Davi Kopenawa

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Davi Kopenawa
Davikopenawa.jpg
Davi Kopenawa Yanomami au Festival littéraire international de Paraty 2014
Biographie
Naissance
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Ordre du Mérite culturel (en) ()
Right Livelihood Award ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Davi Kopenawa (né en 1956) est un chef chaman écologiste humaniste porte-parole emblématique international de la communauté d'Amérindiens Yanomami, de la forêt amazonienne du Brésil et de la sauvegarde de la nature et de l'environnement mondial.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît en 1956 dans une communauté d'Amérindiens Yanomami en pleine forêt amazonienne et perd rapidement la plupart des membres de sa famille alors qu'il n'est encore qu'un enfant.

Il est recueilli par le chef chaman de la communauté Yanomami de Watorikï, qui l'a initié au chamanisme et dont il a épousé la fille.

Il est devenu chef chaman à son tour de la communauté Yanomami des Watorikïs et vit dans la maison-village de cette communauté en pleine forêt amazonienne.

Le territoire des Amérindiens Yanomami est envahi par les chercheurs d’or Brésiliens, à la fin des années 1980 et la surexploitation de la forêt amazonienne par le Brésil met en grand danger leur civilisation, par de nombreux massacres, empoisonnement de la nature et maladies nouvelles apportées par les exploiteurs contre lesquelles les Yanomamis n'ont pas de traitements ni aucune immunité naturelle.

Bouleversé par cette tragédie de son peuple, Davi Kopenawa apprend la langue portugaise du Brésil. De 1985 à 1995, il est interprète pour la FUNAI (fondation liée au gouvernement fédéral chargée de la protection des peuples indigènes)[1].

Davi Kopenawa contacte en 1989 un ethnologue belge qui travaille sur la culture yanomami, Bruce Albert, pour qu'il l'aide à se faire entendre. Il en résulte des centaines d'heures d'entretien menés de 1989 au début des années 2000[2], débouchant sur plusieurs publications et finalement sur une somme ethnologique : La chute du ciel[3], qui sera publiée en 2010. Celle-ci présente la particularité d'innover sur le plan méthodologique, de questionner la position de l'ethnologue dans le groupe qu'il étudie et de renouveler profondément la relation chercheur/informateur. L'ouvrage est d'ailleurs cosigné par le chaman et l'ethnologue.[4] "Une des premières choses que cite Bruce Albert de Davi Kopenawa en recueillant son savoir de chaman, c’est « Tes professeurs ne t’avaient pas appris à rêver comme nous le faisons. Pourtant tu es venu vers moi ». [...] Bruce Albert a été [...] capable à la fois de garder la rigueur que ses professeurs lui avaient enseignée et… de faire le contraire : apprendre à rêver avec Davi Kopenawa, entrer tant dans son imaginaire que dans sa raison."[5]

Aidé par de nombreuses associations humanistes internationales, Davi Kopenawa entreprend un tour du monde (Amérique du Sud, États-Unis, Europe, France, etc.) pour expliquer sa culture et la situation dramatique vécue par son peuple, chercher de l'aide d'autres civilisations amies pour lutter contre la destruction de son peuple, la dévastation de la forêt amazonienne et revendiquer son droit international à la vie de son peuple dans la forêt amazonienne selon leur propre culture et à la reconnaissance de son territoire.

Il est rapidement connu, reconnu et respecté au Brésil et partout dans le monde comme ardent défenseur de son ethnie et de la sauvegarde de la forêt amazonienne pour l'intérêt de tous. Il préside l'association yanomami Hutukara[1].

Il a reçu une récompense du programme des Nations unies pour l'environnement en 1988 pour son action pour la protection de la forêt amazonienne. Il a également été décoré par le Président Fernando Henrique Cardoso de l'Ordre de Rio Branco au rang de Chevalier en 1999[1].

Le , Davi Kopenawa reçoit le prix Right Livelihood, connu sous le nom de « prix Nobel alternatif »[6].

En janvier 2020, porte parole de la lutte Yanomami et figure emblématique de la lutte des Indiens d’Amazonie, Davi Kopenawa retrace son combat et ouvre une rétrospective consacrée à la photographe Claudia Andujar qui expose à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris[7]. Il dit " qu'elle lui a fourni l’arc et les flèches de la parole pour défendre son peuple ".[8] C'est aux côtés de l’artiste Claudia Andujar et l'anthropologue Bruce Albert qu’il parvint à faire démarquer, en 1992, la Terra Indigena Yanomami.[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (pt-BR) « Davi Kopenawa: "Estou esperando o Bolsonaro vir falar com meu povo" », sur Brasil de Fato, (consulté le 7 janvier 2019)
  2. José Antonio Kelly Luciani, « Kopenawa Davi et Bruce Albert, La chute du ciel. Paroles d’un chaman yanomami », Journal de la Société des américanistes, nos 97-1,‎ , p. 339–357 (ISSN 0037-9174, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020)
  3. De Bruce ALBERT, Davi KOPENAWA, La chute du ciel : paroles d'un chaman Yanomami (lire en ligne)
  4. Davi Kopenawa et Albert Bruce, La chute du ciel. Paroles d’un chaman yanomami, préface de Jean Malaurie, Plon, coll. « Terre Humaine », Paris, 2010, 819 p., bibl., index, gloss., 59 ill. coul. hors-texte, 85 ill. in-texte, carte
  5. Dominique Sarr, « Raison et imaginaire : Mythe et histoire », sur ethiopiques.refer.sn, Ethiopiques - Revue negro-africaine de littérature et de philosophie, (consulté le 30 mars 2020)
  6. Right Livelihood Award Foundation, (en + sv) Ole von Uexkull et Amelie von Zweigberk, « Announcement of the 2019 Right Livelihood Award » [vidéo], sur youtube.com, , durée : 11 min 58 s.
  7. « Davi Kopenawa à la Fondation Cartier pour l'art contemporain | La Nuit Yanomami | Les Nuits de l’Incertitude - 2020 », sur www.youtube.com, (consulté le 7 juillet 2020)
  8. « Les luttes de Davi Kopenawa Yanomami », sur France Culture (consulté le 6 juillet 2020)
  9. « Davi Kopenawa, chaman et chef indigène : « Les Blancs détruisent l’Amazonie parce qu’ils ne savent pas rêver » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 6 juillet 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]