Denis Christel Sassou Nguesso

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Denis Christel Sassou Nguesso
Illustration.
Fonctions
Député d'Oyo (Cuvette)
En fonction depuis le
(6 ans, 2 mois et 13 jours)
Élection 15 juillet 2012
Réélection 16 juillet 2017
Président Denis Sassou Nguesso
Législature 13e - 14e
Prédécesseur François Ibovi
Biographie
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Brazzaville
Nationalité Drapeau de la République du Congo Congolais
Parti politique Parti congolais du travail
Père Denis Sassou Nguesso
Mère Lily Kaniki
Conjoint Danièle Sassou Nguesso
Profession
  • Directeur général adjoint de l'aval pétrolier de la SNPC
  • PDG de « SNPC Distribution »
  • Administrateur général de la Coraf
Site web denischristel.cg

Denis Christel Sassou Nguesso est un homme politique et homme d'affaires congolais né le 14 janvier 1975 à Brazzaville. Il est le fils de Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo.

Directeur général adjoint de l'aval pétrolier de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) depuis janvier 2011, il est également député PCT de la circonscription d'Oyo depuis le 5 septembre 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Né le 14 janvier 1975 à Brazzaville[1], Denis Christel Sassou Nguesso est le fils de Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo, et de feue Lily Kaniki, qui fut une cousine de Laurent Monsengwo Pasinya, cardinal de RDC[2].

Il a étudié à l'École militaire préparatoire Général-Leclerc de Brazzaville, puis part étudier en France où il obtient un diplôme de clerc de notaire et une maîtrise en droit privé[3].

Secteur pétrolier[modifier | modifier le code]

Il rejoint en 2001 la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), dans le bureau londonien de la compagnie. Il rentre ensuite au Congo où il occupe le poste d'administrateur de la Cotrade (filiale de la SNPC, s'occupant de la commercialisation) de 2005 à 2009. En janvier 2011, il devient directeur général adjoint de l'aval pétrolier de la SNPC, ainsi que PDG de « SNPC Distribution » et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf)[3].

Son activité dans le monde du pétrole lui vaut le surnom de « Kiki le pétrolier »[4].

Politique[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son activité dans le secteur pétrolier, Denis Christel Sassou Nguesso entame une carrière politique. En 2007, il crée le Pôle des jeunes républicains, puis rejoint en 2011 le bureau politique du Parti congolais du travail (PCT)[3]. La même année, il crée la Fondation Perspectives d’Avenir, une organisation à but non lucratif dont l'objectif est de participer à la formation des jeunes cadres et employés qualifiés congolais[5].

Le 15 juillet 2012, il est élu député de la circonscription d'Oyo (Cuvette) dès le premier tour des élections législatives[6], et entre en fonction le 5 septembre, succédant ainsi à François Ibovi[7],[8]. Il s'illustre notamment fin 2013 par le lancement d'une campagne de vaccinations et de dépistages gratuits du cancer du col de l'utérus, en partenariat avec l'Association Solidarité Cancer et le Ministère de la santé et de la population[9],[10]. Lors des élections législatives de 2017, il est réélu dès le premier tour avec 99 % des voix[11],[12].

En mai 2018, il publie un ouvrage intitulé Ce que je crois, où il expose sa « vision du Congo de demain », ce qui pousse certains observateurs, dont le magazine Jeune Afrique, à s'interroger sur ses ambitions présidentielles, la prochaine élection étant en 2021[13]. En août, il annonce cependant qu'il ne se présentera pas aux prochaines présidentielles, et qu'il soutiendra la candidature de son père Denis Sassou Nguesso, qu'il estime être « le plus qualifié »[14].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 2007, il se marie avec Danièle Sassou Nguesso. Ils ont ensemble 4 enfants[15].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 2007, l'ONG Global Witness, engagée contre le pillage des ressources naturelles et la corruption dans les pays en développement, accuse Denis Christel Sassou Nguesso d'avoir détourné les recettes provenant de la Société nationale des pétroles du Congo pour ses achats personnels de produits de luxe, sur la base de documents financiers privés fournit par l'entreprise Kensington International Ltd et publié sur le site web de l'organisation. Denis Christel Sassou Nguesso porte plainte devant la Haute Cour de Londres pour tenter d'obtenir le retrait de ces documents du site, mais sans succès, le juge déclarant que les informations contenues dans les documents étaient d'un « important intérêt public »[16],[17],[18].

Puis, dans le cadre d'une enquête sur les biens mal acquis de certains chefs d’État africains en France, la justice française s'intéresse au président Denis Sassou-Nguesso et à son entourage. Fin 2013, le site web d'information français Mediapart révèle[19], après consultation d'une synthèse rédigée par des enquêteurs, qu'au moins 60 millions d'euros d'argent public congolais auraient été détournés et dépensés en France depuis 2005 par les proches du président[20]. Denis Christel Sassou-Nguesso y est cité pour avoir investi 473 796 euros dans des vêtements de luxe entre 2005 et 2011 et posséder 7 voitures de luxes à Paris[21]. Il est également propriétaire d'un appartement parisien et d'un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, dans lesquels il a investi 8 millions d'euros en rénovations[20].

En mars 2015, le quotidien suisse Le Matin Dimanche révèle que l'ONG La Déclaration de Berne a pris connaissance d'un contrat signé par Denis Christel Sassou Nguesso conférant à l'entreprise Philia SA, basée à Genève, « le droit exclusif d’exportation du pétrole raffiné congolais ». Aucun appel d'offres n'a cependant été effectué avant de choisir cette compagnie, alors qu'elle prélève 2 % de marge (« le double des pratiques du marché ») et qu'elle semble « inconnue dans le petit monde genevois du pétrole ». Marc Guéniat, qui est responsable des enquêtes au sein de l'ONG, estime qu'avoir choisi cette entreprise comme partenaire n'est pas un choix financièrement logique pour la Congolaise de raffinage (Coraf), et soupçonne qu'il s'agit d'une manœuvre de Denis Christel Sassou Nguesso pour « empocher une part des recettes pétrolières du Congo »[4].

En 2016, il est cité dans l'affaire des Panama Papers comme ayant des liens avec le cabinet d'avocats Mossack Fonseca - accusé d'organiser l'évasion fiscale de ses clients. Le journal français Le Monde estime que Denis Christel Sassou Nguesso fait partie d'un système permettant l'évaporation des revenus du pétrole congolais dans les paradis fiscaux, ce qui participe à la pauvreté des Congolais. Denis Christel Sassou Nguesso nie cependant toutes ces accusations[13],[22].

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Denis Christel Sassou Nguesso | Député & Acteur social », sur denischristel.cg (consulté le 3 juillet 2018)
  2. Pierre Boisselet, « RDC – Le cardinal Monsengwo : Dieu, Kabila et lui », sur jeuneafrique.com,
  3. a b et c François Soudan, « Denis Christel Sassou Nguesso : "Avant d'être le fils du président, je suis un citoyen congolais" », sur jeuneafrique.com,
  4. a et b Serge Michel, « Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso », sur lemonde.fr,
  5. Philippe Banz, « Fondation "Perspectives d’Avenir" : aider les bacheliers et les étudiants à choisir des filières porteuses d'emploi », sur lasemaineafricaine.net,
  6. Laude-Martial Mbon pour l'AFP, « Législatives congolaises: le parti présidentiel largement en tête », sur lapresse.ca,
  7. Cyr Armel Yabbat-Ngo, « Session inaugurale de la 13e législature de l'assemblée nationale », sur lasemaineafricaine.net,
  8. « District d'Oyo : Denis Christel Sassou Nguesso réclamé comme candidat aux législatives », sur lasemaineafricaine.net,
  9. Esperancia Mbossa-Okandze, « Dépistage gratuit du cancer du col de l'utérus : Denis Christel Sassou Nguesso lance la campagne et appelle à une forte participation », sur lasemaineafricaine.net,
  10. « Lutte contre le cancer du col de l'utérus : Denis Christel Sassou Nguesso a lancé la campagne de vaccination gratuite à Oyo », sur lasemaineafricaine.net,
  11. « Elections au Congo-Brazzaville: le PCT de Sassou Nguesso en tête au premier tour », sur rfi.fr,
  12. Dina Ngouela, « Mboulou annonce 93 élus au premier tour des législatives », sur vox.cg,
  13. a et b Trésor Kibangula, « « Ce que je crois », de Denis Christel Sassou Nguesso : un premier pas vers la présidentielle au Congo ? », sur jeuneafrique.com,
  14. Trésor Kibangula, « Congo-Brazzaville : Denis Christel Sassou Nguesso ne sera pas candidat à la présidentielle de 2021 », sur jeuneafrique.com,
  15. « À propos de Danièle Sassou Nguesso », sur fondationsounga.org (consulté le 25 mai 2017)
  16. « Congo: Le fils du Président serait-il en train de faire des achats extravagants avec les revenus pétroliers du pays? », sur globalwitness.org,
  17. « République du Congo », sur globalwitness.org
  18. (en)Roger Parloff, « Judge: Vulture fund leaked documents to human rights group », sur fortune.com,
  19. « Biens mal acquis: quand le clan Sassou Nguesso dépense sans compter », sur rfi.fr,
  20. a et b Violette Lazard, « Biens mal acquis, au tour du Congo », sur liberation.fr,
  21. (en)Henry Samuel, « Congo President spent £1m on clothes he never wore more than once », sur telegraph.co.uk,
  22. Joan Tilouine, « « Panama papers » : comment le pétrole congolais s’évapore dans les paradis fiscaux », sur lemonde.fr,

Lien externe[modifier | modifier le code]