Demodex folliculorum

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Demodex folliculorum est une espèce d'acariens vermiformes de la famille des Demodicidae. Il s'agit de l'une des deux espèces du genre Demodex vivant dans les follicules pileux des humains, l'autre étant D. brevis.

D. folliculorum n'est généralement pas dangereux, mais sa surabondance a été associée à des pathologies telles la rosacée[1],[2].

Évolution[modifier | modifier le code]

Des analyses moléculaires suggèrent que le genre Demodex a divergé il y a au moins 87 millions d'années[3].

Répartition[modifier | modifier le code]

D. folliculorum semble présent partout où il y a des humains. Il vit dans les follicules pileux de ces derniers, sur le visage et autres parties du corps[4].

Prévalence[modifier | modifier le code]

Tout être humain peut être colonisé par D. folliculorum, à l'exception des nouveau-nés, puisque la colonisation se fait après la naissance. D. folliculorum a été trouvé dans toutes les populations étudiées[5]. La prévalence de D. folliculorum n'est pas bien comprise. Selon les études, elle varie de 3 % à 100 % des individus[6]. Cette variation pourrait être en partie expliquée par la méthode d'échantillonnage, l'âge des individus échantillonnés et la région du corps où les échantillons ont été prélevés[7]. D'ailleurs, une étude récente portant sur Demodex canis, associé aux chiens, a montré que plusieurs échantillons pris en différents points du corps sont nécessaires pour détecter l'acarien chez les individus en bonne santé, chez lesquels on le retrouve en petites populations[8].

Écologie[modifier | modifier le code]

D. folliculorum, tout comme D. brevis, est fréquemment trouvé dans les follicules pileux d'humains en bonne santé, en particulier les sourcils, où il se nourrit de sébum.

Toutefois, certaines études ont trouvé une association entre son abondance et certaines pathologies de la peau. Bien que les premières observations remontent à près de 200 ans, la nature de cette association ne fait toujours pas l'objet d'un consensus[7],[9]. Des résultats récents suggèrent que D. folliculorum serait normalement commensal, voire symbiote, mais pourrait devenir parasite sous certaines conditions de l'hôte[10].

Cet acarien dispose d'un système digestif très efficace, qui lui permet de ne pas rejeter de déchets autres que gazeux. Il ne dispose pas d’anus[11], et son abdomen grossit jusqu'à sa mort[12].

Applications[modifier | modifier le code]

Palopoli et ses collègues ont récemment étudié la diversité génétique de D. folliculorum recueillis sur 70 humains d'origines diverses. Leurs résultats suggèrent qu'il est possible de faire correspondre les divergences génétiques de l'acarien à la provenance géographique de son hôte, ce qui pourrait éventuellement permettre de mieux comprendre l'histoire des migrations humaines[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jarmuda S, O'Reilly N, Zaba R, Jakubowicz O, Szkaradkiewicz A, Kavanagh K, « The potential role of Demodex folliculorum mites and bacteria in the induction of rosacea », J Med Microbiol,‎ (DOI 10.1099/jmm.0.048090-0, lire en ligne).
  2. (en) Casas C, Paul C, Lahfa M, Livideanu B, Lejeune O, Alvarez-Georges S, Saint-Martory C, Degouy A, Mengeaud V, Ginisty H, Durbise E, Schmitt AM, Redoulès D, « Quantification of Demodex folliculorum by PCR in rosacea and its relationship to skin innate immune activation », Exp Dermatol, vol. 21, no 12,‎ , p. 906-10. (PMID 23171449, DOI 10.1111/exd.12030) modifier.
  3. (en) Michael F. Palopoli, Samuel Minot, Dorothy Pei, Alicia Satterly et Julie Endrizzi, « Complete mitochondrial genomes of the human follicle mites Demodex brevis and D. folliculorum: novel gene arrangement, truncated tRNA genes, and ancient divergence between species », BMC Genomics, vol. 15, no 1124,‎ (DOI 10.1186/1471-2164-15-1124, lire en ligne).
  4. (en) T. Rufli et Y. Mumcuoglu, « The hair follicle mites Demodex folliculorum and Demodex brevis: biology and medical importance », Dermatologica, vol. 162, no 1,‎ , p. 1-11 (lire en ligne).
  5. (en) Clifford E. Desch, « Human hair follicle mites and forensic acarology », Experimental & Applied Acarology, vol. 49, no 1-2,‎ , p. 143-146 (DOI 10.1007/s10493-009-9272-0, lire en ligne).
  6. (en) Megan S. Thoemmes, Daniel J. Fergus, Julie Urban, Michelle Trautwein et Robert R. Dunn, « Ubiquity and diversity of human-associated Demodex mites », PloS one, vol. 9, no 8,‎ , e106265 (DOI 10.1371/journal.pone.0106265, lire en ligne).
  7. a et b (en) Elizabeth Bonnar, Peter Eustache et Frank C. Powell, « Demodex mite in normal skin », The Lancet, vol. 337, no 8750,‎ , p. 1168 (lire en ligne).
  8. (en) Iván Ravera, Laura Altet, Olga Francino, Armand Sánchez, Wendy Roldán, Sergio Villanueva, Mar Bardagi et Lluís Ferrer, « Small Demodex populations colonize most parts of the skin of healthy dogs », Veterinary Dermatology, vol. 24, no 1,‎ , p. 168-e37 (DOI 10.1111/j.1365-3164.2012.01099.x, lire en ligne).
  9. Carine Gautier, Françoise Botterel et Patrice Bourée, « Le Demodex: commensal ou pathogène ? », Revue Française de Laboratoires, no 329,‎ , p. 23-25 (lire en ligne).
  10. (en) Noreen Lacey, Síona Ní Raghallaigh et Frank C. Powell, « Demodex mites - Commensals, parasites or mutualistic organisms? », Dermatology, vol. 222,‎ , p. 128-130 (DOI 10.1159/000323009, lire en ligne).
  11. (en) « These microscopic mites lives on your face », sur bbc.com, .
  12. (en) « You Almost Certainly Have Mites On Your Face », sur nationalgeographic, .
  13. (en) Michael F. Palopoli, Daniel J. Fergus, Samuel Minot, Dorothy T. Pei, W. Brian Simison, Iria Fernandez-Silva, Megan S. Thoemmes, Robert R. Dunn et Michelle Trautwein, « Global divergence of the human follicle mite Demodex folliculorum : Persistent associations between host ancestry and mite lineages », Proceedings of the National Academy of Sciences,‎ (DOI 10.1073/pnas.1512609112, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]