Deborah Levy

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Deborah Levy, née le , est une romancière, dramaturge et poétesse britannique. Elle s'est d'abord concentrée sur l'écriture pour le théâtre — ses pièces ont été mises en scène par la Royal Shakespeare Company — avant de se concentrer sur la fiction en prose. Ses premiers romans comprennent Beautiful Mutants, Swallowing Geography et Billy & Girl. Son roman Swimming Home a été dans la shortlist du Prix Booker en 2012[1] et The Man Who Saw Everything fut dans la première sélection du Prix Booker en 2019.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Levy est née à Johannesburg, en Afrique du Sud, petite-fille d'immigrants lituaniens[2]. Son père, Norman Levy, universitaire et historien, est membre du Congrès national africain[3]. Sa mère est Philippa (née Murrell). Après l'internement du père quelques années pour son action politique, la famille émigre à Londres en 1968, vivant initialement à Wembley avant de s'installer à Petts Wood. Ses parents divorcent en 1974[4].

Elle fait ses études à la St Saviour's and St Olave's Church of England School (en), puis à l'école Hampstead (en)[5]. Elle se forme ensuite au Dartington College of Arts (en), où elle est inspirée par Derek Jarman, qu'elle rencontre alors qu'elle travaille comme ouvreuse au Notting Hill's Gate Cinema[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté Dartington en 1981, Levy écrit un certain nombre de pièces de théâtre, dont Pax, Heresies pour la Royal Shakespeare Company, et d'autres (Clam, The B File, Pushing the Prince into Denmark, Macbeth - False Memories et Honey, Baby) qui sont publiées dans un recueil intitulé Levy: Plays 1[6].

Elle est directrice et scénariste du Man Act Theatre Company, un groupe radical qui opère sous l'égide du Cardiff Laboratory Theatre, basé au Chapter Arts Center[7].

Fiction[modifier | modifier le code]

Swimming Home (And Other Stories, 2011) est sélectionné pour le Man Booker Prize 2012[8]. Levy publie un recueil de nouvelles, Black Vodka (And Other Stories, 2013), qui consolide sa réputation comme« l'une des voix les plus excitantes de la fiction britannique contemporaine »[9]. Son roman Hot Milk est publié en 2016 et est sélectionné pour le Man Booker Prize 2016[10].

L'une des nouvelles de Levy, « Stardust Nation », est adaptée sous forme de roman graphique par Andrzej Klimowski, professeur émérite au Royal College of Art, et publiée par SelfMadeHero en 2016[11].

En 2019, son roman The Man Who Saw Everything est sélectionné pour le Booker Prize.

Autobiographies[modifier | modifier le code]

Le premier volume de son autobiographie, Things I Don't Want to Know, est écrit en réponse à l'essai de George Orwell « Why I Write » et est publié en 2013. En 2018, elle publie un deuxième, The Cost of Living. Elle les décrits comme des autobiographies « vivantes », puisqu'elles « ne sont, espérons-le, pas écrites à la fin, avec le recul, mais dans la tempête de la vie »[12].

Style et thèmes[modifier | modifier le code]

Écrivant dans la London Review of Books en 2016, Alice Spawls commente plusieurs caractéristiques non conventionnelles de l'écriture de Levy : elle « n'aime pas les narrateurs stables », a une « préférence pour les perspectives changeantes - elle aime particulièrement regarder un personnage à travers un autre », et « s'intéresse aux femmes qui n'ont pas de maison et ne savent pas où les chercher » (« les femmes qui aiment disséquer les choses, qui se rassurent en cataloguant et en calculant, comme si les personnes et les sentiments pouvaient être contenus par des indices »)[13].

Leo Robson, en passant en revue The Man Who Saw Everything dans New Statesman, donne cet aperçu : « Le projet de Levy en tant qu'écrivaine consiste lui-même à effacer les frontières - entre le roman d'idées et le roman de sentiment, entre le schématique et le courant, l'inévitable et l'accidentel, le cérébral et immersif, le sensuel (ou somatique) et cérébral, le paroissial et un autre monde, la métaphore et le littéralisme. Si cela semble vague, cela devrait. »[14]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Levy épouse David Gale, un dramaturge, en 1997. Le couple, qui a deux filles, est maintenant divorcé[15].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

Textes autobiographiques[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Deborah Levy, Andrzej Borkowski, An Amorous Discourse in the Suburbs of Hell, Cape, (ISBN 978-0-224-02653-6)

Lecture radio[modifier | modifier le code]

  • Unless, Carol Shields, BBC Radio 4
  • Chance Acquaintances, Colette, BBC Radio 4
  • Freud: The Case Histories, BBC Radio 4

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Pax, 1984
  • Clam, 1985
  • Heresies, 1986
  • Our Lady, 1986
  • Eva And Moses, 1987
  • Amorous Discourse in the Suburbs of Hell, 1991
  • The B File, 1992
  • Blood Wedding, 1992
  • Call Blue Jane, 1992
  • Walks on Water, 1992
  • Shiny Nylon, 1994
  • Macbeth - False Memory, 2000

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en-GB) Erica Wagner, « Hot Milk by Deborah Levy review – powerful novel of interior life », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 25 août 2020)
  2. (en-US) « Interview with Deborah Levy », sur The White Review (consulté le 25 août 2020)
  3. a et b (en-GB) Sarah Crown, « Deborah Levy: ‘Space Oddity’ seemed to be about leaving the land I was born in. Being unable to return. It can still make me cry », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 25 août 2020)
  4. (en) Danny Danzinger, « The worst of times: Life after apartheid: snot and tears: Deborah Levy talks to Danny Danziger », The Independent,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Levy, Deborah, (born 1959), novelist, playwright and poet », sur WHO'S WHO & WHO WAS WHO (DOI 10.1093/ww/9780199540884.001.0001/ww-9780199540884-e-281867, consulté le 25 août 2020)
  6. (en) Elaine Aston, Janelle G. Reinelt, The Cambridge companion to modern British women playwrights, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-59533-9, lire en ligne), p. 240
  7. (en) The Continuum Companion to Twentieth Century Theatre, Londres, ed. Colin Chambers, , p. 132
  8. a et b (en) « Man Booker Nominees (shortlist) 2012 » [archive du ] (consulté le 12 octobre 2012)
  9. (en) Elkin, Lauren, « The New Together », Times Literary Supplement,‎
  10. a et b « The Booker Prizes Backlist | The Booker Prizes », sur thebookerprizes.com (consulté le 25 août 2020)
  11. (en) Redrup, Pete, « Behold! November's Quietus Comics Round Up Column », The Quietus, (consulté le 16 novembre 2016)
  12. Interview avec Patricia Nicol, Sunday Times, 25 août 2019.
  13. London Review of Books, 16 juin 2016.
  14. New Statesman, 21 août 2019.
  15. (en) « Deborah Levy: 'It's a page-turner about sorrow' », sur the Guardian, (consulté le 25 août 2020)
  16. « Lannan Foundation », sur web.archive.org, (consulté le 25 août 2020)
  17. (en) « Specsavers National Book Awards 2012 » [archive du ] (consulté le 23 janvier 2013)
  18. (en) « BBC International Short Story Award 2012 shortlist », sur www.bbc.co.uk (consulté le 25 août 2020)
  19. « Wingate Prize 2013 | Jewish Quarterly », sur web.archive.org, (consulté le 25 août 2020)
  20. (en) Alison Flood, « Frank O'Connor short story award pits UK authors against international stars », The Guardian, (consulté le 16 juin 2014)
  21. (en) Natasha Onwuemezi, « Rankin, McDermid and Levy named new RSL fellows », The Bookseller,‎ (lire en ligne)
  22. (en) « How Deborah Levy reinvents time in The Man Who Saw Everything », www.penguin.co.uk (consulté le 5 septembre 2019)
  23. (en) « 100 Best Books of the 21st Century » (consulté le 8 décembre 2019)
  24. Sophie Pujas, « Deborah Levy, Prix Femina étranger 2020 », Le Point,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]