De administrando Imperio

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De administrando Imperio (« De l'administration de l'Empire ») est le titre communément utilisé d'un ouvrage savant écrit en grec ancien vers 950 par l'Empereur byzantin Constantin VII. Le titre original était Προς τον ίδιον υιόν Ρωμανόν / Pros ton idion yion Romanon (« À notre propre fils Romanus ») et était destiné à être un manuel politique intérieur et étranger pour son fils et successeur, l'Empereur Romanus II. Il contient des conseils sur le fonctionnement de l'empire multi-ethnique et également sur la manière de combattre les ennemis externes.

Texte[modifier | modifier le code]

C'est d'abord seulement un ouvrage parmi tant d'autres de Constantin Porphyrogenitos, mais il acquiert ensuite une importance considérable comme source de l'histoire des prémices de l'Europe. Ainsi, il décrit l'arrivée des Serbes (de Serbie blanche aujourd'hui en Allemagne) et des Croates dans les Balkans au VIIe siècle, les Rus' de Kiev, la Grande-Moravie, les varègues (également nommés Rus et décrits comme un peuple différent des Slaves[1]), et également d'autres groupes dont les Petchenègues et les Arabes. En outre, il contient un débat approfondi sur le potentiel d'alliances avec les divers peuples de la steppe pontique et le Caucase pour contrer la puissance des Khaganes Khazars. Pour cette raison, le titre original en grec est « Περι εθνων » (Peri Ethnon) qui signifie « Au sujet des peuples ».

L'idée générale est de manipuler les différents ennemis pour les amener à se battre entre eux, plutôt que de gaspiller l'argent et les ressources impériales pour leur faire la guerre.

Le travail décrit l'utilisation du feu grégeois, sans indiquer les ingrédients. La composition en est si secrète que l'empereur ne saurait même la décrire à son propre fils, destinataire de l'ouvrage.

Dans les 53 chapitres, l'ouvrage couvre beaucoup de thèmes et décrit divers peuples et régions : par exemple, la Moravie, Les Ibériens et les Slaves en différentes parties de la Grèce et Turquie contemporaines. Il inclut aussi des généalogies : comme celle de Mahomet, au chapitre 14.

Manuscrits[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage n'était pas destiné au public, car il contient des éléments secrets qui ne devaient alors être connus seulement que par l'empereur. Le dernier manuscrit subsistant (Codex Parisinus graecus 2009), copié au XIe siècle pour Jean Doukas, par son secrétaire Michel, existe trois copies complètes aujourd'hui : deux à la Bibliothèque nationale de France (dont celle du XIe siècle et le Codex Parisinus graecus 2967 du XVIe siècle commencée par Antoine Éparque et terminée par Michel Damascène) et une à la Bibliothèque apostolique vaticane (Codex Vaticanus-Palatinus graecus 126), de la main d'Antoine Éparque datant de 1509, avec des notes en grec et en latin de lecteurs postérieurs. Une copie partielle est conservée à la bibliothèque de Modène.

L'ouvrage a été publié pour la première fois en 1611 par Johannes van Meurs (Johannes Meursius), qui lui a donné son titre latin, sous lequel il est universellement connu aujourd'hui.

Notes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]