Davit Anhaght

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Davit Anhaght
David Anhaght.jpg

David Anhaght, Définition de la philosophie, ca. 1280 (Matenadaran, Ms. 1746).

Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Դավիթ ԱնհաղթVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Davit Anhaght (en arménien Դավիթ Անհաղթ, « David l'Invincible »), Davit Nerginatsi, David de Nerken ou David Armenios est un philosophe arménien des Ve et VIe siècles. Néoplatonicien, Davit influence des générations entières de philosophes arméniens jusqu'au XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bien que la tradition arménienne fasse de lui un disciple de Mesrop Machtots et du Catholicos Sahak Ier (ainsi qu'un compagnon de Moïse de Khorène)[1], les historiens s'accordent pour dire que Davit serait né après la mort de ces savants dans les années 470, dans le village de Nergin, dans le Taron[2]. Envoyé à l'école néoplatonicienne d'Alexandrie, il y reçoit l'enseignement du philosophe néoplatonicien Olympiodore le Jeune (scolarque, c'est-à-dire recteur en 541), puis y enseigne à son tour et y effectue des recherches ; il passe ensuite plusieurs années à Athènes et à Constantinople, où la renommée que lui acquièrent ses talents d'orateur lui vaut son surnom d'« Invincible »[1], avant de retourner en Grande-Arménie à un âge avancé[2]. Son enseignement y rencontre l'opposition d'une partie du clergé, et Davit se réfugie au monastère de Haghpat, où il meurt dans les années 550 ou 560 ; il est ultérieurement canonisé par l'Église arménienne[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Davit est l'auteur de nombreux ouvrages et de plusieurs traductions depuis le grec (Platon, Aristote, ...)[1]. Ses quatre œuvres majeures sont[3] :

  • Porlégomènes à la Philosophie, dans lequel il discute six définitions de la philosophie pour conclure qu'elle est « la science qui permet à l'homme de comprendre les lois de la nature » ;
  • Commentaire de l’Isagogè de Porphyre ;
  • Commentaire sur les Analytiques d'Aristote ;
  • Commentaire sur les Catégories d'Aristote.

Il laisse aussi des écrits dans lesquels il traite de la musique d'un point de vue philosophique[4].

Ces œuvres sont traduites en arménien dès le VIIe siècle et deviennent des classiques dans ce pays. L'historien du XIe siècle, Stépanos Taronetsi semble prétendre à tort, qu'il est un disciple de l'érudit Moïse de Khorène. Il paraît aussi confondu avec d'autres érudits arméniens des VIe siècle et VIIe siècle prénommés aussi David[5].

Davit a influencé les philosophes arméniens postérieurs jusqu'au XVIIIe siècle[6], et a été une des bases du cursus universitaire antique[7].

Édition des textes[modifier | modifier le code]

  • David l'Invincible, Prolegomena et in Porphyrii Isagogen commentarium, édition A. Busse, Berlin, 1904 (CAG).
  • V. Calzolari, J. Barnes (eds.), L'œuvre de David l'Invincible et la transmission de la pensée grecque dans la tradition arménienne et syriaque (Commentaria in Aristotelem Armeniaca. Davidis Opera 1), Leyde - Boston: Brill, 2009 (Philosophia Antiqua 116).
  • A. Topchyan (ed.), David the Invincible, Commentary on Aristotle's Prior Analytics. Old Armenian Text with an English Translation, Introduction and Notes (CAA. Davidis Opera 2), Leyde - Boston: Brill, 2010 (Philosophia Antiqua 122).
  • G. Muradyan (ed.), David the Invincible Commentary on Porphyry’s Isagoge. Old Armenian Text with an English Translation, Introduction and Notes (CAA. Davidis Opera 3), Leyde - Boston: Brill, 2014 (Philosophia Antiqua 137).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Claude Mutafian (dir.), Arménie, la magie de l'écrit, Somogy, Paris, 2007 (ISBN 978-2-7572-0057-5), p. 288.
  2. a, b et c (en) Agop Jack Hacikyan (dir.), The Heritage of Armenian Literature, vol. II : From the Sixth to the Eighteenth Century, Détroit, Wayne State University Press, (ISBN 978-0814330234), p. 288.
  3. (en) Agop Jack Hacikyan (dir.), op. cit., p. 289.
  4. Aram Kerovpyan, « Les Charakan (troparia) et l'octoéchos arménien selon le Charaknots (Tropologion arménien) édité en 1875 », dans Michel Huglo, Christian Meyer et Marcel Pérès, Aspects de la musique liturgique au Moyen Âge, Créaphis, coll. « Rencontres à Royaumont », 1991 (ISBN 978-2-907150-20-0), p. 94 et 121.
  5. Jean-Pierre Mahé, David l'Invincible dans la tradition arménienne in Ilsetraut Hadot, Simplicius Commentaire sur les catégories (pages 189 à 207), Brill, 1990 :

    « [...]. Stepannos Asolik Taroneci prétend faire [de Dawit] un disciple de Movses Xoneraci, auteur supposé du Ve siècle. [...]. Qu'il nous suffise d'avoir reconnu en David - arménien ou non - un auteur en langue grecque, élève d'Olympiodore le Jeune à Alexandrie vers le milieu du VIe siècle, où il compose, outre ses Prolégomènes à la Philosophie et son Commentaire sur l' Isagogê, sans doute aussi deux autres commentaires, sur les Catégories et sur l'Analytique. Ses œuvres, traduites en arménien à la fin du VIe siècle ou au VIIe siècle, deviennent bientôt le manuel par excellence des écoles médiévales. Confondu avec d'autres David du VIe et VIIe siècles, l'auteur alexandrin fait figure de héros national, en qui l'on veut reconnaître un savant omniscient, disciple direct de Mastoc, inventeur de l'alphabet arménien, et un brillant défenseur des positions dogmatiques officielles de l’Église arménienne. Correctement éditée, grâce aux efforts de plusieurs savants du XXe siècle, la version arménienne de ses commentaires sur l'Organon a été encore très insuffisamment comparée aux textes grecs qui nous sont conservés. Cette comparaison pourrait, dans l'avenir, se révéler assez instructive pour l'histoire de la tradition de ces textes. »

  6. (en) Agop Jack Hacikyan (dir.), op. cit., p. 290.
  7. Claude Mutafian (dir.), op. cit., p. 103.

Liens externes[modifier | modifier le code]