Denys Tremblay

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Denys Tremblay
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Denys Tremblay en 2017 (photo de Nicolas Lévesque)
Fonction
Prétendant au trône
Royaume de L'Anse Saint-Jean
depuis
Biographie
Naissance
5 février 1951, Chicoutimi, devenu Saguenay en 2001
Nationalité
Canadien
Formation
Doctorat en arts sous la direction de Frank Popper, 1987, Université Paris-VIII-Vincennes
Activité
Transdisciplinarité, arts visuels, sculpture environnementale, really-mades, philosophie
Autres informations
Mouvement
Périphérisme
Œuvres principales
Le Saloon funéraire, 1973
Inhumation de sa Majesté Historique métropolitaine au Centre Pompidou, 1983
Référendum municipal pour élire un Roi, 1997
Couronnement du roi de L'Anse-Saint-Jean, 1997
Coup d'état d'esprit périphérique au Centre Pompidou, 2017

Denys Tremblay est un artiste canadien né le à Chicoutimi (Québec). Transdisciplinaire, il est un des premiers penseurs du périphérisme et l’inventeur du really-made[1]. Professeur émérite, il vit et travaille dans le Saguenay.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Origines familiales[modifier | modifier le code]

Né le 5 février 1951, il est le huitième et dernier enfant d’un père ébéniste et industriel qui a été maire de sa petite ville de Rivière-du-Moulin. Denys Tremblay poursuit une formation artistique supérieure à l’Université Laval de Québec, puis à Londres, au Goldsmith College de L’University of London, grâce à une bourse d’excellence obtenue du gouvernement québécois. Dès son retour au Canada, il devient professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi à l’âge de 26 ans. Il fait un doctorat en arts plastiques sous la direction de Frank Popper en 1987 à Paris.

Ses débuts : Les premiers environnements[modifier | modifier le code]

De 1973 à 1979, il crée des premiers environnements autonomes avant la lettre. Ces « environnements » font partie de la mouvance émancipatrice des années 1970, là où l’affirmation nationaliste québécoise des années 1960 s’est terminée en contestation réprimée (Crise d’octobre 70). Certains de ces environnements, comme le Saloon funéraire ou Obsession Beach, ont soulevé des remous médiatiques considérables[2]. Des sections de ces environnements ont été transformées en sculptures et font maintenant partie des collections des musées du Québec. L’homme opte très tôt pour un art concret qui nécessite un engagement social afin de créer une œuvre d’art audacieuse, faisant partie intégrante de la réalité. Sa pratique environnementale changera d’échelle lorsqu’il entreprendra d’affirmer l’identité culturelle de sa région d’origine, surnommée le Royaume du Saguenay par les amérindiens dès la découverte du Canada par Cartier en 1535.

Un événement fondateur de l'art en région[modifier | modifier le code]

En 1980, il organise le Symposium International de sculpture environnementale de Chicoutimi. Yves Robillard qualifiera ce Symposium de «mise en scène, à l’échelle d’une région, d’œuvres environnementales d’autres artistes de manière à produire une méta-œuvre»[2]. Ce Symposium a peu d’équivalents quant à l’ampleur de son budget et à la diversité de sa programmation (réalisation de 10 sculptures environnementales sélectionnées par concours national, colloque international, cours donnés à l’Université du Québec à Chicoutimi par des artistes étrangers de réputation internationale, Festival de performances, diverses expositions parallèles en collaboration avec les principaux musées nationaux, assistanat de jeunes sculpteurs, signalisation créative, etc.). L’événement dont il a été l’instigateur, le directeur général et le président du jury a été considéré par certains comme «l’événement fondateur» de l’art en région[3]. Cet événement a eu des conséquences bénéfiques pour l’Université du Québec à Chicoutimi, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour l’art au Québec et au Canada. C’est là que l’artiste peaufine les prémices du really-made vu comme le résultat d’une transaction continue et exemplaire entre l’art et la réalité. Encouragé par cette première victoire, l’artiste s’apprête alors à investir et affirmer l’identité culturelle périphérique elle-même en s’autoproclamant «suprême Chef d’état d’esprit de toutes les périphéries».

L'Illustre Inconnu, une œuvre périphérique de 14 ans[modifier | modifier le code]

De 1983 à 1997, Il crée un personnage « apparemment imaginaire » ou « plus vrai que vrai » répondant au nom de L’Illustre Inconnu. Ce dernier vivra 14 années consécutives dans des voyages « sous-officiels » régis par un protocole périphérique tout à fait inédit, à la fois fusion et inversion des protocoles officiel et diplomatique. Inversant les pôles habituels de la renommée, ces actions pour le moins surprenantes sont amorcées au prestigieux Centre Pompidou à Paris pour se terminer au périphérique Royaume municipal de L’Anse-Saint-Jean. Ces visites peu orthodoxes auront enterré Sa Majesté l’Histoire de l’art métropolitaine à Paris, sauvé la Maison-œuvre Arthur-Villeneuve à Chicoutimi, développé le premier projet d’incubateur culturel au Canada, le projet P.O.R.T.[4] et auront réalisé les premiers really-mades déclarés. L’Illustre Inconnu n’hésitera pas à promouvoir l’utilisation du système monarchique pour réaliser la souveraineté du Québec, en pleine Commission gouvernementale sur l’avenir du Québec, en 1995[5]. La stratégie de la fusion et de l’inversion des contraires se raffine redoutablement. Quatre dates et autant de really-mades sont à retenir.

14 avril 1983, le really-made définitif[modifier | modifier le code]

L’Illustre Inconnu procède à la récupération des précieux reste de Sa Majesté l’Histoire de l’art métropolitaine[6] et les inhume définitivement à la Galerie Diagonale transformée en Invalables pour l’auguste occasion. Le grand critique d’art Pierre Restany et l’artiste contemporain Hervé Fischer[7] servent de témoins plénipotentiaires. Par cette action accomplie à Paris, au prestigieux Centre Pompidou, l’un des plus grands musées d’art contemporain au monde, la périphérie occupe enfin le centre. Elle se libère symboliquement de toutes les métropoles que l’histoire lui avait imposées : Chicoutimi, Montréal, Paris, Londres, New York... Cette basse manifestation sanctionne un diplôme de haut rang qui lui-même reconnaissait la manifestation comme œuvre d’art. Au cœur même de l’institution, c’est le décentrement qui est ainsi lui-même institutionnalisé[8]. Denys Tremblay produit un véritable coup de théâtre qui, dans son vocabulaire, devient un «coup d’état d’esprit» : l’esprit de proximité et de liberté de pensée. Il inaugure une histoire périphérique où tout un chacun peut se voir enfin reconnu symboliquement et dans l’ironie la plus conviviale. De cette action à grand déploiement, le film Coup d’état d’esprit périphérique, 14 avril 1983 a été réalisé et a été acquis par  le Centre Pompidou en 2017[9].

22 octobre 1987, le really-made diplômatique[modifier | modifier le code]

Le plus emblématique des really-made est sans doute sa propre thèse de doctorat qui a pris la double forme d’une Unité volumétrique à trois dimensions périphériques. L’auteur a voulu ainsi expérimenter dans la défense[10] même du doctorat les conditions de tout really-made qu’il avait découvertes et analysées dans les travaux de land art de Smithson, les emballages des Christo ou les actions en contexte réel de L’Illustre Inconnu. Les membres du  jury (Frank Popper, Daniel Charles et Gilbert Lascault) ont constaté que cette recherche doctorale a révélé la mesure de la Hauteur des aspirations, de la Largeur des points de vue et de la Profondeur des idées d’une Unité volumétrique de l’Impouvoir périphérique. Ces trois standards d’excellence périphérique sont étonnamment mesurés en «centimaîtres spirituels» soit en centièmes de la hauteur corporelle du maître spirituel qu’est son alter ego L’Illustre Inconnu lui-même. Approuvée par les trois illustres spécialistes le 22 octobre 1987, sa thèse-œuvre d’art apparaît de plus en plus comme une réponse au ready-made Fountain de Marcel Duchamp[11],[12] Si Fountain annonçait l’art des idées, caractéristique de l’art contemporain, la Thèse-œuvre en mesure littéralement le risque de les expérimenter dans la société, particularité de l’art périphérique. Nous sommes simultanément en présence ici d’un volume écrit qui doit être approuvé, d’un volume sculptural impliquant totalement l’environnement institutionnel et d’une mesure étalon volumétrique de tout impouvoir artistique ou académique[13].

Le projet inachevé Saint-Jean-du-Millénaire[modifier | modifier le code]

Parallèlement à l’aventure fusionnelle et inversée de L’Illustre Inconnu, l’artiste conçoit en 1992 le projet d’une immense fresque végétale pour revitaliser le bucolique village de L’Anse-Saint-Jean au Saguenay. Le projet Saint-Jean-du-Millénaire[14] représente le visage de Saint-Jean-Baptiste et sa main qui pointe vers le prochain millénaire. Rappelons que ce saint est le patron des québécois, citoyens périphériques par excellence. Rappelons également que ce saint précurseur est l’alter ego périphérique de l’homme-Dieu, centre de l’Occident. Le projet grandiose implique plus d’un kilomètre carré de plantations sélectives et de coupes d’arbre dont les essences évoquent traits, ombres et lumières d’un immense tableau photosensible aux couleurs changeant au gré des saisons. Nous passons ainsi de l’ère du photographique à l’ère du «phytographique». Pour l’auteur[8], ce projet environnemental représente une réponse post-capitaliste au projet moderniste non réalisé mais non moins emblématique du Monument à la IIIe Internationale du sculpteur Tatline. À sa verticalité monumentale qui s’impose, Tremblay oppose l’horizontalité signalétique qui se propose.  À la possibilité technique industrielle que Tatline veut utiliser, Tremblay espère répliquer par le savoir-faire forestier postindustriel des anjeannois. Comme le financement de cette œuvre tarde à se concrétiser, l’artiste pousse l’audace jusqu’à transformer son «impersonnage» de l’Illustre Inconnu en véritable Roi municipal[15] pour aider à promouvoir son projet de fresque végétale. Du «monde à l’envers» qui est celui du miroir de la représentation, il passe subitement au «monde à l’endroit» du représenté.

21 janvier 1997, le really-made référendaire[modifier | modifier le code]

De 1997 à 2000, l’artiste vivra l’aventure bien tangible de son Québec imaginaire. Un référendum tout à fait légal est tenu le 21 janvier 1997[16] afin de plébisciter la transmutation de L’Illustre Inconnu en Denys Ier de L’Anse[17] Le curé du village se joint au conseil municipal et accepte courageusement le principe d’un couronnement dans son église. À la surprise générale, une majorité de 73.9 % des anjeannois approuve la création de la première monarchie municipale en Amérique et sans doute même au monde. «L’Illustre Inconnu est mort! Vive Denys Ier de L’Anse!» affirment les citoyens «roivolutionnaires». La nouvelle fait le tour du monde. Cette véritable transmutation référendaire permet à L’Illustre Inconnu de sortir du miroir artistique et d’entrer royalement dans le monde bien réel avec ses rebondissements imprévus. L’art n’est plus une finalité mais un processus, une négociation continue et exemplaire avec la vie[18].

24 juin 1997, La souveraineté monarchique comme œuvre d'art[modifier | modifier le code]

Le couronnement magistral du roi, le 24 juin 1997[19], consacre définitivement la fusion concrète de l’Art et de la Vie, tant souhaitée par les artistes depuis les futuristes mais jamais vraiment réalisée jusqu’alors. Ce really-made majestueux et exponentiel termine avec éclats le passage de l’imaginaire du champ de l’art à la réalité du contrechamp existentiel. L’auteur considère ce projet comme étant un N’étant reçu… prolongeant l’œuvre testament Étant donnés… de Marcel Duchamp[12]. Son œuvre a ainsi pleinement assumé, parfaitement prolongé et sûrement outrepassé celle de son illustre prédécesseur Duchamp (ready-made vs really-made, Rrose Sélavy vs L’Illustre Inconnu, Étant donnés… vs N’étant reçu…, la République indépendante de Greenwich village vs La monarchie démocratique et municipale de L’Anse). Sous l’égide de Duchamp, il fallait quatre conditions pour qu’il se produise de l’art : Une œuvre, un artiste, un public et un système de l’art qui rende visibles et légitimes les 3 premières. Avec Tremblay, il faut dorénavant ajouter une cinquième condition : une autorité civile qui interprète, légitime et fait exister l’acte artistique comme un  événement à part entière dans le plein contexte de la réalité sociale. Dorénavant, il faut un système du réel qui rende visible et légitime les quatre conditions duchampiennes de l’art. Si l’ère duchampienne apparaissait comme un «après-coup» de la réalité photographique, l’ère denysiaque devient un «après-coup» de la réalité augmentée de l’ordinateur.

Un really-made exponentiel[modifier | modifier le code]

En trois ans, la «réalité augmentée» du nouveau Royaume de L’Anse-Saint-Jean se dote coup sur coup d’un drapeau royal, d’un hymne national, d’un musée royal, d’une monnaie commerciale, de titres de noblesse dont les noms des territoires sont officiellement approuvés par la Commission de toponymie du Québec. Les 7 bijoux de la couronne anjeannoises[20] sont même financés par le Conseil des Arts du Canada. Cette souveraineté municipale apparaît de plus en plus comme un prototype de celle du Royaume du Saguenay ou du Québec. Mais hors des frontières de la municipalité, divers pouvoirs en place s’inquiètent de ce trop éclatant «coup d’état d’esprit périphérique» qui bouscule le statu quo sociétal. Pour certains, tout doit être fait pour nuire à ce roi-artiste qui mélange décidément trop les postures sociales. Les manipulateurs d’opinion fourbissent leurs armes et se mettent en branle. Le projet Saint-Jean-du-Millénaire, qui assurerait pourtant la rentabilité quatre-saisons de la station de ski anjeannoise, suscite dès lors la contestation. Pourtant, malgré la controverse planifiée de l’extérieur, ce projet accumule un soutien financier important de différents organismes[3]. Une résistance locale et sournoise à l’octroi d’une subvention municipale représentant à peine le dixième du financement total condamne définitivement le projet. L’artiste-Roi abdique élégamment le 14 janvier 2000. La preuve est cependant faite que la vraie souveraineté peut se réaliser à l’échelle individuelle, municipale, régionale ou nationale en outrepassant les règles de «l’autre», c’est-à-dire en fusionnant et inversant intelligemment la symbolique de son propre pouvoir.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Cette souveraineté inédite est encore aujourd’hui une invitation percutante à revisiter notre récit de l’art et de la vie. Elle préfigure tous les mouvements libérateurs des périphéries sexuelles, géographiques, et sociales de tout genre qui s’activent aujourd’hui. Certains observateurs l’ont qualifiée de «l’une des performances artistiques les plus incroyables de notre histoire»[21], d’autres la présente plutôt comme l’une des «anecdotes qui ont fait le Québec»[22]. Même vingt ans plus tard, le dernier Geoguide[23] sur le Québec lui consacre exceptionnellement une demi page, comme si cette aventure était si fabuleuse, d'origine pourtant si populaire, mettant en scène des êtres si symboliques d’une énergie québécoise si différente qu’elle ne pouvait pas être oubliée. N’est-ce pas là la définition d’un mythe?

Pour l’auteur Hervé Fischer qui lui a consacré un livre abondamment illustré (Un roi américain, VLB éditeur, 2009), Denys Tremblay est l’un des premiers penseurs du périphérisme et nous propose un exemple sidérant d’art extrême. Il place l’artiste-philosophe engagé aux limites du possible au même niveau que Marcel Duchamp mais en adoptant une vision diamétralement opposée. Pour Fischer, «il est indéniable que Denys Ier a créé son Québec imaginaire, qui s’inscrira dans notre histoire réelle».

L’auteur Jean-Pierre Vidal[24] estime qu’il aura incarné sensiblement toutes les interrogations et interrogé toutes les pratiques de son temps, finissant par réinscrire la plupart des obsessions dites postmodernes (le quotidien, le banal, le kitsch, l’éphémère, l’intervention, l’installation, l’interactivité, etc.) dans une œuvre qui reste, au contraire, fondamentalement moderne. Pour Vidal, il aura fait «un pas au-delà» dans au moins quatre discours capitaux pour la pensée de l’art de notre temps: Duchamp, ses ready-made et sa liquidation/célébration de l’art; Baudrillard et sa réflexion sur la société de consommation, les simulacres et la fin du social; Debord et sa critique de la société du spectacle; enfin, Debray et la mort de l’image au siècle de la prolifération apocalyptique des images.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les really-mades spécifiques[modifier | modifier le code]

Rappelons qu’un really-made est un acte d’art introduit dans le champ de la vie et reconnu à la fois comme art (fiction) et comme vie (réel). Par métonymie, les objets qui découlent de ces actes (couronne, diplôme, démarches, décisions etc.) sont également des really-mades. Les really-mades sont donc le résultat d’une transaction entre les décideurs du contexte de l’art et ceux du contexte réel. La création de la monarchie réelle et artistique de l’Anse-Saint-Jean est un really-made exponentiel. Toutes les étapes confirmées par les faits historiques sont des really-made spécifiques. Distinguons :

Les publications et films[modifier | modifier le code]

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Livre : UNE AUTRE HISTOIRE DE L'ART, un manifeste du refus local, en collaboration avec Estampe Sagamie, 64 pages, 2018.

Article: LE PÉRIPHÉRISME / Le Pape François Ier et l’artiste-roi Denys Ier sur la même longueur d’onde

http://www.zoneoccupee.com/le-peripherisme-le-pape-francois-1er-et-lartiste-roi-denys-1er-sur-la-meme-longueur-donde/

Film: COUP D'ÉTAT D'ESPRIT PÉRIPHÉRIQUE CENTRE POMPIDOU 1983 écrit et produit entièrement par l'auteur en 2017.  Le vidéo en couleur et son de 10m15s  raconte la retransmission des cérémonies d'inhumation de Sa Majesté Historique du 14 avril 1983. Il fut présenté au Centre Pompidou dans le cadre de l’exposition Hervé Fischer et l’art sociologique du 15 juin au 11 septembre 2017.

Film: CHRONIQUE FUNÉRAIRE : écrit et produit entièrement par l'auteur en 1984. Le film de 30 m couleur raconte la retransmission hasardeuse des cérémonies d'inhumation de Sa Majesté Historique par un groupe de journalistes aux prises avec des incidents techniques inédits.Thèse: LA SCULPTURE ENVIRONNEMENTALE : point de vue historique, articulation conceptuelle et illustration par Denys Tremblay, thèse en art et archéologie sous la direction de Frank Popper

http://www.theses.fr/1987PA080197

Principales expositions[modifier | modifier le code]

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  • 2017 : Les bijoux de la couronne, Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul
  • 2017 : Une autre histoire de l’art , 35ième Symposium international de Baie-Saint-Paul
  • 2010 : A.A.A. l’art après l’apocalypse :Denys Tremblay à la périphérie des temps, (solo) commissaire Jean-Pierre Vidal, Galerie Séquence, Saguenay
  • 2010 : Alias : de L’Illustre Inconnu au Roi de L’Anse , (solo) commissaire Nathalie Boudreault, Musée de la Pulperie, Saguenay
  • 2007 : Une histoire de la reliure d’art au Québec    BNQ , (Gr) commissaire Danielle Boivin, Montréal
  • 2001 : Eventus Pataphisicus , (Gr), Galerie L'Œuvre de l'autre, Chicoutimi
  • 1997-2000,Toute l’aventure royale , (solo),Exposition permanente, Musée Royal de l’Anse-Saint-Jean
  • 2001 : L’ailleurs est ici , (Gr), Galerie l’Œuvre de l’autre, Chicoutimi
  • 1999 : Déclics arts et société, le Québec des années 60 et 70  (Gr), Musée de la Civilisation, Québec
  • 1998 : Exposition Le geste et les mots, (Gr) , Musée régional de Rimouski
  • 1994 : Saint-Jean-du-Millénaire-les quatre-temps, (solo), Galerie séquence, Chicoutimi            
  • 1991 : Multa Paucis , (Gr), Galerie L'Œuvre de l'autre, Chicoutimi
  • 1990 : Passages, (Gr), Galerie d'art de l'Université de Moncton, Nouveau-Brunswick
  • 1990 : Passages ,(Gr), Centre universitaire St-Louis-de-Maillet, Galerie Colline, Edmundston, Nouveau-Brunswick
  • 1990 : Passages,  (Gr), Centre d'exposition de Gatineau, Québec
  • 1989 : Passages, (Gr), Musée du Saguenay-Lac-Saint-Jean
  • 1987 : L'Unité volumétrique,  (solo), Galerie Optica, Montréal
  • 1986 :100 ans de sculpture au Saguenay-Lac-Saint-jean, (Gr), Musée du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Chicoutimi
  • 1984 : Preuves reliques, Documents du Service de la Preuve Ultime, (solo), Musée du Saguenay-Lac-Saint-Jean
  • 1984 : Preuves reliques, Documents du Service de la Preuve Ultime, (solo), Langage Plus, Alma
  • 1984 : Preuves reliques, Documents du Service de la Preuve Ultime, (solo), Galerie Lara Vinci, Paris
  • 1983 : La Crypte funéraire contenant les restes mortels de Sa Majesté l'Histoire de l'Art Métropolitaine (Solo), Galerie Diagonale,Paris
  • 1982 : La Boîte , (Gr), Galerie Aquatinte, Montréal
  • 1982 : La Boîte , (Gr), Centre National d’exposition de Jonquière
  • 1982 : L'ère du Toc, (solo), Société des Arts de Chicoutimi                                                                       * 1980 :10 ans de sculpture au Québec, (Gr), organisée par le Musée d'Art Contemporain au Centre Socioculturel pour le Symposium International de sculpture environnementale de Chicoutimi

Pseudonymes[modifier | modifier le code]

Tartuf

Ses premières œuvres sont picturales et traitent déjà de la condition humaine. Il fait sa première exposition solo à l’âge de 18 ans et signe ses tableaux presque monochromes du nom de Tartuf par ironie.  Toute fiction artistique n’est-elle pas une traduction mensongère de la réalité peinte ? Si «traduire c’est trahir», on ne peut s’étonner que cet artiste puisse s’attrister d’une sorte d’imposture de l’art qui ne peut restaurer concrètement la condition malheureuse de l’humanité. Cette constatation guidera sa démarche artistique toute sa vie.

L’Illustre Inconnu

L’Illustre Inconnu est en fait l’alter ego de l’artiste et il représente et expérimente ses idéaux périphériques. L’«Impersonnage» est dans l’espace neutre de l’épaisseur du miroir, exactement entre la représentation et le représenté. Il est «plus vrais que vrai» ou «apparemment imaginaires». Sous les traits du Suprême Chef d’État d’Esprit périphérique, il a été périodiquement reçu par des hôtes institutionnels réels lors de visites sous-officielles régies par un protocole inédit, fusion entre le protocoles officiel (basé sur la hiérarchie) et le protocole diplomatique (basé sur l’égalité des partenaires).

Denys Ier de L’Anse

Imaginons l’impossible, que l’on réussisse à fusionner un personnage comme Tintin avec son auteur Hergé pour créer un hybride bien réel, disons Hertin Tingé… Notre destinée serait-elle installée dorénavant dans le film 3D de notre propre vie? Denys Ier de L’Anse est la fusion entre le personnage L’Illustre Inconnu et son auteur Denys Tremblay. C’est pourtant L’Illustre Inconnu qui a été proclamé par référendum Roi municipal mais sa notoriété immédiate l’a fait disparaître et l’a transmuté en Denys Ier, qui est un roi bien réel mais conçu de l’imaginaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Vidal, Martyre aveugle ou le roi mis à nu par ses sujets, même, Colloque international Sacrifiction : Profanation et sacralisation en art et en littérature organisé par la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique de l’UQAM, Montréal
  • Hervé Fischer, Un Roi américain, VLB éditeur, , 220 p. (ISBN 9782896490561)
  • Andrée Fortin, Nouveaux territoires de l'art, régions, réseaux, place publique, Édition Nota Bene, (ISBN 2895180423), p. Voir, L'événement fondateur, pp. 57-60
  • Yves Robillard, Vous êtes tous des créateurs ou le mythe de l'art, Lanctôt Éditeur, (ISBN 2894850522), pp.104 à 106
  • Les archives de Radio-Canada, Sous la rubrique Vie et Société, voir Denys Ier de l’Anse, 1997
  • Alain-Martin Richard et Cline Robertson, Performance au/in Canada, Édition intervention et Coach House Press, (ISBN 292050004X), pp. 236-254-256-258-270-277 et Denys Tremblay, pp.189-206-270
  • Jewan de Rosthan, Le Nu dans l'art au Québec, Éditions Marcel Broquet, (ISBN 2890000664), p. Voir Denys Tremblay, p. 216
  • Richard St-Gelais, Voix et images, No 44, , p. Les dispositifs illicites (L'Illustre Inconnu les réglages subversifs de la lecture), pp. 220-236
  • Guy Durand, Protée, Spécial 20 ans, septembre 1989, Passe, p. 23-28.
  • Jean-Pierre Vidal, Cahiers des arts Visuels, Vol. 8, No. 2, avril 1986, Sur les traces de l'I.I.* une figure familière-rarement singulière (*intermittente institution), pp. 49-50.
  • Guy Robert, Art actuel au Québec depuis 1970, Édition Iconia, , 256 p. (ISBN 2920058002), Section Satires, pp. 244-245
  • Guy Robert, L'art actuel au Québec depuis 1940, Les éditions La Presse, 1973 et 1977, 501 p., p. Voir pages 202-204-205
  • Richard Martel,  Art/Société 1975-1980, Productions critiques en art à Québec et en région, 1981, pp.38-44, dans le cadre de l’événement Art et société, Musée de Québec
  • Laurent Lamy, Vie des arts, Vol. XXIII, No 93, Denys Tremblay , sarcasme grinçant, Hiver 1978,pp.44-45.
  • Richard Martel, Denys Tremblay à l'Anse aux Barques, Intervention No 2, Automne 1978, pp. 42-43

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Fischer, Un Roi américain, Montréal, VLB, , 220 p. (ISBN 978-2-89649-056-1)
  2. a et b Yves Robillard, Vous êtes tous des créateurs ou le mythe de l'art, Montréal, Lanctôt, , 206 p. (ISBN 2-89485-052-2), p. 104 à 106
  3. a et b Andrée Fortin, Nouveaux territoires de l'art, région, réseaux, place publique, Montréal, Édition Nota Bene, (ISBN 978-28951-8042-5), p. 57-60
  4. Le Pavillon des Œuvres et des Recherches Thématiques (P.O.R.T.) permettait d’arrimer en parfaite complémentarité les fonctions universitaires de création avec les fonctions touristiques estivales dans un pavillon de la zone portuaire de Chicoutimi réaménagée. Cette innovation a été présentée à la Première conférence internationale sur la gestion des arts, École des Hautes Études Commerciales de Montréal et University of Waterloo, août 91.
  5. « Le Roi de l'Anse », sur roidelanse.qc.ca, (consulté le 19 juin 2018)
  6. Lors de sa visite «sous-officielle» de sa ville natale, L’Illustre Inconnu remet la Région d’honneur à l’artiste Arthur Villeneuve et exhorte les responsables de l’Université et de la Ville à trouver une solution pour sauver la célèbre maison-œuvre. Ces derniers acceptent et nomme son alter ego pour envisager «des développements culturels» salvateurs.
  7. Tremblay estime que le corps de sa Majesté l’histoire de l’art qualifiée par lui de métropolitaine n’a pas été réclamé au service des objets trouvés du Centre depuis qu’Hervé Fischer y a mis fin lors d’une performance précédente
  8. a et b Tremblay, Denys. "Une autre histoire de l'art, un manifeste du refus local", publication de type "Livre d'artiste", voir le Tableau 6.
  9. Le Centre Pompidou s’intéresse aux pratiques périphériques  de l’art dès 1989 lors de l’exposition Magiciens de la terre.
  10. Cette défense de doctorat restera mémorable. À la première question posée de Popper : «d’après vous, votre projet de thèse est-il une thèse, une œuvre d’art ou un really-made ? Dans les deux dernières hypothèses, vous n’aurez pas votre doctorat.», Tremblay répond que «la réaction négative ou positive des membres du jury ne pourra que confirmer la justesse des conditions du really-made qu’il a élaboré dans sa thèses. S’il remplit les cinq conditions, sa thèse est aussi un really-made et une œuvre d’art, s’il le les remplit pas, ce ne sera qu’une juste thèse».
  11. « Saguenay-Lac-Saint-Jean », sur esse.ca, (consulté le 19 juin 2018)
  12. a et b Véronique Bellemare Brière, « Saguenay-Lac-Saint-Jean », ESSE,‎ , p. 4-27 (lire en ligne)
  13. La thèse-œuvre d’art a été sélectionnée dans l’exposition Une histoire de la reliure d’art au Québec de la Bibliothèque Nationale du Québec en 2007.
  14. L’Anse-Saint-Jean est un petit village qui possède une station de ski au mont Edouard. Le projet a été sollicité auprès de l’artiste pour rendre la station opérationnelle pendant les quatre saisons. Le titre de l’œuvre est lié à l’approche de l’an 2000.
  15. La décision a été prise par le Conseil municipal pour relancer le projet après avoir connu des inondations qui ont détruit ou endommagé près du tiers de ses maisons.
  16. Les 21 janvier (1793-1823-1948-1997) sont des dates emblématiques importantes aussi bien pour la monarchie française que pour l’identité québécoise.
  17. La question posée par le référendum est : «Voulez-vous que L’Illustre Inconnu soit proclamé ROI MUNICIPAL DE L’ANSE-SAINT-JEAN avec mandat de promouvoir le projet SAINT-JEAN-DU-MILLÉNAIRE ?»
  18. La négociation continue et exemplaire entre l’art et la vie est la condition principale permettant l’existence du really-made.
  19. Le 24 juin est la date de la fête nationale du Québec depuis 1977. Cette fête était nommée la Saint-Jean-Baptiste ou Saint-Jean auparavant.
  20. Ces bijoux ont été réalisés par des artisans ou artistes locaux selon des directives déroutantes de l’artiste-roi puisqu’ils expriment «sursymboliquement» un nouveau monde «roivolutionnaire».
  21. Isabelle Porter, Il était une fois...Le roi du Québec, Le Devoir, , Section Société
  22. Anne de Léan, Sans faire d'histoire : anecdotes méconnues qui ont fait le Québec, Éditions de l'Homme, 192 p. (ISBN 978-27619-3981-2), pp. 112 à 119
  23. Ouvrage collectif de Vincent Grandferry, Rodolphe Lasnes, Éric Mathieu, Vincent Noyoux, Anne Pelouas et de Nicolas Peyroles, Geoguide sur le Québec, 6e édition, Guides Gallimard, , 456 p. (ISBN 978-27424-4604-9)
  24. Vidal, Jean-Pierre, "Alias: de l'Illustre inconnu au Roi de l'Anse", texte d'exposition, Musée régional La Pulperie de Chicoutimi., Chicoutimi, Québec, 2010.