Deinotherium

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Deinotherium est un genre fossile de très grands proboscidiens qui a vécu en Afrique et en Eurasie, il y a entre environ 20 et 1 Ma.

Classification[modifier | modifier le code]

Le genre Deinotherium a été créé en 1825 par le naturaliste allemand Johann Jakob Kaup (1803-1873)[1],[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom vient du grec ancien δεινός / deinos « terrible » et θηρίον / therion « bête ».

Chronologie[modifier | modifier le code]

Deinotherium est apparu au début du Miocène moyen et s'est éteint à la fin du Pléistocène inférieur.

Extension géographique[modifier | modifier le code]

Deinotherium habitait en Europe et Asie méridionales, et en Afrique orientale.

Des fossiles de Deinotherium ont été découverts sur plusieurs sites africains où des fossiles d'Hominina ont aussi été trouvés.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1883, on découvrit dans un gouffre à Trebendorf, dans le bassin d'Egra[3] (aux confins de la Saxe et de la Bohême), le squelette presque entier d'un Deinotherium (aujourd'hui exposé au Musée d'histoire naturelle de Vienne) et le squelette d'un mastodonte. Mais la Roumanie est le seul pays dans lequel a été trouvé un squelette complet de Deinotherium, en 1894, par le géologue Grigoriu Ştefănescu, près de Mânzaţi, un village de la commune d'Ibanesti, en Moldavie. Appartenant à un individu de 4,50 mètres de hauteur, il est exposé au Muséum de Bucarest.

Description[modifier | modifier le code]

Deinotherium avait une trompe plus courte que les éléphants modernes et des défenses attachées à la mandibule et non au maxillaire, pointant vers le bas.

Deinotherium est l'un des plus grands mammifères terrestres connus qui aient jamais existé. Seuls Paraceratherium et Mammuthus sungari étaient plus grands. Les mâles mesuraient généralement entre 3,5 et 3,7 mètres de hauteur jusqu'aux épaules, bien que certains grands spécimens aient pu mesurer jusqu'à 4 m[4]. On estime que leur poids était compris entre 5 et 10 tonnes, et jusqu'à 14 tonnes pour les plus grands mâles.

Cladogramme[modifier | modifier le code]

Proboscidea

Eritherium




Numidotherium




Barytherium




Deinotheriidae


Elephantiformes

Phiomia


Elephantimorpha

Mammutidae




Gomphotheriidae



Elephantidae









Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

La façon dont Deinotherium utilisait ses curieuses défenses a été très débattue. Peut-être les plantait-il dans le sol pour en extraire racines et tubercules, ou bien pour abaisser des branches afin d'en atteindre les feuilles, ou pour enlever l'écorce molle des troncs d'arbres. Ces suggestions ne s'excluent pas les unes les autres.

Une dent de Deinotherium trouvée en Crète, dans des sédiments marins peu profonds datant du Miocène, pose des problèmes de paléogéographie : la Crète était-elle reliée au continent à cette époque, ou bien les Deinotherium avaient-ils la capacité de nager sur de longues distances, capacité souvent sous-estimée chez les éléphants modernes ?

Deinotherium dans la culture[modifier | modifier le code]

Adrienne Mayor, dans The First Fossil Hunters: Paleontology In Greek and Roman Times, a suggéré que les fossiles de Deinotherium trouvés en Grèce ont pu contribuer à la naissance de mythes d'êtres archaïques géants (les Titans)[5].

En 1984, le paléontologue Léonard Ginsburg retrouve, en rangeant les collections anciennes de l'Institut de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, une caisse contenant des fossiles qu'un forain du XVIIIe siècle avait présenté à travers la France comme étant « les ossemens du géant Theutobocus, roy des Teutons, tué par Caius Marius à la bataille d'Aix-en-Provence » : il en identifie une dent comme étant celle d'un Deinotherium. Cette supercherie aurait été initiée en 1613 par Mazuyer, chirurgien à Beaurepaire, et par David Bertrand ou Chenevier, notaire, et déjà dénoncée au XVIIe siècle par un autre chirurgien, Jean Riolan, et au XIXe siècle par l'anatomiste Henri-Marie Ducrotay de Blainville[6].

De son côté, le cryptozoologiste Bernard Heuvelmans a suggéré, dans son livre Sur la piste des bêtes ignorées, que le Deinotherium aurait survécu en Afrique centrale et qu'il serait responsable des étranges massacres d'hippopotames, un mythe africain relaté au début du XXe siècle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Publication originale[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Deinotherium » (voir la liste des auteurs).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Johann Jakob Kaup 1825.
  2. (en) Référence Paleobiology Database : Deinotherium Kaup 1825 (deinothere) (consulté le )
  3. (de) V. Bieber, « Eingesendte Mittheilungen », Verhandlungen der k. u. k. Geologischen Reichsanstalt, no 15,‎ (lire en ligne [PDF])
  4. A. Larramendi, « Shoulder height, body mass and shape of proboscideans », Acta Palaeontologica Polonica, vol. 61,‎ (DOI 10.4202/app.00136.2014, lire en ligne)
  5. Adrienne Mayor, (en) The First Fossil Hunters: Paleontology In Greek and Roman Times, Princeton University Press 2000, (ISBN 978-0691058634).
  6. Histoire véritable du Geant Theutobocus sur viaLibri