Dawda Jawara

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Sir Dawda Jawara
Sir Dawda K. Jawara
Sir Dawda K. Jawara
Fonctions
Président de la République de Gambie
[N 1]
(24 ans 2 mois et 28 jours)
Élection
(par l'Assemblée nationale)
Réélection


(au suffrage universel direct)

Vice-président Sheriff Mustapha Dibba
Assan Musa Camara
Alhajie Alieu Badara Njie
Assan Musa Camara
Bakary Bunja Darbo
Saihou Sabally
Prédécesseur Sir Farimang Mamadi Singateh (gouverneur général)
Successeur Yahya Jammeh (président du Conseil des Forces armées)
Président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

(1 an)
Prédécesseur Blaise Compaoré
Successeur Abdou Diouf

(1 an)
Prédécesseur Ibrahim Babangida
Successeur Blaise Compaoré
Premier ministre de Gambie

(7 ans 10 mois et 12 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Sir John Paul
Sir Farimang Mamadi Singateh
Prédécesseur Pierre Sarr Njie
Successeur Poste supprimé
Biographie
Nom de naissance Kairaba Jawara
Date de naissance (92 ans)
Lieu de naissance Barajally (Gambie)
Nationalité gambienne
Parti politique Parti populaire progressiste
Diplômé de Achimota School
Profession vétérinaire
Religion islam

Dawda Jawara
Premiers ministres de Gambie
Présidents de la République de Gambie

Sir Dawda Jawara, né le à Barajally, est un homme d'État gambien, membre du Parti populaire du peuple. Il est le premier président de la République de Gambie, d'avril 1970 à juillet 1994, soit presque un quart de siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né le 28 avril 1924 dans une famille mandingue musulmane, à Barajally, dans le centre du pays, où son père tient un commerce. Son père est commerçant. Il étudie au Ghana, puis en Grande-Bretagne, à Glasgow[1].

C'est en Écosse, pendant ses études, qu'il commence à s'intéresser à la politique, en côtoyant le mouvement des jeunes du parti travailliste britannique, ainsi que de futurs responsables politiques d'État du Commonwealth, comme Cheddi Jagan. Il termine ses études en 1953. Revenu en Gambie, il y est vétérinaire. Il se convertit au christianisme pour épouser en février 1955 Augusta Mahoney, dont le père est un homme politique important, d'origine aku et de religion chrétienne[2],[3]. Il entre en politique en 1960, en devenant le dirigeant du membre du Parti populaire du peuple (PPP), et ministre de l'éducation au sein du gouvernement autonome gambien, sous la tutelle de la Couronne britannique. En 1962, il devient chef de ce gouvernement autonome gambien. En février 1965, la Gambie devient indépendante, dernière colonie britannique à acquérir cette indépendance[1]. En 1965, il divorce également de sa première épouse, se reconvertit à l'Islam et se remarie, en 1967, avec la fille de Momodu Musa N'Jie, d'origine peul, un des principaux bailleurs de fonds d'un autre parti gambien, l'United Party[2].

Le manque de ressources économiques et la taille réduite du pays rendent l'avenir de cette nouvelle nation incertain, d'autant que le voisin sénégalais pousse à la fusion, non souhaitée par la population. Dawda Jawara trouve un accord avec Léopold Sédar Senghor, pour une coexistence des deux pays, et, en 1970, proclame la République dont il devient le premier président[1]. Il est ensuite réélu tous les cinq ans, de façon démocratique et avec une majorité nette, par l'Assemblée nationale jusqu'en 1982[4], puis au suffrage universel après la réforme constitutionnelle de 1982[1],[5]. En 1981, une tentative de coup d’État tente de renverser ce régime démocratique, mais échoue : la démocratie est sauvée grâce à l'intervention de troupes sénégalaises. Suite à cet épisode, les présidents sénégalais et gambien, Abdou Diouf et Dawda Jawara, mettent en place une confédération sénégambienne, qui est dissoute en 1989 suite à des divergences[6]. Le 22 juillet 1994, un nouveau coup d'État militaire, mené par Yahya Jammeh, réussit et renverse le régime démocratique présidé par Dawda Jawara[1]. Celui-ci embarque avec sa famille et ses proches sur un navire de guerre américain, en escale technique à Banjul, pour ensuite s'installer à Dakar[6].

Retour en grâce[modifier | modifier le code]

Il sera amnistié par son successeur en 2010, et ce dernier n'épargnera rien pour fêter le retour du père de la nation le . Et pour l'assurer qu'il est et sera toujours chez lui, Yahya Jammeh lui donnera la main de sa mère Aja Asombie Bojang[7] que certains qualifient de « mariage forcé » attribuant à Jammeh le désir de tuer la démocratie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mandat suspendu du 30 juillet au , durant le coup d'État de Kukoi Samba Sanyang.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Gambie : Sir Dawda Jawara, le plus ancien dirigeant du continent », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Vincent Foucher, « Compte-rendus de lectures. Hugues (Arnold) et Perfect (David). A Political History of the Gambia, 1816-1994. Rochester, University of Rochester. Press, 2006 », Politique africaine, no 108,‎ , p. 210-212 (lire en ligne)
  3. (en) David Perfect, Historical Dictionary of The Gambia, Rowman & Littlefield, (lire en ligne), « Jawara, Hannah Augusta », p. 241
  4. Pierre Biarnès, « Sir Dawda Jawara est réélu chef de l'État », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. « Gambie : nouveau mandat pour le président Jawara », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Matthieu Kairouz, « Ce jour-là : le 22 juillet 1994, Yahya Jammeh s’empare du pouvoir en Gambie », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  7. L’ancien président gambien Daouda Diawara épouse la mère de Yaya Jammeh, seneweb.com, 31 décembre 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]