupe du monde 1990, ce qui lui vaut aujourd'hui de répondre aujourd'hui aux normes des stades Élite UEFA. Grâce à des tribunes proches du terrain, une forte inclinaison des gradins et un large toit, l’enceinte bénéficie d’une atmosphère qui en fait l’un des stades de football les plus célèbres au monde[24].

Vue d'un stade de football depuis les tribunes.
Une vue intérieure du Stade Giuseppe-Meazza.

Juventus Football Club[modifier | modifier le code]

Après ses deux premières années (où le club évolua au Parco del Valentino puis au Parco Cittadella), le club joue jusqu'en 1908 au Stadio Piazza d'Armi, appelé aussi Campo Piazza d'Armi (arène où eut lieu le premier match officiel du club en 1900), sauf entre les saisons 1904 et 1906 où la Juve s'installa au Stadio Motovelodromo Umberto I, stade ouvert en 1895 et situé dans le quartier de Crocetta, qu'elle louait à la municipalité et qu'elle fut forcée de quitter, après des problèmes avec son ex-président Alfred Dick qui quitta le club pour créer le Torino FC, qui lui s'installa avec son nouveau club au Motovelodromo Umberto I.

De 1909 à 1922, les Bianconeri évoluèrent lors des compétitions internationales au Stadio di Corso Sebastopoli (stade d'environ 10 000 places construit en bois et considéré comme le premier véritable stade du FBC Juventus), mais, pour les autres matchs, ils jouèrent jusqu'en 1933 au Stadio di Corso Marsiglia (stade d'environ 15 000 places, le premier construit en béton armé), date à laquelle ils déménagèrent dans le tout nouveau Stadio Municipale di Torino Benito Mussolini, un des nombreux stades inaugurés pour la Coupe du monde de football de 1934 accueillie par l'Italie (stade moderne doté d'environ 65 000 places pour la plupart debout, avec une haie métallique séparant les tribunes du terrain), et qui fut par la suite renommé Stadio Comunale Vittorio Pozzo après la guerre et la chute du régime fasciste.

Pour les besoins de la Coupe du monde de football de 1990, organisée par l'Italie, un nouveau stade de 69 295 places (ramené par la suite à 67 229 dont 90 % des sièges couverts) est inauguré en 1990 pour la Juve, portant le nom de Stadio delle Alpi (en français : Stade des Alpes). Pendant la construction de son nouveau stade, commencée en 1988, le club joue quelques matchs à domicile dans différents stades italiens, comme le Stadio Renzo Barbera à Palerme, le Stadio Dino Manuzzi à Cesena ou encore le Stade Giuseppe-Meazza à Milan[25].

En août 2006, le Stade des Alpes ferme pour être rénové, avant d'être démoli en 2009. Pendant les travaux de son nouveau stade de 41 000 places, appelé le Juventus Stadium, propriété à 100% du club, la Juventus joue durant plusieurs saisons au Stadio Olimpico di Torino, ramené à 27 994 places (anciennement le Stadio Comunale puis renommé Stade olympique après sa rénovation pour les jeux olympiques d'hiver de 2006), stade habituel de son grand rival du Torino FC depuis 1958, et où la Juve n'avait plus évolué depuis plus de 15 ans.

Le Juventus Stadium est inauguré le lors d'un match de gala contre le Notts County FC, club de 3e division anglaise lié malgré lui aux Turinois depuis 1903, ces derniers leur ayant empruntés leur couleurs blanches et noires[26].

Images[modifier | modifier le code]

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Historique des stades[modifier | modifier le code]

Depuis 1897, la Juventus a disputé ses rencontres à domicile dans différents stades[27] :


Vue panoramique du Juventus Stadium lors de la céremonie d'inauguration.

Terrain neutre[modifier | modifier le code]

Une confrontation entre l'Inter de Milan et la Juventus de Turin ne s'est déroulée sur un terrain neutre qu'à deux reprises : en 1920 à Gênes (victoire de l'Inter), et en 1965 pour la finale de la Coupe d'Italie à Rome (victoire de la Juventus)[2].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Plus de buts dans un match[modifier | modifier le code]

  • 10 buts le 10 juin 1961 Juventus 9-1 Inter
  • 9 buts le 14 décembre 1913 Juventus 7-2 Inter
  • 8 buts le 17 janvier 1932 Juventus 6-2 Ambrosiana Inter
  • 8 buts le 19 juin 1975 Inter 2-6 Juventus en Coppa Italia
  • 7 buts le 26 novembre 1911 Inter 6-1 Juventus
  • 7 buts le 4 janvier 1913 Inter 6-1 Juventus

Plus grandes victoires pour la Juventus[modifier | modifier le code]

  • Juventus 7-2 Inter le 14 décembre 1913
  • Juventus 6-2 Ambrosiana Inter le 17 janvier 1932
  • Juventus 4-0 Ambrosiana Inter le 17 mai 1942
  • Juventus 5-1 Inter le 3 mars 1957
  • Juventus 9-1 Inter le 10 juin 1961
  • Inter 2-6 Juventus le 19 juin 1975 en Coppa Italia

Plus grandes victoires pour l'Inter[modifier | modifier le code]

  • Inter 6-1 Juventus le 26 novembre 1911
  • Inter 6-1 Juventus le 4 janvier 1913
  • Ambrosiana Inter 4-0 Juventus le 17 novembre 1935
  • Ambrosiana Inter 5-0 Juventus le 16 octobre 1938
  • Ambrosiana Inter 4-0 Juventus le 17 septembre 1939
  • Inter 6-0 Juventus le 4 avril 1954
  • Inter 4-0 Juventus le 11 novembre 1979
  • Inter 4-0 Juventus le 11 novembre 1984

Bilan[modifier | modifier le code]

Dernière mise à jour : 29 février 2016.

M: Nombre total de matchs | V: Nombre total de victoires | N: Nombre total de matchs nuls | D: Nombre total de défaites | P: Buts pour | C: Buts contre | +/-: Différence de buts

# Équipe M V N D P C +/-
Serie A
1 Juventus 186 86 45 56 262 228 +34
2 Inter 186 56 45 86 228 262 -34
Coppa Italia
1 Juventus 28 12 7 9 43 34 +9
2 Inter 28 9 7 12 34 43 -9
Supercoppa d’Italia
1 Inter 1 1 0 0 1 0 +1
2 Juventus 1 0 0 1 0 1 -1
Campionato di Guerra
1 Juventus 2 1 0 1 2 2 0
1 Inter 2 1 0 1 2 2 0
Total
1 Juventus 218[2] 98[2] 53[2] 67[2] 305 265 +40
2 Inter 218[2] 67[2] 53[2] 98[2] 265 305 -40

Palmarès

Club Championnat d'Italie Coupe d'Italie de football Supercoupe d'Italie Coupe UEFA Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe Ligue des champions Coupe du monde des clubs de la FIFA
Juventus 31 10 7 3 1 2 2
Inter Milan 18 7 5 3 0 3 3

Joueurs ayant joué pour les deux clubs[modifier | modifier le code]

Le premier joueur professionnel à quitter le club banconeri ou nerazzuro pour rejoindre l'autre est Luigi Cevenini, l'attaquant passa par l'Inter de 1912 à 1915 (63 buts pour 55 matchs joués), de 1919 à 1921 (54 buts pour 40 matchs joués) ainsi que de 1922 à 1927 (42 buts pour 92 matchs joués) et passa à la Juventus de 1927 à 1930 (22 buts pour 69 matchs joués)[28].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Le derby d'Italie divise le pays », sur fifa.com,‎ (consulté le 24 février 2016)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y et z Éric Maggiori, « Les 22 choses que vous ne savez pas sur le derby d’Italie », sur sofoot.com,‎ (consulté le 24 février 2016)
  3. Le "choc" des "légendes"... ?
  4. Juve-Inter, le match à ne pas perdre...
  5. "Calciopoli? Une farce, Moggi était le plus brave"
  6. Calciopoli, ou comme on dit en Italie, Farsopoli — actualite-foot.fr
  7. (it) Farsopoli: dopo 5 anni è (quasi) tutto fin troppo chiaro - Il tempo passa e le risposte sono sempre più evidenti...
  8. (it) Spie e ladroni; Moratti e Bergamo. Farsopoli o Calciopoli. — JUVENTINOVERO
  9. (it) Torino 1927: Lo scudetto di nessuno — storiedicalcio.altervista.org
  10. Arnaud Beaufils, « Le Derby Della Molle, entre haine et passion », sur sport24.lefigari.fr,‎ (consulté le 22 février 2016)
  11. BENS, « Le Taureau et la Vieille Dame », sur yourzone.beinsports.fr (consulté le 22 février 2016)
  12. (it) FICG.it = Il caso Allemandi
  13. cf. « Quand la Juve choisit l'arbitre... », L'Équipe, 5 mai 2006
  14. (it) cf. « Calciopoli: sanzioni ridotte per Juventus, Milan, Fiorentina e Lazio », altalex.com, 5 août 2006
  15. (it) cf. « CALCIOPOLI, VIA AI DEFERIMENTI: LA LAZIO COMINCIA A TREMARE... », La Repubblica - Florence, 13 juillet 2011
  16. (it) cf. « Rabbia Fiorentina su Calciopoli "Chi nascose le intercettazioni?" », romatiamo.net, 8 mai 2012
  17. (en) cf. « Calciopoli – The 2006 Italian Football Scandal », sportinglybetter.com, 8 avril 2012
  18. cf. « La Juventus en Serie B », L'Équipe, 14 juillet 2006
  19. Relégation en Serie B et annulation des deux derniers titres de Champion d'Italie.
  20. Ambre Godillon, « Calciopoli : 9 ans après, les condamnations tombent », sur goal.com,‎ (consulté le 22 février 2016)
  21. cf. «L'Inter impliqué dans le Calciopoli», 4 juillet 2011
  22. « VIRGILIO FOSSATI, DAL PALLONE ALLA BAIONETTA », sur http://biografienerazzurre.blogspot.com (consulté le 21 février 2012)
  23. «L'inaugurazione del campo dell'Internazionale», Lettura Sportiva, 13-1-1913
  24. « Stades mythiques vus de Google Earth », sur http://www.linternaute.com,‎
  25. JUVENTUS F.C.
  26. La Juve honore Notts County — Sofoot.com
  27. (it) « Storia - I Campi »,‎
  28. (it) Luigi (III) Cevenini sur Myjuve.it

Liens externes[modifier | modifier le code]