Demain (film, 2015)

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Demain
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo du titre du film. Les affiches portent le sous-titre « Partout dans le monde, des solutions existent. ».
Réalisation Cyril Dion
Mélanie Laurent
Scénario Cyril Dion
Acteurs principaux

Cyril Dion
Mélanie Laurent

Sociétés de production Move Movie
France 2 cinéma
Mars films
Mely Production
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre film documentaire
Durée 118 minutes
Sortie 2015

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Demain est un film documentaire français réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, sorti en 2015. Devant un futur que les scientifiques annoncent préoccupant, le film a la particularité de ne pas donner dans le catastrophisme. Adoptant un point de vue optimiste, il recense des initiatives dans dix pays de par le monde, face aux défis environnementaux et sociaux du XXIe siècle, qu'il s'agisse d'agriculture, d'énergie, d'économie, d'éducation ou de gouvernance.

Fait rare pour un documentaire, il dépasse le million d'entrées en France. Il remporte en 2016 le César du meilleur film documentaire.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 2012, dans la revue Nature[1], Anthony Barnosky, Elizabeth Hadly et 20 autres scientifiques annoncent qu'une partie de l'humanité pourrait disparaître avant 2100[2], du fait de l'impact de l'espèce humaine sur les écosystèmes, entraînant la fin des conditions de vie stables sur Terre[3]. La surpopulation, le manque d'eau, le manque d'énergies fossiles, le dérèglement climatique vont lancer des millions de pauvres désespérés à l'assaut des pays nantis.

Mais le film ne s'attarde pas sur ce constat[3]. « Nous ne sommes plus dans une zone de confort, dit Mélanie Laurent, et, pour autant, nous ne sommes pas encore dans l’effondrement. Nous sommes dans une phase particulièrement inspirante : nous savons que nous allons nous prendre un mur et c’est le moment de nous mobiliser[3]. » L'essentiel du film est un road movie qui fait découvrir, en cinq volets thématiques[4], des exemples de réponses concrètes face aux problèmes environnementaux et sociaux du début du XXIe siècle. L'équipe du film se rend dans dix pays, à la rencontre de citoyens qui mettent en œuvre des initiatives : en France métropolitaine et à La Réunion, en Finlande, au Danemark, en Belgique, en Inde du Sud, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Suisse, en Suède et en Islande[5]. Ils agissent à l'échelle de leur commune (en impliquant si possible les élus[6]) ou à l'échelle de leur entreprise. Chaque groupe fait preuve de créativité, de débrouillardise et de solidarité.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Détroit, ville des États-Unis dont l'activité reposait tout entière sur l'industrie, est passée de 1 850 000 habitants en 1950 à 713 000 en 2010[7]. Parmi la population défavorisée restée dans la ville beaucoup se sont organisés de façon autonome pour que leur nourriture ne dépende plus du transport, c'est-à-dire du pétrole. Ils produisent leurs légumes sur place, en ville. Détroit, qui compte 1 600 fermes[6], est devenue la ville du Do it yourself et de la consommation collaborative[8].

En Normandie, Perrine et Charles Hervé-Gruyer, agriculteurs bio, pratiquent la permaculture. Ils produisent diversifié (1 000 variétés sur un hectare), sans pétrole. La terre, chargée d'humus, est plus fertile. « L'agroécologie, explique Cyril Dion, permet de stocker du CO2 dans le sol et dans les arbres, et de redéployer de la biodiversité. Les insectes et les animaux reviennent[9]. » En permettant à la nature de se régénérer, les Hervé-Gruyer réussissent à multiplier leur rendement par dix. Dans cette petite exploitation, l'agroécologie se révèle plus rentable que la monoculture, qui appauvrit la terre et reste tributaire du pétrole, des engrais et des pesticides. Sur notre planète, 75 % de la nourriture est produite par des petites fermes de quelques hectares. Selon Olivier De Schutter, le recours à l'agroécologie permettrait de doubler les rendements agricoles dans les dix ans[9].

En Angleterre, les habitants de Todmorden sèment des légumes et plantent des arbres fruitiers dans les rues, et tout le monde peut venir se servir[9]. Réunis dans le mouvement Incredible Edible[10], ils tentent d'atteindre l'autosuffisance alimentaire pour 2018. Dans le Devon, à la ferme de Riverford (en), Guy Watson (en), associé à d'autres fermiers bio de tout le pays, supervise la livraison de 44 000 paniers par semaine, livrés dans les 48 heures aux particuliers[6].

Il est donc possible pour des citadins de produire leur nourriture. Il est possible aux campagnes de se repeupler. Cela pourrait même se pratiquer à grande échelle, si l'industrie pétrochimique, qui est liée au secteur agro-alimentaire, n'y faisait obstacle[6].

Énergie[modifier | modifier le code]

Vu en contre-plongée, en buste, chemise noire, parlant, mains en avant.
L'urbaniste danois Jan Gehl, concepteur de Strøget, à Copenhague.

Dans le domaine énergétique, le film fait découvrir des bâtiments aux toits couverts de panneaux solaires, des alignements d'éoliennes, une réutilisation des déchets comme compostSan Francisco) ou pour produire de l'électricité (à Copenhague) : des villes, voire des pays, anticipent la fin des énergies fossiles et du nucléaire. Les énergies renouvelables (notamment la géothermie) ne sont pas loin de donner à l'Islande son autonomie énergétique. En Inde du Sud, le village modèle de Kuthambakkam, construit avec des matériaux locaux écologiques, assure presque, lui aussi, son autonomie énergétique grâce aux énergies renouvelables[6].

Il reste que la transition énergétique est coûteuse. S'il faut être prêt à encaisser les changements climatiques, il faut aussi veiller à faire des économies. Les bâtiments publics de Copenhague ont déjà réduit de 45% leur consommation en énergie[6]. La ville bénéficie d'un urbanisme modèle. Les habitants vivent à moins de 300 mètres d'un espace vert, et ils sont 50 % à se déplacer à vélo. L'objectif est de ne plus émettre de CO2 en 2025. Les habitants de Copenhague sont les plus grands consommateurs d'aliments bio au monde. Leur système de traitement des déchets est un des plus performants au monde.

Économie[modifier | modifier le code]

Quand une ville britannique émet sa propre monnaie à l'effigie de David Bowie, cette monnaie n'a aucune valeur ailleurs. L'argent gagné va donc être dépensé localement. Il n'ira pas dans la poche de multinationales préférant placer leur argent dans des paradis fiscaux plutôt que d'investir dans cette ville.

Le système de la monnaie complémentaire fait ses preuves en Suisse. La banque Wir y émet depuis 1934 le franc Wir, monnaie interentreprises qui ne peut être dépensée que dans les 60 000 PME adhérentes. En Suisse, une PME sur cinq utilise le wir. Il permet, lorsqu'une crise paralyse le système bancaire, de trouver les financements nécessaires[11].

Mais comment combattre l'inégalité, que renforce chaque jour la mondialisation, entre les richissimes entreprises (qui détruisent la nature, épuisent les ressources) et les petites qui se débattent pour survivre ? Les petites entreprises doivent penser « local » et s'organiser en réseau. C'est ce qu'explique la localiste américaine Michelle Long, dirigeante du Balle (Business Alliance for Local Living Economies), un réseau de 35 000 entrepreneurs locaux[6].

La ville de San Francisco (843 000 habitants) pratique l'économie circulaire en recyclant 80 % de ses déchets et en visant le « zéro déchet » d'ici à 2020[12].

Dans les domaines de l'agriculture, de l'énergie, de l'habitat, de l'économie, des solutions abouties prouvent qu'elles fonctionnent. Pourquoi, se demandent les cinéastes, les gouvernements ne les mettent-ils pas en œuvre à plus grande échelle[6] ?

Démocratie[modifier | modifier le code]

« Nos structures sociales et politiques, observe Cyril Dion, ne sont pas adaptées à l'ampleur de ces crises[9]. » Les citoyens n'attendent plus des hommes politiques qu'ils répondent à leurs attentes. Comme le dit dans le film Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies, la démocratie a disparu : les hommes politiques n'écoutent plus les citoyens, ils se contentent de répondre aux vœux des entreprises, qui veulent toujours plus d'une croissance aberrante.

L'équipe du film découvre que, dans certains pays, des mécanismes de démocratie directe sont mis en place par les citoyens. Ceux-ci peuvent dès lors proposer des lois, s'y opposer, écrire la constitution ou la modifier[6]. Elle montre comment la démocratie locale a pu transformer la petite ville de Kuthambakkam, en Inde du Sud, expérience tirée du livre Un million de révolutions tranquilles de Bénédicte Manier[13] (cité au générique du film).

La petite équipe de cinéastes se demande alors si les humains sont prêts à combattre leur avidité naturelle, à se montrer solidaires, coopératifs. Ne doivent-ils pas être sensibilisés à ces valeurs dès leur plus jeune âge[6] ?

Éducation[modifier | modifier le code]

La Finlande est citée comme un modèle en termes d'éducation. Cyril Dion décrit l'enseignement à la Kirkkojärvi Comprehensive School d'Espoo comme « fondé sur la bienveillance »[9]. Les enseignants aiment leur métier, ne distribuent ni notes ni sanctions, prennent leurs repas avec les élèves, ont recours à plusieurs pédagogies plutôt qu'à une seule, tiennent compte de la personnalité et des dispositions de chaque élève. Là, on recherche l'épanouissement de l'enfant plus que la transmission du savoir. On apprend à vivre en harmonie avec les autres, à coopérer, à négocier. On apprend aussi à se servir de ses mains. Et, malgré tout cela, les résultats purement « scolaires » sont meilleurs : en 2009, le système éducatif finlandais est classé deuxième mondial en sciences, troisième en lecture et sixième en mathématiques, « loin devant tous les pays européens et occidentaux[6] ». Mais surtout, ces enfants respectés, autorisés à exprimer leurs émotions sont formés « à vivre ensemble et à se rassembler pour prendre des décisions[9] ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Logo Tomorrow de la version allemande du documentaire (2016).

Intervenants[modifier | modifier le code]

Portrait, de trois-quarts, parlant, mains en avant.
Rob Hopkins, initiateur du mouvement des villes en transition.

Les personnes intervenant à l'écran sont dans leur propre rôle.

Production[modifier | modifier le code]

Pour compléter le financement du tournage et de la location du matériel, l'équipe a besoin de 200 000 euros[17],[37]. Le 27 mai 2014, une opération de financement participatif est lancée sur KissKissBankBank[15]. Le 26 juillet, 10 266 personnes ont permis de réunir 444 390 euros, ce qui représente « plus d'un quart du budget du film »[15].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Portrait, de face, souriante.
La co-réalisatrice Mélanie Laurent aux Césars 2016.

Le film reçoit un accueil critique assez positif (3,8 sur 5 sur le site Allociné[38]). Il fait l'objet de critiques globalement bonnes dans les médias généralistes et d'un certain nombre de critiques mitigées dans des parutions plus militantes.

  • Pour Weronika Zarachowicz de Télérama : « Sorte de détox à l'usage de citoyens abreuvés à l'idéologie de la croissance, une telle “transition”, aujourd'hui présente dans plus de cinquante pays, répand un nouvel optimisme autour de délibérations locales, de révolutions minuscules et de micropolitiques qui permettent d'avancer, loin des radars... Autant de “Nous pouvons le faire !” qui infusent le film de bout en bout[39]. »
  • Olivier Le Naire de L'Express : « Il y avait un vrai risque que Mélanie Laurent et Cyril Dion, lorsqu'ils se sont lancés dans cette aventure, réalisent un documentaire écologiquement correct, ne parlant qu'à trois bobos déjà convaincus. Certes, toutes les expériences qu'ils mettent en avant ne sont pas forcément réplicables, et d'autres, très complexes, restent effleurées. Mais en décidant de privilégier les rencontres, les portraits, le terrain, d'adopter un ton, complice, chaleureux,et de se focaliser sur les résultats concrets plutôt que sur les théories complexes, ils offrent, à ceux qui en doutent encore, la démonstration convaincante que le changement est déjà en route, partout. Et que chacun peut réellement peser, à travers ses choix au quotidien, sur le cours de sa vie et de celle de ses enfants, sans attendre en tremblant les catastrophes qu'on nous annonce. Une bulle d'espoir dans un monde pas seulement peuplé de brutes[40]. »
  • Pour Arnaud Gonzague de L'Obs : « Ceux qui attendent du documentaire de la comédienne Mélanie Laurent un déluge de mièvreries en seront pour leurs frais : “Demain”, ce mercredi 2 décembre sur les écrans, est d’abord un manifeste politique[41]. »
  • abusdecine.com : « Voir tous ces Anglais planter légumes et céréales dans les moindres recoins de leur commune, ces fermes péri-urbaines apporter des denrées aux habitants d’un Détroit sinistré, ce chef d’entreprise « écolonomiser » avec ses salariés, ces villes avoir leur propre monnaie pour pousser à la consommation locale, ce maire indien favoriser la mixité entre les castes et le travail partagé entre les villageois, on se rend compte que, finalement, aider la Terre à mieux se porter, c’est aussi aider l’Homme à mieux se connaître, à mieux s’accepter et à mieux vivre ensemble[42]. »
  • Le Temps (Suisse) : « À travers les cinq sphères [alimentation, énergie, économie, démocratie et éducation] qu’elle a visitées avec Cyril Dion, la réalisatrice [Mélanie Laurent] fait voir des lumières porteuses d’espoir. Demain permet de croire que demain peut exister[43]. »
  • La Décroissance : « Non, ce que livre Demain, c'est un grand récit béat. […] On comprend tout l'intérêt du pouvoir à promouvoir une telle écologie de prêchi-prêcha, totalisante, qui nie l'altérité et évacue tout conflit politique[44]. »
  • Selon Emmanuel Wathelet, du site de la gauche radicale Investig'Action, ce film est très irréaliste en se positionnant de façon à ne jamais critiquer le capitalisme et fait oublier à quel point ces initiatives, tant qu'elles restent locales et à petite échelle, sont tolérées mais se heurteraient à des intérêts puissants dès lors qu'elles seraient menées à plus grande échelle : « Le problème d’une telle vision est qu’elle occulte complètement l’acteur le plus important de la société capitaliste : le capitaliste lui-même[45] ». Il souligne aussi que l'approche réformiste proposée dans ce film est peu révolutionnaire. Il mentionne plusieurs exemples où le film omet de traiter de la réalité pour rester « optimiste » : « Dans leur film, Cyril Dion et Mélanie Laurent s’attardent longuement sur l’expérience de constitution citoyenne en Islande, mais il ne leur faut que quelques secondes pour rappeler que cette dernière est bloquée depuis plusieurs années par le parlement ! Forcément, la constitution allait “contre les intérêts” des députés. Mais ça n’aurait pas été très “positive attitude” de souligner l’échec. » La démarche proposée par le film est donc selon lui insuffisante : l'activisme politique est également nécessaire. Il préconise pourtant de « continuer à “faire sa part” comme le rappelle la légende du colibri racontée par Pierre Rabhi. »
  • Pour Jean-Claude Guillebaud, journaliste à La Vie, écrivain et essayiste : « On insiste sur le côté sympa mais un peu naïf de la démarche. Bien à tort ! Raisonnant ainsi, on passe par pertes et profits la dimension subversive, coléreuse, dénonciatrice du film. Or ce sont d’abord les analyses des grands témoins rencontrés sur la planète qu’on retient. Dans Demain on n’entend pas seulement des paroles gentilles. La compétence et l’envergure desdits témoins force le respect. Leurs réquisitoires gagnent en radicalité à mesure qu’on progresse dans les cinq séquences : l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. (...) Quant aux lobbies qui agissent en sous-main pour que rien ne change, ils sont débusqués et désignés[4]. »

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film reçoit un excellent accueil des spectateurs (4,7 sur 5 sur le site Allociné[38]). Le premier jour, le démarrage est difficile : le cinéma test, à Paris, n'accueille que neuf spectateurs[23]. Mais le film marche très bien durant le week-end, et finit sa première semaine avec 82 144 entrées, ce qui est un bon score pour un documentaire[15]. Il reste 15 semaines dans le Top 20. Le , après 19 semaines d'exploitation, il réalise 950 700 entrées[23]. Le , l'équipe du film annonce que le cap du million de spectateurs a été franchi[46]. Après 48 semaines d'exploitation en salles (le record tous films confondus pour 2015), le film totalise 1 087 306 spectateurs en France et se classe 41e au box-office de 2015.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Contrairement à d'autres documentaires qui se concentrent plutôt sur l'origine des déséquilibres environnementaux planétaires et leurs conséquences négatives (tels que Le Syndrome du Titanic, La Onzième Heure, le dernier virage, Une vérité qui dérange, Nos enfants nous accuseront et Home[54]), Demain propose une approche constructive (comparable à Solutions locales pour un désordre global) mettant en avant des solutions aux problèmes écologiques menaçant l’humanité[43]. Au passage, le film dénonce les lobbies conservateurs agissant pour maintenir le statu quo, acquérant une dimension « subversive et coléreuse »[4].

Demain est l'œuvre de militants plutôt que de cinéastes, défendant des thèses sans émettre de critiques[55]. Ce film et Merci patron ! remportent tous deux un succès inattendu au début de l'année 2016, participant au même mouvement que « Nuit debout » en donnant la parole aux anonymes pour inciter les citoyens à s'engager pour la collectivité[55].

Les cinq chapitres du film (alimentation, énergie, économie, démocratie et éducation) sont liés par un « fil narratif » dans le but d'en faire un récit décrivant ce que le monde de demain pourrait être[56],[57]. Les réalisateurs ont été inspirés par l'essai L'espèce fabulatrice de Nancy Huston qui « insiste sur la propension des humains à penser en termes de fiction, de récit, de narration »[56],[57].

Le groupe d'humoristes du Palmashow a réalisé une parodie du film, intitulée Après-Demain, dans laquelle ils tournent en dérision l'auto-mise en scène de Cyril Dion et Mélanie Laurent, ainsi que le décalage énorme entre les enjeux écologiques terrestres et les « solutions » proposées[58].

La Kirkkojärvi Comprehensive School finlandaise dans laquelle est tournée la séquence dédiée à l'éducation est une école privée pratiquant la Pédagogie Steiner-Waldorf, théorie pédagogique inventée dans les années 1920 par l'occultiste Rudolf Steiner : celle-ci n'est donc pas représentative du système scolaire finlandais ni liée aux résultats de celui-ci. En France, ces écoles ont souvent été impliquées dans des dérives sectaires préoccupantes[59],[60],[61].

Postérité et impact[modifier | modifier le code]

Le film est projeté dans plusieurs cercles internationaux (COP 21, Parlement européen, ONU...). Plus de 700 projets liés aux initiatives décrites dans le film ont été lancés fin 2016. Le film a été diffusé à chaque école de Bruxelles par la Ministre bruxelloise de l'Environnement[62].

Le film suscite un engouement pour des formes alternatives de consommation et de participation à la société qu'il présente, ce qui pousse Cyril Dion et le mouvement Colibris à organiser des événements dans les années qui suivent pour diffuser les initiatives et favoriser l'élargissement du mouvement à la sphère politique, notamment à l'occasion de l'élection présidentielle française de 2017[63].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Anthony Barnosky et Elizabeth Hadly, « Approaching a state shift in Earth’s biosphere », Nature, no 486,‎ , p. 52-58 (lire en ligne) (consulté le 16 décembre 2015).
  2. « Demain », sur elle.fr, (consulté le 14 décembre 2015).
  3. a, b et c « Secrets de tournage de « Demain » », sur allocine.fr (consulté le 16 février 2015).
  4. a, b et c Jean-Claude Guillebaud, « Les « réalistes » n’ont rien compris au film « Demain » », sur lavie.fr, (consulté le 3 janvier 2017).
  5. a et b « Demain, le film », sur demain-lefilm.com (consulté le 16 décembre 2015).
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Présentation détaillée du projet », sur kisskissbankbank.com, 2015 (consulté le 22 août 2016).
  7. « Detroit aurait perdu un quart de sa population en 10 ans », sur geopopulation.com, 2015 (consulté le 19 décembre 2015).
  8. « Détroit, tu l’aimes ou tu la quittes… pas ! », sur alternatives.blog.lemonde.fr, 12 juillet 2012 (consulté le 15 décembre 2015).
  9. a, b, c, d, e et f Dalila Derchouche, « Mélanie Laurent et Cyril Dion : « Construisons une civilisation de l'empathie », sur madame.lefigaro.fr, 25 novembre 2015 (consulté le 20 décembre 2015).
  10. a et b Noémie Guillemot, « Demain c'est aujourd'hui ! », sur arty-buzz.fr 3 décembre 2015 (consulté le 16 décembre 2015).
  11. Éric Tariant, « Le wir, carburant de l’économie suisse », sur terraeco.net, 11 avril 2012 (consulté le 14 décembre 2015).
  12. Lucie Montchovi, « Bientôt « zéro déchet » à San Francisco ? », sur franceinfo.fr, 30 mai 2014 (consulté le 19 décembre 2015).
  13. Bénédicte Manier, Un million de révolutions tranquilles, Les Liens qui Libèrent, , 360 p. (ISBN 979-1020900098)
  14. (en) « Full Cast & Crew », sur imdb.com, 2015 (consulté le 15 décembre 2015).
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  21. https://twitter.com/MadflashMad/status/725567409701158912
  22. a et b https://www.facebook.com/demain.lefilm/posts/591768070989934
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  46. Le film « Demain » a dépassé le million de spectateurs, Le Monde, 7 mai 2016
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  48. « Ramdam Festival 2016: le palmarès », sur 6néma (consulté le 31 janvier 2016).
  49. « Le César du meilleur documentaire va à « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent », sur L'Obs (consulté le 26 février 2016).
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  57. a et b Cyril Dion, Demain, un nouveau monde en marche, Éditions Actes Sud, collection « Domaine du possible », 2015, pages 16-17 (ISBN 978-2-330-05585-1).
  58. « Le Palmashow flingue Mélanie Laurent et son documentaire écolo », sur lesinrocks.com, .
  59. http://www.pseudo-medecines.org/page-anthroposophie-3615748.html
  60. http://www.prevensectes.com/anthrop1.htm
  61. Jacques Guyard (président), Jean-Pierre Brard (rapporteur), Assemblée nationale, constitution du 4 octobre 1958, onzième législature, enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 10 juin 1999, rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relations avec les milieux économiques et financiers (no 1687) (lire en ligne), Deuxième partie — L’influence des sectes : un indéniable poids économique et financier, « 3.- Les établissements contrôlés »
  62. Emmanuelle Pirat, « Cyril Dion : penser à demain », CFDT Magazine, no 429,‎ , p. 27-29.
  63. Diane Lisarelli, « Le monde après «Demain» », sur liberation.fr, (consulté le 13 avril 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]